https://forms.gle/FRgAbngQQWx2zXMW7
^^^^^^^^
vous pouvez faire ce questionnaire svppp
Ce document est
une compilation d’argumentaires et de sources qui servent principalement les
idéologies suivantes
socialisme-democratique/socialisme/communisme/anarchisme
La plupart des factsheets ont un problème en commun, ils sont principalement
centrés sur les États-Unis, et encore pire pour nous autres français : ils sont
écrits en anglais ! àwé
Donc comme palliatif à tout ça, je propose une compilation de sources avec un
abstract traduit en français, voire même un résumé pour certains textes (
même s’il est mieux de la lire soi-même en s’aidant de deepl.com par exemple ),
et avec des documents originaux, car centrés sur l’Europe et la France.
Le document est éditable par n’importe qui. Et en ce qui concerne les querelles
idéologiques intra-socialistes, ne venez pas vous plaindre, argumentez et
critiquez librement les positions de vos adversaires.
N’hésitez pas à
mettre en favori le document pour ne pas rater les prochains ajouts !
PS: on accepte
les sources qui peuvent proposer une idée contraire aux idées socialistes, tant
que celle-ci commes les autres ont une valeur scientifique forte, au final,
l’idée est aussi d’avoir les idées les plus justes par rapport à l’état de la
recherche scientifique actuelle, que ca soit en désaccord ou non avec nos idées
de départ comme avec la théorie de la valeur travail par exemple.
INTRODUCTION
Serveur de document : https://discord.gg/vYs3f5FyH5
Contributeurices :
hey si tu veux ton nom sur la liste, n’hésite pas à rajouter des chapitres, en éclairer d’autres et, surtout, donner plein de sources !
si vous contribuez de manière importante, mettez votre nom pour créditer votre ajout !
Merci aux anonymes
pour
certains problèmes de mise en forme, des ajouts, ainsi que leurs critiques
ponctuelles
Mot-his
son apport sur les LGBTI+ fut très appréciable
mornn
contribution intrasocialisme
jesuisuneciboule
mon machin UwU + merxi pour la super mise en forme UwU + auteur de Linguistique et LF
MDC / Médicis
pour
l’histoire des inégalités et autres apports en économie
Pipig
pour ses apports dans le chapitre sur l’immigration
Konoaru/a (on sait pas trop)
Socialiste au caractère UwU
Maylis
UwU
Sur le fonctionnement de l’URSS sous lénine
Pour les livres (en français) provenant de grands penseurs du marxisme,
n'hésitez pas à checker là:
https://www.bibliomarxiste.net/
Accéder gratuitement aux études scientifiques payantes :
https://sci-hub.st/
Trouver l’auteur ainsi que les liens vers ses travaux
:
https://scholar.google.com/
Télécharger gratuitement des livres payants :
http://libgen.li/
https://b-ok.org/
https://fr.annas-archive.org/ (génial)
Accéder à des vieux sites qui n’existent plus :
http://web.archive.org/
Traduire des documents avec le plus de fiabilité :
https://www.deepl.com/
https://www.wordreference.com/
Reconnaître et éviter les arguments fallacieux:
https://guide-du-debrouillard.fr/rhetorique-fallacieuse/
https://www.youtube.com/watch?v=pCg-SNOteQQ
Comprendre les statistiques :
https://exostat.pagesperso-orange.fr/
https://rpsychologist.com/cohend/
D’autres sites géniaux : https://web.archive.org/web/20220510172905/https://leftypedia.org/wiki/Rhetoric
● Left-Libertarian Mega Document
● Research Outline by Riley Grace Roshong
● Ultimate Research Document by Vaush
● TERF Rebuttals SuperDoc by Jangles Sciencelad
● Systemic Racism Factsheet by Rose Wrist and Left Ty
● #1 Economic Fact Sheet by sock dem
● Research Document To End All Research Documents by Liberal Sanity Project
● Stinky Right Winger Factsheet by Socialism Done Left
● Le Racisme de la police en France aujourd’hui
● La Droite Expliquée pour les nuls
Résumé en
français pertinent :
Lire le résumé/conclusion ( cela te permet d’avoir une idée générale et
voir si l’objectif du résumé aura été atteint dans les conclusions ), parcourir
l'introduction et feuilleter rapidement, identifier les figures et graphiques (
pour une première impression / les statistiques fournies sont aussi importantes
dans le sens où le texte peut raconter une histoire pour les faire tourner
comme ils le veulent ), ensuite lire dans l’ordre. Ce n'est que lorsque tout
cela sera fait que lire les détails techniques ( la méthodologie ) sera utile
pour clarifier les questions qu’il pourrait y avoir. Par exemple : que signifie
cette lettre “β”
dans ce tableau à double entrée ? ( on le saura bien assez tôt! )
⠀⠀⠀⠀⠀⠀⢀⣤⣀⣀⣀⠀⠻⣷⣄
⠀⠀⠀⠀⢀⣴⣿⣿⣿⡿⠋⠀⠀⠀⠹⣿⣦⡀
⠀⠀⢀⣴⣿⣿⣿⣿⣏⠀⠀⠀⠀⠀⠀⢹⣿⣧
⠀⠀⠙⢿⣿⡿⠋⠻⣿⣿⣦⡀⠀⠀⠀⢸⣿⣿⡆
⠀⠀⠀⠀⠉⠀⠀⠀⠈⠻⣿⣿⣦⡀⠀⢸⣿⣿⡇
⠀⠀⠀⠀⢀⣀⣄⡀⠀⠀⠈⠻⣿⣿⣶⣿⣿⣿⠁
⠀⠀⠀⣠⣿⣿⢿⣿⣶⣶⣶⣶⣾⣿⣿⣿⣿⡁
⢠⣶⣿⣿⠋⠀⠀⠉⠛⠿⠿⠿⠿⠿⠛⠻⣿⣿⣦⡀
⣿⣿⠟⠁⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀⠀ ⠈⠻⣿⡿
“C'est du Binaire attendez je décrypte...”
ROUGE = les sujets ne sont pas encore sourcés/traités
ORANGE = sourcé
BLEU = sourcé et résumé en francais mais bleu
VERT = sourcé et résumé en français
vous pouvez cliquer sur les titres pour aller directement au bon endroit / vous pouvez modifier le document
a. Europe
b. suède
c. allemagne
d. france / mna
e. Comprendre le lien historique entre immigration et délinquance
f. Comprendre la géolocalisation des immigrés
b. Organisation de la planification économique
c. Démocratie directe et organisation horizontale
d. les coopératives ouvrières !!
e. URSS
1. education
3. agriculture
4. goulag
5. echec de l'économie sovietique
6. restauration du capitalisme sous l'urss
7. Industrialisation planification et social impérialisme
8. document CIA / dictature (arch getty)
9. débat libre sur la notion du capitalisme d’état
f. CHINE
g. YOUGOSLAVIE (à améliorer)
h. Influence du Comintern sur les politiques sociales
i. FONCTIONNEMENT DE L’URSS sous LÉNINE
j. Les bolcheviks à l’assaut des soviets !
k. Kronstadt
l. Expériences anarchistes et un regard sur Rojava
m. Expérience de Wörgl
vous pouvez promouvoir n’importe quelle idéologie au niveau théorique
ou pratique
les opinions qui y sont exprimées sont ceux de leurs auteurs et reflètent pas
nécessairement mon opinion
a. Le Marxisme-Léninisme-Maoïsme
b. La guerre populaire prolongée
c. MLM vs conseillisme : L’importance du parti et le rejet de la spontanéité révolutionnaire
d. Réponse critique + avis conseilliste
a. Pourquoi étudier la gpp d’inde + Situation urbaine indienne
b. Comment le parti prépare la révolution : au service du peuple
1. définition
2. TDS
3. cerveau
4. detransition
6. sport
a. Preuve de l’origine anthropologique
b. Preuve de l’augmentation des températures
c. climatosceptique ??? sérieusement ?
a. La viande
b. Les riches
c. Les états
i. Présentation
ii. Les théories sociales-darwinistes ont-elles disparu ?
iii. Critique de Charles Darwin
iv. Critique de Thorstein Veblen
v. Critique de Pierre Kropotkine
c. La période post-coloniale et l’extraction des ressources
2. Autres faits des politiques extérieures
occidentales
a. Guerre en Irak
b. effet des sanctions occidentales
a. Taux d’atteinte aux biens et aux personnes dans les ZUS
b. Sur Chômage des immigrés/ZUS
c. Si tu veux, tu peux (...trouver du travail)
d. Les prestations sociales réduisent le tx d’emploi
e. Les pauvres font + d’enfants pour gagner +
f. Non à la réforme des retraites !! (à faire)
g. En finir avec la misère est économiquement faisable
h. Un pognon de dingue dans les banlieues !
a. Les jouets
b. L’hypothèse de la similitude des genres
b. les fascistes dénoncent le socialisme
c. L’Allemagne nazie est une dictature du capital
d. L'Italie fasciste et l'Espagne
de franco, le Chili de Pinochet.. Tous les mêmes !
a. Un exemple concret : Bollate
c. qu’est ce que c’est la JR/JT
a. l'inefficacité de la stratégie de la dissuasion
c. castration
a. Démographie et situation socio-économique
b. Bilan (négatif ou positif) de leur intégration
c. radicalisme
e. D’où viennent les frères musulmans
a. Langue de Molière ?
à suivre…
a. Définition
b. Le masculin comme neutre pose-t-il problème ?
c. Intérêt
Philosophie, morale et éthique
Politique Française
Histoire de la france
Sujets Divers
Définition marxiste du capitalisme :
Le
capitalisme, en tant que système socio-économique, est un système se
basant sur les rapports marchands (=l’échange de biens et de services sur un
marché) où la valeur des biens et services est déterminée par la quantité de
travail socialement nécessaire à la production(=exemple : 3 entreprises
produisent un bien A, la premiere a besoin de 9 heures de travail pour produire
le bien A, la 2eme 4h, la 3eme 8h, la moyenne et donc la quantité socialement
necessaire est 7h). Mais surtout, en tant que système de production, consiste en la
division
du travail en deux classes :
-La bourgeoisie : elle possède les moyens de production, c’est-à-dire les
entreprises, et n’est pas obligée de travailler car elle peut vivre des revenus
du capital(=dividende, intérêts, rentes, plus value (j'aimerais bien ajouter
les hautes classes managériales style pdg qui sont affiliées à la bourgeoisie
car leurs revenus sont similaires à ceux du capital)).
-le prolétariat :la classe salariale qui ne possède pas ou peu les moyens de
production, et est obligée de vendre ses compétences physiques et
intellectuelles dans l’obtention en échange d’un salaire qui lui permet de
vivre.
C'est sur cette séparation que repose la division entre la bourgeoisie et le
prolétariat.
Marx théorise ainsi que, le prolétariat n’est pas simplement vendeur de sa force de travail, sous entendu qu’il serait libre de ne pas le faire, mais que de par la division du capital à la manière capitaliste, il s’en retrouve alors enchaîné : la bourgeoisie exploite le prolétariat.
« Les valeurs d’échange des
marchandises ne sont que les fonctions sociales de ces objets et n’ont
rien de commun avec leurs qualités naturelles, il faut tout d’abord nous
demander : Quelle est la substance sociale commune à toutes les
marchandises ? C’est le travail. Pour produire une marchandise, il faut
y appliquer, y faire entrer une quantité déterminée de travail. Et je ne dis
pas seulement de travail, mais de travail social. Un homme qui
produit un objet pour son usage personnel immédiat, en vue de le consommer
lui-même, crée un produit, mais non une marchandise. En tant que
producteur subvenant à lui-même, il n’a rien de commun avec la société. Mais
pour produire une marchandise, il faut que cet homme produise non
seulement un article qui satisfasse à quelque besoin social, mais il
faut encore que son travail soit un élément ou une fraction de la somme totale
du travail utilisé par la société. Il faut que son travail soit subordonné à la
division du travail qui existe au sein de la société. Il n’est rien sans
les autres “subdivisions du travail et à son tour il est nécessaire pour les compléter. »
— Karl Marx, Salaire,
prix et profit, 1865
L'intervention
de l'État dans l'économie, c'est-à-dire le fait que l'État use de ses pouvoirs
pour interférer dans les rapports économiques entre les individus, que ce soit
par des taxes, des impôts, des nationalisations, etc. ne remet pas
fondamentalement en cause le mode de production capitaliste. En effet, cette
intervention, qui par exemple peut se traduire aussi en redistribution des
richesses, ne touche pas au système productif en lui-même, ni sur la division
de classe de la société. La redistribution des richesses intervient après que
ces rapports aient eu lieu. Par exemple, l'État redistribue des revenus qu'il a
taxé à une grosse entreprise, mais il ne le fait qu'une fois le rapport entre
le salarié et l'entreprise déroulé. D'aucune manière, dans son intervention,
l'État ne remet en cause le salariat (le fait que le salarié soit obligé de
vendre sa force de travail sur un marché) ou la propriété privée des moyens de
production (le fait que la bourgeoisie possède elle seule les entreprises), ce
qui ne touche aucunement à l'ordre capitaliste.
On peut aussi résumer le capitalisme par 3 critères
explicités par Max
Weber :
- la recherche du profit
- l'importance du secteur privé
- production décentralisée
La VICTOIRE du CAPITALISME ! Ft. Branko Milanović
Le
capitalisme, même dans ses phases d'expansion, connaît un cycle de boom et de
récession : The accumulation cycle of capitalism
Is Success Luck or Hard Work? (Mettez
les sous titres)
La vidéo explique que la chance a un impact très important dans nos vies (exemple 11 000 participants pour être astronaute, seulement 11 seront sélectionnés, imaginons que la chance a un impact 5%. On pourra dire que 9 personnes sur 11 l'ont eu grâce au facteur chance). Cependant on ne s'en rend pas compte, et les riches croient malheureusement qu'ils n'ont réussi que grâce à leur talent… Ainsi ils se surestiment, se mettent à être moins compatissants et empathiques envers les autres (surtout ceux qui perdent) mais attention on surestime notre impact dans tous les domaines et aussi dans ceux qui sont négatifs.
Conclusion :
Premièrement : dites vous, au fond, que
vous êtes en pleine maîtrise de votre destin et de votre vie.
Deuxièmement : sachez que c'est complètement faux et
que si vous réussissez…c’est qu’il y a probablement un fort facteur de chance
et de hasard, alors, essayez d'augmenter la chance des autres :)
Les résultats suggèrent que le hasard, plutôt que le talent d'investissement
différentiel, est le facteur dominant dans le processus d'accumulation de
richesse par l'investissement financier.
https://sci-hub.st/https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0022053103000243
“Le paradigme méritocratique largement dominant des cultures occidentales repose sur la conviction que le succès est dû principalement, voire exclusivement, à des qualités personnelles telles que le talent, l'intelligence, les compétences, les efforts, la volonté, le travail acharné ou la prise de risque. Parfois, nous sommes prêts à admettre qu'un certain degré de chance pourrait également jouer un rôle dans l'obtention d'un succès matériel important. Mais, en fait, il est assez courant de sous-estimer l'importance des forces extérieures dans les réussites individuelles. Il est bien connu que l'intelligence (ou, plus généralement, le talent et les qualités personnelles) présente une répartition gaussienne au sein de la population, alors que la répartition des richesses - souvent considérée comme un indicateur du succès - suit généralement une loi de pouvoir (loi de Pareto), avec une grande majorité de pauvres et un très petit nombre de milliardaires.. Dans cet article, à l'aide d'un modèle de jouet très simple basé sur des agents, nous suggérons qu'un tel ingrédient est juste aléatoire. En particulier, nous montrons que, s'il est vrai qu'un certain degré de talent est nécessaire pour réussir dans la vie, les personnes les plus talentueuses n'atteignent presque jamais les plus hauts sommets du succès, étant dépassées par des individus médiocres mais raisonnablement plus chanceux.”
Talent vs
Chance
Cet abstract résume assez justement tout le débat sur la méritocratie, càd que
le succès de l’individu revient davantage à sa chance(=évenement extérieur et
imprévisible à l’individu, exemple : un cancer lié à sa génétique, ses parents,
les polluants auxquels on a été affecté enfant etc…) qu’à son talent, nous
verrons un peu plus loin un exemple plus concret.
Cependant, l’étude en haut est limité en ce qu’elle ne s’intéresse qu’à
l’individu et en oublie que la plupart des succès résulte d’un groupe
=>
Il est fondamentalement faux de créditer
uniquement un individu pour une innovation, car il n'agit jamais seul. Ses
réalisations sont influencées par ses déterminismes et son environnement. On
devrait également mentionner toutes les personnes qui ont collaboré avec lui,
les chercheurs qui ont posé les bases de son travail, ainsi que ses parents,
ses professeurs, et bien d'autres encore. Pourtant, l'environnement favorable
qui l'entoure est rarement pris en compte. Cela s'explique en partie par la
volonté de promouvoir un récit individualiste, mais surtout par la nécessité de
convaincre les investisseurs de la fiabilité de l'entrepreneur. Ainsi, la
population devient, en réalité, un dommage collatéral de cette manipulation.
Concrétement, une autre histoire est possible à raconter pour Steve Jobs :
“En mars 1975 est organisé dans un garage, la
première réunion d'un club qui réunit de nombreux militants favorables à une
libre circulation du savoir et des techniques informatiques Wozniak en est-il y
gagne en compétence en information sur le milieu conçoit ses plans mais Steve
Jobs arrive et propose de vendre ce qui n'était pas d'abord pensé comme un
produit de consommation
On a donc là un récit qui montre que si on place la focale sur une histoire
plutôt qu'une autre on change la manière dont on peut concevoir la manière dont
s'est construit
Apple un récit individuel ou un récit qui prend en compte le social et
l'environnement géographique et cetera évidemment ce n'est pas le récit le plus
simple, qui est le plus en adéquation avec une compréhension fine de la réalité
il faudrait en effet par exemple parler aussi du récit qui engage non seulement
l'entreprise mais aussi ceux qui la financent et qui mettent à disposition leur
réseau à l'instar de Mike marcona dans le cas d'Apple mais qui est oublié la
plupart du temps il faudra évoquer celui qui ferait voir aussi l'environnement
avantageux qui est celui de la Silicon Valley celui qui rappellerait le rôle
indispensable de l'état que ce soit à travers des investissements scientifiques
et militaires ou à travers ses institutions et ses infrastructures il y aura
aussi le récit qui fait voir les conditions de travail des employés des
sous-traitants à travers le monde et la division sexuelles est ethno raciale
qui en ressort Steve Jobs n’est ainsi pas le résultat d'un processus individuel
qui fonde pourtant son mythe”
En finir avec l'idéologie entrepreneuriale
Éducation et innovation - Philippe Aghion
Finalement, toutes ces études ratent un
point important, c’est de discuter de la nature même du “talent” et de le
séparer du hasard.
Nous sommes des êtres totalement déterminés
Les marchés financiers sont l’endroit où est placée l'épargne
des ménages, en vue de l’investissement. Selon Eugène Fama, les
marchés sont efficients, mais de quoi parle-t-on ?
What is an inefficient market ?
( ce qui suit provient en grande partie de cette vidéo : Les marchés financiers sont-ils efficients ? - Heu?reka )
Déjà, qu’est ce que l’efficience des marchés selon les néoclassiques ? Le terme “efficience des marchés” vient de l’économiste Eugène Fama, qui donne la définition suivante : un marché est efficient quand le prix de ses biens reflète correctement sa vraie valeur(toutes les “informations”). Qu'est ce que cela signifie ? Pas grand chose, c’est assez abstrait et interprétable : les performances de l’entreprise, la concurrence avec les autres entreprises, le prix des matières premières etc… Ce terme est ambigu, “efficience” donne l’impression qu’un marché arrive à faire ce qu’il doit faire, ce terme lui donne un but, alors même qu’il est juste comparable à un marché casino.
En tout cas, ce concept n’a aucune vérifiabilité, parce qu’il faudrait, pour tester cette hypothèse, connaître le prix théorique ( ou la valeur ) ( sait-on même ce que c’est ? ), celui qui refléterait toutes lesdites informations, et le comparer avec le prix réel, celui pratiqué sur les marchés financiers ; ce qui est impossible puisque le prix théorique est indéfinissable, puisqu’il y aurait trop d’informations et de critères à prendre en compte pour le calculer ( ce qui serait d’ailleurs arbitraire ).
De plus, son modèle part avant tout d’hypothèses très fortes, utilisées dans les théories néoclassiques :
- les individus sont entièrement rationnels : ils connaissent toutes les informations du marché (les prix de chaque acteur etc…) et les interprètent avec brio à 100%
- la concurrence est parfaite : les biens sont homogènes (identiques pour un même type de bien), c’est-à-dire que le consommateur va considérer un même bien tout le temps équivalent, cela implique aussi que les marchés ne soient pas monopolistiques et laisse libre cours à la concurrence, cela signifie aussi pas de cartels, pas d’entente entre les entreprises pour maintenir de hauts prix ( par exemple ), et donc cela implique qu’il y ait un grand nombre d’acteurs
- l’équilibre entre offre et demande est facilement prédictible puisqu’il est unique : ce qui n’est pas toujours le cas, on peut très bien avoir plusieurs points d'équilibre ( cf. post keynésianisme et théories économiques récentes )
- les ressources naturelles sont supposées infinies : y’a pas vraiment besoin d’expliquer pourquoi c’est absurde…
- l’utilité d’un bien se mesure par sa consommation : c’est un critère subjectif et qui ne prend absolument pas en compte la réalité des échanges commerciaux
Alors, si toutes ces conditions sont réunies, les marchés financiers permettent de fournir un prix précis pour l'allocation de l'épargne et donc aux entreprises et aux investisseurs de faire les choix d’investissement les plus judicieux. Évidemment, ces conditions sont inatteignables en pratique, ce qui remet grandement en cause les théories néoclassiques.
Ainsi, des tests ont été réalisés sur
les marchés financiers, sur les trajectoires de prix ( et non sur
les prix en eux-mêmes ) et les résultats montrent qu’ils sont aléatoires
et donc imprédictibles, on parle ainsi d’efficience zéro arbitrage.
En d’autres termes, cela signifie que si l’on achète des actions et qu’on les
garde longtemps, la trajectoire de prix étant aléatoire, le risque étant donc
important, il y a des chances de perdre ou de gagner beaucoup, on peut comparer
ça à dépenser son argent au casino.
Pour Eugène Fama, c’est une preuve que les marchés sont efficients-informationnels, c’est-à-dire que les prix sur les marchés financiers reflètent toutes les informations ( l’efficacité de la concurrence, l’équilibre, l’allocation des ressources, l’utilité du bien en question ), en d’autres termes, qu’ils reflètent justement la valeur de leurs biens.
C’est maintenant qu’intervient un nouvel économiste, Robert Shiller, qui a voulu tester si les marchés étaient efficients-allocatifs, c’est-à-dire si l'épargne est allouée correctement dans les secteurs les plus productifs et rentables. En l'occurrence, ils ne le sont pas, étant donné que les investisseurs ne sont pas rationnels économiques, il ne cherche pas à maximiser l’utilité économique, mais rationnel financier, ils cherchent à maximiser leur utilité ( leur bonheur ) à eux, cela signifie qu’ils vont acheter ou vendre pour se faire du profit, en spéculant donc.
Et, c’est assez attendu, étant donné qu’un bien sur les marchés financiers n’est pas produit par un vendeur qui veut le vendre à un acheteur qui souhaite l’utiliser ( comme ce serait le cas sur un marché normal ), mais acheté par un acteur qui souhaite lui aussi le revendre pour se faire du profit ( en espérant un retour sur investissement ou une fluctuation du cours boursier qui aille dans son sens ).
Cela part donc dans tous les sens et rend les choses chaotiques, et en formulant diverses hypothèses que je ne vais pas approfondir ici, Shiller démontre que si les marchés étaient réellement efficients, alors les variations des dividendes devraient avoir un impact sur les prix des biens financiers (actions, obligations…), ce qui n’est quasiment voir pas le cas(la spéculation entraîne une déconnexion avec la réalité).
Shiller prouve donc bel et bien que le marché ne maximise pas
l’utilité économique, et qu’il est fabricant en soi de bulle spéculative et de
krachs boursiers. Attention, si c’est sur du court terme où on tend à minimiser
le risque avant que le résultat des boîtes tombent, on parle de jeu à espérance
nulle où la performance tend vers un gain à 0 euros.
Les chances qu’une entreprise survive est
intimement lié au montant de depart et au statut de celle ci, de facto, ce sont
ceux qui sont déjà à priori les plus aisées qui peuvent obtenir les fonds
nécessaires à la banque qui vérifie avant tout la solvabilité par
l’appartenance à la classe
=>
Les chances de pérennité d'une entreprise progressent significativement à partir de 40 000 euros de capital investi au démarrage. À ce niveau d'investissement financier, 65 % des entreprises de la génération 2010 sont encore présentes après cinq ans en région. En dessous de ce montant, leur pérennité n'est plus que de 59 %. Ce facteur explique en partie la plus forte longévité des sociétés par rapport aux entreprises individuelles. En effet, 30 % des sociétés en région démarrent avec un capital d'au moins 40 000 euros, contre 12 % pour les entreprises individuelles. La situation est similaire en France métropolitaine.
Six entreprises sur dix encore actives cinq ans après leur création
Entreprises créées en 2014 : trois sur quatre sont encore actives trois ans après leur création

77% des auto-entreprises meurent avant cinq ans – L'Express
https://www.jstor.org/stable/23597084
http://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.549.2098&rep=rep1&type=pdf
https://academic.oup.com/cje/article-abstract/37/5/1107/1679189
https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/09538259.2016.1260804
https://www.jstor.org/stable/23600290
^
La corrélation
semble être causée par le fait que les industries de grandes tailles ont des
prix totaux élevés(dû à leur taille, elles vont produire beaucoup de
marchandises et ) et vice versa pour les entreprises de petite taille. Après
avoir corrigé le biais, il n’y aucune relation entre les valeurs relatives et
les prix relatifs qui en découlent. Il devrait y en avoir étant donné que selon
la théorie de la valeur travail relative, les différences de prix entre les
produits sont déterminées par le travail.
L’auteur conclut cependant que la théorie de la
valeur travail n’est pas à rejeter, en effet, il considère comme
vrai l’affirmation originelle de marx étant qu’à l'échelle de l'économie, le prix total de la production et le profit sont
déterminés par la valeur totale et la plus-value et sont égaux à celles-ci.
Et ceux qui ont fait les corrélations sont partis d’une mauvaise analyse de
Marx
law of value and laws of statistics:
sectoral values and prices in the US economy, 1977–97
^^
Pour l'illustrer, Bichler et Nitzan
construisent une expérience de pensée simple, représentée dans la figure 3.
Imaginons qu'au niveau des produits, il n'y ait aucune corrélation entre les
prix et le temps de travail. Le panneau A montre à quoi pourrait ressembler
cette absence de corrélation (une tache de données sans tendance). Cette
évidence au niveau des produits de base met en péril la théorie de la valeur du
travail. Pourtant, lorsque nous examinons les données sectorielles (panneau C),
nous constatons une corrélation frappante entre la valeur monétaire et le temps
de travail. Comment cela est-il possible ?

La réponse à ce paradoxe apparent est contenue dans le panneau B. J'y ai tracé
une corrélation parfaite. Elle est parfaite parce qu'elle représente la même
variable sur les deux axes - le nombre de marchandises produites par chaque
secteur. C'est cette autocorrélation qui produit la tendance entre la valeur
ajoutée et le temps de travail.
Voici le calcul. Pour obtenir du temps de travail au sein de chaque secteur, nous multiplions le nombre de produits par le temps de travail par produit. Mais ce dernier n'est qu'un bruit statistique :
temps de travail du secteur =(nombre de produits)×(temps de travail par
produit)
=(nombre de produits)×bruit
De même, pour obtenir la valeur monétaire de chaque secteur, nous multiplions
le nombre de produits par le prix des produits. Mais ce dernier n'est qu'un
bruit statistique :
valeur du secteur =(nombre de produits)×(prix des produits)
=(nombre de produits)×bruit
Remarquez ce qui se passe lorsque nous comparons la valeur monétaire au temps de travail. Nous obtenons un cas frappant d'autocorrélation - le nombre de marchandises est corrélé avec lui-même :
valeur du secteur ∼ temps de travail du secteur
nombre de produits × bruit ∼ (nombre de produits)×bruit
How the Labor Theory of Value Emerges
from Egalitarianism – Economics from the Top Down
Sur la baisse tendantielle du tx de profit :
« Marx était clair sur sa définition
du taux de profit (ROP) : le taux de profit général ou global dans une économie
correspondait à la plus-value générée par la main-d'œuvre divisée par le coût
d'emploi de cette main-d'œuvre et le coût des actifs physiques ou tangibles et
des matières premières utilisés dans la production. Sa célèbre formule était la
suivante : P = s/c+v, où P est le taux de profit, s est la plus-value, c est le
capital constant (moyens de production) et v est le coût de la force de travail.
Marx précise
clairement que le ROP s'applique à l'ensemble de l'économie. Il s'agit d'un
taux de profit général dérivé de la plus-value totale produite dans une
économie par rapport au coût total de la production capitaliste. »

« Les données qui montrent
une baisse du taux de profit ne confirment pas nécessairement l'existence du
mécanisme spécifique invoqué par Marx. C'est là, à mon sens, la principale
objection que l'on peut opposer à la plupart des ouvrages consacrés à ce sujet.
Le taux de profit peut baisser pour diverses raisons. Comme nous l'avons vu,
l'insuffisance de la demande effective globale sur le marché peut entraîner une
baisse des profits, tout comme la hausse des salaires provoquée par
l'intensification de la lutte des classes. Lorsque des changements
technologiques sont introduits, l'effet net est de produire de plus grandes
inégalités. En l'absence de toute opposition ou force compensatrice, les riches
s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent. C'est ainsi que fonctionne la loi
générale de l'accumulation du capital de Marx. D'autre part, une classe
ouvrière organisée, soutenue par de puissantes institutions étatiques, pourrait
imposer des salaires si élevés qu'ils entraîneraient une crise de baisse des
profits. C'est ce qui s'est produit en Amérique du Nord et en Europe entre 1965
et 1975, lorsque les salaires ont augmenté, les profits ont baissé et la
productivité a stagné grâce au pouvoir récalcitrant de la classe ouvrière. »

« Lorsque, par exemple, les
grands financiers de la reconstruction de Paris – les frères Pereire qui
avaient, selon Marx, le charmant caractère d'escrocs et de prophètes – firent
faillite en 1867, leur empire financier bâti sur la reconstruction de Paris
s'effondra en partie à cause des machinations des « gold bugs » comme les
Rothschild ; et lorsque les finances municipales se sont effondrées, forçant
Haussmann à quitter le pouvoir et provoquant une chute de l'emploi telle
qu'elle a déclenché une vague de protestations politiques qui a donné naissance
à la Commune de Paris (dans le contexte d'une guerre insensée et du siège de
Paris par les Allemands), lorsque tout cela s'est produit, à quoi bon proclamer
avec suffisance que tout cela est la conséquence d'une tendance cachée à la
baisse du taux de profit ? »

(il est ptete plus intéressant de comprendre ce qu’il s’est passé dans la zone
rouge…)
Value
Marx reconnaît que la demande a une influence
sur le prix:
Qu'est-ce que cela a à voir avec ma théorie de la valeur ?
Dans la mesure où le maïs est vendu au-dessus de sa valeur, les autres
marchandises, que ce soit sous leur forme naturelle ou sous leur forme
monétaire, sont, dans la même mesure, vendues au-dessous de leur valeur, et,
bien sûr, même si leur propre prix monétaire ne baisse pas. La somme des
valeurs reste la même .... [Elle] reste la même dans l'expression monétaire, si
l'on compte l'argent parmi les marchandises…
La théorie de la valeur marginale n’est pas très utile pour expliquer la plupart des phénomènes économiques
on va essayer de parler de plusieurs utilisations de celle-ci
la théorie de la productivité marginale
« La théorie de la productivité marginale vise à élaborer la manière dont les intrants des fonctions de production sont évalués. En d'autres termes, elle vise à définir le salaire d'un travailleur en fonction de sa capacité à produire. »
« La théorie de la productivité marginale suggère que le montant payé à chaque facteur dans le processus de production est égal à la valeur de la production supplémentaire que le facteur de production produit. »
exemple :
on a 3 salariés, le 1er produit 2000€ de valeur, le 2eme 1500€ de valeur, et le 3eme, 1000€ de valeur, alors la rémunération des 3 salariés sera de 1000€ chacun
sauf que les hypothèses sont irréalistes, selon la théorie de la firme, il faut qu’il y ait une fonction de production, que la fonction soit à rendement décroissant, et que les entreprises soient en concurrence parfaites, sauf qu’aucun des 3 n’est réuni dans notre économie
aucun manager ne connaît et ne s’intéresse jamais à la fonction de production
les rendements sont principalement constants
Blinder et al. se sont efforcés de trouver la forme de la courbe du coût marginal, en interrogeant les personnes interrogées sur le comportement de leurs « coûts variables de production d'unités supplémentaires lorsque la production augmente » (ibid., p. 216). Il s'est avéré beaucoup plus difficile de répondre à cette question que Blinder et al. ne l'avaient prévu, car plusieurs dirigeants ont refusé de renvoyer une réponse ou ont dû être harcelés pour en donner une. *Au final, seuls 11 % ont répondu que les coûts marginaux augmentaient, 40 % qu'ils diminuaient et 49 % qu'ils étaient constants. Il est quelque peu surprenant qu'un si grand nombre de personnes aient répondu que les coûts marginaux étaient en baisse, mais compte tenu de la difficulté de nombreux cadres à comprendre la question, il est probable que plusieurs personnes interrogées aient confondu les coûts marginaux ou les coûts variables moyens avec les coûts totaux moyens, c'est-à-dire la courbe des coûts unitaires UC dans la figure 3.7. Blinder et al. (1999, p.105)
et nous ne sommes pas dans une économie à concurrence parfaite
Plusieurs études ont mis en avant que la baisse des coûts des entreprises est incomplète et dépend du degré de concurrence du secteur concerné. Carbonnier (2007) étudie les effets sur les prix des baisses importantes de la TVA de 1987 : passage de 33,33 à 18,6 % pour les automobiles et de 20,6 à 5,5 % pour les services de réparation de logement. Ces baisses de coûts ne sont répercutées que partiellement sur les prix, respectivement 57 et 77 %. Cela s’expliquerait par un niveau de concurrence élevé dans le secteur des services de réparation de logement, tandis que le secteur automobile serait proche de l’oligopole. Benzarti et Carloni (2019146) dans un article sur la baisse de la TVA dans la restauration en France en 2009 trouvent que moins de 10 % du passage de 19,6 à 5,5 % de TVA a été répercuté sur les prix de vente. Kosonen (2015) montre que la baisse de 22 à 8 % de la TVA sur les coiffeurs en Finlande n’a été répercutée qu’à 50 %
Explication :
(TVA = 19.6%)
prix HT : 100€
prix TTC : 119.6€
théoriquement au passage à la tva à 5.5% on devrait observer
prix HT : 100€
prix TTC : 105.5€
Dans la pratique
le prix HT monte à 115€
avec un prix TTC à 118.2€
plus largement, elle n’est pas non plus testable cette théorie
« Il y a le problème des niveaux relatifs des différents types de revenus du travail. On retrouve ici la fameuse théorie de la productivité marginale... Le salaire réel de chaque type de travail est censé mesurer son produit marginal pour la société. Le salaire d'un professeur d'économie mesure sa contribution à la société et le salaire d'un éboueur mesure sa contribution. Il s'agit bien sûr d'une doctrine très réconfortante pour les professeurs d'économie, mais je crains qu'une fois de plus, l'argument soit circulaire. Il n'existe aucune mesure des produits marginaux, à l'exception des salaires eux-mêmes. Bref, nous n'avons pas de théorie de la distribution. Nous n'avons rien à dire sur le sujet qui, plus que tout autre, occupe l'esprit des gens que la science économique est censée éclairer ».
Economic Ideology, Joan Robinson
Ensuite, il y a la théorie de l’utilité marginale, qui donne la fameuse courbe de la demande, sauf qu’elle est aussi problématique car elle n’a aucune utilité à une échelle macroéconomique, en outre le théorème de Sonnenschein-Mantel-Debreu, montre que les fonctions de demande nette du modèle de Kenneth Arrow et Gérard Debreu de l'équilibre général peuvent avoir une forme quelconque, ce qui empêche de tirer de ce modèle des résultats (unicité, stabilité, "lois" de statique comparative) autres que l'existence d'au moins un équilibre général.
et on peut continuer ça longtemps, typiquement, a littérature empirique tend à démontrer qu’il y a des asymétries de réactions de prix au changement de coûts dans de nombreux secteurs. Fabiani et al. (2006148) ont mené une enquête auprès de 11 000 entreprises de neuf pays de l’Eurosystème. Ils montrent que les entreprises se trouvent sur des marchés oligopolistiques où la concurrence est imparfaite et où les prix sont majoritairement déterminés par des règles de markup, similaires au cost-plus postkeynésien càd des prix fixés de manière administrative
Vitali, Glattfelder, Battiston 2011 : 40 % des richesses détenues le
sont seulement par 147 entreprises sur + de 43 060 sociétés transnationales
figurant dans la base de données ORBIS ; 737 entreprises contrôlent 80 % des
richesses :
The Network of Global Corporate Control
N’oublions pas nos précieux cours sur les FTN :
“Elles produisent 1/4 des richesses mondiales, emploient 75 millions de
personnes à travers le monde et représentent 2/3 des échanges mondiaux.”
Impact sur les politiques publiques :
La capacité des TNC[Transnational capitalist class] à influencer les
politiques publiques est plus grande qu'on ne le pensait auparavant, car on a
découvert que la propriété et le contrôle des STN (Société TransNationales)
sont extrêmement concentrés et centralisés. Le haut degré de concentration
permet aux TNC de s'entendre plus facilement sur une action politique.
https://sci-hub.mksa.top/10.1515/bap-2012-0049
En France, 300 entreprises réalisent le tiers de la
valeur ajoutée de l'ensemble des entreprises française

Caractéristiques des entreprises par catégorie Données
annuelles 2021
Preuve suggérant que le pouvoir appartient au plus
riche/à ceux qui détiennent les moyens de production
Dans leur propre ensemble de données, les Américains à revenu médian ont
obtenu le résultat souhaité 47% du temps où le processus politique a dû choisir
un gagnant entre les citoyens ordinaires et les élites riches au cours de la
période examinée (1980-2002).
"Les riches obtiennent le résultat qu'ils souhaitent malgré l'opposition combinée [des groupes d'intérêt et de la classe moyenne] à un taux de 32 % ; quant aux Américains moyens, le résultat qu'ils souhaitent se produit 30 % du temps où ils sont confrontés à l'opposition combinée des groupes d'intérêt et des riches. "
What to Know Before Citing Gilens and
Page (2014), “Testing Theories of American Politics”
ttps://www.cambridge.org/core/journals/perspectives-on-politics/article/testing-theories-of-american-politics-elites-interest-groups-and-average-citizens/62327F513959D0A304D4893B382B992B
Les Américains "à revenu moyen" sont définis comme des adultes dont le revenu annuel du ménage se situe entre les deux tiers et le double de la médiane nationale, soit environ 42 000 à 126 000 dollars par an en dollars 2014 pour un ménage de trois personnes. Selon cette définition, la classe moyenne
représentait 50 % de la population adulte américaine en 2015,
contre 61 % en 1971.
The American Middle Class Is Losing Ground | Pew Research
Center
10% de
la population gagne 32%
les 50% de la population gagne 30%
30/50*10=6%
32/6=5.3
Les riches (ceux qui sont supérieurs ou égals au percentile 90) sont 5.3x + représentés aux USA lorsqu’il y a opposition entre eux et la classe moyenne
réplication aux pays bas :
https://academic.oup.com/ser/advance-article/doi/10.1093/ser/mwz018/5475880
réplication en allemagne : https://pure.mpg.de/pubman/faces/ViewItemOverviewPage.jsp?itemId=item_2465116
réplication en norvege :
https://unequaldemocracies.unige.ch/files/1616/3775/1413/wp31.pdf
réplication dans plusieurs pays occidentales en général : https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/00344893.2012.653238
Sur le lobbying :
Les recherches sur le sujet ne trouvent pas à trouver
réellement significatif de l’effet du lobbying sur les politiques publiques.
Les causes de cet échec peuvent être liées notamment à une mauvaise
méthodologie mais aussi à ce que le lobbyisme ne marche tout simplement pas...
Lobbying influence: Meaning, measurement
and missing
Cela peut aussi sans doute s’expliquer par lobbying, on entend
celle faite par les entreprises mais aussi par des organisations non
économiques
l’action politique des corporations ont un faible effet sur les politiques
publics et leur revenu
^ explication des résultats conflictuels
Les résultats empiriques soutiennent nos affirmations selon lesquelles l'ampleur du lobbying et les relations politiques
affectent les avantages que les entreprises tirent du lobbying, que
nous opérationnalisons à la fois en utilisant les contrats gouvernementaux et
la performance économique des entreprises. Nos analyses impliquent que plus
n'est pas toujours mieux dans le cas de l'ampleur du lobbying, car les
bénéfices accumulés par la dispersion du lobbying sur un plus grand nombre
d'entités gouvernementales atteignent un point de rendement décroissant lorsque
l'ampleur du lobbying atteint des niveaux élevés.

Beyond Lobbying Expenditures: How
Lobbying Breadth and Political Connectedness Affect Firm Outcomes | Academy of
Management Journal
^cas particuliers
Les estimations suggèrent que Boeing a obtenu 7 250 dollars
d'allégements fiscaux pour chaque dollar dépensé en lobbying (Hallman, 2014) et
que, de 1999 à 2005, les 55 millions de dollars de Lockheed Martin en dépenses
de lobbying ont généré environ 90 milliards de dollars de contrats
gouvernementaux - soit un retour sur investissement de 163 536 % (Miller,
2006).
Exemple :
sachant que l'industrie chimique européenne est responsable de 8% des morts
évitables en europe
The European Environment Agency says that “according to some estimates,
about 8% of deaths can be attributed to hazardous chemicals. These numbers
could be underestimated, given that we are only aware of the health effects of
a small portion of chemicals in use today.”
la commission européenne a décidé de mettre en place un plan "REACH"
pour réglementer l'industrie
The strategy included the central promise that the REACH regulation would be
revised. The CSS was linked to an ambition for “zero chemical pollution in the
environment”
Cependant, vu que la droite contrôle le parlement et les institutions (parske
les gens de gauche ne vote pas), le plan reach s'est fait completmeent enculé
d'abord, l'industrie chimique a eu 200 réunions contre 90 pour les ong les
mesures ajd, on est clairement sur de la dérégulation
si on sait que y'a un produit cancérigène dans un produit, l'entreprise a 1.5
an pour l'enlever du marché ils veulent faire passer ca à 5 ans
aussi, chaque période, on analyse la littérature scientifique sur le sujet et
on regarde si un produit a été découvert problématique ils veulent enlever ça
et pis le ptit ami d'Attal là, il participe à ça d'ailleurs, vu qu'il est
commissaire européen, c'est même le premier à feed l'industrie et à feed les
réunions avec les industriels
REACHing out | Corporate Europe Observatory
i) Travail des enfants
L’UNICEF estime en 2023 que dans le monde, dans les secteurs agricole et industriel en 2020, 138,5 millions d’enfants sont des travailleurs, dont 57 % pratiquent des activités dangereuses (1). A noter cependant que le nombre d’enfants travailleurs a considérablement baissé d’environ 50 % depuis l’an 2000 (2).
L’institut considère qu’en 1997, 100.000 enfants aux Etats-Unis travaillaient en tant que prostitués, ce qui représente a minima 0,25 % des enfants résidants. Rien qu’aux Etats-Unis le chiffre d’affaire de la prostitution d’enfants représenterait 2 à 3 milliards de dollars par an (3).
D’un point de vue mondial, l’OIT affirme en 2002 qu’1,8 million d’enfants seraient impliqués dans le commerce sexuel : presque une moitié en Amérique du Sud, un tiers en Asie, et un cinquième dans les pays développés (4).
ii) Esclaves modernes
(à venir)
L’aliénation comme cause du mal-être au travail est effectivement a des consequence bien réel
en France, en outre, seulement 7% des salariés francais sont engagés dans
leur travail(=Ces employés trouvent que leur travail a un sens et se
sentent liés à l'équipe et à l'organisation. Ils sont fiers du travail qu'ils
accomplissent et s'approprient leurs performances, se surpassant pour leurs
coéquipiers et leurs clients.)
74% sont pas
engagés(=Ces employés
occupent un siège et regardent l'horloge. Ils fournissent le minimum d'efforts
requis et sont psychologiquement déconnectés de leur employeur. Bien qu'ils
soient peu productifs, ils sont plus susceptibles d'être stressés et épuisés
que les travailleurs engagés, car ils se sentent perdus et déconnectés de leur
lieu de travail.)
19% sont à ce point juste des saboteurs (=Ces employés prennent des
mesures qui nuisent directement à l'organisation, en sapant ses objectifs et en
s'opposant à ses dirigeants. À un moment donné, la confiance entre l'employé et
l'employeur a été gravement rompue. Ou bien l'employé n'était pas du tout
adapté à son rôle, ce qui a provoqué des crises constantes.)
Les raisons principales sont liés justement au management, à l’organisation
verticale, et à la course au profit et sont tout à fait relatif à notre systeme

https://www.gallup.com/workplace/349484/state-of-the-global-workplace.aspx
D’autres études plus sociologiques montrent du lien entre aliénation et
mal-etre au travail.
Cet article évalue deux hypothèses
connexes suggérées par l'analyse de Marx sur les sources professionnelles de
l'aliénation - l'une mettant l'accent sur le contrôle du produit de son
travail, l'autre sur le contrôle du processus de travail. En utilisant les
données d'une enquête par sondage sur les hommes américains employés dans des
professions civiles, il conclut que, dans ce système capitaliste à grande
échelle, le contrôle sur le produit du travail (propriété et position
hiérarchique) n'a qu'un effet indirect sur l'aliénation, alors que le contrôle
sur le processus de travail (proximité de la supervision, routinisation et
complexité substantive) a un effet direct appréciable sur l'impuissance,
l'auto-strangulation et l'absence de normes.
https://www.journals.uchicago.edu/doi/abs/10.1086/226272
L'impuissance est définie comme un manque d'autonomie et de participation.
L'impuissance inattendue ou indésirable est censée engendrer, successivement,
la réaction, l'impuissance et l'aliénation au travail. Ces étapes seraient en outre médiatisées ou modérées
par les attentes généralisées en matière de contrôle, l'isolement social, la
légitimité perçue des contrôles organisationnels et les attentes en matière
d'avancement. Les données d'auto-évaluation de 206 employés de production non
superviseurs ayant jusqu'à deux ans d'ancienneté au sein de l'organisation ont
partiellement étayé le modèle. Les implications pour la théorie, la gestion et
la recherche sont discutées.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/0749597889900514
je suis plus marxiste, donc j’ai rien à dire d’autres
https://drive.google.com/file/d/14GIcHUB8XVvhbNOm6JEyAsA2izAjXDUa/view
Nous sommes l’un des pires pays sur à
la confiance qu’accorde les gens au capitalisme
“En France, 26 % des sondés estiment même qu’il faut « abandonner »
l’économie de marché et le capitalisme”
Sondage : les Français sceptiques sur le
système capitaliste
Le monde entier perd confiance au système
économique capitaliste, ainsi qu’au média et à la qualité de l’information, à
la sécurité des emplois et à la mauvaise utilisation de la technologie
“56% des sondés dans 28 pays
estiment que le capitalisme "apporte plus de mal que de bien".
Une enquête mondiale démontre la
défiance envers le capitalisme | Le HuffPost
Edelman Trust Barometer 2020
mortalité inégale selon la profession en belgique
Le travail c'est la santé ? (pas pour
tout le monde)

Pareil en France :

Les CSP (Classes Socio-Professionelles) se distinguent aussi dans les chances
d’atteindre les âges élevés du fait d’une mortalité prématurée qui les touche
différemment bien que relativement faible : sur 100 hommes de 35 ans, 96
peuvent espérer atteindre 62 ans parmi les cadres mais seulement 89 parmi les
ouvriers ; ces chiffres sont respectivement de 97 et 94 chez les femmes
Les
ouvriers vivent moins longtemps que les cadres : combien de temps passent-ils à
la retraite et en (in)activité ? - Population et Sociétés - Ined éditions
1) Les innovations s'adressent de manière
disproportionnée aux consommateurs à revenu élevé
Il y a un manque de produits pharmaceutiques efficaces, sûrs et abordables pour
lutter contre les maladies infectieuses qui causent une mortalité et une
morbidité élevées chez les pauvres des pays en développement
(PDF) Drug Development for Neglected
Diseases: A Deficient Market and a Public-Health Policy Failure
Innovation in neglected tropical disease
drug discovery and development
2) Les biens publics sont largement ignorés
dans le processus d'innovation.
3) Les avantages et les coûts externes de l'innovation, qui peuvent être
très importants, ne sont pas pris en compte
4) Le pouvoir de monopole nécessaire pour stimuler l'innovation conduit
à des prix de monopole élevés pour le produit qui en résulte. Ce qui limite
l'utilisation de la nouvelle innovation et, par conséquent, réduit les
avantages qui en découlent.
5) Une grande partie de l'activité d'innovation est un pur gaspillage,
car les entreprises consacrent des ressources d'innovation dans le but de faire
échec à la concurrence.
Innovation = application économique d’une invention
Invention = progrès technique, nouveau débouché, nouveau produit, nouvelle
méthode d'organisation, etc.
Les citoyens d'une société de SPD(planification démocratique et socialiste)
pourraient résoudre ce problème en créant un Conseil de facilitation de
l'innovation (IFB), dédié à la promotion de l'innovation dans l'ensemble de
l'économie.16 L'IFB bénéficierait d'un financement substantiel du trésor
central. Il accepterait les demandes d'entreprises, de groupes informels ou de
particuliers souhaitant travailler à l'invention d'un nouveau produit ou
procédé ou s'engager dans la phase de développement d'une innovation. Il serait
en mesure d'accorder des subventions couvrant une période suffisamment longue
pour offrir une chance de succès.
Si la population souhaite l'innovation, elle doit intégrer dans le système des
incitations significatives pour ceux qui sont en mesure de la mettre en œuvre. [...]
tous ceux qui participent à l'une des étapes de l'innovation, devraient pouvoir
être récompensés en cas d'innovation réussie. [...] De telles récompenses
seraient nécessaires quelle que soit la combinaison d'incitations matérielles
et morales. Il n'est pas nécessaire que les incitations salariales soient
énormes pour susciter un comportement innovant, à condition qu'elles soient
suffisamment importantes pour que l'innovateur bénéficie d'un avantage notable
en termes de consommation. (ou qu’ils puissent tout simplement avoir les moyens
de continuer à innover)
Pour que ce système fonctionne efficacement, il serait souhaitable qu'il y ait
plus d'une entreprise dans chaque secteur, sauf en cas de monopole naturel.15
L'objectif n'est pas d'imposer une forme de concurrence de marché dans laquelle
le producteur le moins cher chasse les autres, un processus qui produit souvent
des résultats socialement irrationnels. L'objectif est plutôt de permettre la
collecte d'informations comparatives sur les performances des entreprises, à
partir des échanges sur le marché et d'autres sources, afin de prendre des
décisions éclairées sur les changements qu'il convient de demander aux
entreprises d'apporter. Il ne s'avérera pas toujours que le producteur dont les
coûts sont les plus élevés soit celui à qui l'on demande de changer ; le
producteur dont les coûts sont les plus bas pourrait se révéler avoir atteint
de faibles coûts grâce à des pratiques antisociales plutôt qu'à une technologie
supérieure.
Pour être en mesure de remplir son mandat, l'IFB devrait être constitué sous la
forme d'un conseil indépendant, éventuellement composé de représentants des
consommateurs et d'experts en tous genres. Une telle dérogation à la pratique
habituelle serait cohérente avec le principe sous-jacent du SPD, tant que la
décision finale de mettre en œuvre une innovation incombe à un conseil
représentatif. L'IFB faciliterait et encouragerait les phases d'invention et de
développement de nouveaux produits.
Toutefois, la décision de mettre en œuvre une innovation devrait passer le test
du processus central du système, à savoir l'évaluation par toutes les parties
concernées et la recherche d'un compromis entre elles. Cela nécessite une
deuxième institution, un comité d'approbation des innovations (CAI). Il serait
constitué de la manière habituelle, avec une représentation
de tous les intérêts concernés. Son rôle consisterait à
déterminer si un nouveau produit ou processus proposé, issu d'une subvention de
l'IFB, doit recevoir le feu vert pour la production/l'introduction.Socialism and Innovation
De
plus, l’innovation n’est pas forcément relatée au capitalisme mais à l'être
humain en lui-même. Il s'agit en effet du trait caractéristique des êtres
humains, à savoir leur propension à chercher des moyens de changer et
d'améliorer leurs méthodes de travail. indépendamment de tout désir d'obtenir
plus de biens ou moins de travail. Cette propension, présente chez la plupart
des gens, bien qu'elle ne soit pas égale chez tous, représente une source
importante de comportement innovateur au stade de la conception.
En outre, ce ne sont pas forcément les entreprises qui sont à l’origine de
grande découverte :
Une étude classique a porté sur 70 inventions importantes sur le plan
économique depuis 1900 (Jewkes et al., 1969). Elle a révélé que seules 24
d'entre elles provenaient de laboratoires de recherche industriels, tandis que
plus de la moitié étaient le fait d'inventeurs indépendants ou de scientifiques
universitaires. D'autres études ont trouvé un schéma similaire (Scherer, 1980,
416-17).
Ainsi financer la recherche fondamentale, et la recherche appliquée au sein
d’entreprise publique est tout à fait possible pour continuer à innover sans
l’intervention du profit.
La ligne de 1,90 $/jour (PPA 2011) n'est pas un niveau de consommation adéquat
ou en aucune façon satisfaisant ; c'est explicitement une mesure extrême.
Certains analystes suggèrent qu'environ 7,40 $/jour est le minimum nécessaire
pour atteindre une bonne nutrition et une espérance de vie normale, tandis que
d'autres proposent que nous utilisions le seuil de pauvreté américain, qui est
de 15 $.
-La proportion de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour a
considérablement diminué, mais la pauvreté mesurée à 7,40 dollars par jour a
diminué plus lentement, passant de 70,8 % en 1981 à 58,1 % en 2013.
-Le nombre absolu de personnes vivant avec moins de 1,90 dollar par jour a
considérablement diminué, tandis que le nombre de personnes vivant avec moins
de 7,40 dollars par jour a augmenté, passant de 3,19 milliards en 1981 à 4,16
milliards en 2013.
12 Things We Can Agree On about Global
Poverty
^(à savoir que le graphique ne montre pas l’augmentation de la pauvreté lié au COVID)

Cette partie sera très largement inspiré de
cette série de vidéo
Abolir la propriété intellectuelle ? (PI #2.2)
Le terme “propriété intellectuelle” désigne les œuvres de l’esprit :
inventions; œuvres littéraires et artistiques; dessins et modèles; et emblèmes,
noms et images utilisés dans le commerce. La propriété intellectuelle est
protégée par la loi, par exemple au moyen de brevets, du droit d’auteur et
d’enregistrements de marques, qui permettent aux créateurs de tirer une
reconnaissance ou un avantage financier de leurs inventions ou créations. En
conciliant de manière appropriée les intérêts des innovateurs et ceux du grand
public, le système de la propriété intellectuelle vise à favoriser un
environnement propice à l’épanouissement de la créativité et de l’innovation.
Qu’est-ce
que la propriété intellectuelle?
L’argument souvent
avancé pour défendre la propriété intellectuelle est de dire que sans celui-ci,
il n’y aurait pas de motivation à créer des oeuvres.
Sauf que cet argument se heurte à plusieurs problèmes :
1 ) les créateurs ne sont pas motivé forcement par un interet lucratif : ils
sont motivés aussi par le plaisir intrinséque, la recherche de reconnaissance
etc..
En outre, les économistes prevoyaient que les logiciels et les encyclopedies
seraient surement sous produit sans l’existance de la propriété intellectuelle,
cependant, c’est bien Wikipedia qui a surpassé les encyclopédies capitalistes..
2) la motivation pécuniaire assurée par la propriété intellectuelle peut très
bien être remplacé par l’intervention de l’état qui peut
a) fournir directement le bien public en question
b) fournir des prix et des recompenses
c) ou malgré tout renforcer le droit d’auteur
^^^^
Néanmoins cette solution ayant comme bénéfice la decentralisation des
décisions, ainsi que l’incitation à la création et l’incitation à la
divulgation par la suite du brevet (en effet, le brevet est conditionné par la
divulgation du secret après une certaine durée, là où son inexistance aurait
peut être conduit à la garder secret ad eternam)
A comme effet nefaste une perte seche de monopole

et une diminution de la diffusion des connaissances, c’est ce qu’on nomme le
dilemme incitation-diffusion (Kenneth Arrow, 1962)
Si l’Etat augmente les incitations à innover (en permettant aux firmes de
s’approprier leurs informations/connaissances par exemple avec des DPI forts)
alors il diminue la diffusion des informations/connaissances produites, et si
l’Etat augmente leur diffusion (en empêchant les entreprises de se les
approprier par exemple) alors il décroît les incitations à les produire Dilemme
incitation vs. diffusion (Kenneth Arrow, 1962) Si l’Etat augmente les
incitations à innover (en permettant aux firmes de s’approprier leurs
informations/connaissances par exemple avec des DPI forts) alors il diminue la
diffusion des informations/connaissances produites, et si l’Etat augmente leur
diffusion (en empêchant les entreprises de se les approprier par exemple) alors
il décroît les incitations à les produire.
En outre, dans notre société moderne, l’intense lobbying pratiqué par les
grandes entreprises auprès des législateurs tend à faire augmenter la durée du
brevet au delà de ce qui aurait été optimale.

Mesure qui n’ont pas d’appuie empirique
Cet article examine l'impact des changements de la politique des brevets sur
l'innovation. Plutôt que d'analyser un cas unique, j'ai étudié 177 des
changements les plus importants dans la politique des brevets dans 60 pays et
sur 150 ans. Si l'on tient compte de l'évolution du nombre total de brevets,
l'impact des changements visant à renforcer la protection des brevets sur les
demandes déposées par les résidents est en fait négatif, que l'on considère les
demandes déposées en Grande-Bretagne ou au niveau national.
Trois explications peuvent répondre à ce paradoxe apparent
paradoxe :
- Les mesures de la production innovante sont sont rudimentaires. En raison de la vaste portée et de la longue période de cette analyse, j'ai dû utiliser des mesures de l'innovation basées sur les brevets. La correspondance entre ce que je cherche à mesurer (l'activité innovante) et la variable dépendante dans cette analyse (les demandes de brevet) n'est pas exacte, bien que le fait de n'examiner que les changements dans les niveaux de brevetage devrait limiter ce problème.
- Les délais sont peut-être trop courts. D'autres effets auraient pu être identifiés si j'avais examiné les changements sur des périodes plus longues, étant donné que certains changements de politique auraient pu prendre plus de cinq ans pour affecter l'innovation nationale. À court terme, par exemple, l'augmentation des investissements étrangers peut "évincer" l'innovation des entités nationales. À plus long terme, comme le suggèrent les expériences des industries indiennes et israéliennes des technologies de l'information, l'augmentation des brevets et des investissements étrangers (Branstetter et al. 2006) peut être un canal important par lequel l'innovation nationale est stimulée.
- Malgré ces mises en garde, l'incapacité des brevets nationaux à répondre aux renforcements de la protection des brevets, et les effets particulièrement faibles observés dans les pays en développement (dans les régressions non rapportées), sont tout à fait frappants. L'impact d'une protection renforcée des brevets pourrait tout simplement être bien moindre sur les activités innovantes que ne le suppose une grande partie de la littérature économique et politique.
The Empirical Impact of Intellectual
Property Rights on Innovation: Puzzles and Clues - American Economic
Association
Mais cela n’est pas tout :
Au cours des deux dernières années, on a beaucoup écrit sur les "patent
trolls", des entreprises qui gagnent de l'argent en faisant valoir des
brevets contre d'autres sociétés, mais qui ne fabriquent pas de produit utile
par elles-mêmes
Trois études
économétriques récentes confirment ces effets négatifs. Catherine Tucker, du
MIT, a analysé les investissements en capital-risque par rapport aux procès en
matière de brevets dans différentes industries et différentes régions du pays.
En contrôlant l'influence d'autres facteurs, elle estime que les procès
intentés par de fréquents plaideurs (en grande partie des "patent
trolls") ont été à l'origine d'une baisse de 22 milliards de dollars de
l'investissement en capital-risque sur une période de cinq ans. Cela représente
une baisse de 14 %.

https://hbr.org/2014/07/the-evidence-is-in-patent-trolls-do-hurt-innovation
De toute façon, dans un système socialiste, la question du brevet n’a pas lieu
d’être, les entreprises sont censées collaborer entre elles, et la société
assure le financement de l’innovation/invention avec récompense sociale et
matérielle à la clé si celle ci a été utile, remédiant au problème de
l’incitation (voir l’innovation sous le socialisme)
Cependant, en ce qui concerne des créations culturelles et artistiques
nécessitant de large cout fixe, il est plausible qu’il existe un effet positive
du brevet
En utilisant d'autres ensembles de données historiques, Giorcelli et Moser
estiment que la production d'opéras historiquement populaires a été multipliée
par 4,6 en réponse à l'adoption du droit d'auteur, et par 10 pour les opéras
durablement populaires (c'est-à-dire ceux dont les enregistrements intégraux
continuent d'être disponibles sur Amazon en 2014).38
Mais il faut le nuancer avec le fait que
Cependant, l'étude suggère également que l'extension ultérieure de la durée
du droit d'auteur à vie plus 40 ans n'a eu aucun effet clair sur le nombre ou
la qualité des opéras produits.42 Cette deuxième conclusion est
particulièrement importante car notre débat contemporain ne porte généralement
pas sur l'opportunité d'avoir un droit d'auteur, mais sur l'opportunité d'étendre
des durées de droit d'auteur déjà très longues. Sur cette question, Giorcelli
et Moser démontrent qu'un peu de droit d'auteur peut être utile, mais que plus
de droit d'auteur ne conduit pas nécessairement à une production plus créative
Sans compter que :
En résumé, les travaux de Waldfogel suggèrent que l'industrie musicale, qui a
subi un choc de piratage qui a incontestablement fait baisser la consommation
payante de musique, continue néanmoins à produire à peu près autant de musique,
et à peu près au même niveau de qualité, qu'elle le faisait avant Napster.
Copyright and Creative Incentives: What
We Know (and Don't)
Et ces résultats peuvent en théorie être retrouvés dans tous les secteurs où
la propriété intellectuelle est quasiment inexistante tels que la mode,
certaines comédies, la haute cuisine, mod de jv etc..
Un monde sans propriété intellectuelle existe déjà sans que l’on voit des
problèmes.
De plus, il faut noter que la propriété intellectuelle, les droits d’auteur en
particulier, tende à principalement bénéficier une minorité :

Finalement, cela crée une indisponibilité des créations, où les premiers
touchés seront bel et bien les auteurs :
Paul J. Heald (2020) "Copy This Book!: What Data Tells Us about
Copyright and the public good"
Que ce soit explicitement ou —la plupart du temps— implicitement, les arguments classiques d’arbitrage travail-loisir et plus particulièrement la courbe de Laffer de 1974 affirment qu’une hausse de l’imposition désincite au travail et aux initiatives et donc conduira à une baisse des recettes fiscales. Et quoique cette hypothèse paraisse intuitive, une augmentation — et inversement une baisse — des impôts n’incite ou ne désincite pas du tout à travailler davantage.
L’explication la plus limpide de l’hypothèse est énoncée par Frédéric Bastiat : « Si un impôt est graduellement et indéfiniment élevé, par cela même qu'à chaque degré d’élévation il restreint un peu plus la consommation ou [les revenus imposables], un moment arrive nécessairement où la moindre addition à la taxe diminue la recette. »
Autrement dit, au fur et à mesure que les agents seront taxés, leur revenu disponible sera d’autant plus faible et décideront de travailler moins longtemps (à gauche la fameuse nappe de table de Laffer, à droite le schéma simplifié) :


Cette logique extrêmement simple a permis de légitimer une baisse du taux d’imposition notamment lors des années 80 dans le but de ne plus rendre dissuasif les taux d’imposition.
Cependant, il est en réalité très complexe de savoir précisément quel taux maximise les recettes fiscales, étant donné qu’un pays n’est pas seulement attractif pour sa faible imposition, mais aussi par les services engagées par l’Etat, qui risqueront d’être délabrées sans fort taux d’imposition :

Mais on pourrait aller plus loin encore et affirmer que la courbe de Laffer serait parfaitement linéaire jusqu’à un niveau proche de 100 % avant de chuter d’un seul coup, en effet dans une perspective keynésienne, le salaire ne varie pas avec la quantité d’offre de travail, car les travailleurs possèdent un emploi surtout dans le but d’être reconnu socialement, ainsi ils accepteront de travailler 3 heures de plus sans augmentation de salaire dans le seul but d’être socialement intégrés.
Empiriquement, on peut en effet remarquer qu’en 1997 et 1998, lors d’une transition d’un système fiscal vers un autre, l’impôt suisse se basait sur les revenus de 1995 et 1996 pour prélever durant ces années “fiscalement blanches”. La transition était annoncée à tous et à l’avance, un néoclassique aurait alors rétorqué que la meilleure décision à prendre aurait été de peu travailler en 1995 et 1996 et travailler le plus possible en 1997 et 1998. Pourtant, Abhijit Banerjee et Esther Duflo (2021) notent que l’offre de travail n’a pas du tout varié, ni en 95-96, ni en 97-98, ni après l’instauration du nouveau système fiscal.
Les deux auteurs A. Banerjee et E. Duflo affirment en effet que les variations de la fiscalité n’incitent pas non plus les grandes propriétaires de capitaux à épargner davantage, en effet, ils démontrent qu’une baisse de la fiscalité ne fait que replacer dans des comptes “propres” de l’argent précédemment placé dans des niches fiscales ou des paradis fiscaux, mais sans que la richesse ou que l’épargne n’augmente concrètement.
En fait, il est même déjà arrivé l’exact contraire où l’épargne et les investissements diminuaient en même temps que l’imposition diminuait, en particulier aux Etats-Unis à partir des années 45 et en particulier à partir des années 80 avec le début de la doctrine reaganienne :

Les deux paires d’économistes (Abhijit V. Banerjee-Esther Duflo (2019) & Emmanuel Saez-Gabriel Zucman (2019)) sont très claires : contrairement à ce qu’affirme l’école économique standard, il n’existe aucune preuve empirique assurant qu’une baisse d’une imposition relativement élevée permettrait de la croissance ou même ne serait-ce qu’une hausse de l’épargne.
Enfin, il est de toute manière idiot de rechercher, que l’on soit libéral ou socdem, à maximiser les recettes fiscales, car les avoirs de l’Etat ne sont qu’un moyen, là où un libéral souhaiterait un taux d’imposition inférieur à un théorique taux d’imposition maximisateur des recettes fiscales — car il pourrait penser que l’Etat sait moins bien dépenser ces recettes que ne le peut le Marché —, un socdem estimerait qu’il faudrait un taux supérieur à celui théorique maximisateur, dans le but de réguler le capitalisme et les concentrations de capital :
« Le rôle principal de l’impôt sur le capital n’est pas de financer l’État social, mais de réguler le capitalisme. Il s’agit d’une part d’éviter une spirale inégalitaire sans fin et une divergence sans limite des inégalités patrimoniales, et d’autre part de permettre une régulation efficace des crises financières et bancaires. »
— Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, 2013
« [L]es gouvernements démocratiques peuvent raisonnablement choisir d’appliquer aux riches des taux supérieurs à ceux qui maximisent les recettes fiscales — c’est-à-dire [...] détruire une partie de l’assiette fiscale peut être dans l’intérêt de la collectivité. Si cette idée vous semble délirante, c’est parce que les débats sur la fiscalité des dernières décennies se sont trop souvent fondés sur des graphiques chiffonnés sur un coin de table [voir image du haut], oublieux de l’histoire, de la politique et des relations de pouvoir dans une économie de marché. Il est grand temps de dépasser Laffer.
[...] La richesse, c’est le pouvoir ; l’extrême concentration des richesses, c’est l’extrême concentration des pouvoirs. Le pouvoir d’influencer les politiques publiques, d’étouffer la concurrence, de façonner les idéologies. Tous ces pouvoirs qui, réunis, permettent de changer la distribution des revenus à son avantage — sur les marchés, dans les sphères politiques, dans les médias. Aujourd’hui comme de tout temps, c’est pour cette raison élémentaire que l’extrême richesse détenue par quelques-uns est susceptible de réduire la fortune des autres.
[...] L’extrême richesse, comme les émissions de gaz à effet de serre, impose une externalité négative [c’est-à-dire des effets néfastes et non désirés par les victimes] au reste de la société. [...] les taux quasi confiscatoires appliqués aux très hauts revenus [...] n’ont pas pour but de financer les services publics à long terme.
[...] Les taux d’imposition quasi confiscatoires permettent de redistribuer le pouvoir économique [...] et de favoriser la concurrence sur les marchés. »
— Emmanuel Saez, Gabriel Zucman, Le triomphe de l’injustice, 2019, chap. 8 (« Dépasser Laffer »)
Ce qu’on entend souvent : Augmenter l’impôt des plus riches provoquerait leur départ massif vers des cieux fiscaux plus cléments. Un risque d’exode fiscal qui serait dramatique pour la France. Selon la très libérale et surmédiatisée fondation iFRAP, dont les méthodologies sont opaques et la crédibilité scientifique bien faible, l’ancien ISF aurait ainsi conduit à l’expatriation de 143 milliards d’euros de capitaux et empêché la création de 400 000 emplois en France. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe justifiait d’ailleurs la suppression de l’ISF en 2018 en assurant qu’« en quinze ans d’ISF, on a fait partir 10 000 contribuables ».
Ce que disent les faits : En réalité, l’ampleur de l’exode fiscal est très limitée. Les études de la Direction générale des finances publiques montrent une tendance haussière des départs de contribuables aisés, mais dans des proportions modestes. En 2014, on comptait 589 départs de foyers fiscaux aux revenus annuels supérieurs à 300 000 € (soit environ 1 % de cette population). Sur le plan patrimonial, le nombre de redevables de l’ISF ayant réellement émigré pour raisons fiscales était également marginal : environ 5 000 contribuables en 11 ans (de 1995 à 2006), soit à peine 1 % des assujettis à l’ISF, selon les calculs de Gabriel Zucman, docteur en économie de renommée internationale (PSE, Berkely, EU Tax Observatory…), dans son mémoire de Master 2 daté de 2008 dirigé par Thomas Piketty. Le manque à gagner fiscal lié à ces départs était alors estimé entre 300 et 385 millions d’euros par an, soit moins de 10 % du rendement total de l’ISF.
On est donc loin de l’hémorragie souvent brandie, comme le confirme par ailleurs France Stratégie dans son rapport 2023 d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital, rappelant qu'entre 2011 et 2016, 950 foyers soumis à l’ISF quittaient chaque année la France, tandis que 370 revenaient s’y installer, soit un solde net de 580 départs annuels. Puis, à la suite de la transformation de l’ISF en Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) en 2018, la tendance s’inverse : 260 départs par an contre 380 retours, signe que la fiscalité immobilière pèse moins lourd dans les décisions de mobilité. Au total, ces chiffres représentent moins de 0,2 % des redevables (environ 150 000). L’impact est donc marginal sur les recettes publiques et l’économie nationale.
Par ailleurs, de nombreux pays fortement taxés conservent leurs grandes fortunes. La Californie, malgré une fiscalité élevée, reste un pôle majeur pour les millionnaires aux États-Unis, et la Suisse applique depuis longtemps un impôt sur la fortune, qui frappe tous les actifs (financiers, immobiliers, mobiliers) de façon progressive, mais très significative pour les plus hauts patrimoines (environ 1 % selon les cantons), sans voir ses milliardaires déserter en masse.
Des chercheurs américains (Millionaire Migration and Taxation of the Elite: Evidence from Administrative Data, Cristobal Young, professeur de sociologie à l’université de Cornell, en collaboration avec Charles Varner, Ithai Z. Lurie du U.S. Department of Treasury et Richard Prisinzano) ont montré que les millionnaires américains déménagent peu pour des raisons fiscales : le taux de migration inter-États des contribuables au-delà du million de dollars n’est que de 2,4 % par an, à peine supérieur à la moyenne de la population, signe que l’impôt n’est pas le facteur déterminant de localisation, comparé aux attaches familiales, culturelles et professionnelles. Bref, l’argument de l’exode fiscal systématique ne tient pas la route une fois confronté aux données : quelques ultra-riches s’exilent, mais la grande majorité reste et continuerait de le faire avec un impôt raisonnablement accru.
Ce qu’on entend souvent : Une fiscalité trop lourde sur les plus riches désarmerait l’économie en privant les entrepreneurs et investisseurs de leur motivation. Cet argument, associé à la théorie du « ruissellement », est régulièrement avancé par les milieux d’affaires. L’idée est que les fortunes accumulées sont réinjectées dans l’économie sous forme d’investissements productifs et de créations d’entreprises, et qu’y toucher ferait fuir les capitaux ou découragerait la prise de risque.
Taxer la « réussite » irait à l’encontre de l’esprit d’entreprise, de l’attractivité globale du pays, au détriment de la croissance et de l’emploi, et donc de la richesse globale. Ce discours, porté par exemple par le Medef ou certains éditorialistes économiques, a influencé la politique fiscale du début du premier quinquennat Macron placé sous le signe de la « Start-up Nation » : il a supprimé l’ISF et instauré une « flat tax » sur les revenus du capital en 2018, précisément pour stimuler l’investissement et l’innovation en libérant les détenteurs de capitaux de la « pression fiscale ».
Ce que disent les faits : Les résultats de cette expérience grandeur nature se sont révélés très décevants pour la théorie du ruissellement. Selon le comité d’évaluation de France Stratégie, la réforme de 2018 n’a tout bonnement eu aucun effet observable sur l’économie réelle en matière de croissance ou d’investissement.
À lire aussi : Suppression de l’impôt sur la fortune : le ruissellement se fait attendre
En revanche, elle a entraîné une explosion des dividendes versés aux actionnaires sans équivalent : les dividendes déclarés par les ménages français sont passés de 14 milliards d’euros en 2017 à 23 milliards en 2018, puis ont continué de progresser d’année en année, de record en record. Or, ces gains ont principalement bénéficié à une infime minorité : en 2019, 0,1 % des foyers les plus riches ont perçu 62 % du total des dividendes, toujours selon France Stratégie.
Comme le résumait avec ironie un sénateur vice-président de la Commission des Finances du Sénat : « Ce n’est pas du ruissellement, mais de l’évaporation ! ». Autrement dit, le principal effet de la baisse d’impôt a été d’augmenter les revenus du patrimoine des ultra-riches, et non de doper l’investissement productif : l’argent reste en haut de la pyramide au lieu de redescendre vers l’économie réelle.
À lire aussi : « La baisse des impôts des plus riches fragilise nos finances » – H. Sterdyniak
Cette piètre performance n’est pas une surprise pour nombre d’économistes. Le Fonds monétaire international lui-même a démystifié le vieux mythe selon lequel « la redistribution nuit à la croissance ». Ses travaux montrent que le véritable risque d’appauvrissement pour un pays provient davantage des inégalités extrêmes et du sous-investissement dans le capital humain que d’une fiscalité équitablement répartie. Les pays les plus inégalitaires connaissent une croissance plus faible – car cela limite le potentiel de consommation et favorise les rentes improductives – et les politiques redistributives modérées ont un effet neutre voire positif sur la croissance, contrairement aux craintes des milieux conservateurs.
En clair, rien n’indique qu’un impôt accru sur les plus riches ferait dépérir l’investissement : tant que les opportunités d’affaires existent, les entrepreneurs chercheront à en profiter. Or, en France, des opportunités de business, il y en a. Tellement, que même les investisseurs étrangers se ruent sur l’Hexagone : la France est le premier pays européen en termes d’investissements étrangers depuis 2019, ce qui signifie que c’est le pays d’Europe qui attire le plus de projets d’investisseurs étrangers souhaitant s’implanter, développer ou racheter des activités économiques sur son territoire, attirés par la qualité de ses infrastructures et de sa main-d’œuvre, et sa stabilité juridique et réglementaire.
D’autre part, il est trompeur de croire que l’argent non prélevé par l’impôt serait automatiquement réinjecté dans l’économie nationale. Une partie significative des avoirs des ultra-riches est aujourd’hui placée à l’étranger via des holdings détenues dans des paradis fiscaux. Ne pas taxer les riches n’est donc peut-être pas une garantie qu’ils « enrichiront le pays », mais c’est la certitude de creuser les inégalités, sans contrepartie suffisante en termes de croissance.
Au contraire, taxer davantage les plus aisés pourrait renforcer l’économie française, à condition que ces recettes financent des dépenses à fort impact socio-économique – éducation, santé, transition écologique, infrastructures – dont les effets multiplicateurs sur la croissance sont bien établis. Les expériences internationales montrent que de nombreux pays ont conjugué haute contribution fiscale des riches et prospérité économique. Les pays scandinaves, par exemple, historiquement plus égalitaires, n’en sont pas moins parmi les plus innovants et productifs. Et sur le plan historique, les Trente Glorieuses en France ou la prospérité d’après-guerre aux États-Unis se sont déployées avec des fiscalités beaucoup plus progressives qu’aujourd’hui.
Ce qu’on entend souvent : Les grandes fortunes sont essentiellement composées d’avoirs illiquides (participations dans des entreprises, immobilier, œuvres d’art, etc.) dont la valeur est « virtuelle » tant qu’ils ne sont pas vendus. Dès lors, imposer ces actifs poserait un problème pratique : comment payer un impôt annuel significatif sans revenus correspondants ? Taxer un patrimoine illiquide reviendrait, selon cette logique, à forcer les riches à liquider leurs biens ou à s’endetter, menaçant l’investissement et l’emploi associés à ces actifs. En France, on a souvent mis en avant le cas de l’entrepreneur dont la start-up prend de la valeur : son patrimoine explose en théorie, mais sans qu’il ait de cash disponible – lui imposer un prélèvement pourrait le contraindre à vendre sa société prématurément.
Ce que disent les faits : Il est vrai que la valorisation des très grandes fortunes est volatile, car soumise aux aléas des marchés financiers, et en partie « latente », c’est-à-dire non réalisée. Mais cela n’empêche pas les ultra-riches de profiter très concrètement de leur richesse, y compris de la part non réalisée. Signe révélateur, ils mènent grand train sans avoir besoin de « casser » leur tirelire.
Les exemples sont pléthores – et les limites du luxe et de l’extravagance sont repoussées : Xavier Niel, le collectionneur d’hôtels particuliers tout comme François Pinault, avec son 6e sixième hôtel particulier acheté à Paris pour 200 millions d’euros en 2020, le super yacht (avec héliport, piscine, cinéma…) de Jeff Bezos pour un demi-milliard de dollars en 2023 – qui consomme 2 000 litres de carburant par heure et comprend un réservoir de 750 000 litres pour un plein à plus d’un million de dollars –, l’acquisition de la villa Casa Degli Atellani à Milan (demeure datant de la Renaissance ayant appartenu à De Vinci) par Bernard Arnault en 2022, ou encore la collection de plus de 200 œuvres d’art de Patrick Drahi, estimée à plus de 750 millions d’euros, et stockée principalement en Suisse et au Luxembourg…
Les riches savent très bien « liquider » quand ils le veulent. Les grands patrimoines sont toujours composés d’une part de liquidité ou de revenus mobilisables : dividendes, cessions partielles d’actions, recours au crédit privé avec actions en garantie, etc. En réalité, les milliardaires peuvent, sans aucune difficulté, monétiser une fraction de leur richesse, sans mettre en péril l’ensemble de leur fortune et sans avoir à vendre leurs entreprises. Et s’ils doivent à l’occasion céder 1 % de leurs actions par an pour s’acquitter d’un impôt de 1 % du patrimoine, cela n’a rien d’insurmontable et c’est un choix de contribution au bien commun qui n’équivaut nullement à une expropriation totale.
Ce qu’on entend souvent : Pourquoi s’acharner à vouloir taxer quelques milliardaires alors que leur nombre est faible et que cela ne comblerait pas les déficits publics ? Cet argument de la « faible recette potentielle » réduit le principe de taxer davantage les plus fortunés à une « mesurette », plus symbolique qu’efficace. En France, on souligne que l’ISF ne concernait qu’environ 350 000 foyers (sur plus de 37 millions), pour une recette autour de 5 milliards d’euros – à comparer aux 300 milliards de recettes fiscales annuelles de l’État.
Certains responsables politiques affirment qu’« il n’y a pas d’argent magique » à attendre d’un impôt sur les riches, insinuant qu’il vaudrait mieux renoncer à cette idée pour se concentrer sur des masses budgétaires plus importantes (TVA, impôts de masse, etc.). L’argument est souvent utilisé pour minimiser l’impact de la suppression de l’ISF en 2018 : ses opposants concèdent que cela a profité aux plus aisés, mais relativisent en disant que le coût pour les finances publiques est négligeable.
Ce que disent les faits : Les chiffres montrent au contraire que les sommes en jeu sont loin d’être anodines. Toujours selon le dernier et très sérieux rapport de France Stratégie, la suppression de l’ISF a privé l’État français d’environ 4,5 milliards d’euros de recettes sur la seule année 2022. Sur la période 2018-2023, le cumul du manque à gagner dépasse 19 milliards d’euros ! Ce n’est certainement pas « rien » : 4,5 milliards, c’est par exemple l’équivalent du budget annuel de la Justice ou de la création de 100 000 emplois dans les hôpitaux.
À l’avenir, la base taxable des grandes fortunes tend à augmenter, car la concentration du patrimoine s’accentue. La Banque de France indique que les 10 % des ménages les plus riches détiennent plus de 54 % de la richesse totale du pays, proportion stable depuis 2019. Entre 2003 et 2023, le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes professionnelles en France a été multiplié par 9,3, d’après l’Observatoire des inégalités, et atteignait 1 170 milliards d’euros en 2023, selon Challenges, soit 17 % de plus que l’année précédente. Taxer ne serait-ce qu’une petite fraction de cette richesse peut donc rapporter des montants substantiels.
Au niveau international, les évaluations vont dans le même sens. L’ONG Oxfam a calculé que pour les pays du G20, instaurer un impôt progressif pouvant aller jusqu’à 5 % sur les fortunes des multimillionnaires et milliardaires pourrait générer près de 1 500 milliards de dollars par an ! Un rapport sur les inégalités mondiales du World Inequality Databse datant de 2022 montrait qu’une taxation modérée (de l’ordre de 1 à 3 %) des patrimoines les plus élevés, mise en place à l’échelle mondiale, permettrait de lever des ressources colossales pour lutter contre la pauvreté ou financer la transition écologique.
Plus concrètement, en France, taxer la fortune des milliardaires à 2 % par an représenterait un prélèvement d’environ 10 milliards d’euros (étant donné que la dizaine de premiers milliardaires français cumulent à eux seuls près de 600 Md€ de patrimoine). Cela couvrirait le « déficit » annuel projeté de notre système de retraites ou permettrait de tripler le budget de la rénovation thermique des logements.
Alors non, tous les maux ne seront pas résolus avec une surtaxation des très riches, mais le sentiment d’équité fiscale et de justice sociale serait renforcé. Car actuellement, il est au tapis, les ménages modestes contribuant proportionnellement davantage via des taxes indirectes (TVA, carburants) que les très riches, qui optimisent leurs revenus provenant principalement du capital, et font ainsi chuter leur taux effectif d’imposition.
Selon le très sérieux Institut des politiques publiques, les 37 800 foyers français les plus aisés, c’est-à-dire qui touchent plus de 627 000 € annuels, ont un taux d’imposition global de 46 %, mais ce taux tombe à 26 % pour les 75 foyers fiscaux (les 0,1 %) les plus fortunés. De plus, 1 milliard d’euros quasi indolore prélevé à des très riches vaut socialement bien davantage que ce même milliard douloureux récupéré sur le dos des ménages modestes qui galèrent au quotidien.
Ce qu’on entend souvent : Un autre argument courant est celui de la complexité administrative. Un impôt sur la fortune se heurterait à d’insurmontables difficultés de mise en œuvre et de main-d’œuvre pour évaluer les actifs et éviter des montages, des fraudes et des délocalisations, qui coûteraient « un pognon de dingue » pour reprendre une expression bien connue, comme c’était le cas du temps de l’ISF. Le rapport coût/recettes n’en vaudrait donc pas la chandelle.
Ce que disent les faits : Déjà, Bercy n’a jamais été paralysé par la gestion des déclarations des 300 000 assujettis annuels de l’ISF pendant des décennies. De plus, le coût de la collecte de l’ISF a été évalué (rapport Lépine de 1997) à 1,6 % des sommes récoltées, soit à peine plus que la moyenne de l’ordre de 1,4 % pour l’ensemble des impôts en France. L’idée selon laquelle l’ISF coûtait plus qu’il ne rapportait a été ensuite contredite dans un rapport de l’IGF (Inspection générale des finances) en 2011. Certes, c’est une autre époque, mais c’est important de le rappeler.
Les patrimoines se sont sophistiqués depuis, mais les outils technologiques et juridiques aussi, ainsi que la coopération internationale. Gérer les stratégies d’évitement, c’est le cœur du « métier » du ministère des Finances. Des moyens importants sont actuellement très bien déployés lorsqu’il s’agit de détecter la fraude sociale…
À lire aussi : Fraude fiscale vs fraude sociale : l’État a choisi son ennemi, et ce ne sont pas les ultra-riches
Ce qu’on entend souvent : dernière ligne de défense des opposants : même si l’on voulait taxer davantage les plus riches, la Constitution française l’empêcherait. L’égalité devant l’impôt et le droit de propriété, principes à valeur constitutionnelle, seraient bafoués par une telle mesure. L’idée d’un « impôt confiscatoire » est brandie : au-delà d’un certain seuil, prélever les revenus ou le patrimoine des plus fortunés ne serait plus légal. Et de rappeler qu’en 2012, le Conseil constitutionnel a censuré la taxe à 75 % sur les hauts revenus mise en place par François Hollande.
Ce que disent les faits : Cet argument est surestimé. D’abord, rappelons une évidence : l’ISF a existé pendant près de 30 ans en France, de 1989 à 2017 et a été validé à maintes reprises par le Conseil constitutionnel. En 2010, le Conseil constitutionnel a confirmé la constitutionnalité de l’ISF, considérant que « l’égalité devant la loi fiscale ne s’oppose pas à ce que le législateur traite différemment des situations différentes ». Il a explicitement déclaré que taxer des biens même s’ils ne génèrent pas de revenu n’a rien d’illégal, car l’ISF « frappe la capacité contributive conférée par la possession d’un patrimoine, indépendamment de la notion de revenus ».
Qu’en est-il du fameux seuil « confiscatoire » ? Le Conseil constitutionnel se réfère à la Déclaration des droits de 1789 (art. 13) pour dire qu’un impôt ne doit pas imposer à une catégorie de contribuables une charge excessive au regard de ses facultés contributives ni revêtir un caractère confiscatoire. En 2012, la taxe à 75 % n’a pas été retoquée parce que 75 % était un chiffre trop élevé en soi, mais parce que la contribution était calculée individuellement plutôt qu’au niveau du foyer, ce qui rompait avec la logique du quotient familial en vigueur pour l’impôt sur le revenu. Le gouvernement a alors corrigé ce point (en faisant payer la taxe via les employeurs) et la mesure est passée pour deux ans, sans nouvelle censure.
L’anticonstitutionnalité supposée est un écran de fumée. Il est tout à fait possible de concevoir une taxation des riches conforme au droit, avec du bon sens et des garde-fous appropriés : progressivité raisonnée, aménagements prévus (comme c’était le cas avec l’ISF) type « bouclier fiscal » pour éviter qu’un contribuable se retrouve avec un impôt supérieur à ses revenus courants… Avec pour seul leitmotiv : l’intérêt général. Il s’agit de ne pas discriminer arbitrairement, mais rien n’interdit de faire contribuer plus ceux qui ont plus – c’est même l’esprit de la justice fiscale proclamée par 1789.

(work in progress)
Réfutation de la loi de Say :
Comprendre la loi de Say :
Imaginez d'abord 1
capitaliste, 10 ouvriers et des vaches qui produisent du lait
imaginons aussi que les ouvriers produisent 20 litres de lait/cycle et que leur
salaire est de 10 litre de lait/cycle
le capitaliste embauche les 10 ouvriers qui vont produire au total 10 x 20 =
200 litres de lait
les 10 ouvriers vont recevoir 10x10 = 100 litres de lait et
le capitaliste va recevoir le reste soit 100 litres celui ci décide d'épargner
intégralement son lait dans une banque
imaginons désormais qu'on ajoute en + un nouveau capitaliste qui souhaite lui
aussi produire du lait, il va aller à la banque pour emprunter 100 litres de
lait afin de payer 10 ouvriers pour qu'il réunisse des vaches dans une ferme
après un cycle, la ferme est construite et prête à produire du lait le nouveau
capitalisme va répéter le même processus, les nouveaux ouvriers reçoivent 100
litres de lait dont 10 chacun, le capitaliste reçoit le reste soit 100 litres
et il va pouvoir rembourser intégralement le prêt à la banque et restituer 100
litres à l'ancien capitaliste. La loi de say stipule donc que toute offre
trouve toujours sa demande et que les revenus générés par la production soient
égaux à la valeur de la production (E = Y) et que ces revenus soient
intégralement dépensés (D=E)
A partir de cet exemple, on peut aussi conclure que l'épargne génère
l’investissement, que le chômage n’est possible que si les salariés demandent
un salaire trop élevé : au dessus de 20 litres de lait/cycle, que les profits
sont déterminés par
“valeur de la production - salaire = profit”, que si on le transpose bêtement
dans un modèle monétaire, la monnaie apparaît de nulle part, et qu’elle
n’existe que pour faciliter les échanges.
réfutation simple en montrant le fonctionnement simplifiée d’une économie
monétaire :
Imaginez d'abord 1 capitaliste, 10 ouvriers et des vaches qui produisent du lait
1 litre de lait = 1 euros
imaginons aussi que les ouvriers produisent 20 euros/cycle et que leur salaire est de 10 euros/cycle
et que les ouvriers consomment l'intégralité de leur revenu et que les capitalistes épargnent la totalité de leur revenu
le capitaliste va à la banque pour emprunter 100 euros afin d'embaucher les 10 ouvriers, la banque va créer l'argent ex nihilo
les 10 ouvriers sont payés 10 euros chacun
et vont produire au total pour une valeur de 200 euros
les ouvriers vont par la suite consommer tout leur salaire en achetant 100 euros de production au capitaliste
le capitaliste reçoit les 100 euros, et rembourse son prêt à la banque
(toute la monnaie vient d'être détruite, le capitaliste n'a fait aucun profit et il reste encore 100 euros de production à vendre, la seule façon de régler le problème, c'est par l'investissement, d'où l'idée que le capitalisme ne survit que s'il y a une croissance infinie)
donc
imaginons désormais qu'on ajoute en + un nouveau capitaliste qui souhaite lui aussi produire du lait, il va aller à la banque pour emprunter 100 euros afin de payer 10 ouvriers pour qu'il réunisse des vaches dans une ferme
les ouvriers avec leur salaire vont aller consommer chez l'ancien capitaliste le reste des 100 euros de production,
l'ancien capitaliste reçoit 100 euros qui constituent son profit, qu'il va intégralement épargner à la banque.
dans cet exemple déjà plus réaliste, la surproduction est possible sil n'y a pas assez d'investissement du nouveau capitaliste, la monnaie est crée de nulle part par les banques, c'est l'investissement qui a permi à l'épargne de l'ancien capitaliste, le profit dépend des investissements, et le chômage peut etre causé si les salaires sont trop élevés, mais aussi si les salaires sont pas assez élevés pr acheter la production à nombre d'ouvrier constant.
Explication complexe du système bancaire :
D'où vient la monnaie :
la création monétaire provient des crédits imaginons un scénario, un monde où
il y a 0 euro dans l'économie, une seule banque : la banque CIC controlé par
Satan (important), monsieur A qui est un entrepreneur avisé, et 10 autres
personnes Mr A souhaite monter son entreprise de culture d'escargot, mais
problème, Mr A n'a pas d'argent afin de payer des gens pour réaliser le travail
:c
alors A, va aller à la banque CIC demander un prêt de disons 20 000 euros + intérêt
de 5% (1000 euros) avec ces 20 000 euros, tu vas payer les 10 autres
personnes(donc chacun 20000/10=2000 euros) pour réaliser ta culture d'escargot,
ils vont récupérer des escargot, construire un endroit pour héberger la culture
d'escargot etc... puis les escargots vont se reproduire, et les travailleurs
que mr A a engagé, vu que dans ce monde, il n'y a qu'un seul bien qui est
produit, vont lui payer en retour pour pouvoir acheter "ses"
escargots, jusqu'à ce qu'il ne leur reste plus rien, et donc en redonnant tous
les 20 000 à Mr A
Mr A avec l'argent, va pouvoir rembourser son prêt, les 20 000 à la banque
du côté du banquier, lui au moment où il a crée le prêt, il a mis dans ses
actifs, le fait que tu lui dois 20 000 euros + intérêt, et dans son passif, le
fait qu'il te met à disposition 20 000 euros, lorsque tu effectues le virement
des 20 000 € à tes ouvriers, il ne te doit plus à disposition cet argent, et
quand tu lui fais le remboursement des 20 000, il n'a plus dans son actif le
fait que tu lui dois 20 000 €, t'as compris passif et actif s'annule
mutuellement, lorsque tu rembourses ta dette, l'argent est suppr de l'économie

Probleme : maintenant qu'il n'y a à nouveau plus d'argent dans l'économie, cmt
Mr A fait pour rembourser tes 1000 euros d'intérêts :/// c'est simple, mr A
refait un emprunt disons à 20 000 euros pour continuer à agrandir la culture
d'escargot, A va d'abord rembourser ses 1000 euros d'intérêts au banquier,
celui ci étant donné qu'il n'a rien d'autres à faire que d'acheter tes
escargots, va immédiatement les "redonner" en payant des escargot, et
le cycle continue, A paye ses ouvriers le montant de 20 000, les ouvriers
repayent à nouveau les escargots, À rembourser le prêt du banquier, l'argent
est supprimé, tu dois refaire un emprunt parce que les intérêts etc.....
(les intérêts servent en général à payer les frais administratifs, profit,
ainsi que d'avoir des réserves si des personnes ne remboursent pas, dans notre
cas simplifié, le banquier s'en sert juste pour se nourrir) Avec cet exemple on
a compris déjà plusieurs choses, la monnaie vient avec une
contrepartie(passif/actif), elle ne tombe pas du ciel, rembourser tte la dette
qu'on a supprimerait la monnaie qu’il y a dans l'économie, ce qui va avec ttes
les conséquences
ensuite, la monnaie rentre à partir de la production, de plus, on se rend
compte aussi que la quantité de monnaie dans une économie est endogène, càd
qu'elle dépend des crédits et de cmt va l'activité économique, plus précisément
et comment nous allons le voir, de la confiance des banquiers
maintenant, rendons les choses + complexes :
Disons que désormais, il y ait 2 banques dans l'économie qui ont chacun un
compte à 1 banque centrale, et 1000 personnes : 10 capitalistes et 990
prolétaires
Revenons à nouveau dans notre exemple, au départ 0 € dans l'économie, les 10
capitalistes veulent chacun se mettre dans l'industrie de la pêche, il engage
chacun d'eux 99 travailleurs pour construire bateau et être pêcheur mais
problème, y'a pas d'argent dans l'économie :(
alors les capitalistes vont aller à la banque satanique pr demander un prêt,
tous ensemble, il réalise un prêt de 1 000 000 € au total (100 000 chacun).
Ils engagent les travailleurs, ils construisent bateaux et pêchent poisson et à
la fin du mois, ils reçoivent leur paye, soit en tout 1 000 000 €, et ils le
placent dans la banque du paradis et dans le même jour, ils dépensent 900 000€
aux capitalistes à nouveau pour acheter le poisson
voilà ce qu'il va se passer, la banque satanique a crée 1 000 000 €, càd, une
promesse de mettre à la disposition cet argent aux capitalistes, si les
capitalistes se payent entre eux, imaginons le capitaliste A achete pr 10 000 €
un bateau au capitaliste B, et que tous les deux appartiennent à la meme
banque, bah rien ne change réellement, il y a tjrs en tout 1 000 000 € de
promesse et elle a juste à faire un changement dans la repartition entre ses
membres, càd que la promesse de mise à disposition sert réellement d'argent,
c'est plus qu'un simple crédit (sans compter que dans notre vrai monde, cet
argent est assuré par la banque centrale
https://www.economie.gouv.fr/particuliers/garantie-bancaire-depots)
la banque satanique cherche à se debarasser de sa promesse de paiement aux
capitalistes pour la donner à la banque du paradis, la banque du paradis se
retrouve donc avec une promesse de paiement de 1 000 000 € aux ouvriers, mais
elle va pas donner sans contrepartie cet argent aux ouvriers, alors celle ci
n'accepte ses 1 000 000 €, que si la banque satanique lui fournisse qqch de
concret en retour, càd, des réels billets qui font 1 000 000 €, ou des actifs
financiers de même valeur ou plus réaliste dans cette situation, la banque
satanique va demander de l'argent à la banque centrale, du concret donc pour le
donner à la banque du paradis Mais attend !!
on a dit que dans la même journée, les ouvriers renvoient 900 000€, et c'est à
la fin de la journée quet c'est à la fin de la journée que settle toutes les
transactions, au final donc, la banque satanique ne doit donner que 100 000 € à
la banque du paradis, qu'elle va effectivement emprunté à la banque centrale,
donc au final y'a pas besoin de tant de réserve que ca, de vrai monnaie
Dans l'eurosystème et en général Le fait d'avoir une réserve obligatoire n'est
pas vrmt contraignant, la banque centrale rémunère les réserves, et est prête à
soutenir les banques en leur injectant de la monnaie centrale à disposition,
via notamment des intérêts sur les réserves excédentaires, des prêts (à court
ou long terme) que la BC accorde aux banques commerciales, ainsi que des
opérations d'open market et QE donc, bref, la quantité de monnaie donc est
endogène et est lié à la demande de crédit et à la confiance des banques
commerciales,
conclusion : La nature endogène de la monnaie à fort pouvoir d'achat semble
presque évidente dans le contexte des économies à découvert. Dans ces
économies, les banques commerciales n'ont aucune difficulté à emprunter des
billets ou des réserves à la banque centrale, en fonction des besoins. C'était
notamment le cas en France, et c'est toujours le cas dans l'actuel système de
l'euro.
La causalité inversée suggérée ici est également à l'origine de deux autres
causalités inversées dans la théorie post-keynésienne, qui sont
particulièrement importantes. Premièrement, comme nous l'avons déjà souligné,
c'est l'investissement entrepris par les entreprises qui crée l'épargne.
L'investissement ne nécessite ni épargne préalable, ni source de dépôts
préalables. Tant que les ressources d'une économie nationale ne sont pas
pleinement utilisées, le financement de l'activité économique ne dépend que de
la crédibilité de l'emprunteur et des normes financières existantes.
(j’aimerais donc préciser que sur ce point là,la création monétaire est laissée
au bon vouloir de la confiance ou non subjective des banquiers aux personnes et
à l'économie, cela signifie qu'ils sont + à même à prêter pour des entreprises
capitalistes traditionnels que des coopératives alors même que les performances
sont similaires, ils prêtent + à des riches, ce qui maintient en partie les
inégalités en place, et l'activité économique peut rapidement devenir instable
dû à une baisse de confiance)
La rareté du financement est purement fondée sur une norme - une convention
(Parguez, 2001). Deuxièmement, l'inflation n'est pas causée par un taux de
croissance excessif de la masse monétaire. La causalité est même inversée. Le
taux de croissance des prix et de la production entraîne plutôt une
augmentation du stock de monnaie. Le taux d'inflation s'explique par d'autres
causes.
des bonnes ressources
https://www.bundesbank.de/en/tasks/topics/how-money-is-created-667392
https://www.youtube.com/watch?v=bE8i-4HpKlM&list=PLyl80QTKi0gPBcb32paMvXxcq7UUeJskV&index=1
L’objectif d’une firme :
Et si c'était le pouvoir qui était l'objectif principal des managers à la tête
des entreprises, le pouvoir c'est quoi, c'est le fait d'avoir un contrôle sur
son environnement et d'agir dessus.
En l'occurrence, on vit dans un monde où le futur est incertain, càd
qu’on ne peut pas prédire le futur, ainsi le législateur peut légiférer des
normes sur les émissions de CO2 et mettre à mal l’entreprise, au niveau de
l'approvisionnement, celui-ci peut décider de fournir une autre personne, les
prix sont volatiles, la concurrence peut détruire tes projets etc... l'objectif
d'une firme donc c'est d'avoir le contrôle sur son environnement, d'avoir un
contrôle sur les lois émises, sur les fournisseurs, sur les consommateurs le
seul moyen d'achever ça, c'est de faire en sorte que l'entreprise croit,
qu’elle contrôle le + de part de marché c'est ça qui assure sa survie sur le
long terme :
La nécessité de contrôler l'environnement - d'exclure les événements fâcheux - encourage une taille beaucoup plus importante. Plus l'entreprise est grande, plus elle sera importante dans son secteur d'activité. Par conséquent, son influence sur la fixation des prix et des coûts sera d'autant plus grande. Et plus grande sera, en général, son influence sur les consommateurs, la communauté et l'Etat - plus grande, en bref, sera sa capacité à influencer, c'est-à-dire à planifier, son environnement. Plus important encore, plus l'organisation se développe et devient élaborée, plus elle est à l'abri des interférences extérieures. (Galbraith, 1975, p. 56)
Lorsque l'organisation
acquiert du pouvoir, elle l'utilise, comme on peut s'y attendre, pour
servir les intérêts des personnes concernées. Ces objectifs - sécurité de
l'emploi, rémunération, promotion, prestige, avion de fonction et toilettes
privées, charme du pouvoir exercé collectivement - sont tous fortement servis
par la croissance de l'entreprise. Ainsi, la croissance renforce le pouvoir sur
les prix, les coûts, les consommateurs, les fournisseurs, la communauté et
l'État, tout en récompensant d'une manière très personnelle ceux qui la
provoquent. (ibid.)
et pour preuve, regardez :
Les études sur la rémunération des dirigeants apportent également un certain
soutien à l'entreprise galbraithienne. Il est bien connu que "la
rémunération augmente, en moyenne, proportionnellement au logarithme de la
taille de l'entreprise, pour les directeurs généraux" (Simon, 1997,
p.67). Des études montrent encore que pour les entreprises non financières et
financières, "le principal facteur lié à la rémunération des dirigeants
semble être la taille de l'entreprise" (Gregg et al., 2012, p.117). Alors
qu'il est souvent avancé que les rémunérations des dirigeants sont trop
alignées sur des objectifs à court terme et sur les performances boursières de
l'entreprise, il s'avère que l'incitation la plus importante, comme le montrent
les régressions de Gregg et al, reste que les actifs de l'entreprise doivent
être aussi importants que possible.
Pour les dirigeants qui exercent un contrôle effectif sur la mégacorp, la croissance de l'entreprise au fil du temps, en raison de l'augmentation du pouvoir, du prestige et de la rémunération qu'elle entraîne dans son sillage, est le desideratum le plus important .... Il s'avère que les mégacorps qui ont le plus de chances de survivre à long terme sont celles qui ont tenté de croître au rythme le plus élevé possible en se diversifiant et en se développant continuellement dans des secteurs nouveaux, à croissance plus rapide. C'est donc la nécessité d'assurer la survie qui dicte la croissance maximale comme objectif de l'entreprise. Les entreprises qui ne parviennent pas à se développer au même rythme que l'économie risquent de se trouver de plus en plus désavantagées sur un certain nombre de fronts. (Eichner, 1987, pp. 360-61)
Pour finir, pour confirmer, tout en nuançant, voici ce que répondent les managers lorsqu'on leur pose la question : Que disent les dirigeants eux-mêmes ? Une étude très intéressante, bien qu'un peu ancienne, est celle d'Arthur Francis (1980), qui a d'abord demandé quels étaient les objectifs les plus importants à long terme. Les deux premiers objectifs étaient clairement la maximisation de la croissance des bénéfices totaux et la maximisation du taux de rendement du capital. En troisième position, loin derrière, et avec une importance presque égale, on trouve une variété d'objectifs : maximiser les récompenses pour les employés ; maximiser la croissance des ventes et des actifs ; maximiser la croissance des dividendes et du prix des actions de l'entreprise. Cependant, il est surprenant de constater que lorsqu'on demande aux managers de choisir entre des objectifs concurrents, une majorité d'entre eux répondent qu'ils maximiseront la croissance de l'entreprise plutôt que le taux de rendement du capital. Francis a approfondi la question en demandant pourquoi les entreprises étaient intéressées par un niveau élevé de rentabilité (taux de profit élevés). Il est frappant de constater que la principale raison, et de loin, est le financement de l'expansion. Il existe donc une relation circulaire entre la croissance des ventes et la rentabilité, car lorsqu'on a demandé aux directeurs pourquoi leurs entreprises étaient intéressées par un taux élevé de croissance des ventes, les principales raisons invoquées étaient que cela permettait de garantir ou d'augmenter les bénéfices futurs et que l'absence de croissance signifiait un déclin à terme. La rentabilité et l'expansion sont donc étroitement liées. Les entreprises peuvent se développer parce qu'elles réalisent des bénéfices qui leur permettent de financer leur expansion. Mais réciproquement, la croissance des entreprises leur permet d'être rentables. Il est clair qu'il peut être difficile dans la réalité de dissocier la maximisation du profit à long terme et la maximisation de la croissance. Il peut être préférable à ce stade.
Les arguments avancés sont que la paie des managers est surtout sensible à la taille de l'entreprise et que je cite : Il n'y a pas ou peu de preuves de différences de performance entre les entreprises contrôlées par les propriétaires et celles contrôlées par les dirigeants. La plupart des études semblent montrer qu'il n'y a pas de différence en ce qui concerne la croissance des ventes et des actifs, la publicité, les salaires, la variabilité des investissements et les dividendes. Plus important encore, il n'y a pas de différence en ce qui concerne les variables de rentabilité, telles que le bénéfice par action, le rendement des capitaux propres et le dividende par action. On pourrait alors avancer un argument similaire à celui qui soutient l'hypothèse du marché contestable, à savoir que les forces de la concurrence contraignent les entreprises contrôlées par la direction à se comporter de manière aussi efficace que les entreprises contrôlées par leurs propriétaires. Il apparaît toutefois que les entreprises opérant dans des secteurs concentrés et les entreprises dominantes sur leurs marchés ne présentent pas d'écarts plus importants que celles qui opèrent dans des conditions plus concurrentielles, de sorte qu'il faut en conclure que "les forces de la concurrence ne sont probablement pas la cause première de la similarité des performances des propriétaires et des dirigeants" (Kania et McKean, 1976, p. 288). La vision galbraithienne de l'entreprise a été remise en question par les théoriciens. de plus, oui, faut qd meme preciser que désormais, la finance à un poids important sur les objectifs de la firme, notamment sur le profit de court terme, voici un graphique intéressant faisant le lien entre la contrainte financière et une courbe d'expansion de l’entreprise

r = taux de profit
g = taux de croissance
en temps normal, l’entreprise a la volonté de croître, donc elle va
favoriser un g elevé au dépend du r, néanmoins, la finance impose aux
entreprises qu’elles soient rentables, que les dividendes soient elevés pour
que l’entreprise ait accès à des financements extèrieurs, cela va se faire au
dépend malheureusement de la croissance de l’entreprise.
+ la finance a un controle important, + la droite de contrainte fait une
rotation anti-horaire et Je me permet de nuancer l'analyse proposée par ce
graphique car elle repose sur plusieurs hypothèses simplificatrices qui
méritent d'être questionnées. En effet le modèle suppose implicitement que
toutes les entreprises font face au même type de contrainte financière or en
réalité cette contrainte varie considérablement selon le stade de maturité de
la firme. Par exemple une entreprise technologique en forte croissance comme Amazon
ou Tesla peut se permettre de ne verser aucun dividende pendant des années sans
que les investisseurs ne s'en détournent puisque ces derniers anticipent un
rendement futur via la plus-value sur le cours de l'action. Autrement dit le
marché financier n'exige pas systématiquement un taux de profit élevé au
détriment de la croissance contrairement à ce que la droite de contrainte
semble indiquer de manière uniforme.
De plus l'idée selon laquelle la finance impose des dividendes élevés qui viendraient freiner la croissance de l'entreprise peut être inversée dans sa causalité. En effet on observe empiriquement que ce sont plutôt les entreprises qui ne parviennent plus à croître qui se mettent à distribuer des dividendes importants afin de maintenir l'attractivité de leur titre auprès des investisseurs. Ainsi les dividendes élevés seraient davantage le symptôme d'un essoufflement de la croissance plutôt que sa cause ce qui remet en question l'interprétation causale proposée par le graphique.
Par ailleurs le modèle raisonne dans un cadre où le financement externe semble uniquement conditionné à la rentabilité courante de l'entreprise or les marchés financiers évaluent aussi et surtout les perspectives futures de croissance. Une entreprise peut donc avoir un taux de profit relativement faible à court terme tout en accédant facilement à des financements extérieurs si elle présente un potentiel de croissance jugé crédible par les investisseurs. Cela signifie que la droite de contrainte financière n'est pas fixe comme le graphique le suggère mais qu'elle se déplace en fonction des anticipations du marché et du secteur dans lequel évolue l'entreprise.
Enfin on peut également critiquer le fait que le graphique présente le trade-off entre r et g comme un choix binaire alors qu'en pratique certaines entreprises parviennent à concilier croissance et rentabilité élevée simultanément notamment grâce à des modèles économiques à faible intensité capitalistique ou à des effets de réseau. Le point G présenté comme un équilibre optimal sous contrainte financière n'est donc pas nécessairement le seul résultat possible puisque la nature même de la contrainte dépend du contexte sectoriel et temporel dans lequel se situe la firme.
(merci, c’est très
intéressant, j’y reviendrais pour corriger)
explication sur la courbe :
d’abord croissant : par exemple la croissance permet de réaliser des économies
d’échelle, ou des monopoles d’innovation
puis décroissant : la firme croît trop rapidement par rapport à ses capacités
de gestion, ou par exemple elle se lance sur un marché nouveau qu’elle ne connaît pas exactement
Marché du travail :
Le consensus FMI-OCDE suggère que la déréglementation du marché du travail augmente l'emploi et réduit le chômage. Nous examinons la relation entre les indices de la législation sur la protection de l'emploi, et l’emploi. Parmi 53 articles académiques publiés entre 1990 et 2019 et contenus dans le Web of Science, seuls 28% soutiennent le "consensus", tandis que 21 % rapportent des résultats controversés et 51% sont contraires au " consensus ". Les résultats sont indépendants du nombre de citations de l’article, du facteur d'impact des revues scientifiques et de la méthodologie utilisée.
http://reparti.free.fr/brancaccio720.pdf

(Le graphique indique même que les nouvelles études
supportent de moins en moins le consensus)
C'est le paradoxe de la flexibilité II et pour le résumer très
simplement
Le problème reconnu par Keynes est que les salaires peuvent être trop
flexibles. En effet, lorsque les salaires baissent, les revenus des
personnes diminuent et leur capacité à demander des biens diminue également.
L'absence de demande globale était le problème de la Grande Dépression,
tout comme l'absence de demande globale est le problème d'aujourd'hui. L'imposition
d'une plus grande flexibilité salariale peut avoir pour effet d'exacerber le
problème sous-jacent du manque de demande globale. [Stiglitz, 2013, p.
10] 2 ACCE
à l'aide d'un modèle basé sur des agents qui de part ses présupposés
réalistes permet de reproduire assez bien différentes loi empiriques
économiques de la vraie vie, c'est dans le scénario où la flexibilité est le
plus prononcés que la volatilité du pib, le nombre de crise, le tx de chômage
est le plus élevés

Cela sexplique notamment par une assurance chomage inexistante qui n'assure
plus une stabilité de la demande agrégée, et par les démissions repetées de
travailleurs en raison de la recherche d'un emploi dans le cas concurrentiel
(il n'y a pas de démissions dans le régime fordiste) ainsi que par les
licenciements plus fréquents par les entreprises (en raison de la réduction
de la production à court terme). Le nombre élevé de démissions est
principalement dû à l'absence d'indexation des salaires sur la croissance de la
productivité dans les structures concurrentielles. Pour obtenir une
augmentation de salaire, le travailleur est contraint de rechercher de
meilleures offres et de démissionner dès qu'une offre se présente
https://www.wellesu.com/10.1016/j.jedc.2017.02.005
Les réformes successives tendent à montrer d’une diminution de l’indice EPL,
cet indicateur mesure les règles, les procédures et les coûts régissant
l'embauche et le licenciement des travailleurs.
https://hal.science/hal-03213145/document
les administrations publiques diminuent leur consommation et investissement
Un capitalisme sous
perfusion. Mesure, théories et effets macroéconomiques des aides publiques aux
entreprises françaises - IRES

D'après Walter Scheidel, les inégalités économiques existent depuis il y a de 10 000 à 110 000 ans, mais ne pouvaient augmenter puisqu'une trop forte concentration de richesse entraînait de la jalousie, des exils voire des homicides compte tenu de la promiscuité des individus au sein du groupe. Ainsi, les sociétés primitives se basaient sur un régime plutôt égalitaire de l'économie (mais pas égalitariste : le coefficient de Gini patrimonial est compris de 0,36 ; ce qui est faible mais non nul) et de la politique dû à une absence de chefferie dans 80 % des cas.
Ainsi, les Sumériens du Sud de la Mésopotamie, les Chinois des dynasties Zhou occidentaux et Shang, les Aztèques du Mexique et les ayllukuna du Pérou travaillent sur des terres agricoles collectives ou du moins réparties équitablement entre tous par la communauté.
Les inégalités ont seulement commencé à augmenter à la fin de la période glacière lors de l'Holocène il y a 9 000 ans avec l'introduction de l'agriculture, de l'élevage et plus spécifiquement des droits sur la propriété privée au profit des plus riches, concentrant de plus en plus de ressources et de richesse grâce à des surplus agricoles et de bétail de plus en plus conséquents et réguliers grâce à la nouvelle atmosphère chaude. Ainsi, les sociétés de chasseur-cueilleurs et d'horticulteurs possèdent en moyenne un coefficient de Gini patrimonial de 0,36 là où la société d'éleveurs et d'agriculteurs possède un coefficient compris entre 0,51 et 0,5715.
Si les institutions mises en place ont permis une répartition de plus en plus inégale des richesses au lieu de laisser prospérer le communisme primitif, c'est, comme l'expliquait Veblen, à cause du jeu des conflits interétatiques, nécessitant une hiérarchie au sein des sociétés, et donc une rivalité intragroupe, ce qui induit un accaparement inégal des ressources et l'émergence des premiers États, ces derniers contribuant et cristallisant les inégalités de richesse : en −1 500 avant notre ère, 50 % de l'humanité vit ainsi sous le joug d'un État. Les institutions permettent par ailleurs une concentration intergénérationnelle de la richesse : sur 1 000 sociétés primitives, un tiers possèdent des lois d'héritage sur les meubles, un douzième sur les terres ; ces deux chiffres frôlent les 100 % pour les sociétés primitives basées sur l'agriculture. En conséquence, un enfant né parmi les 10 % des individus les plus riches d'une société a trois fois plus de chance de rester dans cette catégorie que pour les enfants nés parmi les 10 % des individus les moins riches, pour les sociétés d'éleveurs et d'agriculteurs le rapport monte respectivement à 60 et 33 fois.
Au cours de l’Antiquité, le développement de l’État démarré lors de la Préhistoire s'accélère prodigieusement : en l'an 0, entre deux tiers et trois quarts de l'humanité vit sous le joug d'un État, et une moitié vit au sein de l'Empire romain et de l'Empire des Han. Cela renforce le pouvoir d'une classe d'élites, et de facto les inégalités.
L'apparition de la dette permet de légitimer l'exercice des inégalités économiques arbitraires entre maîtres et sujets. L'anthropologue américain David Graeber affirme ainsi : « L'histoire montre que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dette - cela crée aussitôt l'illusion que c'est la victime qui commet un méfait. » Ainsi, le vol par le maître sur son sujet s'est transformé dès la Préhistoire en dû par le débiteur au créditeur : les rôles semblent s'inverser, la dette devient ainsi illusoirement légitime et consentie par les deux partis, alors même que le maître recourra à la violence si son sujet ne paye pas sa dette. La dette permet par ailleurs une forte concentration de richesse par des taux d'intérêt élevés, obligeant parfois les paysans à hypothéquer et donc à devenir paysans sans terre ou esclaves. La concentration est si extrême que les rois sumériens de la ville de Lagash sont contraints d'annuler plusieurs fois les dettes privées aux IIe et IIIe millénaires avant notre ère.
Au sein de l'empire des Han, les inégalités économiques sont décriées à partir du IIe siècle avant notre ère, les intellectuels et les autorités chinois accusent les riches commerçants d'appauvrir la classe paysanne et de pouvoir rivaliser en fortune avec les plus grands fonctionnaires.
Dans les années 130 av. J.-C., l'empereur Han Wudi finance l'effort de guerre par des nationalisations et une hausse de l'imposition sur les plus riches. Ces mesures font chuter les inégalités économiques mais seulement de manière temporaire.
L'empire chinois repose sur les mêmes mécanismes d'usure que le reste du monde qui permettent à la classe commerçante de concentrer sa fortune : les petits paysans sont contraints d'emprunter à des taux élevés, qui perdent leurs terres, et sont contraints de finir en esclavage. Tout comme pour la ville de Lagash, la concentration est si extrême que l’État chinois décide de redistribuer les terres agricoles 11 fois entre 140 et 2 av. J.-C., avant de mettre en place en l'an -7 des taux de prélèvement confiscatoires sur les plus riches propriétaires, mais la corruption fait que les élites politiques abandonnent le projet.
Le souverain Wang Mang (9-23 av. J.-C.), plus radical, propose de nationaliser des terres de riches propriétaires, de redistribuer automatiquement et périodiquement les terres agraires, et d'abolir l'esclavage et la vente de propriété foncière. Faute de moyens pour le mettre en application, le projet est abandonné.
Dans les deux derniers siècles de l'empire (25-220 apr. J.-C.) la concentration du pouvoir étatique est à son zénith, les riches fonctionnaires ne peuvent être réellement poursuivis en justice, les fonctionnaires peuvent confisquer arbitrairement des terres, il est jugé exceptionnel de devenir haut fonctionnaire, et les pots-de-vin sont plus que fréquents entre fonctionnaires et commerçants, accélérant la concentration de la richesse des hautes fortunes.
Selon Walter Scheidel, les inégalités économiques étaient si extrêmes dans l'Empire romain qu'une petite poignée de riches propriétaires possédaient des millions d'esclaves et détenaient autant de richesse que les plus riches milliardaires contemporains actuels en termes réels. Les plus riches romains possédaient un revenu 1,5 millions de fois supérieur au revenu romain moyen, ce qui est un ratio comparable entre les plus riches contemporains américains et le revenu américain moyen.L'usure est également fréquente dans l'empire, où les taux d'intérêts annuels sont de 6 % en zone urbaine et peuvent atteindre le niveau de 48 % en zone rurale.

Il existe certes une certaine redistribution au sein de l'empire, mais elle se faisait des riches vers les riches, grâce à des séries massives d'exécutions-expropriations souvent pour des motifs infondés.
A l'apogée de l'empire, au milieu du IIe siècle apr. J.-C., 250 000 ménages, soit 1,5 % des ménages, perçoivent entre 16 et 33 % du revenu total. Les 90 % des ménages les plus pauvres doivent quant à eux se complaire avec un revenu proche de celui de subsistance. Le coefficient de Gini pour les revenus est ainsi compris entre 0,4 et 0,45.
L'homme le plus riche de l'empire romain est Tiberius Claudius Atticus Herodes, un athénien du IIe siècle apr. J.-C. qui possède une fortune environ égale à 100 millions de sesterces. Il est considéré si riche que sa fortune exerce un pouvoir politique immense, étant donné que ses revenus équivalent le tiers des dépenses publiques athéniennes, il parvient grâce à la corruption et au népotisme à devenir consul, ce qui est exceptionnel pour un citoyen non italien.
Selon
l'économiste spécialiste de l'Histoire économique du Moyen Âge Stephen Rigby,
l'idéologie conservatrice et naturaliste de l’économie durant l'Europe des
XIIe, XIIIe et XIVe siècles permettait de légitimer de niveau d'inégalités de
l'époque tout en décriant des fortes hausses de salaire comme remettant en
cause l’ordre social qu’ils déclarent naturel. Rigby précise que les
intellectuels de l'époque s'appuyaient particulièrement sur la Bible et les
thèses de Jean de Salisbury, d'Aristote, de Gilles de Rome et de Christine de Pizan.
Reprenant les théories aristotéliciennes, Gilles de Rome affirme notamment que les
inégalités économiques sont le produit naturel de la hiérarchisation entre les
hommes, dès lors transformer l'ordre social actuel serait une décision
arbitraire, artificielle, et donc contraire à l'harmonie naturelle où les
hommes sont récompensés au nom de leur rang et de leur « mérite social », la
noblesse mériterait ainsi toute sa richesse puisqu'elle serait moralement et
physiquement supérieure à la paysannerie, car cette première est prête à
défendre la communauté par l'épée, ce qui se traduirait par une âme plus pure.
Tant les paysans que les seigneurs auraient ainsi à y gagner selon Gilles de
Rome.
La philosophe Christine de Pizan estime quant à elle que
l'ordre social est le système choisi par Dieu : naître paysan signifierait que
Dieu a spécifiquement décidé de nous faire paysan, il faut ainsi obéir à
l'ordre social et à la hiérarchie afin de suivre les plans de Dieu (1).
Néanmoins, Rigby estime que dans la réalité l'ordre social inégalitaire était constamment remis en cause par les paysans du Moyen-Âge. Ainsi, il arrive que les paysans travaillent plus lentement ou spolient leurs maîtres en guise de résistance face à leur supérieur hiérarchique (1).
Quant aux inégalités entre hommes et femmes, durant l’époque moderne, Marie de Gournay pointe du doigt les arguments fallacieux utilisés par les intellectuels de son époque afin de légitimer une hiérarchie de genre. Elle estime que les femmes reçoivent un revenu inférieur à celui des hommes, non parce qu'elles ont moins de mérite ou parce qu'elles seraient moins rationnelles, mais parce qu'elles sont simplement moins fortes physiquement. La subordination de la femme à l'homme n'est pas naturelle, mais est une pure construction de société. La femme de lettres explique ainsi que les femmes sont tout aussi capables que les hommes de détenir de hautes fonctions telles que ministre (2).
Quelques années à peine après la Révolution française, malgré les promesses d'une plus grande égalité entre tous, les pauvres continuent d'être autant marginalisés, les femmes sont davantage soumises encore, et les esclaves ne sont que partiellement libérés. Dans la seule décennie les inégalités s'accroissent au profit des plus riches. Jean-Clément Martin affirme que cela n'aurait pas été possible sans la complicité des députés contournant habilement la question des inégalités économiques et sociales :
« Sans doute la rédaction de la Déclaration d’août
1789 s’est-elle enrichie de ces deux articles [sur la liberté, la propriété et
la sécurité] parce que, sonnant bien, ils avaient séduit les députés. Il semble
surtout qu’ils ont été retenus parce qu’ils évitaient de poser clairement la
question de l’inégalité. Sous leur forme synthétique et allusive, ils
rassemblaient l’opinion autour de la Déclaration sans rien promettre et sans
engager la Révolution dans une démarche précise. L’État social n’était en effet
pas cité, seul l’État de droit, dans lequel s’inscrivaient la liberté et
l’égalité, était retenu. Plus qu’une avancée politique, il s’agit d’un tour de
passe-passe [...]. Pour la quasi-totalité des députés, [la propriété privée] ne
pouvait donc pas être abolie par principe politique. C’est ce que la
Déclaration de 1795 exprime clairement en revendiquant un libéralisme ordinaire
: « Article 1er. Les droits de l’homme en société sont la liberté, l’égalité,
la sûreté, la propriété… Article 3. L’égalité consiste en ce que la loi est la
même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. L’égalité n’admet
aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoir. » Ne nous étonnons
donc pas que la Révolution n’ait pas trouvé une résolution aux inégalités entre
les hommes puisque même ses déclarations les plus audacieuses ne les avaient
pas affrontées clairement — sans parler des omissions caractérisées. [...] Les
revendications avancées par les rébellions en France combinaient les
oppositions aux mesures de la monarchie avec la défense d’habitudes
communautaires les plus traditionnelles et les plus inégalitaires, si bien
qu’il est vain, si l’on veut respecter les faits, de chercher dans les
innombrables mouvements de contestation les prémisses claires d’une demande
d’égalité politique que la période révolutionnaire aurait été chargée de
satisfaire. [...] S’il y eut bien un moment de notre histoire, de l’histoire du
monde osons-le, pendant lequel le désir, le besoin, même la nécessité de
l’égalité furent proclamés, ce fut bien pendant les premières années de cette
période révolutionnaire, avant que la réalisation de cette envie, la mise en
forme de cette exigence et le respect de ce principe soient éludés,
instrumentalisés et finalement reniés. »
— La Révolution française et l’inégalité, 2022
Karl Marx estime que - loin d'être une révolution du tiers état contre le système féodal la Révolution française était en réalité une révolution de la bourgeoisie contre le régime féodal. Marx prétend en tenir la preuve en analysant la concentration étatique : alors que le peuple ne pourrait être véritablement libre que sous le communisme, où prévaut l'absence de l’État et de propriété privée des moyens de production, les bourgeois n'ont fait qu'accroître le pouvoir de l’État, machine de la classe dominante permettant l'exploitation, tout en consacrant la propriété bourgeoise (par exemple dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen). En bref, concernant l'exploitation du prolétariat, la Révolution française n'a pas été une rupture avec l'ancien régime monarchique, mais son extension. C'est d'ailleurs pourquoi Marx considère la Commune de Paris en 1871 comme plus proche de l'émancipation du peuple que ne l'était la Révolution française, car antiétatique.
Le 19ème siècle s’est caractérisé par
la Révolution Industrielle, mais également par une augmentation croissante des
inégalités qui étaient pourtant déjà extrêmes avant cette période-ci, on
faisait notamment travailler les enfants dès l’âge de 4 ans, dont l’espérance
de vie pour les métiers des bébés était de 2 ans (Villermé 1840), le temps de
travail était généralement de 14 heures par jour pour les adultes, y compris le
dimanche. les salaires augmentent lentement, mais jamais suffisamment pour
satisfaire tous les besoins de base, et il arrivait souvent que les salaires
chutent jusqu’à ce que les ouvriers ne puissent plus répondre à leurs besoins
physiologiques, l’espérance de vie a ainsi diminué de 24 à 19 ans de 1740 à
1840 ; en 1850 les ouvriers travaillaient en moyenne 5000 heures par an
(soit 13,7 heures par jour) contre 1400 heures de nos jours (3,8 heures/jour)
.
Alors que la croissance était fulgurante
(elle était en moyenne d’1,6 % contre 0,3 % pour les siècles précédents), les
sociétés européennes se sont transformées en véritable sociétés de rentiers :
la Grande-Bretagne, la Suède et la France sont devenues les trois pays les plus
inégalitaires de l’Histoire, les 10 % des plus hauts patrimoines ont atteint en
moyenne respectivement 91 %, 88 % et 84 % du patrimoine nationale, tandis que
la moitié de la population la moins dotée possédait respectivement 1 %, 1 % et
2 % du patrimoine nationale
. La médaille de la ville la plus inégalitaire de
l’Histoire revient à Paris, où le patrimoine des 1 % des plus riches est
passé de 49,4 % à 66,5 % du patrimoine total de la ville de 1810 à 1910, tandis
que sur la même période le patrimoine des 50 % des ménages les plus pauvres
passe de 1,3 % à 0,2 %
.

Les Etats-Unis sont étonnamment un
pays relativement égalitaire (et ils s’en vantaient même, le mythe de
l’American Dream vient justement de là) grâce à une démographie fortement
croissante qui évite la rente, dans les années 1880 les ouvriers américains
étaient ainsi les ouvriers les mieux payés au monde, mais l’apparition de
trusts réduit la différence des inégalités entre le Nouveau et l’Ancien Monde :
en 1920, 2 % des Américains possèdent 50 % du patrimoine du pays tandis que
les deux tiers des plus pauvres ne possèdent presque rien
.
Ces chiffres sont si déroutants qu’une majorité d’économistes, de statisticiens et de politiciens ne pouvaient pas y croire et étaient profondément ébranlés, et même s’ils restaient réservés sur les politiques à adopter, la situation actuelle leur était intenable : par exemple Irving Fisher, libéral, qui le posait en 1922 comme au centre de la problématique actuelle des Etats-Unis, il proposait comme solution de taxer d’un tiers les successions directes, de deux tiers des successions provenant du grand-père, et de la totalité pour celle des arrières-grands-parents ; ou encore le président de l’Assemblée Nationale Joseph Caillaux, également libéral, qui a avoué avoir été profondément bouleversé par les chiffres sur la situation en France, et a réussi à convaincre une majorité de députés à faire passer le premier impôt progressif sur le revenu, avant que le Sénat ne dépose son veto en 1909 (7) (8) :
« Nous avons été conduits à croire, à dire que la France
était le pays des petites fortunes, du capital émietté et dispersé jusqu'à
l'infini. Les statistiques que le nouveau régime successoral nous fournit nous
obligent à en singulièrement rabattre. [...] Si l'on estime, dis-je, à 200
milliards la fortune en capital possédée par les Français, on s'aperçoit que
27% de ce total, soit 55 milliards, sont entre les mains de 18.000 personnes,
et que 37% du même total, 75 milliards, sont entre les mains de 45.000
personnes. On constate enfin que les six dixièmes du capital national,
représentant 120 milliards, sont entre les mains de 260.000 personnes. [...]
Messieurs, je ne puis dissimuler que ces chiffres ont pu dans mon esprit
modifier quelques-uns de ces idées préconçues auxquelles je faisais allusion
tout à l'heure, qu'ils m'ont conduit à certaines réflexions. Le fait est qu'un
nombre fort restreint de personnes détiennent la plus grande partie de la
fortune du pays. »
— Joseph Caillaux en 1907-1908 lors des débats
parlementaires, L'impôt sur le Revenu, 1910

Cette augmentation des inégalités était en partie causée par des logiques de fusion-acquisition où les entreprises faisaient en sorte de s’entendre pour gonfler les prix au détriment du consommateur : par exemple aux Etats-Unis, la Standard Oil de John Rockefeller a permis d’augmenter le prix du baril de pétrole de 10 centimes à 5 dollars en créant un trust qui permet aux producteurs d’un même marché d’éviter de se faire concurrence. Les trusts se sont démultipliés des années 1870 aux années 1920 malgré des lois anti-trusts et la célèbre campagne violente contre les trusts menée par Théodore Roosevelt, rien que sur la période 1914-1919 le nombre de trusts est ainsi passé de 250 à 512.
Cette situation a abouti à des revendications sociales par les travailleurs, qui se mettaient parfois en grève pour réclamer des salaires plus élevés, souvent la sécurité personnelle des capitalistes et la police allaient jusqu’à mater dans le sang, notamment l’histoire de la grève pacifique des ouvriers de l’usine de Ford qui a fini dans le sang, ou encore de la grève des ouvriers de l’usine de Rockefeller Junior où des enfants ont été tués et une femme brûlée vive (9).
Si les politiques ont permis cette augmentation des inégalités, c’est d’abord parce qu’on voyait “la France comme un pays de petits propriétaires”, et qu’il était inacceptable de faire entrer l’Etat dans l’économie, il était hors de question d’appliquer un impôt progressif, qui aurait permis de taxer toujours plus les grandes fortunes jusqu’au point de remettre en cause la notion de propriété, selon les gouvernements. La France était d’ailleurs le pays le plus arriéré sur les questions d’égalité car selon les politiques, la France était le pionnier de l’égalité grâce à la Révolution Française, les questions sociales ne sont donc pas nécessaires, empêchant ainsi toute remise en question possible en la matière (7).
Ce qu’il faut en retenir est qu’aucune structure socio-économique n’est inscrite dans le marbre pour n’importe quel pays, la France est ainsi passée d’un pays extrêmement inégalitaire à un pays relativement égalitaire, et inversement pour les Etats-Unis ; il est donc tout à fait possible que la France redevienne un pays extrêmement inégalitaire dans un futur proche.
La crise de 1929 a drastiquement fait changer la perception de beaucoup d’économistes et de politiciens sur la question du capitalisme, c’est pourquoi plusieurs pays vont s’atteler à développer l'État-Providence après la seconde guerre mondiale. En parallèle, la seconde guerre mondiale, tout comme la première, a aussi créé une inflation extrêmement élevée, un très haut niveau de capital détruit par les bombardements, l’apparition du compromis fordiste, et une massification scolaire, ce qui a permis une baisse inouïe des inégalités. Ces cinq phénomènes ont permis un très fort investissement en capital humain et un très haut niveau de consommation à l’ensemble de la population, ce qui a ainsi déclenché une croissance économique exceptionnelle dans les pays développés au cours des 30 glorieuses, croissance motorisée par l’égalité (10).
Cette baisse des inégalités s’est traduite par l’apparition de la classe moyenne propriétaire. Le niveau de patrimoine des 50 % les plus pauvres est passé à 5 % du patrimoine national net ; celui des 40 % du milieu (ceux compris entre les 10 % les plus riches et les 50 % les plus pauvres), qu’on peut associer à la classe moyenne, est passé à 45 % (10).
En France, cette ère de prospérité n’était pas déconnectée d’une certaine forme d’économie mixte mélangeant capitalisme et socialisme : à son pic, 30 % du capital national était nationalisé, et ce taux montait à près de 50 % pour le capital industriel (10). Charles Serfaty affirme :
« La France adopta une économie “mixte”, clairement dirigiste, dont plusieurs caractéristiques paraîtraient inconcevables aujourd’hui. Le Commissariat général au Plan fixait les priorités industrielles de l’Etat, allouait les quotas d’importation, déterminant où et comment devraient être produits acier, énergie, transports, machines, bâtiments, équipements agricoles. »
— Histoire économique de la France, 2024, chap. 10
Les pays anglo-saxons sont particulièrement portés sur cet esprit d’égalité, ils ont été les premiers à mettre en place l’Etat-providence : les Etats-Unis ont mis en place la Social Security Act en 1935 et l'Angleterre la National Health Service en 1948, ces deux pays détiennent par ailleurs les plus hauts taux d’imposition marginale de l’Histoire, ayant atteint respectivement un seuil de 84 % et de 94 % (pour les Etats-Unis, ce chiffre est atteint en 1944 avec le Victory Tax Act, alors qu’il n’était que de 25 % dans les années 20), avant que Reagan puis Thatcher n’apparaissent pour diviser par trois ces taux (7).

Lors de la guerre froide, en réponse aux inégalités extrêmes dont le capitalisme et le colonialisme sont tenus pour responsables, 35 pays africains se sont à un moment déclarés comme républiques socialistes de 1950 à 1985 (22).
Certains pays recourent même au collectivisme : notamment en Tanzanie, la politique de Julius Nyerere menée du milieu des années 70 à 1985 est la plus extrême, puisqu'elle consistait à collectiviser de force l'agriculture, l'éducation et la santé ; ou encore le gouvernement militaire provisoire de l'Éthiopie socialiste, ouvertement marxiste-léniniste, ayant collectivisé l'agriculture. Les deux expériences se révèlent malgré tout être des échecs (22).
Selon l’historien Ewout Frankema, dans les pays socialistes de l’Afrique du nord, ces expériences auraient permis le niveau d'inégalité historiquement le plus bas jamais enregistré pour la région, et aurait même permis dans la plupart des cas de la croissance économique (22).
Depuis les années 80 avec la résurrection d’un nouveau type de libéralisme, les inégalités ont commencé à augmenter partout dans le Monde avec des politiques de privatisation et de baisse des impôts :


En effet, dans la continuité du
renouveau libéral, là où les taux de prélèvements obligatoires dans les autres
pays développés n'ont pas varié depuis les années 90, les impôts étasuniens
continuent de baisser tendanciellement. Les économistes Emmanuel Saez et Gabriel Zucman chiffrent que dans les
années 90 le taux de prélèvements obligatoires était de 31,5 % du revenu
national contre 28 % en 2019, ce qui selon eux est une baisse inouïe des
prélèvements obligatoires ; plus spécifiquement, le taux effectif moyen
d'imposition des revenus du capital est passé de 36 % dans les années 90 à 26 %
après le mandat de Donald Trump, sur la même période, l'impôt sur les
dividendes est passé de 39,6 % à 20 %. Les deux auteurs précisent par ailleurs
que depuis le début du XXIe siècle, pour la première fois de l'Histoire des
États-Unis d’Amérique, le taux d'imposition sur les revenus du capital est plus
faible que celui sur les revenus du travail (ce dernier est passé de 35 à 37 %
des années 90 à 2019), augmentant ainsi les inégalités entre détenteurs de
patrimoine et travailleurs, donc de facto les disparités entre riches et
pauvres.
(voir annexe 2 et 3)
Cette baisse de la fiscalité s’est
justifiée par une croissance fulgurante de l'utilisation des paradis fiscaux et
de l’optimisation fiscale. Cet essor de la dé-fiscalité a trois origines bien
identifiables
:
● Par des innovations fiscales : à partir du milieu des années 90, les avocats fiscalistes développent de nouvelles stratégies un peu partout dans le monde dans le but de s’attaquer aux taux pressant sur les entreprises. La stratégie la plus impactante et toujours en vigueur consiste à vendre entre ses propres filiales des droits de propriété tels que des brevets dans le but de créer artificiellement une perte dans les pays à lourde fiscalité, et de créer artificiellement le même montant mais en bénéfice dans les pays à faible fiscalité. Cependant, cette explication n’est clairement pas suffisante, puisque les innovations fiscales anti-impôt étaient encore plus importantes sous Franklin Roosevelt, ce qui n’a pourtant pas empêché le gouvernement américain de lutter efficacement contre les mécanismes anti-impôt.
● Par la mondialisation : la mondialisation permet de rendre “moins” louche certains transferts de profit vers des paradis fiscaux. Cette explication fait défaut, puisque l’on peut assez facilement comparer le niveau de transferts de profit et le niveau de capitaux envoyés vers les sociétés écrans (voir le graphique (an. 1)).
● En vérité, il est beaucoup plus probable de considérer que cela viendrait de la complicité des politiques, se persuadant les uns les autres que la concurrence de la fiscalité entre les pays relève d’un simple jeu de marché, et qu’un trop élevé impôt minore véritablement la croissance économique, ce qui est bien sûr un sophisme (voir “Comprendre le capitalisme - q. Trop d’impôt tue l’impôt?”).
Ainsi, le taux d’imposition moyen sur les sociétés au niveau mondial a été divisé par deux entre 1985 et 2018 de 49 à 24 % ; et de 1980 à 2021, le taux supérieur d’imposition sur le revenu est passé de 58 à 42,5 %.
La pauvreté et l’extrême pauvreté ont
certes reculé, mais les inégalités entre pays développés et pays en
développement, entre les capitalistes et les travailleurs, et entre
travailleurs peu qualifiés et très qualifiés ont beaucoup augmenté (il y a
cependant quelques exceptions), le revenu des 10 % les plus riches en Europe
est passé de 27 à 36 %, aux Etats-Unis de 35 à 47 %, et au Moyen-Orient il est
actuellement à 64 % (11). Selon Oxfam, les 1% les
plus riches ont pu ainsi s’accaparer plus de la moitié de la croissance de 2013
à 2023, et des deux tiers de 2020 à 2023 (voir “Graphique 9. - Taux de
croissance annuel du patrimoine, 1995-2021”)
. En 2020, une moitié d’européens possèdent 4 % des
richesses, et une moitié de la population mondiale possède 1 % des richesses
(13). Quant au nombre de
milliardaires, il a été multiplié par près de 19 depuis 1987 (Simon Kuper,
2024, Financial Times).
A l’heure actuelle, les
Etats-Unis connaissent en réalité un niveau d’inégalité sans précédent (voir le graphique (an.
4)) : alors qu’à la veille de la plus grande crise du capitalisme en 1929 —
qui était en partie causée par les inégalités entre travailleurs et
capitalistes — les 1 % les plus riches possédaient 24 % des revenus du pays, ce
taux est en 2019 à 27 % (7)... D’autant plus que les
inégalités y ont fortement augmenté depuis 2019 avec la période du confinement
qui a permis d’enrichir les GAFAM et autres entreprises et salariés du numérique
, donc de facto les plus riches.
Dans le contexte actuel français, bien qu’on ne puisse pas dire qu’Emmanuel Macron soit un sincère libéral, il accorde ses politiques à l’avantage des bourgeois et le macronisme tend à ouvrir la voie au libéralisme décomplexé en France, notamment avec la suppression de l’ISF et la volonté explicite de réduire les dépenses publiques tout en conservant voire augmentant les aides aux entreprises : « Soit on réduit la dette aujourd’hui, soit on augmente les impôts demain » — Bruno Lemaire, alors que sous le même gouvernement ils venaient de réduire de 8 % l’impôt sur les sociétés. Sur une perspective plus longue, on remarque que les aides aux entreprises ont doublé en points de PIB de 3,5 % à 6,7 % depuis 1979, y compris pour les secteurs polluant dont les subventions sont passés de 1,6 % à 3,2 % du PIB, avec en parallèle une baisse de l’imposition sur les sociétés divisée par deux de 50 à 25 %. Finalement, Anne-Laure Delatte estime que les aides aux entreprises coûtent aujourd’hui 6,3x plus que ne le font les minimas sociaux au contribuable (14) (15).
Cette hausse des inégalités est en partie expliquée par le développement des paradis fiscaux et des sociétés écrans, ce qui a incité les Etats à réduire leurs impôts pour éviter que les plus riches ne fuient le pays, de fait, une augmentation de 10 % du taux d’imposition réduit d’autant le nombre de sportifs étrangers de hauts niveaux dans ce même pays (16). Les paradis fiscaux ont de graves conséquences, puisqu’elles permettent aux hyper riches de ne payer presque aucun impôt (ou alors l’Etat développe des niches fiscales pour éviter que les grandes fortunes ne fuient), de fait dans les pays nordiques les 0,1 % les plus riches placent 30 % de la somme qu’ils étaient censés s’acquitter par l’impôt dans des paradis fiscaux (16) ; chez nous en France, les 370 ménages les plus riches sont imposés à seulement 25 % pour que ces familles ne partent pas. Par ailleurs, Thomas Piketty estime que les actifs non-déclarés et détenus dans des paradis fiscaux représentent en 2010 l’équivalent d’au moins 7 % du PIB mondial (10).
Pourtant, on pourrait assez
facilement s’attaquer aux paradis fiscaux notamment par la mise en place d’un
impôt mondial et de réglementations sur des cabinets d'avocats et de sanctions
dédiées aux pays refusant d’être fiscalement transparents. Selon Gabriel Zucman, si l’on ne lutte pas
contre les paradis fiscaux, ce n’est pas par manque de solution, mais par choix
politique délibéré
.
Les inégalités ne sont pas forcément un mal en soi, pour autant qu’elles soient justifiées, mais Thomas Piketty note au contraire qu’il n’existe aucune statistique démontrant que la hausse des inégalités entre travailleurs peu et très qualifiés soit justifiée par une plus grande productivité ; les inégalités croissantes entre capitalistes et travailleurs proviennent, elles, surtout d’une rente et ne sont absolument pas justifiées par des innovations révolutionnaires (d’autant plus que les politiques monétaristes des années 80 n’ont absolument pas permis de dynamiser la croissance) (10).






Thomas Piketty se lamente moins sur notre situation actuelle que sur la tendance que nous sommes en train de prendre ; comme l’a démontré les Etats-Unis — qui comme nous l’avons vu avait pourtant un régime égalitaire à forte taxation —, il y a un grand risque que les pays développés appliquent massivement des politiques libérales dans le futur jusqu’à retrouver un niveau d’inégalités proche de celui du début du XXè siècle, ce qui rendra d’autant plus difficile les pays en développement de permettre de créer un Etat fort pour investir dans le capital humain. Cette tendance risque de recréer une “société de rentiers” où les élites resteront les mêmes, les innovations seront lentes et l’économie sera sclérosée (10). C’est pourquoi pour lutter contre ces « contradictions du capitalisme » impliquant une « spirale inégalitaire », Thomas Piketty a proposé en 2013 dans Le Capital au XXIe siècle de mettre en place un impôt mondial prélevant chaque année 5 à 10 % du capital des plus riches ayant un patrimoine supérieur à plusieurs centaines de millions d'euros (Pour le reste : inférieur à 1.200.000 € : 0 % - entre 1.200.000 et 5.900.000 € : 1 % - supérieur à 5.900.000 € : 2 %. Les chiffres sont corrigés de l’inflation). Cependant il se rétracte en 2019 dans Capital et Idéologie, proposant finalement de taxer jusqu'à 90 % du capital et 90 % des successions des plus riches ayant un patrimoine supérieur à 10.000 fois le patrimoine mondial moyen, soit environ 2 milliards d'euros (Pour le reste : entre 0,5 et 2 fois : 0,1 % ; 5 % — entre 2 et 5 fois : 1 % ; 20 % — entre 5 et 10 fois : 2 % ; 50% — entre 10 et 100 fois : 5 % ; 60 % — entre 100 et 1.000 fois : 10 % ; 70 % — entre 1.000 et 10.000 fois : 60 % ; 80 %).
Problème autre qu’idéologico-politique : l’évolution salariale qu’annonce l’intelligence artificielle risque de fortement accroître les inégalités économiques ; en effet la massification scolaire a cessé de croître au profit des riches salariés et des entreprises du numérique (18). Selon certaines estimations l’intelligence artificielle pourrait non seulement accroître les inégalités mais aussi précariser les travailleurs : 7 % des emplois qualifiés sont menacés (OCDE 2014) et 45 % des emplois en général le sont d’ici 2050, les emplois moyennement et peu qualifiés sont particulièrement touchés (McKinsey 2015) (19) (16), mais ces chiffres datent d’avant l’accélération —disons même l’explosion— du développement de l’intelligence artificielle depuis OpenAI, une étude récente du FMI considère que 60 % des emplois sont fortement menacés par l’intelligence artificielle dans les pays développés d’ici 2040 (contre 40 % à une échelle mondiale), le FMI explique néanmoins que cela permettrait d’accroître fortement le revenu des salariés si l’intelligence artificielle permet de compléter ses tâches (FMI, 2024) (20).

Cependant, Daron Acemoglu, libéral, craint que l’on cherche non pas à compléter et à faciliter les tâches des travailleurs, mais à les faire rivaliser, à les substituer à l’intelligence artificielle ; alors que l’époque de gloire du fordisme permettait d’ouvrir de nouvelles tâches aux ouvriers à chaque fois qu’une tâche était automatisée, Acemoglu craint que la machine ne permette plus de nos jours de débloquer autant de nouvelles tâches, qui finit par purement se substituer au travailleur aboutissant au chômage (comme on peut le voir sur le graphique du dessus le tiers des emplois risquent d’être substitués par l’intelligence artificielle contre un quart de travailleurs complétés dans les pays développés), alors même que ce travailleur est — pour encore combien de temps ? — plus productif que l’intelligence artificielle (21) ; si l’on remplace des travailleurs plus productifs par une intelligence artificielle, ça s’explique par le fait que l’intelligence artificielle coûte moins chère et ne pose pas les contraintes du licenciement pour l’entreprise (malaise pour les autres salariés, coût de la formation pour le salarié remplaçant, durée du licenciement, et coût de l’indemnité chômage) (16).
Il faut ajouter que le FMI lui-même, une institution pourtant connue comme ouvertement portée sur le néo-libéralisme, admet que les inégalités salariales vont légèrement augmenter, tandis que les inégalités de patrimoine et du revenu du capital vont très fortement augmenter (ils prédisent une augmentation d’environ 0,3 % pour le Gini salarial et de 7 % pour le Gini patrimonial), et sans qu’ils soient certains des bénéfices nets de l’intelligence artificielle sur le marché du travail, ils estiment ainsi qu’un quart des travailleurs seront facilités dans leurs tâches quotidiennes, tandis qu’un tiers des travailleurs seront purement substitués par l’intelligence artificielle (20).

(an.
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(an.
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(an.
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(an. 4)

(an. 5)

(an. 6)

(représente de 1980 à 2015 une augmentation annuelle réelle de 0,035 % pour les 50 % les plus pauvres, et de 3,2 % pour les 1 % pour les plus riches)
(an. 7)

(an. 8)

(an. 9)

(De 1987 à 2017, cela représente donc dans le monde une augmentation du patrimoine moyen par adulte de 76 %, pour les 1 % les plus riches de 116 %, pour les 0,1 % les plus riches de 181 %, pour les 0,01% les plus riches de 297 %, pour les un ving millionièmes les plus riches de 371 %, les un cent millionièmes les plus riches de 543 %)
Bibliographie :
● (en) Daron Acemoglu et Simon Johnson, Power and Progress : Our Thousand-Year Struggle Over Technology and Prosperity, Basic Books, 2023, 560 p. (ISBN 978-1399804462)
● Karl Marx, Le Capital : Critique de l'économie politique, 14 septembre 1867 (lire en ligne [archive])
● Walter Scheidel, Une histoire des inégalités : De l'âge de pierre au XXIe siècle, Actes Sud, 2021, 784 p. (ISBN 978-2330140779)
● Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, Éditions du Seuil, 2013, 976 p. (ISBN 978-2021082289)
● Thomas Piketty, Capital et Idéologie, Éditions du Seuil, 2019, 1197 p. (ISBN 978-2-02-133804-1)
● Emmanuel Saez et Gabriel Zucman, Le triomphe de l'injustice : Richesse, évasion fiscale et démocratie, Points, 2020, 336 p. (ISBN 978-2-7578-9106-3)
Liens utiles :
https://wid.world/, gigantesque base de données
sur les inégalités de par le monde et le globe
https://taxjusticenow.org/, base de données sur les
inégalités, et permet de simuler son propre système fiscal
Méta-analyse
de 129 observations sur les impacts de l'immigration dans divers pays ne
révélant pratiquement aucun effet sur les salaires ou l'emploi des natifs.
“Nous constatons de faibles impacts sur les salaires et l'emploi, encore plus faibles que ceux qui ont été détectés lors de recherches méta-analytiques précédentes. Une augmentation d'un point de pourcentage de la part des immigrants sur le marché du travail local du pays d'accueil type diminue les salaires des natifs de 0,029% ( en utilisant une moyenne pondérée avec des poids déterminés par la précision des estimations ) et diminue l'emploi des natifs de 0,011%.”
Joint impacts of immigration on wages and employment: review and meta-analysis | SpringerLink
- http://sci-hub.st/10.1007/s10109-010-0111-y
En
France, par exemple, l'immigration a réduit les salaires des travailleurs
natifs hautement qualifiés d'environ 1% et a contribué à augmenter les salaires
des travailleurs autochtones peu qualifiés de 0,5%.
L'immigration tend à accroître la productivité locale. Une augmentation de la proportion d'immigrés dans un département donné a un effet positif sur le salaire moyen des natifs : une augmentation de 1 % de la main-d'œuvre due à l'immigration augmente le salaire des natifs de 0,50 %.
https://sci-hub.st/https://doi.org/10.1111/joes.12300
L’impact de l’immigration sur le marché du travail, les finances publiques et la croissance
(revue de littérature, je n’ai malheureusement pas
trouvé de méta analyse ciblant la france)
Les différents types d’études empiriques réalisées concluent à un faible impact
de l’immigration sur le marché du travail, qu’il s’agisse de l’emploi ou des
salaires des non-immigrés. En France, un accroissement de 1 % de la main-d’œuvre
dû à l’immigration se traduirait selon les études par une variation de l’emploi
des non immigrés comprise entre -0,3 % et +0,3 %, et une variation des salaires
comprise entre -0,8 % et +0,5 %.

The Effects of Immigration in Developed Countries:
Insights from Recent Economic Research
(les
600 000 pieds noirs lors de la décolonisation de l'algérie)
Leur impact sur l'évolution du chômage et des salaires entre 1962 et 1968 en
France.
résulte de la constatation suivante, l'afflux de rapatriés a augmenté le taux
de chômage des non-rapatriés de 0,3 point de pourcentage et diminué le niveau
moyen des salaires français de 1,3 %. L'étude d'Edo (2017) confirme les
résultats de Hunt (1992) mais, plus important encore, elle montre qu'après 7
ans, les salaires locaux ont commencé à se redresser et sont revenus à leur
niveau d'avant le choc en une décennie et demie.
explication:
L'impact de l'immigration sur le marché du travail
Tout
d’abord, les travailleurs immigrés et natifs ne sont pas forcément
substituables, notamment du fait de qualifications différentes (les immigrés
ont en moyenne un niveau de qualification plus faible que les natifs), les deux
groupes d’individus ne sont donc pas nécessairement en concurrence pour les mêmes
postes.
De plus, même en période de fort chômage des emplois restent vacants pour lesquels les entreprises peinent à recruter (construction, services à la personne par exemple). Sur certains secteurs délaissés par les natifs, la population immigrée peut venir diminuer les tensions sur le marché du travail.
L’immigration impacte aussi d’autres grandeurs économiques que l’offre de
travail. En effet, les immigrés peuvent innover, créer des entreprises,
consommer… ce qui crée de nouvelles embauches.
Le marché du travail n’est pas un gâteau à partager entre travailleurs natifs et immigrés et le stock d’emploi varie constamment.
L’impact de l’immigration sur le chômage dépend aussi du cadre institutionnel. Si l’on considère que les salaires sont rigides (par exemple du fait d’un salaire minimum), un flux migratoire entrant peut entraîner du chômage car les salaires ne peuvent pas varier et les ajustements se font par les quantités, c’est-à-dire par le nombre d’emplois créés et de chômeurs.
Mais si l’on considère que les salaires sont flexibles, une arrivée de
migrants peut faire baisser les salaires et pousser les entreprises à embaucher
plus.
Mon explication complexe :
“si le nombre d’immigré augmente, alors les salaires vont baisser”
ce raisonnement n’est valable que si l’on suppose que le niveau de capital est
fixe. A plus long terme, la baisse des salaires fait augmenter les profits des
entreprises ( ou plutôt le rendement marginal, car la rentabilité attendue d'un
surcoût humain le recrutement d'un employé coûte moins cher, en regard des
charges engendrées par son embauche ), entraînant alors une accumulation du
capital physique ( les matières premières et les machines ) Au final, il y a
une hausse de la productivité et de la demande de travail ce qui assure un
retour progressif des salaires à leur niveau d’origine. Il est important de
rajouter à cela que les immigrés en tant que consommateur vont par le biais
d’une augmentation de la demande, augmenter le carnet de commande de
l’entreprise qui celle-ci necessitera davantage de main d'œuvre. La différence
entre un impact sur les salaires potentiellement négatif à court terme mais
neutre à moyen et long terme a été montrée par la théorie économique (cf étude
de Peri en 2010). En revanche, dans les économies avec un marché du travail où
les salaires ont un seuil minimum comme avec le smic en France, l’ajustement
lié à l’arrivée des immigrés se traduit par une hausse du chômage, au moins à
court terme, et essentiellement chez les immigrés eux-mêmes. En rentrant dans
la théorie économique : Il faut parler de l’effet de complémentarité, à niveau
de compétences équivalents, une personne native se spécialisera dans des
métiers de la communication, alors qu’une immigrée se spécialisera dans des
métiers plus manuels comme dans le BTP (cf Peri et Sparber (2009) ; D’Amuri et
Peri (2014), c’est ça l’effet de complémentarité, plus spécifiquement la
complémentarité horizontale, puisque tout le monde a le même niveau de
compétences. Par conséquent on peut en déduire que les personnes immigrées et
natives ne se dirigent pas vers les mêmes domaines de travail, et ce, à un
niveau de compétence égal. Et face à ça il y a aussi la complémentarité
verticale dans laquelle les personnes immigrées trouvent leur travail là où des
salariés natifs mieux qualifiés ont besoin de subordonnés sans trop de
qualifications, qui peuvent donc remplir les places restantes dans ces postes.
“ En effet, dans le cas théorique d’une parfaite complémentarité (verticale ou
horizontale) entre travailleurs immigrés et non-immigrés, l’accroissement du
nombre de travailleurs ne se traduira pas nécessairement par une baisse du
rendement du capital, du fait d’une meilleure synergie entre facteurs capital
et travail, généralement désignée sous le terme de « productivité globale des
facteurs » “
outre, en ce qui concerne la rivalité entre autochtones et immigrés pour un
même emploi, le fait de concevoir le marché du travail comme un marché homogène
où se mélangent natifs et immigrés n’est pas juste trompeur, mais complètement
erroné : Esther Duflo et Abhijit Banerjee (Prix Nobel 2019) expliquent dans Economie
utile pour des temps difficiles (2020) que les immigrés se dirigent
davantage vers les tâches “ingrates”, mal payées, tandis que les natifs sont
soit déjà dans des eEn mplois bien plus qualifiés, soit ils refusent
catégoriquement ce genre d’emploi. Leur réflexion est simple : avec l’arrivée
d’immigrés sur le marché d’emplois peu qualifiés, la production augmentera, la
consommation avec, ce qui augmentera in fine les salaires de tous les
travailleurs : les salaires des natifs baissent certes à court terme, mais cela
leur permet d’accéder à des emplois plus qualifiés. Une autre raison est de
dire que les immigrés ont plus tendance à s’installer où il y a beaucoup
d’individus de la même nationalité, ainsi ils entreront en concurrence avec
d’autres immigrés.
Dès lors, le salaire et le taux d’emploi des natifs ne sont pas négativement affectés, et peuvent même augmenter.
Prenons aussi en compte ce fait : une entreprise prévoyant des plans
d’automatisation des travailleurs et se situant dans une région où réside une
population majoritairement immigrée et peu qualifiée, typiquement une région
très urbaine, se verra changer ses plans en faveur de l’intégration de ces
populations en dépit du plan original, ce qui amène à réduire la concurrence
entre les natifs et les immigrés (Edo, A. (2018). THE IMPACT OF IMMIGRATION ON
THE LABOR MARKET. Journal of Economic Surveys. doi:10.1111/joes.12300
(https://doi.org/10.1111/joes.12300) En général, les études empiriques et
théoriques montrent des effets quasi nuls et négligeables de l’impact de
l’immigration sur les salaires, y’a pleins de méthodes utilisées qui se
complètent dans la plupart des problèmes méthodologiques de chacune, comme les
problèmes de corrélation, et de correction des biais, l'important est bien de
voir que la littérature semble s’accorder sur un effet pratiquement inexistant,
cependant malgré l'existence de la complémentarité horizontale, la
substituabilité reste et les natifs de même compétence ont tendance à avoir des
résultats + négatifs alors que les natifs hautement qualifiés ont des résultats
positifs.
D'un coté, l'immigrée
pourrait être plus prompt à commettre des délits en raison de moindres
perspectives économiques, alors que dans le même temps les coûts
d’appréhension et de condamnation plus élevés (notamment le risque de
déportation) pourraient réduire leur propension à la criminalité
En s’appuyant sur les quatre premières vagues de l’European Social Survey (ESS,
2002-2008) appariées à des mesures régionales d’immigration issues
principalement de l’European Labour Force Survey (LFS), complétées par d’autres
sources

Le tableau 3 présente nos résultats de base, dans lesquels la victimisation
criminelle est analysée en fonction de l'immigration au cours des cinq
dernières années – mesurée par la proportion de résidents nés à l'étranger –
selon différentes spécifications du modèle. Lorsque les effets régionaux fixes
ne sont pas pris en compte, comme dans les colonnes 1 et 2, il existe une
corrélation positive statistiquement significative, bien que faible, entre
l'immigration et la victimisation criminelle. Cela correspond à une
augmentation de 0,45 point de pourcentage de la victimisation lorsque
l'immigration augmente de 10 %, si l'on exclut les contrôles individuels
non démographiques (tels que le niveau d'éducation, le degré d'urbanisation de
la zone locale et le fait que la principale source de revenus soit financière,
c'est-à-dire une mesure de la richesse du répondant). Cette augmentation est
de 0,28 point de pourcentage lorsque les contrôles sont inclus. Cependant,
lorsque l'on ajoute des effets fixes régionaux( l’évolution de la criminalité
en fonction de l’évolution du nombre d’immigré pour chaque région est comparé à
elle-même au cours du temps) , la corrélation devient statistiquement non
significative
L’augmentation de
l’immigration n’a donc aucun effet causal détectable sur la probabilité d’être
victime d’un cambriolage ou d’une agression.
Cependant, elle l’est bien avec la perception de l'insécurité !
Immigration and crime: evidence from victimization data
D'un coté,
l'immigrée pourra
Non la suede
n’est pas le pays du viol !
FACT CHECK : Crime in Sweden, Part I: Is Sweden the 'Rape
Capital' of Europe?
Crime in Sweden, Part II: Are Refugee Men Overrepresented
in Swedish Crime?
Si
la suède à un taux de viol supérieur à la moyenne européenne c’est parce
qu’elle a une définition plus élargie, expliquant ainsi l’augmentation
virtuelle du nombre de viol de 2005-2014. De plus, les migrants n’ont pas causé
un bon dans les viols

Au
contraire, en 2015 ( l’année de leur arrivée massive ), le nombre de
viol est passé de 6 697 en 2014 à 5 918 en 2015 ( soit à peu près le même
nombre qu'en 2009 ). Certaines statistiques préliminaires pour 2016 montrent
cependant une augmentation des viols signalés à 6 570, soit une hausse de 13 %
par rapport à 2015 ( mais toujours inférieure à 2014 ).
Sur le plan des crimes en générale, l’explication ne doit pas être attribué aux
actuels migrants mais à ceux de 1990(guerre balkan) qui n’ont pas réussi à
s'intégrer(avec un taux de chômage de 40% et des taux d'éducation inférieur à
la moyenne nationale) dans une société qui propose très peu de job pour les
moins qualifiés. L’explication est socio-économique et c’est le même carburant
qui fait que le crime existe. De plus, les facteurs culturels des immigrés ont
un impact négligeable dans le crime.

Salut, ce n’est
pas vrai, le nombre de viols continue à augmenter :
Bonsoir, cette
augmentation est dû à la nouvelle loi sur le consentement :
Suède : hausse de
75% des condamnations pour viol depuis l'adoption d'une loi sur le consentement
Pour ce qui est de l’augmentation d’abus sexuel, entre 2010-2015 à 2016, il est
difficile d’interpreter cette augmentation sur une année seulement, étant
donné, par exemple :
In Sweden we count as many crimes as [the victim] can specify. So we’ve had
cases with women who had a diary so they can say, ‘I’ve been raped within this
marriage 400 times.’ That will result in 400 reported crimes. That also
contributes to the difficulties in our statistics with comparing from month to
month, or comparing one area to another, because a single case of that sort
will turn the statistics upside down. That’s been a problem when some
journalists from other countries go into our database. It could be one case
with 50 reported crimes.(source précédemment citée)
En ce qui concerne la surreprésentation des immigrés dans les crimes
violents en suède :
Les
différences entre la proportion de personnes soupçonnées d'actes criminels dans
les différents groupes sont en partie dues à des différences dans la
répartition par âge des groupes. Par exemple, il y a une plus grande proportion
de jeunes dans le groupe des personnes nées dans le pays avec deux parents nés
à l'étranger, par rapport aux personnes nées dans le pays avec deux parents nés
dans le pays, et la proportion de suspects de crime est généralement plus
élevée chez les jeunes que chez les personnes âgées
la ségrégation en matière de logement dans les zones à faibles ressources.Il
peut également y avoir des problèmes pour trouver du travail, qui peuvent être
liés au manque d'éducation, difficultés linguistiques, mais aussi à la
discrimination sur le marché du travail.
1) Les diverses difficultés que cela peut entraîner pour rompre avec le pays
d'origine et s'installer dans un nouveau pays avec des langues étrangères,
l'environnement et à des degrés divers aussi une nouvelle culture. Parmi ceux
qui se sentent exclus et estiment qu'ils n'ont pas de chances dans la vie, le
risque de comportement criminel peut augmenter.
2) Les facteurs sociaux qui augmentent généralement le risque de criminalité, comme le faible niveau d'instruction et de revenu, mais aussi la maladie mentale, sont plus fréquents chez les personnes nées à l'étranger.
3)
L'accueil réservé aux immigrés en Suède présente des lacunes sous forme de
préjugés et de discrimination négative, ainsi que de discrimination sur le
marché du travail. Ils essayent aussi de l'expliquer avec des facteurs
socio-culturels mais les études sur le sujet en finlande, malgré le fait
qu'elle démontre un possible lien explicatif n'explique que très peu la
différence des taux

Misstänkta för brott bland personer med inrikes
respektive utrikes bakgrund. Tabellbilaga 2
Si l'on tient compte de l'âge, les
migrants en Allemagne ont un taux d’inculcation similaire à celui des Allemands
: "Si
l'on attribue l'augmentation de la criminalité observée en 2015 entièrement aux
réfugiés entrés en Allemagne cette année, cela conduirait à un taux
d’inculcation pour 100 000 (Tatverd chtigenbelastungszahl, TVBZ) de 5800 pour
ce groupe de réfugiés. Ce taux pour les Allemands était de 2124. Par
conséquent, le taux pour les réfugiés serait considérablement plus élevé que le
taux pour les Allemands. Mais si l'on examine de plus près le taux des
Allemands âgés de 16 à 30 ans (qui est la tranche d'âge la plus proche de
celle des réfugiés), on arrive à une autre conclusion. Ici, le taux des
Allemands se situe entre 4200 et 5800, donc absolument dans la fourchette qui
est calculée (bien qu’insuffisamment) en observant uniquement les réfugiés. Si
l'on applique ces chiffres aux délits qui semblent les plus importants pour le
public (tels que les cambriolages et les agressions sexuelles), l'augmentation
des suspects non allemands (et surtout des réfugiés) est considérablement plus
faible que ce à quoi on aurait pu s'attendre au départ.
http://sci-hub.st/10.1007/978-3-319-72159-0_26
"La tendance actuelle montre que les réfugiés sont tout aussi peu
susceptibles de commettre des crimes que les groupes comparables au sein de la
population actuelle. La majorité d'entre eux ne commettent pas de crimes, ils cherchent une
protection et la paix en Allemagne".
Moins de 1 % du total des crimes commis par les réfugiés sont des crimes
sexuels, ce qui va à l'encontre des rumeurs répandues sur les médias sociaux
selon lesquelles ces crimes sont devenus plus fréquents avec l'arrivée de
centaines de milliers de réfugiés.
"Les personnes de
nationalité kosovare, serbe ou macédonienne sont surreprésentées [dans les
crimes commis dans les centres d'accueil de réfugiés]. Les personnes
sous-représentées sont celles qui ont la nationalité syrienne et
irakienne".
Police: refugees commit less crime than Germans BKA zu Flüchtlingen: Straftaten „im sehr niedrigen
sechsstelligen Bereich“
ils commettent + de
crime..
Cela peut sans doute s’expliquer par leur condition socio-économique
précaire,l’âge(qui est plus faible qu’en moyenne) ainsi que le manque
d'intégration dû aux mauvaises politiques institutionnelles. Il n’y a au fond
pas vraiment assez d’étude sur le sujet..
En 2010 la justice a prononcé 630 000 condamnations. Elles sanctionnent 940 000
infractions dont 93,4% relevant de délits : infractions routières (35%),
infractions en matière de stupéfiants (15%), vols et recels (13,5%) et
violences physiques (8,5%). 12,7% des condamnés étaient de nationalité
étrangère.
Y a-t-il un lien entre la délinquance et immigration ? |
Musée national de l'histoire de l'immigration
Étrangers - Immigrés − Tableaux de l'Économie Française
Are immigrants more likely to commit crimes? Evidence
from France
● En raison du fait que les études n’étaient pas centrées sur la France, les auteurs en proposent donc une, cherchant à savoir si l’immigration causerait plus de criminalité, avant d’essayer de trouver les raisons à cela, le tout en se basant sur des données à l’échelle départementale en 1999.
● Cette étude considère non pas que les données de crimes fournies par le ministère de l’intérieur, mais considère aussi le revenu, le taux d’emplois, ainsi que l’indice de Gini, données elles fournies par l’INSEE. Les flux migratoires sont eux tirés de l’INED.
● L’étude conclut que même si elle trouve lien de corrélation lorsque l’on considère la condition économique des immigrants, on remarque que les immigrants ne sont pas plus à même de commettre des crimes que les français.
● En plus de cela, l’étude remarque que les immigrants non-employés ont eux plus de chance de commettre des crimes en raison d’une condition plus défavorable.
● L’étude finit par dire que les politiques qui améliorent la condition de vie des immigrés permettraient de réduire le taux de criminalité.
● Le papier met d’abord en garde sur le fait de comparer les chiffres de la criminalité entre les localités ayant un taux de population immigrée plus forte ou non : donc éviter la simple corrélation.
● Il rappelle aussi que : « les immigrés ne se répartissent pas de manière aléatoire et uniforme sur le territoire national ». En effet, c’est un choix bien plus déterminé en raison des « avantages » pour eux d’être sur tel ou tel territoire : « Leur présence est en effet plus concentrée près des frontières, zones plus propices aux trafics, ou dans des quartiers où les logements sont plus abordables et qui concentrent le plus souvent des populations pauvres ou marginalisées ».
● Une fois ces biais résolus, le lien entre immigration et délinquance n’existerait plus.
● L’étude rappelle aussi que, d’après une étude réalisée en Italie (Pinotti, 2017), le fait d’obtenir un visa aurait réduit le taux de criminalité par deux comparé à ceux qui n’en ont pas eu avec les procédures simplifiées qui avaient été mises en place. Le même constat a été établi aux États-Unis : « [dans] les comtés ayant accordé plus de titres de séjour aux migrants lors de la grande vague de régularisation de 1986 ont vu leur taux de délinquance diminuer plus rapidement que les autres », nous rapporte l’étude Baker, 2015.
●
L’étude
explique en partie les raisons de la surreprésentation des immigrants dans les
statistiques pénales. Nous n’allons retenir qu’une partie de l’analyse, les
autres seront retenues dans les sous parties qui suivent. « Tout d’abord,
certains délits ne peuvent, par définition, être commis que par des étrangers.
Il en va ainsi des entrées ou séjours irréguliers, des soustractions à
l’exécution d’une mesure de reconduite à la frontière, du travail sans titre de
séjour pour l’exercer, etc. De plus, ces infractions, qui sont résolues
lorsqu’elles sont constatées puisque l’auteur de l’infraction est identifié
sur-le-champ, peuvent faire l’objet d’un ciblage particulier lors de pressions
politiques à l’amélioration des statistiques, comme lors de la mise en place de
la « politique du chiffre » entre 2002 et 2012. »
Fiche résumée de l’Institut Convergence Migrations (IC Migration) : LES MIGRATIONS NE SONT PAS
UNE CAUSE D’INSÉCURITÉ
https://www.icmigrations.cnrs.fr/wp-content/uploads/2022/06/4_Fiche-insecurite_V3.pdf
La délinquance des mineurs non accompagnés
Avant toute chose, il convient de dire que dans les faits, les causes de l’immigration de ces mineurs est en raison « d’un processus de désaffiliation familiale et sociale » (Bonnet & Delanoë, 2019) [https://www.icmigrations.cnrs.fr/wp-content/uploads/2020/04/De-Facto-17.pdf]. Dès lors, on remarque que la question migratoire se retrouve (de nouveau) déterminée.
Quant à une prétendue délinquance, la « récente synthèse relative aux Problématiques de sécurité associées à la présence de mineurs non accompagnés devant l'Assemblée nationale, en mars 2021, rapporte que 7% des effectifs de MNA en charge auraient commis des faits de délinquance dans l’agglomération parisienne ».
Des faits de délinquance explicables par le fait qu’ils soient moins bien pris en charge, et qu’ils vivent toujours dans de très mauvaises conditions sociale : « Au début des années 2010, les services de l'aide sociale à l'enfance ont vu le nombre de prises en charge des mineurs isolés et étrangers croître fortement, sans que les ressources matérielles, financières et humaines augmentent d’autant. L’embolisation de ces services départementaux a contribué à rendre les phénomènes de délinquance des mineurs non accompagnés davantage visibles et médiatisés, ainsi qu’à interroger la présence de ces jeunes au sein des dispositifs de l’aide sociale à l’enfance. »
[https://www.desinfoxmigrations.fr/contenus/articles-de-d%C3%A9sinfox/d%C3%A9sinfox-24]
La suite de l’article nous informe d’une conflictualité entre qui devrait prendre en charge ces mineurs là. Une conflictualité qui mène à une très mauvaise prise en charge et à une dégradation du service. Le discours de « l’insécurité » (qui n’est ni conforme au chiffres, ni conforme au ressenti des français) cause une déconnexion des problèmes réels. Problèmes réels qui sont prise en charge par l’État et les collectivités territoriales des mineurs non accompagnés, afin d’éviter tout problème avec eux ainsi que de leur garantir de meilleures conditions de vie ainsi qu’un meilleur avenir.
Quid des coûts des mesures actuelles? L’équipe de désinfox a procédé à des calculs afin d'estimer les coûts réels de l’accompagnement de ces mineurs par les départements :
« Déterminer le prix de journée moyen des MNA pris en charge par les Conseils départementaux
En l’absence de remontée précise des départements, il n’est pas possible de connaître le prix de journée moyen appliqué à la prise en charge de ces jeunes, les modes d'accueil étant très divers au sein des différents départements.
Dans son rapport d’activité 2019, l’association InfoMIE a listé les prix de journée constatés dans les cahiers des charges des appels à projet relatifs à des dispositifs pour MNA : sur les 33 appels à projets analysés, l’essentiel des prix de journée sont compris dans une fourchette variant de 40 à 80 €, et seuls cinq proposaient un prix de journée supérieur à 100 €.
La lecture des rapports institutionnels reportant le coût de la prise en charge des MNA dans certains départements (voir plusieurs de ces rapports sur le centre de ressources InfoMIE) confirme que ce public est généralement accueilli dans les dispositifs les moins coûteux de l’ASE. À titre d’exemples :
● Un rapport de la Chambre régionale des comptes de Nouvelle Aquitaine datant de septembre 2020 relevait un prix de journée variant de 40 à 55 € pour les MNA du département, « nettement inférieurs à ceux des autres structures d’accueil de l’aide sociale à l’enfance en Deux-Sèvres ».
● Un rapport de la Chambre régionale des comptes du Centre-Val de Loire, portant sur la situation dans l’Indre, faisait état d’un prix de journée moyen de 33 € pour l’année 2018.
● Un rapport de plusieurs services d’inspections publié en novembre 2020 indiquait que le coût unitaire moyen de la prise en charge en hôtel (incluant l’hébergement et l’accompagnement), qui concerne de nombreux MNA, était de 77 € pour les 29 départements ayant répondu à l’enquête.
L’affirmation figurant dans la « fiche-info » précitée de l’ADF publiée en octobre 2020, selon laquelle « le coût moyen de la prise en charge d’un MNA au titre de l’ASE (…) est estimé en moyenne à 50 000€ par mineur et par an » est donc erronée puisque cela supposerait un prix de journée moyen de 137 € pour l’ensemble des MNA pris en charge en France.
Enfin, il convient de souligner que la prise en charge financière des MNA est assurée en partie par l’État au titre d’un mécanisme de compensation des sommes engagées par les Conseils départementaux pendant la phase d’évaluation d’une part, et du versement de plusieurs millions d’euros chaque année pour la prise en charge pérenne par les services d’ASE. La loi de finances 2021 prévoit ainsi 120 millions d’euros en ce sens dans le budget de l’État, contre 162 millions d’euros en 2020. [...]
Au regard des données disponibles évoquées précédemment, une estimation haute basée sur l’accueil quotidien de 31 000 MNA pour un coût de journée moyen de 90 €, représenterait environ 1 milliard d’euros pour les Conseils départementaux.
Soit deux fois moins que le coût de 2 milliards d’euros régulièrement repris. Ajoutons enfin que cette estimation (probablement très à la hausse) doit être mise en perspective avec d’autres montants : les dépenses des départements s’élevaient à 83,7 milliards d’euros en 2020 d’après la direction générale des collectivités locales du ministère de la Cohésion sociale, et l’Aide sociale à l’enfance à elle seule a coûté 8,3 milliards d’euros en 2019 d’après la direction de la recherche, des études et de l’évaluation statistique. ».
[https://www.desinfoxmigrations.fr/contenus/articles-de-d%C3%A9sinfox/d%C3%A9sinfox-10]
Cette analyse précise et détaillée qui parle d'elle-même affirme donc que le coût serait deux fois moindre qu'estimé. Cependant il faut rappeler que peu importe le coût d’un tel accompagnement, celui-ci est nécessaire. Car il est de la responsabilité d’un État d’accompagner les personnes sur son territoire, surtout des mineurs. C’est essentiel pour la dignité de ces mineurs, mais aussi tout simplement pour notre sécurité. Cet argument fondé sur l’utilité n’est pas le plus glorieux mais est parlant pour les adeptes des politiques sécuritaires : si nous n’accompagnons pas ces mineurs alors ils auraient un fort taux de devenir délinquant, en sombrant dans une très forte pauvreté.
En plus de cela, même si les mineures sont minoritaires parmi les mineurs qui migrent, celles-ci sont exposées à de réelles violences en raison de leur genre. Elles sont aussi victimes d'une non reconnaissance de leur situation, nécessitant pour elles d'enclencher des procédures judiciaires, qui durent plusieurs mois (de 6 à 18mois). Pendant ce temps-là, « les concernées ne sont pas prises en charge par l'ASE ». Elles espéraient fuir la violence qu'elles recevaient en raison de leur genre, mais la difficulté extrême pour elles du voyage, et les politiques d'accueil mauvaises font que leur condition ne s'améliore pas.
Il convient de dire aussi que ces mineurs sont pour beaucoup contraint de migrer : « Néanmoins, l’UNICEF a publié en juin 2017 une étude* sur le sujet en Italie et en Grèce, dont il ressort que 75 % des jeunes interrogés ont pris la décision de migrer de façon individuelle, sans prévenir leurs parents. Un tiers des jeunes interrogés sont partis en raison de violences ou de difficultés chez eux et/ou avec leur famille »
« * Rapport REACH/UNICEF, Children on the move in Italy and Greece, juin 2017. Les raisons de départ sont multiples et souvent cumulatives (formes de violence, manque de moyens de subsistance, services publics limités). La plupart des jeunes interrogés affirment n’avoir personne pour s’occuper d’eux dans leur pays d’origine à la suite de la mort d’un parent, ou du remariage de l’un des deux parents »
Tiré de THE OXFORD HANDBOOK OF ETHNICITY, CRIME, AND IMMIGRATION, 2014
I. Immigration, Race et crime en 1980
Les observations par des commissions nationales du début du XXe siècle ("Industrial Commision 1901, Immigration Commission 1911, National Commission on Law Observance and Enforcement 1931") avaient déjà conclu qu’il n’y avait pas de lien entre l’immigration et la criminalité, voir même que les immigrants commettaient moins de crime que les natifs (1ère génération), puis que générations en générations, l’implication dans le crime devenait indistinguable entre les descendants d’immigrés et les natifs.
« It is often said that higher crime rates reflect acculturation into American norms of competition, impatience, and ambition and that rising crime involvement is an ironic indication of increasing Americanization (e.g., Rumbaut 2004). »
Depuis le XIXe siècle, il est reconnu que les Américains noirs ont tendance à être plus impliqués dans les crimes qui impliquent une peine de prison (e.g. DuBois 1996/1899).
Les raisons – au niveau individuel – sont similaires à celles qui poussent les blancs à faire un crime : milieux défavorisé & démunis, des compétences éducatives et professionnelles limitées, une socialisation à des valeurs déviantes mais aussi des opportunités de réussite matérielle bloquées (e.g., Myrdal 1944).
Aussi, les noirs étaient victime de biais raciste et de subordination raciste (?*) (DuBois 1996/1899; Garland 2010).
( * voir https://academic.oup.com/yale-scholarship-online/book/17695/chapter-abstract/175388040?redirectedFrom=fulltext&login=false )
Cette surreprésentation à continué durant le XXe, expliquée notamment par le fait que les noirs étaient plus sévèrement punis que les blancs (Hagan and Bumiller 1983).
II. Immigration, Race, Ethnie, et crime jusqu’au milieu des années 1990
Les problèmes liés à l’immigration, la race, l’éthnie et le crime ont réémergé dans les années 80 dans plusieurs pays occidentaux (Angleterre, Canada, É-U, Australie, Nouvelle Zélande).
Dans tous ces pays, le lien entre immigration et criminalité a été levé ; Cependant, « la plupart des groupes caractérisés par une criminalité relativement élevée et par des disparités dans le traitement par le système judiciaire comprenaient une grande proportion de résidents nés dans le pays, que leurs parents ou leurs ancêtres récents aient été immigrés ou non. »
Dans les années 1980, les disparités raciales affectant les afro-américains sont devenues un sujet de recherche préoccupant aux É-U. Ainsi, il a été conclu que les recherche antérieures ont surestimé les différences raciales : « les contrôles des critères de condamnation juridiquement pertinents, tels que les antécédents judiciaires, étaient rarement utilisés et, lorsqu'ils l'étaient, les différences de condamnation devenaient beaucoup moins prononcées (Hagan et Bumiller, 1983). »
L’accumulation des disparités raciales relativement faible à chaque étape successive dans la justice pénale conduit à des différences plus grande en matière de condamnation ("cumulative effects") Zatz 1987). Aussi, il n’y avait pas de grande disparités raciale quant à la probabilité d’emprisonnement, cependant des disparités émergeaient quant à la durée des peines (Walker, Spohn, and DeLone 1996). Les différences dans les taux d’emprisonnement pouvaient être expliquées par les différences entre groupe en matière de délinquance « particularly for violent crimes for which African Americans had much higher arrest rates than whites » (Blumstein 1982, 1993; Langan 1985).
Les accusés appartenant à des minorités ont reçu, dans les pays anglo-saxons les plus riches (Angleterre, Australie, Canada, Nouvelle Zélande), des peines plus sévères notamment parce qu’ils avaient plus tendance à plaider coupable et parce qu’ils étaient plus facilement mis en détention provisoire, mais surtout (et pour une grande partie) parce que l’implication dans les délits passible d’emprisonnement était différente. (en Angleterre et au Pays de Galles, Hood 1992; en Australie, Broadhurst 1997; au Canada, Roberts and Doob 1997; en Nouvelle Zélande, Jackson 1987). Des conclusions similaires ont été tirées pour les Pays-Bas (Junger-Tas 1997), l’Allemagne (Albrecht 1997), la Suède (Martens 1997) et la Suisse (Killias 1997).
« Dans tous les pays, les membres de certains groupes socialement et économiquement défavorisés - mais pas tous ces groupes - semblent, d'après les données de la police, être impliqués de manière disproportionnée dans la criminalité. Les données sur la victimisation montrent généralement que la plupart des infractions sont commises au sein d'un même groupe, ce qui signifie qu'il n'est pas possible de négliger les infractions commises par les minorités sans négliger également la victimisation des minorités. Les données du système de justice pénale à tous les stades montrent des disparités flagrantes affectant les membres de certains groupes. Les disparités entre les groupes semblent refléter une combinaison de taux de délinquance différents, un traitement différent des affaires impliquant des membres de groupes différents, des préjugés et des stéréotypes de la part des fonctionnaires et des conventions systémiques de traitement des affaires qui sont neutres en apparence mais qui, dans la pratique, affectent systématiquement et de manière préjudiciable les suspects et les délinquants appartenant à des minorités. »
De manière générale, les groupes ethniques qui présentaient des disparités dans les taux d’arrestation et les emprisonnement sont ceux les plus désavantagés socialement et économiquement, mais pas tous présentent les mêmes disparités. Par exemple, les Marocains et les Turques avaient des similitudes en terme d’emploi, d’éducation de santé, mais malgré tout, les Marocains étaient plus arrêtés et avaient un taux d’emprisonnement plus élevé tandis que les Turques avaient des taux similaires aux natifs (Junger-Tas 1997). En Allemagne, les turques avaient cependant des taux d’arrestation et d’emprisonnement plus élevés que les Allemands (Albrecht 1997). En Angleterre et au Pays de Galle, les Afro-Antillais et les immigrants d’Inde avaient des profils socio-économiques similaires et une subissaient des discriminations sur le logement et l’emploi similaires. Les Afro-Antillais présentaient un plus grand taux d’arrestation et d’emprisonnement que les blancs, tandis que cela n’était pas le cas pour les Indiens, les Pakistanais et les Bangladais, ces dernier étaient les plus pauvres, les moins employés et les moyens éduqués de tout le groupe mais avaient un plus faible taux d’arrestation et d’emprisonnement que les Anglais indigènes (Smith 1997, 2004).
III. Race, Éthnie, Crime, et Immigration depuis le milieu des années 1990
A. Race et Crime aux États-Unis
« Police, victimization, and self-report data continue to show that black Americans are more extensively involved in violent and ordinary property crime than are whites, but the differences are diminishing (Like-Haislip 2013). Use of illicit drugs is greater by blacks than by whites for some substances, but not for others; the differences in any case are small. There is no substantial evidence that blacks more often sell drugs than do whites, but they have been arrested for drug offenses in recent decades at rates four to six times higher (Fellner 2013). »
Les noirs ont plus de chance de se faire arrêter sur la route ou sur les trotoires par la police que les blancs ou les hispaniques mais ont plus de chance d’être aussi en possession de drogue, d’arme ou d’aure bien de contrebande (Engel and Swartz 2013).
Les noirs ont plus de chance d’être détenus en attente du procès et d’être traités plus sévèrement par le procureur et par les juges que les blancs (Spohn 2013). « Racial disparities in imprisonment, however, result primarily from the effects of policy decisions requiring severe punishments for violent and drug offenses for which blacks are disproportionately arrested, convicted, and imprisoned (Alexander 2010; Tonry 2011). »
« Whites no longer believe that blacks are inferior to whites, but racial resentments and anxieties continue to explain greater white than black support for harsh sentencing policies. Whites are much more likely than blacks to have confi- dence in the criminal justice system, especially police, and much less likely to believe officials treat minority suspects and defendants unfairly (Bobo and Thompson 2006; Peffley and Hurwitz 2010; Unnever 2013). »
B. Race, Éthnie, et Crime en Europe, en Australie et en Nouvelle Zélande
La race, le crime et la justice criminelle ont les mêmes motifs en Angleterre et au Pays de Galle ainsi qu’au Canada que les États-Unis. Les noirs ont plus de chance d’être victimes de la criminalité, mais aussi d’être arrêtés, condamnées et emprisonnées. Le profilage par la police sur la base de la race est fréquent (et contreversé), et touche aussi les Indiens. Les noirs ont moins confiance en la justice que les blancs, et sont plus à même de croire que les membres des minorités sont traités plus injustement (Feilzer and Hood 2004; Shute, Hood, and Seemungal 2005; Parmar 2013; Thompson 2013).
Les autres minorités ethniques en Australie (Aborigènes), au Canada ("First Nation citizens"), en Nouvelle-Zélande (Maoris) et aux États-Unis (Amérindiens) ont des taux d’arrestation et d’emprisonnement disproportionnés par rapport aux blancs, cependant des effets ont été faits pour donner plus de pouvoir aux communautés pour avoir des processus judiciaires adaptés à leur culture et qui soit adapté à leur vie particulière (Cunneen 2013; Marchetti and Downie 2013;Owusu-Bempah and Wortley 2013).
« Less can be said about racial and ethnic differences in other developed countries because of the limited availability of ethnicity data. Strong distinctions between groups that were previously documented continue. In the Netherlands, Moroccans remain heavily overrepresented among suspects and prisoners, and Turkish patterns approximate those of the ethnic Dutch (Junger-Tas 2010; Engbersen, Leerkes, and Snel 2013). Turks remain heavily overrepresented in German criminal statistics (Albrecht 2010). In England and Wales, major long-documented differences persist in arrests and imprisonment between Afro-Caribbeans and Asians of all subgroups, including the most socioeconomically disadvantaged Bangladeshis (Smith 2004; Parmar 2013). This confirms a second long-documented pattern that economic migrants from Asian countries, including Japan, China, India, Pakistan, and Vietnam, do not fit the classic multigenerational immigration-and-crime model. As with European immigrants, members of the first generation typically have low levels of crime involvements and—unlike European immigrant groups—so do members of successive generations (Tonry 1997a). »
C. Immigration et Crime
La deuxième génération à plus tendance d’être impliqué dans le crime que la première génération (Bucerius 2012; Berardi and Bucerius 2013).
« In the United States, Hispanics make up the largest immigrant group, and people of Mexican origins make up the largest Hispanic subgroup. Among the results has been the “racialization” of Hispanics within American political and popular culture (Massey 2013). Work on Hispanic immigration and crime has regularly confirmed the multigenerational model (Kubrin and Trager 2013; Martinez and Mehlman-Orozco 2013). Mexican and Central American immigrants fit the classic pattern of self-selected economic migrants who can be expected to work hard and defer gratifications. Many are illegal. Legal and illegal immigrants are affected by xenophobic state laws and unprecedentedly vigorous criminal justice system enforcement of immigration laws. Such an environment provides even more incentive than economic migrants have traditionally had to maintain a low profile and stay out of trouble. One consequence of high levels of legal and illegal Hispanic immigration is that their presence is credited with contributing significantly to the decline in American crime rates since 1991 (Sampson 2008). »
IV. Le futur
« Les problèmes auxquels sont confrontés les groupes minoritaires autochtones de longue date, en particulier dans les anciennes colonies européennes, sont plus redoutables. Le passage du temps et les forces naturelles d'adaptation, d'assimilation et d'acculturation n'ont pas abouti, malgré des siècles, à l'intégration réussie des populations indigènes dans la vie courante des anciennes colonies, ni à celle des Afro-Américains dans la vie courante américaine. La situation des Afro-Caribéens en Angleterre et au Pays de Galles, des Marocains et d'autres groupes d'origine nationale aux Pays-Bas, des Nord-Africains en France et en Belgique, et des Turcs en Allemagne se situe entre ces deux extrêmes. Il est possible que les schémas normaux d'immigration et de criminalité se développent, mais plus lentement que pour d'autres groupes dans le passé. Il est également possible que ces groupes restent dans des positions structurellement défavorisées, comme les Afro-Américains aux États-Unis ou les peuples indigènes dans de nombreux pays. »
« Groups characterized by high levels of criminality and victimization by crime are everywhere socially and economically disadvantaged. The decent way forward is for governments everywhere to adopt the Scandinavian crime prevention strategy and slogan: “The best crime policy is a good social policy” (Lappi-Seppälä 2007, p. 274). »
Nous allons nous intéresser à un article nommé La localisation des immigrants en France : Une première approche (Hubert Jayet, Nadiya Ukrayinchuk, 2007). Même si les données utilisées sont sur l’année 1990, l’analyse garde sa pertinence avec les flux migratoires contemporains. La retenue des passages importants de l’article sera parfois accompagnée de quelques petites notes lorsqu’il y a une lacune sur l’explication d’un phénomène, où lorsque cela est pertinent.
● Cet article considère l’ensemble des immigrants dans son analyse ainsi qu’aux principales nationalités (portugais, algériens, italiens, marocains, tunisiens, espagnols, turcs et polonais) présentes, ainsi que d’autres (allemands, belges, suisses, britanniques et italiens) en raison de leur proximité avec le territoire français. Les données sont celles de 1982 à 1990 et non 1999 en raison du manque de données sur les nationalités.
● L’article remarque une nette différence entre les stocks et les flux d’immigration : « Cela tient au fait que les stocks conservent la trace des vagues successives d’immigrations, qu’on ne retrouve évidemment pas dans les flux qui se réorientent d’une période à l’autre en fonction de l’évolution des forces impulsant la migration et de l’infléchissement des politiques migratoires. ».
● L’analyse des indices de Gini par nationalité démontre d’«une très forte concentration des immigrants présents sur le territoire français et [d’]une concentration encore plus élevée des nouveaux arrivants ».
● L’indice de Gini est bien plus faible que ceux pour chaque immigrant, démontrant « de spécificités dans les formes de concentration propres à chaque nationalité ».
● En termes de carte, la concentration constatée est globalement similaire aux cartes montrées ci-dessus. Cependant, l’article nous permet d’avoir une analyse bien plus précise : « Un examen plus précis de ces répartitions géographiques met en évidence quelques logiques fondamentales. La première est une logique de formation de micro-concentrations. En effet, la forte présence de la population immigrée dans une région ne se traduit pas par une forte présence dans l’ensemble des communes de la région. Au contraire, le plus souvent on observe une répartition « en amas », avec des communes où cette présence est très forte au milieu d’un ensemble de communes où cette présence est beaucoup plus faible. ».
● Afin de confirmer un tel phénomène les auteurs calculent l’indice de Moran et le diagramme de Moran : « [...] une zone à valeur élevée tend à être entourée de zones à valeur élevée ; une zone à valeur faible tend à être entourée de zones à valeur faible ». Les indices de Moran sont bien plus faible au niveau communal qu’au niveau des zones d’emplois : « Cette dissonance des indices de Moran entre les deux niveaux ne peut provenir que du fait que, à l’intérieur des zones d’emploi à forte présence d’immigrés, ces derniers tendent à se concentrer dans un ensemble de communes dispersées dans l’ensemble de la zone. ».
● Au-delà d’un tel phénomène, les auteurs ont aussi remarqué qu’il y avait une logique de concentration liée à l’urbanisation : « les immigrés tendent à se concentrer dans les communes les plus peuplées et donc les plus urbanisées ». Mais cette concentration diffère selon les nationalités : « Les maghrébins, en particulier les tunisiens, et les ressortissants des pays d’Europe Centrale, sont particulièrement concentrés dans les grandes communes. À l’opposé, les ressortissants des pays européens limitrophes, notamment les suisses et les belges, à un moindre degré les espagnols, les allemands et les italiens, sont à peine plus présents que les français dans les grandes communes. ». [1] Malgré qu’il n’y ait pas eu d’explication à un tel phénomène disparate selon les nationalités, nous pouvons en donner une : les Européens ont plus de patrimoine sur lequel s’appuyer, leur permettant de trouver un logement dans des communes plus petites, communes ayant moins de logement sociaux, où ayant des prix plus chers [https://www.cairn.info/revue-d-economie-financiere-2016-2-page-205.htm]. Les appartements, donc situés le plus souvent en zone urbaine, sont aussi plus prisés par les ménages les plus pauvres, les immigrants des nationalités concernées ne faisant normalement pas exception [https://www.insee.fr/fr/statistiques/5366948]. Cette question sera détaillée ultérieurement.
● La logique de proximité, c’est-à-dire le fait qu’un immigrant serait plus apte à s’installer dans un territoire spécifique en raison de sa proximité n’est pas uniforme et dépend des pays d'origine. Pour les pays européens, à la fois cette logique est présente, à la fois « [même] si l’effet apparaît très dominant pour des pays comme la Belgique ou l’Espagne, il cohabite avec d’autres logiques pour des pays comme l’Italie, très présente dans le Nord-Est et l’Allemagne, très présente dans le Sud. ». Les auteurs retiennent pour « [les] pays non limitrophes, on peut interpréter la forte présence des algériens dans le bassin méditerranéen ou de ressortissants des pays d’Europe centrale dans l’Est comme résultant des points d’entrée des ressortissants de ces pays sur le territoire national ; cette interprétation est cependant plus discutable. ». Enfin, « il y a des pays, en particulier le Portugal et le Royaume-Uni, pour lesquels la logique de proximité semble complètement absente. Le premier cas est d’autant plus important que les portugais sont la première nationalité présente en France et qu’ils ont un point d’entrée bien identifiable, les Pyrénées Atlantiques. La deuxième exception est également intéressante parce que, si le Royaume-Uni n’est pas à proprement parler un pays limitrophe, seule la Manche, aisée à franchir, empêche les côtes du Nord-Ouest de jouer ce rôle. Or, les britanniques y sont peu présents et on les retrouve plutôt en Périgord et dans le Midi méditerranéen ». [2] Le cas de la migration anglosaxonne a été étudiée par le vidéaste Linguisticae expliquant indirectement une exception à la logique de proximité [https://www.youtube.com/watch?v=XUzegDUtgIU], de nouveau en partie pour des raisons économiques, ainsi que pour les autres raisons qui ont été énoncées ou celles qui viennent.
● L’article parle ensuite d’une logique économique, mais qui n’est limitée qu’au travail, ce pourquoi mes notes précédentes étaient là pour compléter : « La détection cartographique directe de la logique économique n’est pas simple. On peut cependant faire l’hypothèse que la présence des maghrébins et des italiens dans les zones industrialisées (en particulier les anciennes zones minières du Nord et du Nord-Est) est le fruit de cette logique. On peut également supposer qu’elle permet d’expliquer la forte dispersion territoriale des portugais : ces derniers travaillent principalement dans le secteur du bâtiment qui, fortement induit par la demande finale locale, est lui-même très dispersé. ».
● Enfin, pour finir sur les « formes de concentration », l’article parle d’une logique résidentielle, comme « plus visible ». « C’est certainement à elle qu’il faut imputer le fait que, après la concentration le long des frontières, c’est dans le Midi méditerranéen que la présence des belges et des allemands est la plus forte. Elle est également très clairement à l’œuvre chez les britanniques qui, après le Midi méditerranéen, sont très présents dans le Périgord. On peut sans doute lui attribuer le faible taux d’urbanisation des immigrants originaires des pays d’Europe occidentale comparé aux autres origines : l’installation en France d’une partie importante des ressortissants de ces pays est le résultat de la recherche d’un paysage ouvert peu disponible dans ces pays, ou nettement plus coûteux. ». De nouveau des logiques qui s’appliquent surtout en raison de la condition de vie des immigrants, expliquée par les notes [1] et [2] ci-dessus.
● Ensuite, l’article parle du phénomène de persistance. Entre 1968 et 1990, les zones de forte concentration migratoire restent les mêmes. Et nous pouvons faire le constat qu’entre 1990 et 2018, les zones restent aussi les mêmes (mis à part pour la Bretagne, qui à connu une partie de la migration anglo-saxonne dont nous avons parlé).
● L’article donne plusieurs explications à ce phénomène de persistance :
○ Le premier est l’« effet réseaux » : « les immigrants d’un pays ou d’une région donnée, en se regroupant, tissent des réseaux sociaux fortement localisés. Ces réseaux génèrent des externalités locales pour leurs membres, avec des effets de verrouillage. Les immigrants déjà en place sont immobilisés par les pertes qu’ils subiraient en s’éloignant du réseau ou, quand ils le quittent, auraient tendance à rejoindre un autre réseau, et donc une autre concentration spatiale. Les nouveaux arrivants se localiseront dans les zones où leurs prédécesseurs se sont concentrés, et où ils peuvent bénéficier des externalités que leur présence génère. ».
○ Le second est la « persistance des localisations ». Ce sont la persistance de facteurs que ce soit économique, lié au marché du travail notamment, ou bien résidentiel.
○ Malheureusement, après des recherches sur ce phénomène de persistance, aucune autre explication n’a été donnée. Des études citées en introduction tendent plutôt à confirmer ces explications : « Elle [la concentration] est généralement attribuée aux avantages du voisinage d’autres personnes de la même origine, qui favorise le maintien et la transmission de la langue maternelle et de la culture d’origine, facilite l’entreprenariat des immigrés, permet la mise en place de marchés ethniques (CHISWICK, MILLER et LEE, 2002 ; BAUER, EPSTEIN et GANG, 2002). »
● Ensuite, l’article tente de donner des analyses économétriques par des calculs des auteurs, en considérant plusieurs variables (économique (opportunités d’emploi), d’urbanisation, de logement (présence du secteur locatif) et géographiques). Les auteurs arrivent donc à la conclusion que « les variables géographiques sont [...] largement dominantes : les retirer du modèle complet fait baisser la statistique du ratio de vraisemblance confrontant ce dernier au modèle de base de 90 %. Viennent ensuite les variables d’urbanisation, avec une contribution moyenne de 8,5 %, les variables logement, dont la contribution moyenne est de 5,4 %, et la variable économique, dont la contribution moyenne est marginale. ».
● Les variations constatées diffèrent selon les nationalités : « l’on constate que la variable économique, qui pour l’ensemble des immigrants ne joue qu’un rôle marginal, pèse beaucoup plus lourd dans le comportement de localisation des ressortissants du Royaume-Uni, du Portugal et de la Turquie. Les britanniques semblent également nettement plus sensibles que les autres nationalités au type d’urbanisation de la zone ; on retrouve également une forte sensibilité chez les algériens et les tunisiens. Les variables de logement jouent un rôle important pour les marocains, les turcs et les algériens, de moyenne importance chez les tunisiens et les portugais, très faible pour les autres nationalités. Enfin, si, en général, les variables géographiques ont un poids de 90 %, ce poids est nettement plus faible pour les turcs, les britanniques et les portugais. ». Cette analyse de nouveau très intéressante nous démontre les causes de pourquoi de telles nationalités sont plus concentrés dans de telles régions, et nous informent plus précisément de ce qui pousse les individus à aller dans telle ou telle région.
● Les auteurs continuent ensuite à une analyse de « l'élasticité du stock communal d’immigrants à, respectivement, la densité communale et la taille du pôle. » en 1990, mais aussi des flux entre 1982 et 1990. Nous constatons ainsi que les immigrés ont plus tendance à être dans les communes multipolarisées et les communes périurbaines de manière générale.
● Les auteurs remarquent aussi que la présence de logement HLM est un facteur d’attractivité pour « les immigrants originaires des pays les plus pauvres : les trois pays maghrébins et la Turquie, à un moindre degré les portugais », les mêmes conclusions s’imposent aussi bien pour les flux que pour les stocks.
● Les auteurs remarquent enfin, en examinant les flux, que les stocks d’immigrés présents sont aussi une variable importante sur le comportement de localisation, et ce à égalité avec la variable géographique étudiée, qui avait déjà une très grande importance :
Pour ainsi conclure voici les éléments importants à retenir de cette analyse ; les choix de localisation pour un immigré dépendent de plusieurs facteurs mais deux sont majoritaires : la population immigrée déjà présente et la géographie (autrement dit phénomène de persistance). Cependant sur la géographie les auteurs affirment que « l’importance subsistante des effets géographiques nécessite des travaux ultérieurs pour en préciser la nature. ». La taille et la densité des communes jouent aussi un rôle, qui dépend des nationalités. Mais n’oublions pas ce qui a été dit au début, que le plus souvent les populations immigrés sont très concentrées avec elles-même, principalement dans un milieu urbain. Des logiques de proximité entrent en compte dans le choix du lieu, mais aussi le type de logement garde son importance impliquant donc le fait que la condition économique pré-immigration influe sur le choix du lieu. Ainsi « cette concentration est peu influencée par les politiques d’immigration des pays de destination » mais dépend de multiples facteurs.
Mais nous pourrions rétorquer que ces chiffres sont anciens et ne reflètent pas forcément la tendance actuelle, notamment en raison du fait que les parts des nationalités composant l’immigration ont bien changé depuis. C’est pourquoi nous allons voir d’autres études et en tirer d’autres conclusions si tel est le cas.
Dimou, M., Ettouati, S. & Schaffar, A. From dusk till
dawn: the residential mobility and location preferences of immigrants in
France. Ann Reg Sci 65, 253–280 (2020).
https://doi.org/10.1007/s00168-020-00984-6
● Cette étude propose une analyse de la mobilité résidentielle et des choix de location des immigrés en France en utilisant des bases de données unique contenant les caractéristiques individuelles de 19 millions de Français en 2014, données qui ont été données par l’INSEE.
● L’étude dresse un constat que plusieurs modèles d’«assimilation spatiale» (spatial assimilation) ont testé une «ségrégation éthnique» (ethnic segregation) en raison de fortes séparations entre les autochtones et les immigrants. Les immigrants auraient eux tendance à se regrouper en ethnie (Chiswick and Miller 2005), alors que les autochtones auraient eux tendances à fuire les zones partagées avec des minorités ethniques (Boschman et Van Ham 2015). L’étude parle d’exemple concret avec les « Chinatown » ou « Litle India » dans les grandes villes américaines. Cependant de tels phénomènes ne sont pas constatés en Europe, faisant ainsi créer des communautés ethniques distinctes en raison d’une attitude ségrégationniste qui a mené à l’émergence de partis xénophobes. Cette ségrégation a été constatée en France par plusieurs études :
« In France, immigration has been a consistent component of the country’s demographic changes since the end of the colonization era. Spatial segregation of immigrants and the development of ethnic-based communities have been explored by a series of studies which focus on labor market discrimination (Bouvard et al. 2009; Aeberhardt et al. 2010; Duguet et al. 2010, Decreuse and Schmutz 2012), housing market discrimination (Pan Ké Shon 2010; Verdugo 2011), the role of social housing (Laferrère and Leblanc 2001; Bouvard et al. 2009) and the trends of ethnic clustering and native flight (McAvay 2018). »
« En France, l'immigration a été une composante constante des changements démographiques du pays depuis la fin de la colonisation. La ségrégation spatiale des immigrés et le développement de communautés ethniques ont été explorés par une série d'études qui se concentrent sur la discrimination sur le marché du travail (Bouvard et al. 2009 ; Aeberhardt et al. 2010 ; Duguet et al. 2010, Decreuse et Schmutz 2012), la discrimination sur le marché du logement (Pan Ké Shon 2010 ; Verdugo 2011), le rôle du logement social (Laferrère et Leblanc 2001 ; Bouvard et al. 2009) et les tendances au regroupement ethnique et à la fuite des natifs (McAvay 2018). »
● L’étude se concentre sur trois cas de figure : les français natifs, les immigrés avec la nationalité française et les immigrés sans nationalité française.
● L’étude remarque que dans tous les cas « un âge plus avancé, un niveau d'éducation moins élevé et une famille nombreuse affectent négativement la probabilité d'émigrer. » (in all cases, older age, lower education and a large family negatively affect the probability to migrate), ainsi que le fait d’être propriétaire. Cependant, le « statut du logement » (Housing status) joue un rôle moins important pour les immigrés étrangers ou avec une nationalité française.
● Les immigrants eux sont plus enclins à déménager que les natifs, en raison de plus faibles liens territoriaux, sociaux et familiaux. Les personnes ayant quitté leur lieux de naissance sont plus désireux de déménager à nouveau en « profitant de leur expérience acquise de leur migration initiale » (capitalizing on the experience gained from their initial migration.) (Schaffar et al. 2018) mais cela est moins le cas pour les natifs que pour les immigrants.
● Concernant l’effet du chômage ou de l'emploi, la migration pour un natif est considérée comme une solution. Mais pour un immigrant sans nationalité française, on remarque l’inverse soit en raison des discriminations vécues sur le marché du travail - ce qui « donne l'impression d'éviter l'intégration sociale » (this gives the appearance of avoiding social integration), soit en raison de la structure de la population, les étudiants représentent 5% de la population inactive étrangère contre 2,5% de la population inactive autochtone. Les étudiants étrangers retournent dans leur pays d’origine, alors que ceux français tendent plus à rester en France. Là-dessus, les immigrés ayant la nationalité française ont un comportement plutôt similaire aux natifs.
● Les immigrants sont moins désireux de déménager lorsqu’ils vivent dans une zone avec une haute proportion d'immigrés. La première raison est que c’est un comportement défensif face aux racisme et à la ségrégation sur le marché du travail. La seconde est qu’il est peu probable qu’ils veuillent déménager autre part s’ils sont déjà dans une grande ville.
● Les immigrants sont plus enclins à quitter une zone si le marché du travail devient moins attractif, alors que les natifs eux restent dans la région dans la même situation.
● L’étude affirme qu’il n’y a pas de lien entre le chemin parcouru et des décisions de localisation des immigrants. Ils ne cherchent pas de lieu où sont déjà installés d’autres immigrés, en raison du fait qu’ils pourraient considérer que les communautés ethniques « [ne sont] pas idéal[es] pour trouver un emploi bien rémunéré, car les communautés de migrants n'offrent pas nécessairement des marchés du travail dynamiques avec des salaires plus élevés. » (ethnic community is not ideal for finding a well-paid job as migrant communities may not offer dynamic labor markets with higher wages). Cela est valable pour tous les immigrants, même ceux ayant la nationalité française (ceux-ci ont d’ailleurs tendance à quitter les lieux ayant de nombreux logements sociaux contrairement aux étrangers).
● La présence de communautés ethnique déjà présentes n’est pas forcément un facteur pour le choix de localisation. Une position de l’étude « remettant en question une grande partie de la littérature économique qui considère le regroupement ethnique comme un comportement défensif de l'immigrant utilisé pour se protéger du racisme et de la ségrégation sur le marché du travail. » (they [the results] challenge a large body of economic literature that considers ethnic clustering as a defensive immigrant behavior used as protection against racism and labor market segregation.). Les raisons sont celles d’une volonté d’un potentiel meilleur marché du travail comme énoncé, mais aussi en raison du fait que les communautés ethniques affecteraient négativement la mobilité résidentielle.
● En conclusion, l’étude affirme que « les nouveaux arrivants ont tendance à s'installer dans des zones où le coût de l'immobilier est faible et où la population locale compte un pourcentage élevé de ménages immigrés. Les conditions de logement et l'environnement protecteur créé par les regroupements de minorités ethniques influencent considérablement les décisions d'implantation des migrants à faible capital humain. ».
● Mais elle complète en un troisième paragraphe que « les Européens et certains nouveaux arrivants africains se comportent différemment des autres migrants. Ils sont susceptibles de s'installer là où vivent d'autres Européens ou Africains, mais évitent les endroits où se regroupent des immigrants d'autres origines ethniques ».
● L’étude met en valeur que les immigrants ayant la nationalité française ont moins tendance à se sentir proche de leur communauté éthnique originelle, ce qui « signifie que l'intégration économique et sociale des immigrants dépendent de leur statut de citoyen » (This means that the economic and the social integration of immigrants depends upon their citizenship status).
Cette étude est très intéressante et permet de mettre en valeur plusieurs choses, en plus de compléter l’article précédemment étudié. Cette étude met surtout en valeur l'importance du marché du travail dans le choix de la localisation pour les immigrants, ainsi que des prix des logements. Les immigrants n’ont pas forcément de volonté de rejoindre leur communauté éthnique, cependant comme les immigrants sont majoritairement dans les zones où les prix résidentiels sont plus faibles, alors ces immigrants n’ont pas de choix que de s’installer dans ces zones. Une fois dans ces communautés, les immigrants n’ont moins envie de déménager, sauf si le marché du travail est en difficulté. L’effet protecteur des communautés se fait de nouveau prévaloir, notamment en réponse au marché du travail lui-même discriminateur ou face au racisme plus général de la société.
De nouveau nous constatons donc que la condition économique influe fortement sur le choix de la location. Des contraintes économiques qui ne sont présentes que chez une partie de la population immigrée, la même accusée de communautarisme… Alors que ce sont justement les inégalités, les contraintes, qui sont les causes d’un tel « communautarisme » (qui n’est pas le communautarisme entendu en sens politique qui est péjoratif), et non la volonté initiale des immigrés.
Regardons plus précisément ce comportement de l’importance du logement pour un immigrant influant sur sa location future.
Fougère, D., Kramarz, F., Rathelot, R. and Safi, M. (2013), "Social housing and location choices of immigrants in France", International Journal of Manpower, Vol. 34 No. 1, pp. 56-69. https://doi.org/10.1108/01437721311319656
● L’étude rappelle en introduction, en faisant une revue de la littérature scientifique dans ce domaine, que les immigrants étaient plus exposés à la dépendance des aides sociales. Cette dépendance peut être expliquée en partie par les discriminations ethniques et raciales sur le marché du travail et du logement, et reflète leur plus grande vulnérabilité en cas de crise économique.
● Face au constat qu’il n’y a pas eu d’études auparavant sur ce sujet, l’étude examine donc les liens entre la politique sociale du logement (par les HLM) et les choix de location pour les immigrants en se basant sur les données de l’INSEE, en 1982, 1990 et 1999.
● La forte concentration des immigrants dans les HLM est un phénomène récent, alors même que lors du lancement du premier programme de construction de HLM il y avait eu de plus grosses vagues d’immigration (Barou 2006).
● Jusque dans les années 60 les immigrants étaient principalement logés dans des logements très insalubres où dans des hôtels bon marché. Le gouvernement en 1971 a donc décidé de supprimer de tels bâtiments afin de les remplacer par des HLM. Cependant, les immigrants avaient une plus faible probabilité de vivre dans des HLM que les natifs, en raison d’une sélection faite par les administrations dans la volonté d’une cohabitation entre les natifs et les immigrants (principalement non européens) (Pinçon 1981).
● C’est dans les années 90 que s’est opéré un nouveau changement de population des HLM, où les immigrants et les ménages les plus pauvres étaient bien plus nombreux (Barou 2005). « En outre, au même moment, la mobilité résidentielle hors des HLM a considérablement diminué. » (Moreover, at the same moment, residential mobility out of the HLM drastically decreased.).
● L’étude constate que la proportion des immigrants venant d’Algérie, du Maroc, de Turquie, de Tunisie, d’Afrique subsaharienne et d'Asie du Sud-Est sont de loin les groupes les plus présents dans les logements sociaux désormais.
● Obtenir la nationalité française semble faire augmenter la probabilité de vivre dans un logement social pour les migrants venant d’Afrique subsaharienne, mais ce n’est pas constaté pour les autres.
● Les logements sociaux sont surtout concentrés dans les grandes villes, en région Île-de-France et dans le nord de la France.
● La proportion d'immigrés d’Afrique subsaharienne à augmenté entre 1982 et 1999 en Île-de-France, celle venant d’Afrique du nord a stagné, et celle des immigrants d’Europe du sud a diminué.
● Alors que les immigrants d’Europe du Sud (Italien, Espagnols et Portugais) ont quitté les logements sociaux pour des habitations privées ou leur propre propriété, les Nords Africains n’ont pas connu ce phénomène. « Plus surprenant, les zones où leur probabilité de vivre dans un immeuble de logements sociaux est plus élevée sont situées dans des régions où leur présence est plutôt faible. » (More surprisingly, the areas where their probability to live in a social housing building is higher are located in regions where their presence is rather low.).
● Aujourd’hui les immigrants vivent plus dans les logements sociaux que les natifs, plus particulièrement pour les immigrants venant d’Algérie, du Maroc, de Turquie, de Tunisie, d’Afrique subsaharienne et d'Asie du Sud-Est. Les femmes ont-elles plus de chance de vivre dans un logement social.
● La catégorie socioprofessionnelle et le niveau d’éducation entrent aussi en ligne de compte : « Elle est plus élevée pour les ouvriers et les employés, les chômeurs, mais aussi pour les travailleurs des entreprises publiques et les fonctionnaires. Cette probabilité est une fonction décroissante de l'âge, mais elle a augmenté au fil du temps, en raison de l'accroissement du parc de logements sociaux sur la période. » (It is higher for blue-collar and white-collar workers, unemployed workers, but also for public firm workers and civil servants. This probability is a decreasing function of age, but it has increased through time, because of the increase in the public housing stock over the period.).
● Un autre fait très intéressant est celui-ci :
« En outre, tous les migrants sont plus susceptibles (que les natifs) de vivre dans un HLM lorsque la proportion de personnes vivant dans des logements sociaux est importante. Toutefois, les Nord-Africains sont moins susceptibles de vivre dans un HLM que les autochtones lorsque la proportion de migrants, y compris eux-mêmes, est importante dans la ville. Comme la fraction de natifs dans la ville est égale à un moins la somme de tous les groupes de migrants, cela signifie essentiellement que les Nord-Africains sont plus susceptibles de vivre dans un HLM lorsque la proportion de natifs est importante dans la ville. Il est intéressant de noter que cette caractéristique est observée pour tous les groupes de migrants. Par conséquent, les migrants ont tendance à vivre dans des HLM lorsque de nombreux autochtones vivent dans la ville. »
Pour conclure sur cette troisième étude, le choix du logement et la condition économique et sociale influent sur le positionnement des immigrants sur le territoire. On constate aussi qu’il n’y a toujours pas de volonté initiale, de rejoindre la même communauté ethnique. Mais nous pouvons dire que cela reste encore conditionné par les prix du logement. Ce sont dans les zones où se sont déjà installés d’autres immigrants, que les nouveaux de même nationalité s'installent, en raison des prix du logement. Le phénomène de persistance semble donc arriver après un tel phénomène. La concentration intra ethnique est donc une conséquence et non un choix, conséquence qui reste positive pour les immigrants pour des raisons énoncées, et qui s’ancre sur le comportement futur et sur la mobilité de ces mêmes immigrants. En quelque sorte, une boucle sans fin se créer : les zones avec de forte population d’immigrants, déjà dans des HLM, attirent, en raison des logements abordables, les nouveaux immigrés, même si ceux-ci ne souhaitent pas forcément s’installer dans des zones avec les mêmes nationalités qu’eux. C’est donc un choix d’installation contraint par une condition économique précaire, dépendamment de l’origine (ce phénomène est surtout présent pour les nationalités énoncées).
Finissons sur ce sujet avec deux dernières études sur les déplacements post-installation des immigrants et des natifs afin de voir s’il existe des différences de comportement. Nous pouvons aussi nous demander si les groupes communautaires évoluent dans le temps. Nous allons les voir brièvement, nous contentant que des conclusions et des discussions apportées.
Cette étude mesure les effets de la composition ethnique locale sur la mobilité géographique des natifs et des immigrés en France. Elle trouve que la mobilité des populations natives française n’est pas corrélée à s’il y a plus d’immigrés dans leur zone d’habitation. Et « inversement, la mobilité des immigrés (ou plus précisément leur immobilité) est fortement associée à la présence de coethnies dans leur lieu de résidence. » (Conversely, immigrants’ mobility (or more precisely their immobility) is highly associated with the presence of co-ethnics in their residential location.)
Comment expliquer ce résultat d’aucune fuite des populations natives lorsqu’elles sont dans des quartiers immigrés, malgré la montée de l’extrême droite à partir des années 80 et du « climat mondial couvert par nos données [qui] a vu s'exacerber l'intolérance à l'égard des populations minoritaires » ?
Les auteurs parlent d’un « seuil de basculement » (tipping-point threshold) qui n’a pas été franchi en raison du fait qu’il n’y a que quelques communes avec un fort taux de population immigrée. D’autres explications viennent aussi du fait du manque de données car dans les natifs sont compris les descendants d’immigrants. Nous verrons cette question dans la seconde étude qui vient.
Cette étude retrouve le phénomène de concentration, ou de regroupement éthnique, maintes fois abordé. Ils trouvent aussi que plus la concentration est forte, plus cela influe négativement sur les probabilités de déménager pour un immigré : « Certains diront que cette constatation est liée à la rétention ethnique croissante des immigrés et à leur volonté de se séparer de la société dominante. Là encore, cela contredit les conclusions empiriques sur le caractère souhaitable de l'intégration au sein de la population immigrée et leur assimilation culturelle relativement rapide (Safi 2008). » (les autres études citées confirment toutes cela).
De nouveau l’étude rappelle qu’il y a des phénomènes d’«autoségrégation» en réponse à contexte d’hostilité et de discrimination généralisé (Portes, 1998). « L'étude comparative de Glikman et Semyonov (2012) montre, par exemple, que bien que les préférences pour les voisins ethniques expliquent une part considérable de la concentration des Asiatiques dans les villes européennes, la discrimination perçue est un facteur plus influent qui sous-tend la ségrégation des immigrés musulmans et africains. ». « Musterd et Vos (2007) ont également trouvé très peu de preuves que les groupes d'immigrés eux-mêmes renforcent consciemment l'identité ethnique de leurs zones résidentielles. »
« D'autres explications du modèle de regroupement ethnique que nous observons peuvent s'appuyer sur les structures de plus en plus ethnicisées du marché du logement français. La période d'observation de nos données correspond à des changements importants dans l'occupation du secteur du logement public par les immigrés. Initialement inaccessibles, les familles immigrées n'ont commencé à accéder au parc de logements publics en grand nombre qu'à partir des années 1980. Ces familles, qui remplacent de plus en plus les travailleurs invités masculins, n'avaient souvent pas d'autres options de logement. La proportion de natifs vivant dans des logements publics est restée stable sur la période (environ 14 %), mais la proportion d'immigrés est passée de 24 % en 1982 à 33 % en 1999 (Verdugo 2011). L'augmentation a été la plus notable pour les Africains subsahariens (25 % en 1982 contre 42 % en 1999) (Fougère et al. 2013). La ségrégation des immigrés non européens dans les logements sociaux a augmenté à tel point que ce n'est que dans ces quartiers que l'on trouve beaucoup plus d'immigrés que de natifs (Barou 2002).
Certaines études qualitatives suggèrent que les agences de logement subventionné pratiquent le profilage ethnoracial des locataires, ce qui peut expliquer en partie le modèle croissant de ségrégation ethnique au sein des logements publics (Tissot 2005). L'affectation ethnoraciale dans les logements sociaux peut interagir avec les contraintes socio-économiques spécifiques auxquelles sont confrontées les familles immigrées. Les natifs de la classe moyenne peuvent être en mesure de rejeter la première offre de logement (en partie motivée par la composition ethnique d'un lieu), mais les familles immigrées sont plus susceptibles d'être désespérément à la recherche d'un endroit où vivre, et donc enclines à accepter la première offre, même si elle se trouve dans le quartier le moins désirable. »
Par la suite, l’étude rappelle qu’il y a en plus de cela de fortes discriminations sur le marché du logement privé, déjà énoncés, une large littérature scientifique fait consensus sur cette question. Les auteurs affirment aussi que le regroupement familial est aussi conditionné par le logement.
McAvay, H. The ethnoracial context of residential mobility in France: Neighbourhood out-migration and relocation. Popul Space Place. 2018; 24:e2138. https://doi.org/10.1002/psp.2138
Cette étude bien plus récente se base aussi sur des données plus récentes et sur une plus longue durée (1990-2013). Elle cherche à la fois à étudier la mobilité des immigrés de première et seconde génération, mais aussi celle des natifs présents dans les zones à forte concentration de populations immigrées.
De nouveau l’étude constate un effet négatif sur la mobilité des immigrés dans un contexte de concentration ethnoraciale fort. Là où cette étude apporte du nouveau est sûr le fait qu’elle trouve que « majorité française est plus susceptible de quitter les quartiers à forte proportion d'immigrés [...] Bien qu'aucun modèle clair n'ait été trouvé en termes de profession, le fait d'avoir des enfants augmente la probabilité pour la majorité française de quitter les quartiers immigrés. ». Cet élément là est des plus important, nous allons le voir.
Sur la seconde génération d'immigrés, « il n'a pas été démontré que le regroupement ethnique était considérablement plus faible pour la deuxième génération. Cependant, contrairement aux immigrants, l'effet de la composition ethnoraciale sur le déménagement ne se vérifie pas dans le modèle à effets fixes individuels, ce qui suggère que le regroupement ethnique au sein de la deuxième génération pourrait s'expliquer par des facteurs omis, révélant peut-être des mécanismes liés à la classe sociale, au capital culturel ou aux origines mixtes (avoir un parent français natif du pays) qui favorisent la mobilité. ». Les immigrants de seconde génération ont en effet plus de chance de déménager sur de plus grandes distances. « Des recherches antérieures menées en France ont montré, par exemple, le rôle décisif de l'origine mixte dans les résultats de la deuxième génération (Beauchemin, Hamel et Simon, 2010), ce qui n'est pas pris en compte dans ces données. ».
L’étude rappelle de nouveau les origines les plus probables d’une concentration ethnoraciale : « Pourtant, bien que les choix de localisation puissent refléter la fermeture du groupe, ils sont également fondés sur des processus structurels liés aux réseaux et aux économies ethniques qui peuvent aider les immigrés à connaître la mobilité sociale (Logan et al., 2002 ; Zhou, 1992). De telles preuves ont été trouvées chez certains immigrés en France (Toma, 2016). La littérature passée souligne également que les préférences pour les quartiers ethniques peuvent être une réaction à la discrimination et au sentiment anti-immigrés dans la société d'accueil. Il pourrait s'agir d'une explication plausible en Europe, où les preuves de racisme et d'hostilité à l'égard des immigrés sont de plus en plus étayées par des données d'enquête (Mayer, Michelat, Tiberj, & Vitale, 2014 ; Semyonov, Raijman, & Gorodzeisky, 2006) et se reflètent dans l'élan de l'extrême-droite. ».
Ce sont des éléments déjà vus, qui se couplent aussi avec ceux qui suivent : « L'effet de regroupement ethnique peut également être interprété comme résultant de la segmentation ethnoraciale du marché du logement. Les immigrés postcoloniaux en France se sont logés principalement dans des cités de logements sociaux implantées dans les banlieues à proximité des sites industriels où des emplois étaient disponibles (Bernardot, 1999 ; Pinçon, 1981). Dans le sillage de la désindustrialisation et de la montée du chômage, ces quartiers de logements sociaux sont devenus synonymes de désavantage socio-économique et ont concentré de plus en plus d'immigrés pauvres. Cette configuration urbaine historique est renforcée par la discrimination actuelle dans les logements publics et privés. Des recherches qualitatives approfondies documentent aujourd'hui les pratiques d'exclusion et d'orientation raciale au sein des logements publics qui orientent les non-Européens vers les parties les plus défavorisées du secteur (Bourgeois, 2013 ; Sala Pala, 2005 ; Simon, Kirszbaum, Chafi, & Tissot, 2001). Les études d'audit montrent en outre que la discrimination sur le marché du logement privé est particulièrement aiguë à l'égard des Africains (Bonnet, Lalé, Safi et Wasmer, 2016 ; Bunel et al., 2017 ; HALDE, 2006), résultats corroborés par les déclarations de discrimination (Pan Ké Shon et Scodellaro, 2011 ; Safi et Simon, 2013). »
L’étude émet des doutes sur le fait que les français natifs quitteraient les zones avec des populations immigrés en raison des populations immigrés elles-mêmes : « La majorité peut être plus susceptible de quitter ces quartiers non pas spécifiquement en raison de leur composition immigrée, mais plutôt en raison d'autres attributs des espaces dans lesquels les immigrés sont concentrés. En outre, la plus grande tendance des membres de la majorité française ayant des enfants à quitter les zones d'immigration suggère que les stratégies scolaires peuvent influencer le choix résidentiel. Ce résultat est conforme aux recherches ethnographiques menées en France sur les stratégies scolaires mises en œuvre par les familles de la classe moyenne qui cherchent à éviter les zones d'immigration où la qualité de l'enseignement est perçue comme inférieure (Oberti, 2007 ; Poupeau & François, 2008 ; Van Zanten, 2001).»
Le choix de la localisation des populations immigrées dépend avant tout d’une condition économique. C’est en effet le logement qui joue un rôle important dans le choix du lieu de l’installation d’une population immigrée, quand bien même celle-ci ait une volonté d’assimilation ou de mixité sociale avec les natifs. Ils se retrouvent contraints. Cela conduit à une concentration des populations par ethnie en communautés qui se soudent face au racisme et aux discriminations subies, renforçant ainsi l’immobilité des immigrants. La mobilité devient meilleure pour les descendants d'immigrants mais les facteurs sources n’ont pas été assez encore étudiés pour conclure précisément sur les tenants. Quant aux populations natives, il ne semble pas qu’elles fuient réellement les populations immigrées, mais plutôt qu’elles fuient les moins bons services d’éducation présents dans les quartiers plus pauvres.
Les discriminations ethnoraciales sur le marché logement bloquent et empêchent la mobilité des populations immigré majoritairement Africaine. Mobilité qui a eu lieu dans le passé pour les immigrés du Sud de l’Europe, mais pas forcément pour les autres. Le faible capital économique des immigrés venant d’Afrique impose le choix des logements plus accessibles, présents dans les quartiers où sont déjà présents d’autres immigrés.
En conséquence, racisme systémique et inégalités sociales bloquent tout processus d’intégration d’une certaine partie des populations immigrés, alors même que celles-ci démontrent de cette volonté là.
Malgré tout cela, et paradoxalement, les logements ont été mis sur le devant de la scène en termes de politique, par la politique de la ville.
Ces résultats sont confirmés par la récente étude de l’INED à partir des résultats de l’enquête Trajectoire et Origine 2 (TeO2) : https://www.ined.fr/fr/publications/editions/document-travail/ou-se-logent-les-inegalites-de-logement-liees-a-origine/
« En France, la crise du logement se traduit par l’augmentation des prix de l’immobilier dans les grandes agglomérations. Dans ce contexte, les populations les plus précaires ou qui présentent les caractéristiques du « mauvais locataire » (faibles revenus, origines étrangères, absence de soutien familial) (Bonnet et al., 2011) peinent à accéder à un logement satisfaisant. Les difficultés spécifiques de la population immigrée sur le marché immobilier sont connues(Simon, 1995 ; Beaufils, 2009). En plus d’être exposée aux discriminations (Pan Ké Shon,Scodellaro, 2016), celle-ci est souvent moins qualifiée que la population majoritaire et dispose de plus faibles revenus. De surcroît, la taille des ménages immigrés, plus élevée, augmente encore les difficultés de logement, de même que la forte proportion de familles monoparentales chez certains groupes. De plus, les jeunes faisant partie des premières victimes de la crise du logement (Bugeja, 2013), les enfants d’immigrés - en moyenne moins âgés que le reste de la population - peuvent subir un surcroît de pénalités. »
L’étude mène une analyse multidimensionnelle des inégalités de logement en fonction de l’origine ethnique, en considérant les origines de la position résidentielle, qui résultent de trois éléments (Grafmeyer, 2010) : la localisation du logement, ses caractéristiques matérielles (taille, nombre de pièces, structure du bâti, niveau de confort…) et le statut d’occupation (propriété, location, logement à titre gratuit…).
L’étude met en avant que les populations immigrées ont bien plus été touchées par la crise du logement en raison de leur lieu de résidence : la sélection du marché immobilier est la plus intense.

Et cette tension dépend aussi de l’origine : « Des différences plus fines sont observables selon l’origine détaillée des populations : 61 % des immigrés d’Asie, 49 % des immigrés du Maghreb et 59 % des immigrés d’Afrique subsaharienne vivent en zone A ou Abis (voir graphique 1). On retrouve de tels écarts entre les descendants d’immigrés de ces origines et la population majoritaire : 60 % des descendants d’immigrés d’Afrique subsaharienne, 51 % des descendants d’immigrés du Maghreb et 60 % des descendants d’immigrés d’Asie vivent en zone A ou A-bis. Si les immigrés en provenance d’Europe sont moins présents en zones tendues, il reste que, d’une façon générale, les populations issues de l’immigration sont surexposées à la crise du logement en raison de leur lieu de résidence. »
Aussi les discriminations sont-elles aussi très présentes : « Les populations immigrées, en particulier originaires du Maghreb ou de Turquie, sont donc confrontées à une sélectivité accrue par les bailleurs liée au contexte urbain mais aussi à leur origine, indépendamment de leurs caractéristiques individuelles. Une conséquence est qu’elles tendent à se replier sur les logements les plus abordables et à recourir au logement social. »
L’INED remet bien en
valeur la surreprésentation des populations issues de l’immigration dans le
parc locatif social en raison de l’inaccessibilité financière du parc privé et
des discriminations. Et de nouveau cela dépend de l’origine : 
« Les immigrés et les descendants d’immigrés sont, à l’inverse, surreprésentés dans le parc social. 34 % des immigrés et 23 % des descendants d’immigrés y sont logés, contre 10 % de la population majoritaire. Là encore, de fortes disparités sont observables selon l’origine : 46 % des immigrés du Maghreb et 50 % des immigrés d’Afrique subsaharienne vivent en HLM, alors que c’est le cas de seulement 11 % des immigrés d’Europe du Sud (graphique 3). Face à des ressources limitées et une exposition à la précarité sur le marché du travail, le logement social constitue une façon à la fois d’accéder à un logement de taille satisfaisante et de se sécuriser sur le plan résidentiel, le bail étant à durée illimitée. »
Cette surreprésentation s’explique par des caractéristiques socio-économiques, puisque les classes inférieures augmente la probabilité d’habiter dans un logement social (sans surprises). « En outre, les familles monoparentales ont une plus forte probabilité d’être logées dans ce parc et ceci semble particulièrement vrai dans le cas de celles issues de l’immigration. Plus de la moitié des immigrés en situation de monoparentalité, largement des femmes, sont ainsi logées dans le parc social alors que c’est seulement le quart des familles monoparentales de la population majoritaire. »
« Enfin, toutes choses égales par ailleurs, les immigrés ont une plus forte probabilité d’être logés dans le parc social que la population majoritaire, avec des différences selon le pays d’origine (voir graphique 4 et tableau 2 en annexe). » Montrant bien que les discriminations ont un rôle profond quand à la localisation des populations immigrées selon l’origine.

Au delà de simplement considérer les personnes logées dans un logement, l’INED considère aussi les demande de logement social, qui sont elles-mêmes surreprésentées : « Dans un contexte où les files d’attente pour les HLM ne cessent de s’allonger, il faut également prendre en compte les candidats inscrits sur ces listes. 40 % des immigrés ayant cherché à changer de logement ont déposé une demande de HLM, contre 16 % de la population majoritaire dans cette situation et 28 % des descendants d’immigrés. C’est le cas de 56 % des immigrés du Maghreb et de 53 % des immigrés d’Afrique subsaharienne. Au total, 40 % des immigrés sont soit déjà logés dans le parc social, soit en attente d’une proposition de logement. Ce taux s’élève à 27 % chez les descendants d’immigrés et à 14 % dans la population majoritaire »
L’INED pointe aussi
a mauvaise qualité des logements qui est inférieure à celle des natifs 
Nous notons aussi une suroccupation pour les populations originaires du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne.
Enfin, « Au-delà des inégalités en termes de statut d’occupation et de qualité des conditions de logement, des inégalités dans la localisation sont également observables selon l’origine. D’une façon générale, les populations issues de l’immigration ont tendance à souffrir d’une localisation dans les secteurs les plus disqualifiés et à habiter les quartiers cibles de la politique de la ville (QPV)15. 22 % des immigrés vivent en QPV, 10 % des descendants d’immigrés et seulement 3 % des enquêtés de la population majoritaire. Certains groupes sont particulièrement représentés en QPV : 31 % des immigrés du Maghreb et d’Afrique subsaharienne vivent dans ces quartiers. Ces taux diminuent pour les G2 (19 % des G2 du Maghreb vivent dans ces quartiers et 20 % des G2 d’Afrique subsaharienne). »
L’INED conclu ainsi « Dans ce contexte, le logement social joue un rôle d’amortisseur. Ce dernier est particulièrement mobilisé par les populations cumulant les handicaps sur le marché immobilier (origine immigrée, faibles revenus, monoparentalité). Cet habitat exerce un effet protecteur en offrant un loyer plus modéré que le parc locatif privé, mais il est aujourd’hui insuffisant pour compenser les inégalités résidentielles. D’autre part, les immigrés et leurs descendants occupent les fractions les moins attractives du parc. Un effort particulier pour améliorer les conditions d’habitat des populations les plus fragiles est donc essentiel pour la lutte contre les inégalités sociales liées à l’origine. Les inégalités de logement constituent en effet un élément clé pour appréhender la place des immigrés et de leurs descendants dans la société française, celles-ci étant productrices d’autres inégalités, notamment économiques et scolaires (Maurin, 2004). »
Nous avons
une réduction statistiquement significative des préjugés(attitudes négatives ou des prédispositions à adopter
un comportement négatif envers les membres d'un exogroupe) de 5%-16%(le
chiffre s'élève par rapport à la rigourosité de l'étude) après que les 2
groupes sont entrés en contact. En conclusion, nous pouvons réduire les
frictions entre 2 groupes (ethniques, culturelles etc..) en les mettant en
contact ensemble. De plus, on peut réduire les "préjugés" en
employant d’autres moyens de communications comme la littérature chez les
enfants etc..
Synthétisant les effets de 696 échantillons, la méta-analyse révèle qu'un plus
grand contact entre les groupes est généralement associé à des niveaux plus
faibles de préjugés (r=0,215(mettre le r au carré pour comprendre la
variance)). De plus, l'effet moyen augmente
fortement pour les expériences et autres études rigoureusement menées. En
outre, 94% des échantillons de notre analyse montrent une relation inverse
entre le contact intergroupe et les préjugés.

(PDF) A Meta-Analytic Test of Intergroup Contact Theory
L'estimation qui en résulte est de 0,39, avec un
intervalle de confiance à 95 % allant de 0,231 à 0,554. Cette estimation
groupée de l'effet du contact sur les préjugés suggère qu'en moyenne, le contact induit par ces expériences a réduit les
préjugés de plus d'un tiers de l'écart-type du groupe contrôle.
.
The contact hypothesis
re-evaluated
à voir
Has Intergroup Contact Delivered? | Annual Reviews

Exemple avec des résultats assez impressionnants :
Exemple n° 1 (ISRAEL !!!)
Programme d'échange
scolaire élargi (Berger, Benatov, Abu-Raiya & Tadmor, 2016). Cette étude a
été menée en 2016 en Israël afin de lutter contre les préjugés entre les
populations juives, palestiniennes et éthiopiennes d'Israël . L'étude a porté
sur des élèves de CE2 (n = 96) et de CM1 (n = 226) d'une école primaire.
L'intervention s'appuyait sur la théorie du contact : au cours de 12
sessions bimestrielles de 4 heures, les élèves devaient interagir les uns avec
les autres à travers des activités créatives, des activités de socialisation et
de cohésion d'équipe, ainsi que des activités de réflexion (par exemple, la
pleine conscience). Les élèves du groupe témoin ont bénéficié d’une
intervention SEL dans une classe non mixte. Les résultats ont montré des
effets importants sur l’ensemble des mesures de la disposition au contact
social envers l’autre : η² = 0,38 ; des sentiments négatifs envers l’autre : η²
= 0,48 ; des tendances discriminatoires envers l’autre : η² = 0,26 ;
stéréotypes négatifs envers l’autre : η² = 0,38 ; sentiments négatifs envers
les Éthiopiens : η² = 0,36 ; tendances discriminatoires envers les Éthiopiens :
η² = 0,17. Les effets de l'étude se sont maintenus 15 mois après
l'intervention, malgré un événement catastrophique majeur survenu entre Israël
et la Palestine au cours de cette période. Ces résultats longitudinaux,
obtenus à partir de diverses mesures des préjugés et des attitudes, confirment
non seulement l'efficacité de l'intervention, mais suggèrent également que ses
effets pourraient constituer un facteur de protection contre une nouvelle
détérioration des relations intergroupes entre les Juifs israéliens et les
Palestiniens, résultant du conflit en cours dans cette région.

Exemple n° 2
Projet « Enacting Cultural Interests » (Brannon & Walton, 2013). Cette
étude a été menée en 2013 aux États-Unis afin de lutter contre les préjugés à
l’encontre des Latino-Américains. Elle a porté sur un échantillon de n = 58
étudiants de premier cycle dans une université. L’intervention s’appuyait sur
la théorie du contact : des étudiants non latino-américains ont été jumelés
avec des complices latino-américains, qui se faisaient passer pour d’autres
participants. Dans toutes les conditions, les complices exprimaient les mêmes
types d’intérêts ; mais ce qui était manipulé, c’était le fait qu’un intérêt
correspondait (intervention) ou non (contrôle) à l’un des intérêts du
participant. Un deuxième groupe témoin a associé les participants à des
complices portugais. Les intérêts communs ont créé des liens sociaux. Les
participants ont manifesté moins de préjugés anti-latino-américains dans la
condition « lien social/mexicain » que dans la condition « lien
social/portugais » (avec un effet modéré, d = 0,56), ou dans la condition «
absence de lien social/mexicain » (avec un effet important, d = 0,75). Les
attitudes intergroupes positives ont été mesurées six mois plus tard.
Exemple n° 3
Fictions narratives (Johnson et al. 2013). Cette étude a été menée en 2013 aux
États-Unis afin de lutter contre les préjugés à l'encontre des musulmans
arabes. Elle a porté sur un échantillon de n = 89 étudiants de premier cycle
dans une université. L'intervention était basée sur la prise de perspective :
les participants du groupe expérimental devaient lire un récit complet
comprenant des exemples contredisant les stéréotypes et une immersion dans la
culture musulmane à travers un extrait de 491 mots tiré du roman de Shaila
Abdullah, Saffron Dreams (2009, p. 57–64), dans lequel une protagoniste
musulmane fait preuve de courage face à l'adversité. Un monologue intérieur
significatif met en avant la force de caractère de l’héroïne tout en offrant
une exposition à la culture musulmane, le récit se terminant par une scène où
elle joue avec son enfant dans un parc. Les participants des groupes témoins
ont reçu soit un résumé d’une page du récit, dépourvu de la richesse des
détails, soit un bref historique de l’automobile. La fiction narrative permet de
s’engager dans une forme de prise de perspective. Les participants ayant lu le
récit complet ont fait état d’un biais implicite significativement plus faible
que ceux des groupes ayant lu le résumé et du groupe témoin, η² = 0,092, ce qui
indique un effet modéré/moyen à important. Les participants ayant lu le récit
complet ont fait état d’attitudes raciales explicites significativement plus
faibles que celles du groupe témoin, mais pas que celles du groupe ayant lu le
résumé, avec une ampleur d’effet moyenne de η² = 0,076. Ces résultats indiquent
que la lecture de fiction narrative peut réduire à la fois les préjugés
implicites et explicites.
Following the science to understand how to reduce
prejudice and its harmful consequences: A guide for evaluators and program
planners - ScienceDirect

(à titre de précision)
On peut convertir avec approximation un η² en dcohen avec la formule suivante :

donc :

Avec un coefficient d de Cohen de
1,57, 94,2 % des membres du groupe « expérimental » se situeront au-dessus de
la moyenne du groupe « témoin » (U3 de Cohen), 43,2 % des deux groupes se
chevaucheront, et il y a 86,7 % de chances qu'une personne choisie au hasard
dans le groupe « traitement » obtienne un score plus élevé qu'une personne
choisie au hasard dans le groupe « témoin » (probabilité de supériorité). De
plus, pour obtenir un résultat favorable supplémentaire dans le groupe «
traitement » par rapport au groupe « témoin », il faut traiter en moyenne 1,8
personne. Cela signifie que s’il y a 100 personnes dans chaque groupe, et en
supposant que 20 personnes obtiennent des résultats favorables dans le groupe «
témoin », alors 20 + 56,7 personnes dans le groupe « traitement » obtiendront
des résultats favorables.1
2. attends, mais est-ce vraiment le cas pour commencer
?
La recherche n’est pas
biaisée, il
suffit de voir l’introduction des études pour voir que
des chercheurs tels que Easterly et al. (2006: 105), Bardhan, 2005; Putnam,
1993). etc… tendent à soutenir l'hypothèse selon laquelle la diversité ethnique
entraîne des effets négatifs(diminution de la confiance sociale,
augmentation de la criminalité). Néanmoins, nous verrons que leur
recherche n’ont pas pris en compte certains facteurs de confusion que nous
allons mettre au clair
La droite devrait vraiment apprendre à faire ses
recherches et à ne pas se réfugier derrière l’argument selon laquelle toute la
science est contre elle
Cet article montre que les pays ayant une
justice économique et des politiques multiculturalistes ne voient pas leur
capital social(confiance entre les membres, participation politique etc..)
diminuait, au contraire. Cela montre que l’immigration n’est pas
mauvaise en soi, c’est une question de politique institutionnelle qui détermine
si les effets de l’immigration seront négatifs ou non.
Dominance ethnique
Cette littérature néglige les cas où l'hétérogénéité ethnique est structurée de manière hiérarchique. Les différences de pouvoir et de statut entre les groupes ethniques, ou la dominance ethnique, peuvent jouer un rôle important dans la détermination des résultats de la coopération. Nous testons cette hypothèse en utilisant des expériences de biens publics avec des groupes de castes en Inde dans lesquelles nous manipulons la composition des castes des groupes expérimentaux. Des estimations prudentes montrent que la dominance ethnique entre les castes de haut et de bas rang a un effet négatif beaucoup plus important sur les contributions dans l'expérience de biens publics que la diversité des castes. Nous soutenons que les interactions de dominance ethnique telles que la discrimination ethnique constituent un type de punition antisociale entre les groupes.
Sur le lien entre diversité ethnique et criminalité
S'appuyant sur des données provenant de 78 pays, notre étude aborde la nature endogène de l'association entre diversité ethnique et criminalité. Nos résultats empiriques montrent, de manière plutôt inattendue et contre-intuitive, que des niveaux plus élevés de diversité ethnique et linguistique ont tendance à contribuer à la réduction des taux de criminalité et, par conséquent, à entraîner une baisse des taux de poursuites et de condamnations.
(PDF) Crime and Ethnic Diversity: Cross-Country Evidence
En utilisant les données sur les taux d'homicides mondiaux de la période 1995-2013 pour plus de 140 pays, nous constatons que l'hétérogénéité ethnique est associée aux taux d'homicides dans une relation en forme de U inversé. Les mesures de la polarisation ethnique confirment directement ces résultats. Les résultats suggèrent que la polarisation ethnique et la dominance ethnique plutôt que la diversité sont ce qui importe pour la sécurité personnelle mesurée par les taux d'homicide.
nous ne sommes pas un pays
multiculturel en terme de politique institutionnelle
En termes de
politiques concrètes, le multiculturalisme des immigrants prend diverses
formes. Banting et al. ~2006, pp. 56-57 ! énumèrent huit types de politiques
[...]. Selon ces mesures, le Canada et l'Australie
se classent comme les deux seuls États multiculturels "forts" ; les
États-Unis se classent comme un État multiculturel "modéré", avec des
pays comme les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni ; tandis que la France se
situe parmi les États multiculturels "faibles", aux côtés de
l'Allemagne, du Japon, de la Norvège et d'un certain nombre d'autres pays.
Une mesure alternative de Koopmans et al. ~2005, pp. 51-71 ! examine cinq
indicateurs : les exigences culturelles pour la naturalisation ; les droits
religieux en dehors des institutions publiques, en particulier pour l'Islam ;
les droits culturels au sein des institutions ; les institutions de
représentation politique ; et l'action positive. Sur les cinq pays européens
qu'ils considèrent, les Pays-Bas se classent comme le pays le plus
multiculturel ; la Grande-Bretagne, et peut-être l'Allemagne après 2000, se
situent au milieu ; et la France et la Suisse sont les moins multiculturels.
UNITY IN DIVERSITY? | Du Bois Review: Social Science Research on Race | Cambridge Core
performance économique, risque de guerre civile et sécurité(et
dominance ethnique)
Les probabilités d’une guerre civile ne sont pas influencés par la diversité
ethnique mais par la domination ethnique et donc, dans les sociétés homogènes

Implications of Ethnic Diversity
La distribution
du pouvoir entre les ethnies(domination) et l’exclusion des minorités sont
impliquées dans la répression violente. Tandis que la composition ethnique
seule ne l’est pas.
Maintaining
ethnic dominance: Diversity, power, and violent repression
Contre argument
Les recherches universitaires dans ce domaine sont limitées, mais une étude récente de Banting et de ses collègues révèle que " les pays dotés de solides politiques multiculturalistes ont connu la plus forte hausse des dépenses sociales et le plus grand renforcement de leur effort de redistribution "(Banting et al., 2006, p. 66) Leur recherche suggère que des changements significatifs dans la proportion d'immigrants dans un pays - plutôt que le nombre absolu - pourraient ralentir la croissance des dépenses sociales
UNITY IN DIVERSITY? |
Du Bois Review: Social Science Research on Race | Cambridge Core
L’assimilation venant du haut ne semble pas marcher
:
Les lois
contre le langage allemands à l'école aux USA ont ralenti l'intégration des
populations allemandes
https://www.cato.org/blog/government-immigrant-assimilation-programs-can-backfire-case-german-americans
Le régime
autoritaire chinois n’a pas réussi à provoquer un plus fort sentiment
d’appartenance à la nation en changeant ses programmes éducatifs:
https://www.journals.uchicago.edu/doi/abs/10.1086/690951
Comment les immigrés s'intègrent (éducation et connaissance de
la langue française, la durée du séjour) via le fait que nous sommes influencés
inconsciemment ou non pas la culture et les normes sociales dominantes(pub,
socialisation secondaire et travail etc..) et aussi par contrainte(+ une
opinion perso, je dois rajouter plus d’etudes) :
https://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-1-2006-1-page-3.htm
En général, la diversité réduit légèrement la confiance. Cependant, elle n’est impliqué dans
cette variation négative de manière modeste
Ethnic Diversity and
Social Trust: A Narrative and Meta-Analytical Review

Bonus: La recherche européenne réfute tout lien entre
immigration et accroissement de la criminalité | News | CORDIS | European
Commission
(ou
est la source du rapport??) je sais pas ;(
L’équipe du FMI applique ensuite ces facteurs de migration à la matrice des diasporas croisée avec les projections de l’ONU. Il en ressort que les immigrés subsahariens installés dans les pays de l’OCDE pourraient représenter en 2050 non plus 0,4 % de la population mais 2,4 %. C’est une hausse importante. Mais 2,4 %, cela ne permet en aucun cas de parler d’« invasion », même en ajoutant la seconde génération.
L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes

Note : projections sous l’hypothèse de taux de migration
constants et compte tenu des projections démographiques de l’ONU. Les taux
inférieurs à 0,5 % sont omis ; les couleurs marquent les seuils de 5 % et 10 %.
(n'oubliez
pas d’additionner afrique du nord/subsaharienne dans le tableau, ce qui donne
8.2% en france d’ici 2050)

Europe’s Growing Muslim
Population
En outre,et actuellement, 70 % des migrants subsahariens s’installent dans un
autre pays africain, 25% se répartissent entre le Golfe et l'Amérique du nord,
et 15% seulement viennent en Europe
La propension à immigrer est déterminé par les revenus dans une fonction en U
inversée, ce sont donc les personnes entre la classe pauvre et la classe
moyenne qui ont tendance à immigré
Many more to come? Migration from and within Africa | EU
Science Hub
Cela renvoie à un deuxième mythe migratoire populaire, à savoir que la pauvreté et la misère sont les causes profondes de la migration de main-d'œuvre. Bien que la migration émane évidemment du désir d'améliorer ses moyens de subsistance, ce sont rarement les plus pauvres qui migrent (cf. Skeldon, 1997). La migration implique des coûts et des risques considérables et, outre les connaissances et les réseaux sociaux, elle requiert également les aspirations nécessaires. Cela explique le paradoxe selon lequel le développement socio-économique, sous la forme d'une augmentation des revenus, des niveaux d'éducation et de l'accès à l'information, tend à être associé initialement à une augmentation de la migration. Plutôt que la pauvreté absolue, un certain niveau de développement socio-économique, associé à une privation relative sous la forme d'une inégalité globale des chances de développement, semble être la cause la plus importante de la migration
La croissance, le développement et les différentiels décroissants avec les pays de destination ont plutôt tendance à avoir un effet sur l'émigration sous la forme d'une courbe en J ou en U inversé, augmentant fortement dans les phases initiales du développement et ne diminuant que progressivement par la suite. Ce phénomène a été décrit dans la littérature comme la "bosse migratoire" (Martin & Taylor, 1996 ; cf. Massey, 1991 ; Olesen, 2002).
Le troisième mythe est que les politiques de développement, l'aide au
développement et la libéralisation du commerce sont un "remède"
efficace contre la migration. Les défenseurs de l'aide au développement et de
la libéralisation du commerce qui utilisent cet argument ignorent l'intuition
théorique selon laquelle le développement tend initialement à stimuler la
migration. Le développement social et économique permet à davantage de
personnes de migrer et tend à accroître leurs aspirations. Plusieurs études suggèrent
que la croissance économique liée à la libéralisation du commerce (ALENA,
accords d'association de l'UE avec l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient)
entraîne une augmentation plutôt qu'une diminution de la migration à court et
moyen terme (Faini & Venturini, 1994 ; Schiff, 1994 ; Martin & Taylor,
1996 ; Massey, 1991). L'implication semble être que même les tentatives
réussies de lutte contre la pauvreté dans les pays à faible revenu, par exemple
en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, sont susceptibles d'entraîner une
augmentation temporaire de la propension à migrer. Par conséquent, les
politiques d'aide et de commerce "stay at home " semblent être
"bonnes pour les mauvaises raisons". En outre, la libéralisation du
commerce et la migration peuvent devenir complémentaires à long terme si les
barrières commerciales non tarifaires, les subventions, les avantages
technologiques et les économies d'échelle du Nord nuisent à la compétitivité du
Sud, même dans la production de biens à forte intensité de main-d'œuvre,
entraînant ainsi le déplacement des activités économiques vers le Nord, ainsi
qu'une augmentation de l'immigration pour les soutenir (Martin, 2003)
Sur la fuite des cerveaux
Premièrement, tous les migrants ne sont pas hautement qualifiés. Deuxièmement,
la fuite des cerveaux ne semble être véritablement massive que dans une
minorité de pays. Dans une évaluation quantitative de la fuite des cerveaux,
Adams (2003) a conclu que la migration internationale n'a pas tendance à
prendre une proportion très élevée des personnes les plus instruites. Dans deux
tiers des 33 grands pays exportateurs de main-d'œuvre qu'il a étudiés, moins de
10 % de la population la plus instruite avait migré. L'émigration des migrants
très instruits ne semble être véritablement nuisible que dans un nombre limité
de pays. Néanmoins, il reste difficile de généraliser les effets économiques,
sociaux et culturels précis de l'émigration de personnes qualifiées et
instruites. En outre, il faut reconnaître que les résultats d'une telle analyse
ont tendance à être chargés de valeur et dépendent en partie du niveau (par
exemple, individuel ou national) auquel le "développement" ou le
"progrès" est mesuré. Troisièmement, une fuite des cerveaux peut
s'accompagner d'un gain significatif de cerveaux (Lowell & Findlay, 2002 ;
Stark et al, 1997). À moyen et long terme, en particulier, le départ des
personnes hautement qualifiées peut avoir des effets bénéfiques sous la forme
d'un flux inverse de transferts de fonds, d'investissements, de relations
commerciales, de nouvelles connaissances, d'innovations, d'attitudes et
d'informations. En outre, certains éléments indiquent que la perspective d'un
déménagement à l'étranger stimule l'incitation à étudier chez les personnes qui
restent. Quatrièmement, la main-d'œuvre tend à être beaucoup plus productive
dans les pays riches et industrialisés. Dans un nombre croissant de pays en
développement, le chômage de masse touche les personnes les plus instruites.
Dans ces cas, les gains individuels et collectifs semblent l'emporter sur les
coûts de la migration.
Sur le transfert de fond
Des travaux empiriques plus récents menés en Amérique latine, en particulier,
mais aussi dans des pays d'Asie et d'Afrique, donnent fortement à penser que
les transferts de fonds permettent potentiellement aux migrants et aux membres
de leur famille d'investir dans l'agriculture et d'autres entreprises privées.
Les ménages de migrants internationaux ont souvent tendance à avoir une plus
grande propension à investir que les ménages non-migrants. Plusieurs études ont
montré que la migration n'entraîne pas nécessairement une dépendance passive à
l'égard des transferts de fonds, mais peut également conduire à une
augmentation des activités économiques et de la richesse (par exemple Taylor et
al, 1996a ; 1996b ; De Haas, 2003).
En outre, la consommation et les investissements "non productifs"
souvent minimisés dans le logement, les petites entreprises et l'éducation
peuvent avoir des effets multiplicateurs positifs et accroître l'activité
économique locale, grâce à laquelle les bénéfices des transferts de fonds
profitent également aux ménages non migrants (Adams, 1991 ; Taylor, 1999 ; pour
des examens approfondis, voir Taylor et al, 1996a ; 1996b). Les transferts de
fonds peuvent donc entraîner une augmentation de la prospérité générale des
régions d'origine des migrants à long terme. Il existe également des preuves
que la migration n'entraîne pas nécessairement une augmentation de l'inégalité
des revenus. En fait, l'effet de la migration sur le développement dépend
essentiellement de la sélectivité de la migration et de l'échelle géographique
et temporelle de l'analyse (cf. Adams, 1991 ; Jones, 1998b). Bien qu'il faille
souligner que l'impact de la migration tend à être fortement différencié dans
l'espace et dans le temps, il semble désormais évident que l'image persistante
des régions d'origine des migrants dépendant passivement des transferts de
fonds doit être réajustée. Toutefois, il est tout aussi important de
reconnaître que la migration ne conduit pas automatiquement à un développement
accru. Les migrations et les transferts de fonds peuvent potentiellement
contribuer au développement, mais les circonstances politiques, économiques et
sociales spécifiques des pays d'origine et d'accueil déterminent la mesure dans
laquelle ce potentiel est exploité.
https://www.jstor.org/stable/pdf/4017714.pdf?refreqid=excelsior%3A6737b1dde32ffbd282d063bd8994dcea
L’impact des immigrés
sur les finances publiques est négatif mais n’est cependant pas significatif.
En outre, les immigrés consomment, cotisent et sont des contribuables en payant
notamment la TVA et certains autres impôts. Au fil des années entre 1979 et
2011, il se situerait entre -0,5 % et +0,05 % du PIB. Avec un pic de l’impact
négatif lors de la crise de 2008.
Les sources discutent aussi de manière critique les études qui tendent à
montrer que leur impact serait négatif. En effet, ils ont tendance à considérer
les enfants immigrés de moins de 16 comme immigrés et les rattachent à la
population française après 16 ans, alors que ces enfants sont français dès leur
naissance car nés en France.
Protection sociale et
immigration: les chiffres contre les clichés
OCDE (2013), « L'impact
fiscal de l'immigration dans les pays de l'OCDE


L'impact
budgétaire de 30 ans d'immigration en France : (I) une approche comptable
le FMI (2016) note que toute augmentation de la part des immigrés dans la
population totale de 1 % fera augmenter le PIB de 2 % sur le long terme, mais
seulement si ces immigrés reçoivent un accueil et des outils nécessaires pour
s’établir et être acceptés.
Ce n’est evidemment pas le cas aujourd’hui du à la mauvaise integration.

ne sont pas favorisés
https://www.equalityhumanrights.com/sites/default/files/4_social_housing_allocation_and_immigrant_communities.pdf
intégration économique :
Selon le scénario de la politique d'intégration et la méthode de financement de
la politique, l'effet annuel à long terme sur le PIB serait supérieur de 0,2 %
à 1,4 % à la croissance de référence, et le remboursement intégral de
l'investissement dans la politique d'intégration (valeur actuelle nette
positive) serait atteint après 9 à 19 ans.
https://ec.europa.eu/futurium/sites/futurium/files/jrc107441_wp_kancs_and_lecca_2017_4.pdf
(ressource sur l’immigration par encore classée)
https://ideas.repec.org/p/luc/wpaper/20-08.html
https://www.nature.com/articles/d41586-018-05507-0

« À ce
titre, la doctrine française de délivrance systématique d'obligations de
quitter le territoire français (0QTF) pour toute personne en situation
irrégulière, sans préjuger des perspectives réelles d'éloignement, est
conforme au droit de l'Union européenne, même si elle diverge des pratiques de
nos voisins. Cette systématisation des OQTF est aussi devenue un enjeu de la
communication administrative.
Pourtant, cette pratique engorge les
préfectures et les juridictions, qui ne peuvent plus faire d’analyse
qualitative de la situation de chaque demandeur et délivrent parfois des OQTF à
des personnes insérées dans la société. Elle conduit également à délivrer des
OQTF à l’encontre de ressortissants de nationalités qui ne peuvent pas être
éloignées, car originaires de pays en guerre (par exemple, la Syrie ou
l’Afghanistan) ou ne disposant pas de relations diplomatiques avec la France.
Ceci nuit au caractère dissuasif de la mesure d’éloignement et semble attester
l’idée, aux yeux du grand public, d’une politique publique inefficace car seul
un dixième des OQTF est exécuté chaque année. »

La politique de lutte contre l'immigration irrégulière | Cour des comptes
En somme, il apparaît aux yeux de l’opinion publique que les OQTF ne comportent pas une efficacité réelle. Or, ce processus de systématisation est un non-sens et fait fi de toute décision judiciaire adaptée au cas concret de l’individu. De facto, certain·e·s peuvent travailler par exemple, et malgré tout se retrouver sous OQTF. Quand on dit « nous exécutons pas assez d’OQTF, il faudrait tous les exécuter », cela relève d’un propos complètement irrationnel. Car non seulement logistiquement cela comporte de réelles difficultées, et sur les moyens économiques et humains à employer, cela serait d’un coût gigantesque pour des effets moindres… De sorte que quand la droite reproche et dit « cette personne, si l’OQTF avait bien été exécuté, n’aurait pas commis tel ou tel acte délictuel », son propos n’a strictement aucun sens puisqu’il est impossible que toutes les OQTF soient exécutées.
Enfin, interrogeons la pertinence et la logique même de cette procédure : l’OQTF est une mesure punitive qui se situe au niveau de l’origine de la personne ; si elle est étrangère, alors elle peut être exclue. Or, nous avons vu que ce n’était pas le fait d’être immigrant·e qui cause ni la criminalité ni la délinquance. De facto, une mesure qui se situe à cette échelle ne peut être qu’inefficace. Cette mesure est donc profondément xénophobe puisque la punition s’effectue sur quelque chose qui n’a strictement rien à voir avec la criminalité. En termes même de prévention, cela n’a aussi aucune utilité.
Les réfugié.es et les immigré.es devraient être accepté.es
● L'acceptation des réfugié.es en Europe est idéale, car elle aide les réfugié.es et il n'a pas été démontré qu'elle entraîne nécessairement une augmentation du niveau de criminalité, même en tenant compte d'autres facteurs, et surtout pas du niveau de victimisation des autochtones, quel que soit le type de criminalité.
● Les immigré.es ne sont pas nécessairement à l'origine d'une plus grande criminalité, iels en sont parfois à l'origine d'une moindre criminalité et ne sont pas à l'origine d'une plus grande criminalité en raison de leur origine.
Les délais d'attente pour les demandes de citoyenneté devraient être simplifiés autant que possible.
● Il a été démontré que lorsque les listes d'attente sont raccourcies, les réfugiés commettent encore moins de crimes en raison de leur moindre désespoir dans plusieurs pays.
● L'intégration est accrue, ce qui réduit la criminalité, augmente les opportunités économiques et améliore la perception des immigrants.
● La mobilité résidentielle des immigrants est accrue, ce qui réduit le niveau d'ethnocentrisme.
● L'augmentation des contacts avec les citoyens autochtones, ce qui accroît l'intégration économique et sociale et, par conséquent, réduit la criminalité et les facteurs de criminalité tels que la pauvreté et le chômage.
Il convient de dispenser une formation linguistique et professionnelle afin que les immigrants qualifiés puissent obtenir des emplois plus adaptés et que les immigrants non qualifiés puissent devenir qualifiés.
● Augmente la proportion d'immigrants qualifiés et leur productivité, ce qui constitue un avantage économique et fiscal.
● Augmente l'intégration et réduit la ségrégation, ce qui fait baisser la criminalité.
● Les éventuels petits effets négatifs sur les autochtones peu qualifiés sont réduits.
Les centres de réfugiés devraient être répartis et remplacés par des logements plus décentralisés dans les villes
● La plupart des crimes commis par les réfugié.es se produisent dans les centres de réfugié.es, et les données indiquent que lorsque les réfugié.es sont réparti.es de manière décentralisée dans le pays, cette criminalité disparaît, tout en n'ayant pas d'impact sur le taux de victimisation des autochtones
● Augmente le contact avec les citoyens autochtones, ce qui favorise l'intégration économique et sociale et réduit donc la criminalité.
● Met fin au cycle de la criminalité qui engendre la pauvreté et de la pauvreté qui engendre la criminalité, ce qui augmente considérablement la productivité des réfugié.es
● Augmente la mobilité résidentielle des réfugié.es, ce qui réduit le niveau d'ethnocentrisme et procure également un avantage économique.
● élimine l'un des principaux facteurs de la criminalité des réfugié.es, la concentration dans les centres de réfugié.es, ce qui entraîne des avantages économiques en plus de la réduction de la criminalité.
Les politiques d'aide sociale devraient être étendues - pas seulement pour les immigrant.es, mais en général.
● Réduit l'un des principaux facteurs de criminalité, à savoir le faible statut socio-économique.
● Augmente la mobilité résidentielle des réfugié.es, ce qui réduit le niveau d'ethnocentrisme et procure également un avantage économique.
● Réduire la polarisation ethnique et l'instabilité économique existantes.
● Il convient d'augmenter le nombre de logements sociaux en construisant et en rachetant des bâtiments existants aux propriétaires afin de ne pas créer de zones de ghetto.
Le logement social doit être développé par la construction, en plus du rachat des bâtiments existants aux propriétaires, afin de ne pas créer de zones de ghetto.
● Réduit les coûts pour les réfugiés et leur donne un avantage économique qu'ils peuvent utiliser à d'autres fins, ce qui amplifie les effets positifs de l'immigration.
● Réduit l'un des principaux facteurs de criminalité, à savoir le faible statut socio-économique.
● Augmente la mobilité résidentielle des réfugiés, ce qui réduit le niveau d'ethnocentrisme et procure également un avantage économique.
Les lois sur la drogue devraient être assouplies
● La consommation et la vente de drogues alimentent le marché noir et entraînent une hausse du taux de criminalité chez les immigrants ; la légalisation des drogues(douces) devrait donc être promulguée
● Désactive grandement l'activité des gangs
● Donne un coup de fouet à l'économie en raison de la production locale de drogues sûres et de l'absence de sorties d'argent par la vente de drogues.
Augmentation des dépenses d'infrastructure, notamment dans les bidonvilles et les ghettos.
● Augmente la mobilité sociale et diminue la criminalité en conséquence - et empêche une grande partie des 1% de personnes qui commettent la grande majorité des crimes de commettre des crimes
● Les investissements sont doublement efficaces : investir dans les zones les plus pauvres permet d'en avoir plus pour son argent
● C'est généralement un bon moyen de générer de la croissance économique
La
disparition de l’état et organisation démocratique :
Quand il finit par devenir effectivement le représentant de toute la société, il se rend lui-même superflu. Dès qu'il n'y a plus de classe sociale à tenir dans l'oppression; dès que, avec la domination de classe et la lutte pour l'existence individuelle motivée par l'anarchie antérieure de la production, sont éliminés également les collisions et les excès qui en résultent, il n'y a plus rien à réprimer qui rende nécessaire un pouvoir de répression, un État. Le premier acte dans lequel l'État apparaît réellement comme représentant de toute la société, - la prise de possession des moyens de production au nom de la société, - est en même temps son dernier acte propre en tant qu'État. L'intervention d'un pouvoir d'État dans des rapports sociaux devient superflue dans un domaine après l'autre, et entre alors naturellement en sommeil. Le gouvernement des personnes fait place à l'administration des choses et à la direction des opérations de production. L'État n'est pas “ aboli ”, il s'éteint.
[Frederick Engels Anti-Dühring, Part III,
Ch. 2]
l’abolition de la propriété
privée(des moyens de productions(se référer à la section mythe pour +
d’informations)) et la suppression des classes sociales (bourgeois/prolétaire)
:
Le prolétariat s'empare du pouvoir d'État et transforme les moyens de
production d'abord en propriété d'État. Mais par-là, il se supprime lui-même en
tant que prolétariat, il supprime toutes les différences de classe et
oppositions de classes et également l'État en tant qu'État
Socialisme utopique et socialisme scientifique
En enlevant aux capitalistes privés toutes les
forces productives et tous les moyens de transport, ainsi que l’échange et la
répartition des produits, en les administrant d’après un plan établi en
fonction des ressources et des besoins de la collectivité,
la société supprimera tout d’abord toutes les conséquences néfastes qui sont
liées au système qui régit actuellement la grande industrie. Les crises
disparaissent ; la production élargie, qui est, en réalité, dans la société
actuelle, une surproduction et constitue une cause si importante de misère ne
suffira plus aux besoins et devra être élargie encore davantage. Au lieu de
créer de la misère, la production au-delà des besoins de la société
assurera la satisfaction des besoins de tous et fera apparaître de nouveaux
besoins, en même temps que les moyens de les satisfaire.
Principes du Communisme - Bibliothèque
Marxiste
Towards a new Socialism
Je vais traduire
un bon résumé en
anglais du livre ainsi que des vidéos de l’auteur qui explique en détail
l’organisation de la planification
- Tous les biens/services sont évalués en fonction de leur temps de travail composite (en certificat de travail, voir ci-dessous). L'amortissement et l'éducation sont pris en compte dans le coût. Par exemple, un smartphone peut coûter 0,5 heures de travail. Et les biens dont le coût marginal est négligeable (~ 0 heure de travail) seraient gratuits (ces biens ne nécessitent pas d’investir + de travailleurs pour produire + de x biens).
- La recherche et le développement sont libres d’accès pour tout le monde ainsi que financés par des fonds publics, avec pour objectif de réduire le coût du temps de travail de chaque bien.
- Les travailleurs sont payés sous forme de bons de travail par heure de travail effectuée. Un travail de 8 heures vous rapporterait 8 LVH (heures de bons de travail) (ou un peu moins pour couvrir les services sociaux). Des multiplicateurs peuvent être utilisés si certains travaux sont jugés plus nécessaires, ou dangereux, mais très probablement limités par un certain ratio pour favoriser la communauté.
- Les marchandises sont vendues dans les magasins publics.
- Les gestionnaires des magasins ont pour instruction d'ajuster les prix de manière à ce que tous les biens soient vendus. Si la vente d'un bien est en soi un indicateur de la demande, l'ajustement selon un certain ratio limité donne plus d'informations sur la demande et empêche le gaspillage de biens non désirés.
- Chaque bien a maintenant un rapport entre son temps de travail vendu et le coût en temps de travail.
- Si les biens se vendent au-dessus de leur coût en temps de travail (ratio > 1), cela signifie que la société veut plus de main-d'œuvre pour produire ce bien. En dessous, cela signifie qu'elle veut que moins de main-d'œuvre soit affectée à la production.
- Les planificateurs ajustent les objectifs de production en fonction de cette demande.
- Les planificateurs établissent des bilans de matières pour calculer les besoins de production brute (matières premières + matières intermédiaires + main-d'œuvre). Les tableaux d'entrées-sorties sont résolus à l'aide de l'algèbre linéaire.
- Ils comparent ces besoins avec les ressources réelles disponibles. Certaines de ces ressources peuvent être fixées par des contraintes environnementales ou des quantités limitées.
- La population utilise la démocratie directe pour décider de la quantité de travail à allouer aux biens qui ne sont pas voués à la consommation (voir ci-dessous).
- Ils(les planificateurs) regardent si les objectifs de production finaux peuvent être atteints et, dans le cas contraire, retournent à l'étape d'ajustement des objectifs de production.
- Enfin, ils établissent un plan de production détaillé, le diffusent sur Internet à tous les établissements de production surveillant la production (et les ventes) en temps réel. Ajustant le plan en conséquence.
## Essentiels
### Certificat de travail
- Gagné par les travailleurs. 1 HBT= 1 heure de bon de travail gagné par heure de travail (ou moins pour couvrir les services sociaux)
- Rattaché à une seule personne / famille, probablement par le biais d'une carte de crédit.
- Ne peut être échangé que contre des biens de consommation. Vous ne pouvez pas les transférer à une autre personne.
- Sont détruits après avoir été utilisés dans les magasins.
- Sont éventuellement détruits après un certain temps (pour éviter la thésaurisation)
- Le temps de travail dans l'ensemble de l'économie est conservé. S'il y a 8 millions de travailleurs dans un pays :
- Disons que 2 millions de travailleurs sont consacrés aux services sociaux, 6 millions aux biens de consommation.
- Le ministère du travail délivre 6 millions de bons d'années-personnes aux travailleurs, répartis entre les 8 millions de travailleurs.
- Heures de travail utilisées pour la production de biens de consommation (2 millions d'années-personnes) + heures de travail utilisées pour la production de biens de consommation (6 millions d'années-personnes) = coût des biens dans les magasins (6 millions d'années-personnes) + (2 millions d'années-personnes annulées pour les cotisations sociales)
- Les travailleurs dépensent 6 millions dans les magasins, l'impôt sur le revenu de 2 millions ( pour assurer les services sociaux ), et les 8 millions d'heures de travail sont entièrement annulées.
- Cela éclaircit les relations entre consommateurs et producteurs, puisque vous pouvez voir exactement comment le travail humain est réparti et dépensé.
### Démocratie directe pour les biens qui ne sont pas destinés à la consommation
- Les nouvelles entreprises, les divertissements, la recherche et le développement, les services sociaux sont autant d'exemples de biens qui ne sont pas destinés à la consommation.
- La société vote sur la quantité de travail à consacrer aux services sociaux : éducation, soins de santé, garde d'enfants, protection de l'environnement, défense nationale. Si un pays compte 6 millions de travailleurs adultes, il peut affecter 2 millions de personnes aux biens de consommation.
- Les grandes décisions stratégiques sont prises démocratiquement par l'ensemble de la population concernée. Les décisions mineures sont laissées aux planificateurs. Information ouverte à tous, vote accessible à tous.
vs
"Si nous
utilisons de l'argent, il tombera entre les mains des individus.... Si l'argent
tombe entre les mains de mauvaises personnes ou d'ennemis, ils l'utiliseront
pour détruire nos cadres en les soudoyant avec ceci ou cela.... Ils ont
l'argent pour corrompre le sentiment des gens. Alors dans un an, dix ans, vingt
ans, notre société cambodgienne propre deviendra le Vietnam." Angkar
Approfondissement :
Oui mais comment prend-on en compte le temps de travail de la main d'œuvre
qualifiée ?
Prenons l'analogie des moyens de production inanimés. La méthode standard
pour quantifier le travail "transféré" de ces moyens de production au
produit consiste à "répartir" le contenu en travail des moyens de
production sur le volume total de production auquel ces moyens contribuent. Par
exemple, si une machine représentant 1 000 heures de travail est utilisée au
cours de la production d'un million d'unités du produit X, on peut dire que la
machine transmet 1 000/1 000 000 = 0,001 heure de travail à chaque unité de X.
Pour pousser le calcul un peu plus loin, supposons que notre machine fonctionne
à un rythme de production de 100 unités de X par heure. Il s'ensuit que la
machine "transmet" 100 × 0,001 = 0,1 heure de travail incorporée par
heure de fonctionnement.
Revenons maintenant à notre ingénieur qualifié et appliquons le même
principe. Supposons qu'une fois qualifié, il travaille 35 heures par semaine
pendant 45 semaines par an, soit 1575 heures par an. L'horizon de dépréciation
de ses compétences en ingénierie est de 10 ans. (C'est-à-dire qu'à la fin de
cette période, elle aura besoin, ou pourra bénéficier, d'une autre période de
formation à temps plein pour mettre à jour ses connaissances et ses compétences
ou pour changer de spécialisation si elle le souhaite). Elle travaillera 1 575
× 10 heures au cours de ces 10 années et, pour déterminer son taux de
transmission du travail incorporé pendant ce temps de travail, nous divisons le
contenu total en travail de son éducation par 15 750.
cela permet à la société d'évaluer le coût de
l'éducation, ce qui a du être injecté pour payer les études
Comment on fait la planification concrètement ?
Les autorités de planification disposent d'une estimation actuelle de la
demande des consommateurs pour les produits finaux. Les planificateurs
commencent avec la production nette requise. Celle-ci est indiquée sur la
première ligne du tableau 1. Nous supposons que 20000 tonnes de charbon et 1000
tonnes de pain sont les biens de consommation requis. Les planificateurs
estiment la quantité de fer, de maïs, de charbon et de main d'œuvre qui serait
directement consommée dans la production de départ : à savoir, 2000 tonnes de
fer, 1500 tonnes de maïs et 4500 tonnes supplémentaires de charbon. Ils
ajoutent les intrants intermédiaires à la production nette pour obtenir une
première estimation de l'utilisation brute des biens. Puisque cette estimation
implique de produire plus de fer, charbon et de maïs que ce qu'ils avaient
d'abord prévu, ils répètent le calcul pour obtenir une deuxième estimation de
l'utilisation brute des biens. pour obtenir une deuxième estimation de
l'utilisation brute de biens. Les réponses diffèrent à chaque fois, mais les
différences entre les réponses successives sont de plus en plus fiables.
Finalement, après 20 tentatives dans cet exemple, les planificateurs obtiennent
un résultat cohérent : si la population doit consommer 20000 tonnes de charbon
et 1000 tonnes de pain, alors les productions brutes doivent être de 3708
tonnes de fer, 34896 tonnes de charbon et 1667 tonnes de maïs.

et voilà, on peut fixer un prix ^
Comment obtenons nous toutes ces informations ? :
Bien que la collecte d'informations sur toutes les techniques de production
utilisées dans l'économie puisse sembler une tâche immense, il faut reconnaître
que ces informations sont déjà enregistrées. Elle peut être enregistrée de
manière formelle dans les plans internes de l'entreprise ou de manière
informelle sous la forme des bons de commande qu'une entreprise passe. Les
achats d'une entreprise constituent une image de sa technologie. La plupart des
entreprises étant désormais informatisées, leurs bons de commande sont déjà
enregistrés sous une forme lisible par une machine. Dans les grandes
entreprises, la planification de la production se fait déjà à l'aide de
techniques de fabrication assistée par ordinateur. Moyennant une normalisation
appropriée, ces informations pourraient être extraites à des fins de
planification. Les petites entreprises effectuent une grande partie de leur
planification à l'aide de feuilles de calcul. A tout moment, quelques
programmes standard de feuilles de calcul dominent le marché. On peut envisager
une situation dans laquelle toute la planification de la production est
effectuée à l'aide de quelques progiciels dont l'une des spécifications est la
capacité de transmettre les détails de la technologie actuelle au réseau de
planification. Les données saisies au cours du processus d'élaboration de la
technologie au niveau de l'usine seraient alors utilisées pour établir le plan
national.
Est ce faisable avec notre technologie actuelle ? :
Oui, voilà les temps de calcul pour N bien de consommation où chaque Ni se voit
attribuer M biens de productions.

Sinon, il y a la possibilité de mener une
planification communiste cybernetique decentralisée :
-les informations sur ce qu’il y a à produire sont transmises sur un réseau
décentralisée, elles sont notamment obtenues de la même manière qu’expliqué
auparavant, càd, en utilisant les données d’achat des magasins publics, ou de
part la demande de collectivité
-Les différentes entreprises socialisées vont pouvoir répondre à la demande en
sélectionnant les offres de productions, par exemple il y a une demande de 50
frigos, une usine de frigo va pouvoir sélectionner l’offre émise par un magasin
public pour y répondre
-celle-ci va ainsi dans le même temps aller dans le réseau décentralisé et
ouvrir d’autres requêtes de biens intermédiaires auxquels d’autres usines vont
pouvoir y répondre, comme du gaz réfrigérant, du plastique etc..
-cela va entraîner des demandes en cascade, la production peut être gérée de
manière autonome, transparente et public
les entreprises ne se font pas concurrence, il n’y a
pas d'échange marchands entre les entreprises publics, et l’on peut avoir des
données accessibles rapidement
Il n’y a pas besoin de l'existence de bons de travail pour que le système
fonctionne, et l’état n’a pas lieu d’être car le système est autonome… En
somme, le communisme !
sur le marché où se rencontrent le producteur et le consommateur, il y aura ou
non l'utilisation de bons de travail pour acheter des biens dont le prix sera
fixé en fonction du temps de production, information obtenue grâce aux données
de productivité fournies par toutes les entreprises impliquées dans la
production. Mais à long terme, l'objectif sera l'organisation démocratique d'un
système de sécurité sociale pour l'alimentation, l'habillement, la culture,
etc. qui permettra d'abolir la monnaie même communiste via la gratuité
jrajoute des infos au cas où :
(pour répondre à la demande, on fait en sorte de se fixer comme objectif de garder le stock constant + les informations sont traités dans des noeuds locales qui permettent de voir des tendances générales et d'autres précieuses informations, c'est de tte facon publiquement accessible)
(toutes les infos concernant une unité de prod sont publiques, on peut connaître sa productivité, sa localisation, son intensité d'usage d'énergie, ses émissions théoriques de GES etc.. ca permet aux agents de choisir la meilleur unité, et donc d'exclure celle qui sont mauvaises et de les inciter à optimiser leur production)
en gros, si je dis entreprise, on pourrait croire qu'elles appartiennent chacun
à des propriétaires différents, alors que virtuellement, la question de la
propriété ne se pose plus et ca appartient virtuellement à la société (via la
planification décentralisée) et la possession de l'unité appartient aux
travailleurs de l'unité
alors que si je dis unité de prod, on comprend bien que c'est une subdivision de boite ayant le meme propriétaire, mais bon, c'est juste pour mieux maîtriser cet idée là
qd je dis que ca appartient virtuellement à la société, ca se comprends surtout par ses conséquences, càd plus de brevet, chaque unité montre toute les infos en publique, pas de truc secret, y'a pas de capital, pas d'échange marchand, elles sont toutes interconnecté entre elles etc...
pr ce qui concerne des avantages, on a un système qui alloue davantage d'autonomie au travailleur, c'est eux qui font leur propre choix, par rapport à leur réalité, ça empêche aussi d'avoir un organisme centralisé, donc ca évite de poser la question de cmt on nomme ces personnes
oui ca recrée une certaine forme de concurrence, mais
elle est différente que celle dans le capitalisme, l'autonomie attribuée permet
à chaque unité d'adopter sa propre organisation du travail, et c'est bénéfique,
car on peut comparer chaque méthode entre elles, si une finit par etre moins
productive, elle n'a qu'à adopter la methode de la plus productive, c'est donc
pas une concurrence où le moins fort se casse la gueule, et le plus fort finit
par tout empocher, étant donné que chaque unité appartient à la société et donc
sont interconnecté entre elles, et que donc bah pas de brevet, bah les
informations sechangent pr produire bien plus rapidement les meilleurs façons
d'organiser la production
(qd je dis que ca appartient virtuellement à la société, ca se comprends surtout par ses conséquences, càd plus de brevet, chaque unité montre toute les infos en publique, pas de truc secret, y'a pas de revenu du capital, pas d'échange marchand entre unité, elles sont toutes interconnecté entre elles sur le réseau etc...)
https://wiki.p2pfoundation.net/Cybersyn
Et comment on innove ? :
Voir la partie sur l’innovation sous le
capitalisme et sous le socialisme.
Communisme et économie de don(plus tard) :
Money, the gift
economy, and belonging - by Brian Stout
https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=244683

Comment
organiser une démocratie participative et directe grâce
aux nouveaux outils informatiques :
L'idée très répandue qu'on ne pourra jamais s'unir
pour faire des décisions concrètes se voient mises à mal lorsqu'on regarde la
simple expérience qu'est vTaiwan, une plateforme en ligne qui permet aux
citoyens de proposer des solutions à des problèmes sociétaux qui seront ensuite
proposées aux parlements, en l'occurrence, il y a une phase où les différents
chercheurs sur le sujet, analystes et experts donnent des données et des
faits(+ une commission indépendante qui expliquent avec des termes simples pour
que tout le monde puisse comprendre l'enjeu de la discussion) et où l'on va par
la suite discuter et émettre des opinions avec la possibilité de voter pour ou
contre un commentaire pour le monter ou non dans le forum, en outre, le fait
qu'on ne puisse pas répondre aux commentaires évitent tous les debats steriles
sur des petits points. Ensuite vient une phase où une IA dresse une carte des
opinions qui permet de mieux guider les débats et d'arriver finalement à un consensus.
Un exemple concret est lorsque le site a dû débattre du projet uber, malgré le
fait que 2/3 était pour vs 1/3 contre, ils ont tendu à formuler à la fin 8
points qui a servi de base à un consensus approximatif qui mettaient
pratiquement tout le monde d'accord au lieu de se désunir et d'appuyer + sur
les divisions et y'en a une trentaine d'exemples
Taiwan – Participedia
Comment voter le
budget :
Supposons que vous accediez à un site internet où vous pouvez choisir un curseur permettant la modification des dépenses de santé allant de -5 à +5 %
Il est clair qu'en faisant la moyenne des votes, on peut obtenir un pourcentage de variation des dépenses de santé. Le résultat est la moyenne des souhaits des électeurs. Dans notre cas, cette moyenne sera comprise entre -5% et +5%, mais ces limites pourraient être modifiées par ceux qui fixent le vote et, au prix d'une légère augmentation de la complexité, une gamme plus large de nombres à composer pourrait être fournie sans modifier la procédure de base.
Supposons maintenant qu'il y ait trois points à décider : l'impôt sur le revenu, les dépenses scolaires et les dépenses de santé.
Les personnes pourraient ensuite envoyer un texte pour exprimer leurs décisions personnelles. On obtiendrait ainsi un pourcentage moyen de variation pour chaque rubrique particulière. Tant qu'un nombre suffisant de personnes votent sur chaque question, la loi des grands nombres permet d'obtenir une estimation raisonnablement précise de l'opinion publique sur ce sujet. La loi des grands nombres [5] montre qu'une opinion agrégée de nombreux non-experts est généralement supérieure à celle de quelques experts.

#1 Voter simultanément sur les dépenses et la fiscalité.
Le danger évident est que tout le monde vote pour plus de dépenses et moins d'impôts, mais il existe des moyens simples de contourner ce problème. Supposons que le vote moyen soit de [4, 2], indiquant une augmentation de 4 % des dépenses scolaires et une augmentation de seulement 2 % des impôts pour les couvrir (faisons pour l'instant l'hypothèse simplificatrice que les écoles sont la seule forme de dépense). La figure 0.1 montre le vote moyen à la position [4,2] ainsi qu'une ligne diagonale représentant les combinaisons possibles de dépenses et d'impôts. Le meilleur choix compte tenu des contraintes est appelé compromis. Géométriquement, le compromis est le point de la ligne des combinaisons réalisables le plus proche du vote moyen. C'est le choix qui minimise l'insatisfaction des électeurs...
D'un point de vue socialiste, il est très important que toute forme de budget participatif vote simultanément sur les dépenses et la fiscalité. La droite est prête à introduire le budget participatif à condition qu'il ne vote que sur la fiscalité, car elle espère ainsi créer une pression constante à la baisse sur les impôts et donc sur les dépenses pour les services publics. En permettant aux citoyens de voter simultanément pour l'augmentation des services et le calcul de la position de compromis, vous avez de bonnes chances d'empêcher cela.
Socialism and direct democracy – Paul Cockshott's Blog
(+ modification de ma part)
Organisation démocratique :
Les anarchistes et autres communistes ont préconisé une grande variété de
méthodes pour délibérer sur les décisions en tant que groupe. Ces méthodes ont
toutes été testées dans la pratique, et nous disposons donc d'un ensemble de
connaissances sur lesquelles nous pouvons nous appuyer.
Ces méthodes peuvent également être utilisées par les mêmes organisations dans
des contextes différents. Par exemple, les anarchistes du syndicat
révolutionnaire espagnol connu sous le nom de CNT (confédération nationale du
travail) dans les années 1920 et 1930 pratiquaient un double système : au sein
de petits groupes d'affinité composés d'une poignée de personnes qui se
connaissaient, ils recouraient à l'unanimité. C'est-à-dire qu'ils prenaient une
décision lorsque tous étaient d'accord. C'est logique. Au sein d'un cercle
d'amis qui se connaissent, on ne décide généralement de l'endroit où l'on va
manger, de ce que l'on va faire et de l'émission ou du film que l'on va
regarder que lorsque tout le monde est d'accord ou que tout le monde a été
suffisamment convaincu. Dans ce cas, il semble en effet que l'unanimité soit la
meilleure solution dans presque toutes les situations. En revanche, lorsqu'il
s'agit d'une question de la taille d'un syndicat local de la CNT, ou d'échelles
plus larges, ils votent. En effet, même s'il est bon de délibérer jusqu'à ce
que tout le monde soit d'accord, il faut que les choses se fassent, et ils se
sont donc mis d'accord pour qu'il en soit ainsi. De nos jours, il est beaucoup
plus courant d'avoir ce que l'on appelle un processus de prise de décision par
consensus.
Un processus de consensus ne cherche pas à faire une proposition avec laquelle
tout le monde est nécessairement d'accord. Il tente plutôt d'en créer une que
tout le monde peut accepter. Dans la pratique, cela peut ressembler à ceci :
quelqu'un propose quelque chose. Quelqu'un d'autre s'y oppose et propose des
modifications à la proposition. Ce processus peut se poursuivre jusqu'à ce
qu'une proposition soit adoptée. Si les objections se succèdent et qu'aucune
décision ne peut être prise, un processus progressif de votes à la majorité
absolue (%, 5 %, 10 %, etc.) peut être mis en place.
La prise de décision au sein des communes et d'autres structures
auto-organisées peut se faire de plusieurs manières. En voici quelques-unes :
Unanimité (tout le monde est d'accord)
Consensus (une décision acceptable est prise)
Consentement (une décision rapide qui répond à toutes les objections majeures
mais laisse les objections plus mineures pour une délibération et un affinement
ultérieurs)
Accord sans objection (proposition acceptée à moins que quelqu'un ne s'y
oppose, éventuellement chronométrée de manière à ce que vous puissiez vous
opposer dans un délai d'environ 15 secondes).
Vote à la majorité absolue avec différents seuils (1 % de désaccord, 5 %, 10 %,
etc.)
Délégation de tâches
En outre, des décisions peuvent être déléguées à des personnes au sein de la
commune, principalement en ce qui concerne des décisions mineures, y compris
certaines décisions économiques. Ces délégués s'occuperont de la maintenance et
de la mise en œuvre des décisions prédéfinies et n'auront pas le pouvoir de
prendre des décisions de leur propre chef. Si la commune concernée décide
qu'elle ne souhaite plus que le mandat de son délégué se poursuive, elle peut
le rappeler à tout moment. Cette capacité à révoquer instantanément un délégué
qui ne remplit pas la tâche attendue et convenue est une pratique courante dans
les mouvements révolutionnaires depuis la Commune de Paris. Les décisions
majeures qui requièrent l'action de l'ensemble de la commune, en revanche,
seront très probablement soumises à un vote par consensus. Si la commune ne
parvient pas à se mettre d'accord, la question est soumise à un vote à la
supermajorité, éventuellement avec une limite de 10 % de désaccord ou quelque
chose de ce genre. De cette manière, les décisions économiques importantes
(comme, par exemple, l'emplacement d'un bâtiment, ou d'autres décisions qui
concernent l'ensemble de la commune) sont prises par tous. Ce principe,
"ceux qui sont concernés décident", est une influence théorique
majeure dans l'anarchisme en particulier.
Structures fédératives
Mais le communisme ne se limite pas aux affaires purement locales. Lorsqu'il y
a deux communes ou plus, il y a des structures plus larges où elles se
rencontrent et discutent des questions qui concernent toutes les communes au
sein de cette association plus large. Il y a des exemples de cela - dans
l'Espagne anarchiste, l'Ukraine anarchiste, récemment pratiqué par les
Palestiniens dans la première Intifada palestinienne, et pratiqué aujourd'hui
par Rojava et les Zapatistes. Ces organes deviennent de plus en plus importants
au fur et à mesure que l'on remonte la chaîne. On les appelle généralement des
fédérations régionales, des confédérations ou d'autres termes similaires. Ces
fédérations régionales se sont elles-mêmes fédérées à d'autres fédérations
régionales pour former des fédérations plus importantes qui couvrent des
régions encore plus vastes du monde. Finalement, nous atteindrions le niveau de
la fédération mondiale. Les processus décisionnels de ces organisations
imbriquées peuvent varier et se chevaucher. Là encore, comme pour la CNT,
il se peut que la structure communale considère le consensus comme la meilleure
approche pour sa propre prise de décision locale. Toutefois, il peut être
convenu que les décisions concernant des zones plus vastes doivent être prises
à la majorité, ou peut-être à 70 %, ou quelque chose de ce genre. Ce qui
importe ici, c'est que les gens sont libres et peuvent donc développer les
processus de décision les plus efficaces et les plus pratiques et les affiner
au fil du temps. Il se peut, par exemple, qu'un processus de décision
légèrement adapté soit meilleur. L'avantage de cette société est que, si une
alternative est meilleure et permet d'économiser du temps et de l'énergie, la
société sera beaucoup plus encline à l'adopter. En revanche, dans les
démocraties représentatives, l'objectif semble être de ne pas créer de
processus décisionnels efficaces !
La question de savoir si une question est transmise à la fédération régionale à
partir du niveau de la commune est débattue au sein de la commune elle-même.
Si, par exemple, une route doit être construite et qu'elle affecte plus que cette
seule commune, la commune coopère avec la fédération régionale dont elle fait
partie pour décider si elle doit être construite, où elle doit être construite,
quand elle doit l'être, etc. Le principe "ceux qui sont concernés
décident" est ici extrêmement important.
Il est important de noter que tout le pouvoir va de la base vers le sommet. Les
décisions de la fédération mondiale ont déjà été prises au sein des communes
individuelles par le biais de délibérations, et elles n'envoient donc que des
délégués à ces organes de conseil plus importants. Les délégués ne sont
peut-être même plus nécessaires de nos jours ; avec l'essor d'outils tels que
le zoom, nous pouvons facilement discuter sur de longues distances sans avoir à
envoyer qui que ce soit. Dans l'exemple de la construction d'une route, les
décisions ont déjà été prises au sein de chaque commune ; la fédération
régionale n'est que la structure qui leur permet de coopérer.
"...nous voulons un communisme librement organisé, de bas en haut, à
partir d'individus qui s'unissent dans des associations qui grandissent peu à
peu en fédérations d'associations de plus en plus complexes, pour finalement
embrasser l'humanité entière..." https://libcom.org/article/ditching-class-praxis-anarchist-communist-economics
Décisions aux niveaux les plus bas : "D'une manière générale, les gens
sont d'accord sur l'idée d'une démocratie de conseil organisée de l'atelier à
l'industrie et fédérée par industrie au niveau régional et à un niveau plus
élevé au niveau mondial. Les conseils de démocratie directe sont des organes
démocratiques sans représentation. Les travailleurs et les membres de la
communauté décident directement, lors de réunions ouvertes, de la manière dont
ils veulent que les choses se passent. Décisions aux niveaux supérieurs, entre
les lieux de travail et les quartiers : "Au-dessus des assemblées de
masse, des comités et des conseils de délégués assurent la coordination entre
les lieux de travail et les quartiers. Les délégués reçoivent des mandats et
sont censés exécuter la volonté des assemblées. De même, les délégués sont
immédiatement révocables s'ils dépassent leurs limites, et les décisions des
délégués sont soit ouvertes au référendum, soit soumises à l'approbation des
assemblées. Le fonctionnement exact, les mandats des délégués, etc. sont des
questions qui, à mon avis, ont un contenu à la fois politique et pas seulement
technique, et qui sont mieux choisies par la pratique. Coordination entre les
groupes de quartiers et vers le haut :
"Les conseils de quartier fédérés vers le haut fourniraient de la même
manière les moyens de décider ce qu'il faut produire et en quelle quantité, les
travailleurs décidant de la manière de le faire et les communautés formulant la
manière la plus juste et la plus sûre de produire et de traiter les déchets, la
pollution, etc. Les industries ne seraient pas simplement collectivisées, car
l'économie actuelle contient des industries et des produits sans valeur, ainsi
que des produits manifestement destructeurs tels que les armes nucléaires. Ce
processus prendra probablement un certain temps pour transformer une économie
organisée en fonction de l'expansion et de la récession et fondée sur le profit
privé en une économie répondant aux besoins de la communauté sur la base de
l'utilisation. Les catégories d'emplois et les travaux les plus pénibles
devront être réorganisés et partagés équitablement. Il faudrait qu'il y ait un
minimum de base de travail socialement nécessaire pour que ceux qui en sont
capables puissent bénéficier des avantages de la société.
Communism Works
Avant que souvre cette partie sur les cooperatives ouvrières il est important
de preciser que que toutes les cooperatives ne sont pas des cooperatives de
travailleurs où le pouvoir revient effectivement aux travailleurs ; il est donc
important de bien regarder la definition employée dans les études, et que les
cooperatives ne sont pas forcement généralisable dans le sens où ceux qui y
travaillent composent une minorité de personnes motivés (quoi que cet argument
peut être ignorés grace à la théorie de l'autodetermination)
Je conseille cette excellente vidéo pour ceux qui preferent ecouter que lire ce
qui va suivre :
https://www.youtube.com/watch?v=yZHYiz60R5Q
Étude du rôle des différents types d'entreprises dans la création de la
confiance sociale.
Les coopératives se sont révélées plus aptes à créer la confiance sociale que tout autre type d'entreprise. (page 18)
Argument libertaire en prime : L'étude "soutient l'idée que le développement d'entreprises coopératives ... et, plus généralement, de modèles de gouvernance moins hiérarchiques et de formes d'entreprises ne visant pas uniquement à maximiser le profit ... peut jouer un rôle crucial dans la diffusion de la confiance et dans l'accumulation du capital social". (page 18)
En
d'autres termes, cette étude soutient l'affirmation selon laquelle la
confiance sociale découle de l'absence d'une structure de gouvernance oppressive.
http://www.eeri.eu/documents/wp/EERI_RP_2012_10.pdf
Résultat de plus de 600 enquêtes menées auprès d'aides à domicile dans trois
établissements.
Il
en ressort que "les aides à domicile de l'organisme de prise de
décision participative appartenant aux travailleurs sont nettement plus
satisfaits de leur travail que ceux des autres organismes".
(résultats)
https://www.researchgate.net/publication/289325273_Effects_of_Cooperative_Membership_and_Participation_in_Decision_Making_on_Job_Satisfaction_of_Home_Health_Aides
Nous étudions les effets de
l’économie sociale sur la satisfaction au travail. Selon l’hypothèse,
l’adoption des finalités et des modes d’organisation du travail de l’économie
sociale est source de satisfaction au travail : réduction de la séparation
entre conception et exécution, augmentation de l’intérêt et de l’utilité perçue
du travail, meilleure cohésion et coordination entre les travailleurs. Les
résultats de l’analyse de contenu des entretiens semi-directifs menés auprès
des salariés de deux entreprises exerçant dans le secteur du conseil en
développement durable en France, l’une société coopérative (SCOP) et l’autre
entreprise privée, confirment cette hypothèse. Le fait que les principes
d’économie sociale ont des conséquences positives sur la satisfaction au
travail dans les deux entreprises montre par ailleurs que l’influence positive
de l’économie sociale sur le bien-être au travail dépend moins des modes de
structuration formels que du sens donné au travail.
https://journals.openedition.org/pistes/2635
Rapport 2012 de CECOP-CICOPA Europe sur la résilience des coopératives.
Il
en ressort que les "coopératives de travail associé et les coopératives
sociales" espagnoles et françaises ont mieux résisté à la crise économique
que les entreprises conventionnelles. (page 33) La crise économique à
laquelle il est fait référence est le GFC.
https://ess-europe.eu/sites/default/files/report_cecop_2012_en_web.pdf
Les coopératives ont réussi à maintenir l'emploi pendant la crise. Elles
n'ont perdu que 1,2 % de leurs employés entre 2008 et 2010, contre 5 % pour les
sociétés de capitaux et 10,8 % pour les sociétés de personnes. (p. 16)
Les
coopératives se sont concentrées sur le maintien de l'emploi, tandis que les
entreprises se sont concentrées sur la maximisation des profits. En combinant
les données relatives au chiffre d'affaires, à l'emploi et aux bénéfices, les
auteurs confirment l'observation générale selon laquelle les coopératives ont
tendance à donner la priorité aux valeurs communautaires telles que le maintien
de l'emploi, tandis que les sociétés ont tendance à se concentrer plus étroitement
sur la maximisation des bénéfices. (pp. 17, 19)
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2213297X14000044
Évaluation des effets de la démocratie sur le lieu de travail sur l'inégalité
des revenus au sein des entreprises.
Il a été constaté que l'inégalité salariale était "significativement plus faible" dans les coopératives que dans les entreprises traditionnelles (page 1).
http://ejce.liuc.it/18242979201702/182429792017140207.pdf
Méta-analyse de 102 échantillons représentant 56 984 entreprises
Elle conclut que l'actionnariat salarié a un impact statistiquement significatif, mais faible, sur les performances des entreprises.
"Nous
constatons que l'effet de l'actionnariat salarié sur les performances s'est
accru dans les études au fil du temps et que les études portant sur des
échantillons situés en dehors des États-Unis font état d'effets plus marqués
que celles réalisées dans ce pays.
https://www.researchgate.net/publication/304459942_Employee_ownership_and_firm_performance_a_meta-analysis_Employee_ownership_a_meta-analysis
L'étude porte sur deux grandes ligues coopératives (Mondragon en Espagne et La
Lega en Italie) et sur la manière dont elles interagissent avec d'autres
coopératives et réalisent des économies d'échelle.
Les résultats suggèrent que les coopératives sont plus performantes sur les marchés où il existe une ligue coopérative préétablie.
D'une part, il semble que les acteurs soient incités à former une telle ligue puisqu'ils peuvent anticiper et calculer les incitations des autres acteurs à participer à cette ligue une fois qu'elle a dépassé un certain seuil critique.
D'autre part, si le coût de la formation d'une telle ligue est supporté principalement par les premiers joueurs, les joueurs seraient incités à attendre et à laisser les autres jouer les premiers.
Ainsi, l'absence de ligues coopératives est considérée comme un facteur dissuasif pour la formation de nouvelles coopératives.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0167268108000802
La preuve que la propriété coopérative peut fonctionner à grande échelle
Les 15 coopératives industrielles d'Imola produisent plus de la moitié de la production industrielle de la ville.
60 % du PIB total d'Imola provient des coopératives.
Les
coopératives emploient 7 000 travailleurs fixes dans la ville, sur une
population totale de 64 000 personnes. Étant donné que la proportion de la
population italienne âgée de 15 à 64 ans qui était économiquement active était
de 62 % en 2009 (l'année la plus proche de 2004, date à laquelle les données
des coopératives ont été recueillies), et que la proportion de la population
âgée de 15 à 64 ans était de 67 %, la main-d'œuvre totale de la ville peut être
calculée à 26586 personnes. Cela suggère une vaste surreprésentation des
travailleurs des coopératives dans la production, car alors qu'ils constituent
1/4 des travailleurs, ils produisent 60% de la production.
https://base.socioeco.org/docs/imola_0.pdf
L’URSS a
rapidement vu son alphabétisation bondir de 44% en 1920 à 87% en
1939(+2.26%/ans) et a atteint les 99% en 1959 (0.6%/ans):The Development of Literacy in Russia and the
USSR from the Tenth to the Twentieth Centuries
https://cdn.discordapp.com/attachments/418850379518705675/589579939976708137/unknown.png
L’URSS a atteint un niveau d'alphabétisation de ~90% beaucoup plus rapidement
que les autres pays européens :
USSR: 1913 = 40% à 1939 = 88% (26 ans);
UK: 1700 = 39% à 1889 = 90% (189 ans);
USA: 1700 = 49% à 1889 = 87% (189 ans);
France: 1800 = 37% à 1889 = 85% (89 ans)
https://cdn.discordapp.com/attachments/418850379518705675/589578801718099981/unknown.png
l'URSS a rapidement augmenté le nombre d'années d'études de 1,1 ans avant la
révolution (1917) à 1,5 (+36%) en 1927, 3,4 en 1937 (+126%), et 5,4 en 1947
(+42%) :
https://cdn.discordapp.com/attachments/418850379518705675/589580721618944001/unknown.png
Pour aller plus loin:
https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED543902.pdf [non lu]
https://www.revolutionarydemocracy.org/archive/anglosov.htm[sujet à des biais, malgrès
l’utilité apparante des statistiques]
Entre 1913
et 1960, les travailleurs en URSS sont passés d'une semaine de travail de 58,5
heures à une semaine de 41,6 heures (-0.36 h/ans):
Labour and Leisure in the Soviet Union: The
Conflict between Public and Private Decision-Making in a Planned Economy |
William Moskoff (auth.) | download
https://cdn.discordapp.com/attachments/418850379518705675/640988855675256872/captura-de-pantalla-de-2016-04-03-18-50-35.png
Pour comparer avec les autres pays afin de voir que l'urss était clairement en
avance sur les autres pays européens:
our charts on Working
Hours
Les performances
de l’agriculture soviétique n'était pas en deçà de ce que leur terrain pouvait
donner:
Il y a une longue tradition de considérer l'agriculture russe comme technologiquement
arriérée. L'argument repose généralement sur des comparaisons entre les
rendements céréaliers de la Russie et de l'Ukraine et ceux de l'Europe
occidentale, qui étaient considérablement plus élevés. Or, ces comparaisons ne
sont pas pertinentes car, dans des pays comme la Grande-Bretagne, le sol et le
climat - et, par conséquent, le système agricole - étaient très différents.
Pour parvenir à une meilleure évaluation des performances russes, la
comparaison doit être faite avec une région au climat et au sol similaires.
Dans ce chapitre, je compare la productivité russe en 1913 avec la productivité
des Grandes Plaines d'Amérique du Nord[...] Comme en Russie, le climat était
froid et sec. Bien qu'il y ait eu une certaine production animale dans les deux
régions, les céréales étaient le produit principal.
Farm to Factory: A Reinterpretation of the Soviet
Industrial Revolution


(sous-estimé
étant donné que les soviétiques avaient tendance à sortir les prisonniers
lorsqu’ils étaient malades)
Manque de main d’oeuvre :
La productivité dans sa thèse a été calculée à partir d’un cadre Cobb-Douglas
standard avec des parts de facteurs constantes comme celles de l'Ouest.
Weitzman 1970 a contesté cette interprétation en estimant une fonction de
production spécialement pour l'URSS. Il conclut que le modèle Cobb-Douglas
était incorrect et que l'expérience soviétique était mieux représentée par une
fonction CES avec une élasticité de substitution entre le capital et le travail
de 0,4. Dans ce cadre, la décélération de la croissance est due à la diminution
des rendements du capital ; il n'y a pas de preuve d'une baisse de la croissance de la PTF. En d'autres termes, le
ralentissement de la croissance n'est pas le signe d'une mauvaise performance
institutionnelle. Easterley et Fisher ont refait l'économétrie avec des données
plus récentes et ont confirmé l'élasticité de la substitution. Ils ont
cependant été réticents à exonérer les institutions soviétiques.`````` Un
indicateur du changement est le nombre de postes vacants lors de la première
rotation, qui est passé de 1 % en 1960, à 4,9 % en 1970, à 7,3 % en 1975, puis
à 9,9 % en 1980, pour finalement atteindre 12,2 % en 1985 ; Rumer 1989, 199
200. Dans les années 1970, un directeur de recherche
du Gosplan a signalé que 10 à 12 % de l'augmentation du capital fixe réel
étaient inutilisés, en raison d'une pénurie de main-d'œuvre Rumer 1989, 202. et cette proportion n'a pu augmenter
que dans les années 1980. Le stock de capital a augmenté sans augmentation
correspondante du PIB parce qu'il n'y avait pas de main-d'œuvre pour faire
fonctionner la nouvelle capacité.
La guerre froide :
Kontorovich ~1990, 267 ! a attribué une grande partie
de ce déclin à la course aux armements : "les ressources ont été
transférées de la R&D civile à la R&D militaire entre 1965 et
1985". Campbell ~1990, 127 ! est d'accord : "l'allocation des
ressources au secteur militaire est devenue de plus en plus lourde" de
1976 à 1985. Elle a largement contribué au ralentissement de la croissance
économique, principalement en raison de son impact négatif sur l'industrie des
machines civiles et sur les investissements.[...] Si
la guerre froide est responsable de la chute de la croissance de la
productivité soviétique, alors elle est responsable de plus de la moitié du
ralentissement de celle-ci.
Mauvaise décision d’investissement :
Au cours des années 1960, la politique d'investissement a connu deux
changements très délétères. Premièrement, l'investissement s'est déplacé de la
construction de nouvelles installations de fabrication vers la modernisation
des anciennes. Deuxièmement, l'épuisement des anciens champs pétrolifères et
districts miniers a entraîné une réorientation des investissements de l'Europe
vers la Sibérie.
L'économétrie
de Weitzman implique une valeur de 0,403, chiffre confirmé par Easterly et
Fischer ~1995, 357 ! pour l'ensemble de l'économie. Mais 0,4 est une valeur
exceptionnellement basse. Les données relatives au Japon et à d'autres
économies capitalistes avancées suggèrent une valeur de 1,0 ou même supérieure
(Easterly et Fischer, 1995, 359-61 ; Duffy et Papageorgiou, 2000). Alors que
les simulations utilisant une élasticité de substitution de 0,403 impliquent un
ralentissement de la croissance, les simulations avec une valeur de 1,0 ne le
font pas. Avec une plus grande substituabilité entre le capital et le travail,
les rendements décroissants du capital ne sont pas assez importants pour
provoquer une stagnation, et c'est pourquoi un taux d'investissement élevé a
porté ses fruits au Japon mais pas en URSS.`````` Weitzman, Easterly et Fischer
spéculent sur les raisons pour lesquelles l'élasticité de substitution aurait
pu être plus faible en URSS qu'ailleurs, sans parvenir à des conclusions
fermes. C'est une bonne chose, car, comme je vais le démontrer, la valeur de
0,4 est une illusion. La faible valeur mesurée de l'élasticité reflète des
erreurs massives dans la stratégie d'investissement soviétique plutôt qu'une
réelle différence de technologie. Ce n'est pas par pur hasard que ces erreurs
se sont produites dans les années 1970 et 1980 ; en effet, la fin de l'économie de main-d'œuvre excédentaire a posé de
nouveaux problèmes de gestion, et les dirigeants du parti les ont gâchés.
Complexification
de l’économie, bureaucratie et planification inefficace :
Les planificateurs staliniens ont tenté de résoudre le problème de la complexité
inhérente à une économie planifiée en se concentrant sur un nombre limité de
secteurs. En effet, le Gosplan n'a planifié que quelques industries
stratégiques, ciblant les ministères et non les entreprises individuelles.
[....] En 1951, le plan quinquennal du Gosplan a été compilé pour 127 produits,
tandis que les bilans matériels, principal outil de planification, ont été
préparés pour 60 produits, bien qu'il y ait des millions de produits dans la
Russie d'aujourd'hui (Gregory, 2004 : 117, 152). [....] Les techniques précises
telles que les tableaux entrées-sorties ou la programmation linéaire optimale,
qui permettent d'équilibrer l'offre et la demande, n'ont jamais été appliquées
à la planification stalinienne. Le Gosplan prévoyait de produire des biens ou
des services sur une base agrégée plutôt que désagrégée, de sorte que
l'équilibre de l'économie nationale par le biais d'une planification cohérente
était impossible dès le départ. En fait, la planification stalinienne n'avait
pas pour but de parvenir à une économie nationale équilibrée : une croissance
déséquilibrée n'était pas un problème à éviter, mais à tolérer, voire à
encourager.
Dès la fin des années 1950, lorsque les dysfonctionnements de la planification
des bilans matières se sont aggravés, les planificateurs soviétiques ont
commencé à chercher une alternative dans les tableaux entrées-sorties.
Nemchinov a souligné leurs mérites, tout en insistant sur le fait que les
tableaux entrées-sorties étaient originaires de Russie (Ellman, 1973 : 3)7 .
[...]
Toutefois, les tableaux entrées-sorties ont rarement
été utilisés pour la planification soviétique, malgré leurs avantages
considérables. Comme l'a avoué Belkin, l'un des principaux planificateurs de
l'URSS, en 1963, "les techniques d'entrées-sorties ont été suffisamment
perfectionnées mais ne sont pas utilisées dans la planification réelle"
(cité dans Treml, 1967 : 102). Même lorsque les tableaux entrées-sorties
étaient compilés, ils étaient considérés comme une simple expérience plutôt que
comme un véritable outil de planification (Treml, 1967 : 101). Pourquoi
n'ont-ils pas été utilisés ? Dans la planification utilisant les bilans
matières, les planificateurs fixent d'abord l'objectif de la production totale,
X, tandis que la demande finale, Y, est déterminée comme résiduelle. Dans la
planification utilisant les tableaux entrées-sorties, l'ordre est inversé.
Comme le montre l'équation 5.2, le sens de la causalité dans la planification
utilisant les tableaux entrées-sorties va de la demande finale, Y, à la
production totale, X. C'est pourquoi les planificateurs soviétiques ont
critiqué les tableaux entrées-sorties comme étant une approche orientée vers le
consommateur, incompatible avec l'accent mis par Marx sur la production et
l'accumulation. Paradoxalement, la recherche de la cohérence et de l'équilibre
permise par les tableaux entrées-sorties n'était pas ce que voulaient les
planificateurs soviétiques. Leur priorité absolue était de maximiser leur
pouvoir discrétionnaire. En effet, "la crainte de l'abolition du système
administratif d'approvisionnement en biens intermédiaires est au cœur de
l'opposition [à l'introduction d'une planification basée sur les tableaux
entrées-sorties]. Dès lors que la demande de biens intermédiaires est dérivée
de la demande finale dans un modèle d'activité, la raison d'être de l'ensemble
du système administratif d'approvisionnement est remise en question"
(Becker, 1967 : 128).
5 Soviet planning and
the labor-time calculation model: implications for 21st-century socialism1
Sur la restauration du
capitalisme en URSS :
LE PROCESSUS DE
RESTAURATION DU CAPITALISME EN URSS
https://sci-hub.st/10.1111/0008-4085.00103
L’industrialisation menée par Staline a mené comme prévu à une grande
croissance post 50 jusqu’en 70, malheureusement les dirigeants soviétiques
n’ont pas priorisé la croissance intensive assez rapidement menant à une
stagnation après l'épuisement de la croissance :
http://www.centrosraffa.org/public/bb6ba675-6bef-4182-bb89-339ae1f7e792.pdf)
“L’URSS était une économie planifiée de commandement, qui a fonctionné dans des
conditions de la rareté des capitaux, avec la propriété étatique des moyens de
production. La production était orientée vers l’utilisation et non vers la
vente et le profit. Le plein emploi du travail était garanti par la
Constitution. L’État avait le monopole du commerce extérieur. Planification
centrale allouée des ressources pour l’ensemble du processus de production.
Dans la URSS, l’activité économique a été définie et subordonnée aux instructions
d’en haut. Le plan était impératif. Comme le dit Staline (dans ELLMAN, 1979, p.
17) : « les plans ne sont pas des prévisions, mais des instructions ». « Tant
dans sa conception que dans sa mise en œuvre, la planification centrale repose
sur un modèle hiérarchique de l’économie nationale, qui suppose à son tour
l’obéissance et la discipline » (KOWALIK, 1987, p. 390). L’organe central de
planification de l’Union soviétique était la Gosplan (Commission nationale de
planification). Le Gosplan était chargé de l’élaboration des plans de
production."
(pas lu la suite)->(la citation prouve pas que
c'était du capitalisme..? l'étude prouve essentiellement que l’urss n’a pas
assez vite priorisé la croissance intensive et que l’industrialisation menée
par staline a conduit comme prévu à une croissance qui n’a pas été suivi via le
problème mentionné juste avant + d’autres ) (ouais mais c’est marqué “qui a
fonctionné dans des conditions de la rareté des capitaux”)
Le document traite de Cuba
mais parle aussi des relations impérialiste entre celui-ci(alors désigné comme
grand pays anti-impérialiste et socialiste) et l’URSS
http://library.redspark.nu/1976_-_Cuba:_the_Evaporation_of_a_Myth_-_From_Anti-Imperialist_Revolution_to_Pawn_of_Social-Imperialism
Selon une affirmation qui circule en ligne, il existerait un document ou une
communication interne de la CIA datant des années 1950 affirmant que Joseph
Staline n'était pas un dictateur. L'existence de ce document est citée comme preuve que
Staline n'était finalement pas un dictateur, ou du moins que même la CIA ne le
considérait pas comme tel. Cependant, en examinant le document en question,
on constate qu'il ne s'agit en aucun cas d'une déclaration de fait de la part
de la CIA, mais d'un rapport d'informations anecdotiques soumis aux collecteurs
d'informations de la CIA. En tant que tel, ce document est une source
primaire représentant le point de vue d'un informateur anonyme, et non
l'opinion de la CIA dans son ensemble. De plus, ce document est contredit
par des dizaines d'autres documents plus fiables ou plus détaillés obtenus ou
créés par la CIA au cours de la même période, indiquant qu'elle ne croyait pas
que Staline n'était pas un dictateur, contrairement à ce qui est affirmé.
Pour aller plus loin :
Document « euuuuh Staline est pas un dictateur hein » :
Déclarer que « La CIA » aurait conclu quoi que ce soit, et ici donc qu’ils auraient conclus que Staline n’était pas un dictateur, est erroné. Pour commencer, la CIA ne conclut ou ne dit rien en soit, la CIA est une organisation et est donc, logiquement, composée de multiples agents réalisant des rapports, transmettant des informations, etc. Plutôt que de dire « la CIA dit ou pense que... » la vraie question ici est : qui est l’auteur de ce document ? Que peut-on en conclure ? Qu’est ce qui en a été conclu ?
Commençons donc par l’auteur. Tout d’abord, il faut noter de quel type de documents il s’agit : ce n’est pas un mémorandum, ou un document interne ou une ligne officielle, loin de là ; ce document n’est qu’un « Rapport d’information », marqué, par ailleurs, de la mention « Unevaluated information » (ou information non confirmée). Il s’agit donc non pas d’une déclaration de la CIA et encore moins d’une déclaration confirmée, mais d’un rapport transmis A la CIA, dont la fiabilité est encore incertaine.
Qui est l’auteur, donc ? La source ici est cachée ; une chose est certaine cependant, nous savons qui n’est PAS l’auteur. La CIA, en l’occurrence. Puisqu’on ne sait pas qui fait ce rapport, déterminer le sérieux de la source est donc impossible. Est-ce un membre du parti ? Un ambassadeur ? Une autre source ? A quel point cette source connaît-elle réellement le fonctionnement de l’URSS et est-elle qualifiée pour en parler, impossible de le dire.
A l’imprécision de ce mémo il faut aussi ajouter, et ne surtout pas perdre de vue les déclarations de Benjamin Fischer, historien américain spécialiste de l’Est ayant travaillé pour la CIA pendant 34 ans, à savoir « Extreme secrecy, superior counterintelligence, and world-class deception-and-denial operations made the Soviet Union a « Hard Target » in US Intelligence jargon. [...] »
Cet état de fait entraîne que, toujours en citant Benjamin Fischer, « Neither the CIA nor US military intelligence was able to recruit a single agent with access to the innermost secrets of the Kremlin or the Soviet high command ; most agents with lower-level access were caught and shot. »
Donc, la CIA ne dispose pas de sources fiables en interne, puisque les rares sources qui n’ont pas été repérées sont restées aux niveaux inférieurs de l’administration. Qui que soit cette source donc, et nous n’avons aucun moyen d’être sur de qui cela est, il n’est sans doute pas un agent de la CIA particulièrement haut placé dans l’administration soviétique.
Deuxième point, qui aurait pu rédiger cette note est une chose, mais pour quelle raison ? Comment la source a-t-elle eu accès à ces informations ? Qui et pourquoi sont les deux points importants pour évaluer une source. Qui ? On ne sait pas, mais très probablement pas une source haut placée. Pourquoi ? Et bien, encore une fois, dur de le dire. Rien, dans ce mémo, ne permet de sourcer ou d’appuyer l’information donnée. Donc, nous sommes supposés simplement croire une information sans particulièrement de preuves, venant d’une source qui, selon toute vraisemblance, n’est pas particulièrement haut placée… autant dire que, si ce n’était pour le sceau « CIA », personne ne s’intéresserait même à ce document.
Encore une fois, il ne s’agit pas d’un rapport de la CIA, alors… quelle est la raison de ce rapport ? Une stratégie de manipulation ? Une fausse information donnée délibérément ? Une motivation politique ? Peut être même la source était elle réellement convaincue de ce qu’elle disait, mais rien n’appuyant son témoignage et en l’absence de son identité, peu importe la volonté qu’on ne peut de toute façon pas deviner, ce document n’a aucune valeur à ce niveau là.
En résumé, et avant de passer au document lui même :
- Ce document ne provient pas de la CIA ;
- Son origine est inconnue et les motivations du rapporteur également ;
- Son statut est « non confirmé » et non pas une information traitée comme valide ;
- Le besoin de préciser que « Staline n’est pas un dictateur » (déjà précision floue et interprétable de plusieurs façons) dans un rapport aux supérieurs tend à indiquer que cette information ne serait pas connue de la CIA, car nul besoin de dire à ses supérieurs ce qu’ils savent déjà ;
- Les USA manquaient, de toute manière, de sources crédibles et suffisamment haut placées en URSS pour émettre un avis réel sur le fonctionnement exact de l’Union.
Ceci dit, passons maintenant au texte, afin de voir ce qu’il dit réellement :
Premier point « the western idea of a dictator […] is exaggerated » ; cette partie ici met en avant une idée de « pouvoir collectif », et en effet, dans la théorie, le parti et ses institutions comme celles de l’état fonctionnent de manière collective. Sauf que, dire ça ne signifie pas qu’il n’y avait pas de dictatures, simplement que sa nature est incomprise en occident, et que son fonctionnement est plus collégial (et la collégialité est à débattre bien sur, et facilement débunkable).
Mais même en se contentant d’accepter cette collégialité, ceci ne nie pas l’existence d’une dictature ; personne, jamais, n’a gouverné seul. Si le pouvoir soviétique fonctionne comme une équipe et Staline devrait être plus vu comme un capitaine d’équipe, tout ce qui est effectivement dit est que Staline n’est pas un être omnipotent et que le Parti et l’État ne se limite pas à lui, raison pour laquelle, du coup, cet État ou la structure de pouvoir du Parti ne s’effondrera pas avec sa mort.
Ensuite, si la suite de ce premier point met en avant que Staline et Lénine avant lui existaient déjà dans un cadre de « pouvoir collectif », ils sont bien désignés comme des leaders puissants, et la structure même de ce pouvoir, selon ce même point, fait que avec la mort de Staline, et bien son successeur ne devrait pas être capable de s’élever à la même stature.
Ce que dit réellement ce point donc, c’est que le pouvoir collectif, avec la mort de Staline et puisqu’il est difficile d’envisager que son successeur s’élève au même point… le pouvoir collectif devrait s’accroître. Pour finir, ce point finit, ironiquement, en présentant cette situation comme « le moment le plus favorable pour déstabiliser la **dictature** communiste depuis la mort de Staline ».
Plutôt qu'un "débunk des historiens mainstream de l'occident", on est plutôt sur une confirmation exacte des conclusions des travaux menés sur le sujet, à savoir que Staline est un dictateur mais n'est pas tout puissant, simplement le plus puissant d'un groupe qui dirige d'une main de fer une administration puissante.
Deuxièmement, au delà de ce point sur la structure du pouvoir soviétique, le document ne dit ni que le pouvoir serait démocratique, simplement de ne pas surestimer Staline ou encore moins son successeur, ni ne dit que les conditions de vie de la masse sont bonnes (ce même rapport mentionne justement des conditions de vie, des conditions matérielles, et une situation alimentaire particulièrement mauvaise)
Si ce document affirme qu'aucune purge "dramatique" n'est à attendre, on parle bien d'un remplacement des officiels par des personnes plus alignées avec le nouveau pouvoir ; une des raisons de cette déclaration que "aucune purge d'ampleur n'aura lieu" est, d'ailleurs, que le MVD (ministère de l'intérieur) a déjà été nettoyé. Ce n'est donc pas que les purges n'existent pas, mais qu'aucune n'est nécessaire dans l'immédiat puisque le travail est déjà globalement fait et que le nouveau pouvoir devrait prendre la succession sans trop de blocages.
Troisièmement, si la situation apparait, selon ce document, plus appaisée qu'en 1920, ce n'est que parce qu'en 1920 le pouvoir était effectivement plus fragmentée et que Staline a du s'en emparer ; ici, il n'existe plus d'oppositions concrètes au pouvoir central et, en outre, la peur de l'extérieur est utilisée pour cimenter la cohésion et éviter les dissensions.
Le reste n'est pas important en ce qui concerne la structure du pouvoir soviétique, mais discute plutôt de jeux de pouvoir dans la structure, entre différents acteurs, et aux préparations politiques et militaires de la structure soviétique pour faire face à ce qui est vu comme une menace.
Pour résumer rapidement sur ce document :
- On ne connait pas son auteur, mais ce n'est pas la CIA ;
- Son auteur n'est, selon toute vraisemblance, pas haut placé ;
- Il est contredit par des dizaines d'articles et rapports internes à la CIA qui affirment bien que Staline est un dictateur ;
- Ce document ne dit, de toute façon, pas que Staline n'était pas un dictateur ni que l'URSS est une démocratie ou même le devient depuis la mort de Staline ;
- Si aucune purge n'est à prévoir c'est que l'administration est déjà lissée et sous contrôle ferme du pouvoir qui a pris la suite de Staline ;
- Le peuple n'a, de toute évidence, pas son mot à dire, et souffre de conditions d'existences dégradées (ce qui mène à la démission de Malenkov, ministre de l'intérieur).
Non seulement c'est une mauvaise source, donc, mais encore il dit de toute façon précisément que l'URSS est une dictature, simplement en rappelant que Staline n'est pas un dieu.
Did the CIA Conclude That Stalin WASN'T
a Dictator?
Sur Arch getty :
« La figure de Iosif Vissarionovich Staline plane en
effet comme un spectre sur ces événements. En tant que dirigeant politique
le plus puissant de l'État et figure centrale d'un culte semi-religieux en
pleine expansion, il est personnellement responsable d'une grande partie des
massacres*. [...] Nous avons suffisamment d'éléments pour lui attribuer une
participation cruelle et froide aux massacres. Ses empreintes digitales sont
partout dans les archives. » (p. 22)
« Nous verrons au cours de cette étude comment le pouvoir de Staline s'est
accru de manière si spectaculaire tout au long des années 1930 qu'à la fin de
la décennie, il était devenu un véritable autocrate. Bien que la Russie
ait toujours été un pays gouverné par des hommes plutôt que par des lois, les
gens se référaient de plus en plus à Staline ou à d'autres dirigeants dans les
années 1930 pour guider leur comportement et résoudre leurs problèmes. [...]
Même s'il était incontestablement le dirigeant suprême à la fin de la
décennie, il n'a jamais été omnipotent et a toujours évolué au sein d'un réseau
d'autres groupes et intérêts. »
la thèse de getty c'est juste de montrer qu'un dictateur a en effet des contraintes et doit gerer des factions, ce qui est logique
« Parfois, Staline jouait le rôle d'arbitre
ou de contrepoids, équilibrant les intérêts et les groupes divergents. Il
conclut et modifie des alliances avec différents groupes à différents moments,
soit par des déclarations explicites, soit en leur permettant implicitement
d'utiliser son nom et son autorité. » (Introduction, p. 23)
effectivement, parfois les membres du politburo allaient plus loin que lui,
notamment dans les années 30.
Il y avait aussi des "princes féodaux locales" qui avaient leur
propre autonomie et dont il y a eu des tensions pour les contrôler, des rituels
du parti auquel il devait s’y soumettre etc..
ca n'empeche pas que ca reste lui le chef d'orchestre
En mai 1935, Iagoda proposa la peine de mort
pour Kamenev dans le cadre de l'"Affaire du Kremlin". Staline
rejeta l'accusation et commua la peine à dix ans de prison
=> clairement le pouvoir de vie
Staline intervint pour sauver Boukharine
contre l'avis de ses propres lieutenants et du Comité
central, plusieurs fois en 1936
=> peut freiner la machine répressive dcp
« À plusieurs reprises, ils ont non seulement
signé de longues listes de personnes à fusiller, mais ils ont également
encouragé la terreur dans les provinces. Staline a rédigé une série de
circulaires contenant des passages tels que celui-ci : « [...] Toutes
les personnes reconnues coupables de sabotage doivent être condamnées à mort
par exécution [...] »
=> peut condamner à mort
The Road to Terror Stalin and the Self-Destruction of the Bolsheviks, 1932–1939
Updated and Abridged Edition J. Arch Getty and Oleg V. Naumov
formation du capitalisme d’état en russie
Ce livre soutient que la classe ouvrière a été politiquement expropriée par le
parti bolchevique, les organes démocratiques tels que les soviets et les
comités d'usine ayant été privés de leur pouvoir de décision ; il examine
comment la nouvelle classe dirigeante soviétique a commencé à prendre forme. Il
montre comment certains militants ouvriers ont conclu que les principes de 1917
avaient été trahis, tandis que d'autres ont accepté un contrat social, en vertu
duquel les travailleurs étaient assurés d'une amélioration de leur niveau de
vie en échange d'une discipline de travail et d'une productivité accrues, et
d'une cession du pouvoir politique au parti.
l'organisation
politique de l'URSS se présenta comme une dictature de parti ou le pouvoir
était véritablement entre les mains d'une aristocratie politique et non au
mains du prolétariat : le mensonge soviétique a toujours été d'amalgamer la
classe ouvrière aux cadres du parti pour troubler ou se trouvait vraiment le
pouvoir
bien vite les grèves des ouvriers ont été neutralisés par les autorités qui se réclamaient du socialisme pendant que la terreur bureaucratique détruisait toute les oppositions au parti et affirmait le contrôle des soviets par la dictature
il est vite facile a comprendre que l'erreur même vient du marxisme qui se trouva trop tolérant envers l'autoritarisme par ses concepts mal définit car réduire l'Etat a "un simple organisme de domination de classe" c'est nier toute la domination qui en découle pour tout ceux dominés par l'Etat :
"Ou les mots n’ont pas de sens, ou le mot État désigne une machine pyramidale et hiérarchique, qui concentre le pouvoir au sommet, et qui se donne tous les moyens coercitifs et violents nécessaires pour que ce pouvoir centralisé s’impose aux dirigés"
-> il y a bien la preuve dans l'expérience de l'URSS que l'état ne peut jamais être au service du prolétariat (malgré les arguments risibles des léninistes qui subitement oublient l'analyse des structures et des rapports mais parlent en terme de "niveau de vie" et de "condition de travail")
car il se présente continuellement comme supérieur et
autoritaire vis a vis du prolétariat
“Bureaucratie
soviétique, plus forte que l’ancienne bureaucratie tsariste, c’est une classe
privilégiée nouvelle qui, à son tour, peut cruellement exploiter les masses
populaires. Et c’est ce qui est arrivé. Un simple ouvrier touche en moyenne 75
roubles par mois, mais un fonctionnaire soviétique, un « spécialiste », en
touche 1.500. Voilà l’inégalité monstrueuse tolérée dans l’état communiste. La Russie
soviétique est le pays du capitalisme d’État, — non moins exploiteur que le
capitalisme privé. Et cette période provisoire peut se prolonger à l’infini.
Ceux qui y détiennent le pouvoir prendront goût à leur toute puissance ; ils ne
désireront pas ces changements indispensables à l’établissement définitif du
communisme. Le pouvoir deviendra une fin en soi ; on luttera pour le conserver,
le considérant comme un but, et non plus comme un moyen. Conséquences qui ont
échappé [175] aux prévisions de Lénine, lequel, en ce domaine, s’est montré
utopique, — et naïf. Le gouvernement soviétique s’est comporté comme tout
gouvernement despotique, il a mis en action les mêmes moyens de mensonge et de
contrainte, il s’est servi avant tout de sa police et de son armée.”
-Nicolas BERDIAEV : Origine et sens du communisme russe
(1935 ,comme quoi il a pas fallu attendre la déstalinisation pour que l’URSS soit critiquée à gauche et les thèses maoïstes qui considèrent qu’après staline l’URSS tombe dans le révisionnisme sont inexactes vu l’échec du socialisme en russie avant et pendant staline-> conclusion : le soutien du pouvoir ,qu’il soit capitaliste ou se prétend socialiste est toujours incompatible avec la lutte contre les oppressions et la cause des peuples-> les idéologies prônant l’accaparement du pouvoir par une minorité sont inefficaces pour l’émancipation du prolétariat-> le maoisme est une imposture (c’est ainsi qu' il se cache sous des concepts flous et incompréhensibles pour justifier la soumission des masses ,exemple : ce n’était pas les structures politiques et l’organisation soviétique le problème ,mais “les valeurs capitalistes” présentes au seins du parti)
«Ou bien la révolution donne la richesse sociale aux producteurs, ou elle ne la leur donne pas. Si elle la leur donne, si les producteurs s'organisent pour produire et distribuer collectivement, l'État n'a plus rien à faire. Si elle ne la leur donne pas, alors la révolution n'est qu'un leurre, et l'État subsiste.»- Diego Abad de Santillan
Production de nourriture (culture et bétail transformé ou non
confondus) en chine
FAOSTAT (voir critique sur le site)
|
|
1961 |
1978 |
2000 |
|
total de la production en tonne |
383704275 |
744935727 |
1927556178 |
|
augmentation(%) |
0 |
94,1431919% |
158,754696% |
|
croissance par ans(%) |
0 |
3,9797% |
4,4161% |

Sur les violences pendant la révolution culturelle : une
violence non institutionnelle (Mobo Gao : Bataille pour le passé de la chine
Battle for China's Past : Mao and the Cultural Revolution
^
critique plutôt positif servant efficacement à la déconstruction de mythes,
malgré certains biais et lacunes
Review for: Gao Mobo, The Battle for China’s Past: Mao
and the Cultural Revolution, Europe-Asia Studies, vol.61, N.3, May 2009,
un résumé de ses propos :
la violence était très présente au
début de la révolution culturelle, des maisons subissent des raids, des gens
sont jugés comme ennemis de classe et exécutés, des centres de détentions
étaient créés, mais le PCC a décidé de mettre fin a ce genre de terreur, par
exemple avec zhongyao tonggao (notification importante) du 20 novembre
1966, elle disait que personne n'était autorisé à créer des tribunaux de
fortune, des centres de détentions pour persécuter quiconque, toute violation
du décret entrainait sanction en conséquence. La politique du pcc était claire
: yao yao wendou bu wudou (要要文斗不武斗) (s'engager dans la lutte avec les mots, mais pas avec une
agression physique). Mao croyait en le progrès des contre-révolutionnaires
comme Liu Shaoqi et Deng Xiaoping, et les a plusieurs fois réintégrés au parti
après qu'ils aient fait leur "expérience d'apprendre des masses"
comme le témoigne Wang Li. La violence de la révolution culturelle n'était pas
institutionnelle, pas voulue par le parti, même si les paroles et les discours
de mao peuvent entraîner de la violence
https://m.sohu.com/n/393400932/
https://user.guancha.cn/main/content?id=217561
Diabolisation de la révolution culturelle par la
bourgeoisie : haojie (grand malheur de 10 ans)
“Il n'est donc pas surprenant que certains
visiteurs se soient interrogés sur la morale légitimité d'une exposition
Révolution culturelle. Un visiteur a demandé si l'on pouvait imaginer une
exposition comme celle-ci pour Hitler, Staline ou Pol Pot.
L'hypothèse, bien sûr, est que la Révolution culturelle a été une sorte
d'holocauste et que Mao était un monstre comme Hitler [...]L’étiquette haojie est fréquemment utilisée pour se référer à la
révolution culturelle dans les médias chinois, [...] Haojie est ambiguë parce
qu’il peut être un le terme « holocauste » ou un terme traditionnel signifiant
« grande calamité »; « catastrophe ».”
Cai Yingshen indique que Mao était le Hitler de la chine et que la révolution
culturelle était identique au fascisme nazi. Dans Cygnes sauvages, Jung
Chang met les gardes rouges sur un pied d’égalité avec les sections d’assaut de
Hitler. Dans le livre The Chinese Cultural revolution reconsidered : beyond
purge and holocaust, un même
rapprochement est fait. Le livre n’a pas démontré la thèse selon laquelle la
Révolution culturelle était un Holocauste, mais contient des critiques qui font
des hypothèses implicites dans ce sens.
Ces arguments anti-communistes ne sont donc pas fondés et basés sur une
simplification de l’histoire (comme la thèse fortement relatée en occident
selon laquelle la révolution culturelle servait uniquement à renforcer le
pouvoir de Mao perdu pendant le grand bond en avant, ce qui fait de lui un
opportuniste). Si terme haojie est utilisé, les défenseurs de l'ère mao sont alors
accusés de négationnisme.
“Les autorités chinoises post-Mao ont dit aux Chinois et aux
peuples du monde entier que la révolution culturelle a été dix ans de calamités
et que l’économie chinoise a été au bord de l’effondrement pendant cette
période”
Les raisons de la révolution culturelle : désaccord entre
Mao et Liu Shaoqi : la thèse de la lutte entre deux lignes
“Au début des années 1960, Liu ne
semblait pas s’opposer à l’idée que quelque chose devait être fait en Chine ou
que des protestations et des troubles semblables à ceux en Hongrie et en
Tchécoslovaquie se produisirent contre le PCC. Cependant, les deux présidents
avaient des points de vue complètement différents sur les problèmes et les
mesures à prendre. La ligne de pensée de Liu voyait le problème
organiquement comme la corruption de base du PCC par des éléments extérieurs au
parti. La ligne Mao, cependant,
a vu le problème comme étant idéologiquement à l’intérieur du parti. Liu était de
l’idée que les cadres communistes au niveau de base en Chine rurale étaient
soit soudoyés par les anciens propriétaires ou corrompus par des pensées
capitalistes de confort, de plaisir et de cupidité. Il fallait donc prendre des
mesures pour démasquer les cadres détournés et corrompus. En outre, ces mesures
devraient être imposées de haut en bas et par des forces extérieures pour
éliminer ces éléments de corruption. En revanche, la ligne de pensée de Mao
était que la majorité des cadres de la base étaient soit innocents soit
simplement suivaient les politiques d’en haut. La corruption et le détournement
n’étaient que les symptômes d’un problème idéologique plus profond, l’idéologie
des valeurs et des croyances capitalistes. Pour changer fondamentalement
l’idéologie, il fallait prendre des mesures pour corriger les gens à
l’intérieur du parti qui ont fait les politiques. Pour Mao, la mesure
organisationnelle de licenciement ou de punition de tel ou tel cadre au niveau
de la base ne résoudrait pas le problème fondamental. La solution fondamentale
devait venir des changements de valeurs et de croyances, et ces changements
nécessitaient une révolution culturelle.”
“Afin d’éviter ce qui semblait s’être déroulé l’ancienne Union soviétique, Mao
décida de mettre en œuvre ce qu’on appelait le Mouvement d’éducation
socialiste”
“Mao a également
réprimandé Liu en disant que le Mouvement socialiste de l’éducation ne
devrait pas être sur l’argent et la corruption, mais sur une vaste idéologie du
socialisme contre le capitalisme. Contrairement à Liu, qui pensait encore que la lutte de
classe en Chine était entre les communistes et les anciens ennemis de classe
des propriétaires fonciers et des capitalistes, Mao croyait que la nature de la
lutte de classe avait changé après la victoire communiste, que les anciennes
catégories d’ennemis de classe étaient impuissantes et qu’il y avait une
nouvelle classe qui mettait la révolution en danger. La ligne de pensée de Mao
était que le danger de la Chine se transformant en Etat capitaliste ne résidait
pas avec les larges masses à la base mais avec les dirigeants à l’intérieur du
parti qui pourraient prendre la Chine sur une route capitaliste, d’où le terme
de « roaders capitalistes » utilisé pendant la Révolution culturelle.”
On peut donc voir que
le lancement de la révolution culturelle était une réponse logique aux
événements qui sont arrivés après la mort de Staline : réformes économiques
libérales orchestrées par Kroutchev, dont la fin de la planification
centralisée. L’urss a pris une route capitaliste, et la révolution culturelle
avait pour objectif que la chine ne prenne pas la même voie, avec une
continuation de la lutte révolutionnaire après la révolution.
La lutte entre 2 lignes au sein du parti :
“D’autre part, les événements ont prouvé que Liu soit était incapable de
comprendre, ou a refusé de comprendre la ligne de pensée de Mao. Lorsque la révolution culturelle a
commencé à se dérouler, Liu, en charge du travail quotidien, a de nouveau
envoyé des équipes de travail [...] dans les écoles et les universités de
Pékin. Les équipes
de travail ont alors commencé à frapper contre le large secteur des masses
d’anciennes catégories d’ennemis de classe. En conséquence, des centaines et
des centaines d’étudiants et d’enseignants de l’Université de Pékin ont été
pris pour cible en tant qu’ennemis de classe et contre-révolutionnaires.
Certains ont été assignés à résidence et d’autres ont été paradés dans des
réunions de lutte. Mao était en colère et de nouveau accusé Liu de frapper
contre le secteur large afin de protéger le petit groupe de dirigeants, et d’être le leader d’une ligne
réactionnaire; Liu devint ainsi l’une des principales cibles de la
Révolution culturelle. Selon Wang Li, Mao voulait seulement mettre le PCC sur la
bonne ligne idéologique et ne voulait pas s’en prendre à Liu Shaoqi
personnellement. Au début, Mao voulait toujours garder Liu au sein du PCC, mais
voulait aussi que lui et d’autres dirigeants passent par le processus d’une
lutte idéologique afin de régénérer le parti. Quand Liu Shaoqi, Deng Xiaoping
et Tao Zhu (et beaucoup d’autres) ont été officiellement destitués de leurs
fonctions, Mao a dit « à bas avec (da dao) seulement pour un an, au plus deux
ans ». Il a également souligné que s’il y avait une guerre (avec l’Union
soviétique, Taiwan ou les États-Unis à l’esprit à ce moment-là) ces personnes
devraient être rétablis à leurs anciennes positions immédiatement”
Points de vue non officiels sur la révolution culturelle et lutte entre 2
lignes :
“ Également diffusé dans les médias
électroniques (Shui 2006) est le rapport d’un séminaire organisé et auquel ont
participé des hauts responsables de partis retraités du 13 au 15 mai 2006, qui
évalue positivement la révolution culturelle et remet en question la version
post-Mao des événements. C’était
sans précédent à bien des égards : d’abord parce qu’on n’avait jamais entendu
parler d’un tel atelier en Chine auparavant ; et ensuite parce qu’il a été
rapporté dans les médias électroniques pour que tous puissent lire. Les points
de vue suivants ont été exprimés lors de ce séminaire :
• Il est nécessaire de faire une distinction entre les rebelles et les
gardes rouges – les premiers ont été soutenus par Mao pour cibler les « roader
capitalistes » à l’intérieur du parti, tandis que les seconds ont suivi les
bureaucrates du parti en idéologie et en ligne politique.
• Dans la croisade de Deng visant à dénigrer la révolution culturelle, des
membres de l’élite intellectuelle comme Ji Xianlin, Ba Jin, Ye Yonglie et Yan
Jiaqi ont construit un « blocus culturel » contre les rebelles et ont fait en
sorte que les rebelles semblent être responsables de la destruction et de la
victimisation qui a été faite initialement par les Gardes rouges, puis
par les titulaires de postes au sein du parti.
• Les rebelles ont traité les responsables du parti avec humanité dans leur
combat idéologique (prouver ‘-’).
• Mao n’avait pas l’intention de
supprimer tous les responsables du parti, mais voulait qu’ils passent par
l’expérience de l’apprentissage des masses avant d’être autorisés à revenir au
pouvoir (comme le témoigne Wang Li (2001) qui affirme que Mao lui ait dit à
plusieurs reprises personnellement que même Liu devrait être autorisé à être
membre du Comité central du PCC).
• Même au plus fort de la lutte contre les « partisans de la
voie capitaliste », il y avait toujours des instructions selon lesquelles les
gens qui étaient la cible de la lutte devaient être physiquement protégés et
bien nourris.”
• La plupart des soi-disant combats
armés n’étaient pas des combats entre factions rebelles, mais l’oppression
des rebelles par les responsables du parti.
• La plupart des responsables importants du parti ont été appelés à beijin pour
être protégés après quelques sessions de lutte et beaucoup d’autres sont
revenus au pouvoir dans les deux ans qui ont suivi.
• Dans les comités révolutionnaires mis en place pendant la Révolution
culturelle, les représentants de l’armée n’ont jamais pris les représentants
rebelles au sérieux. (note : il aurait fallu une puissante institution
dirigés par des rebels pour qu’ils puissent corriger la ligne ? )
• C’est seulement à Shanghai que la situation a été un peu meilleure pour
les rebelles parce qu’ils avaient le soutien direct du centre. •
• La stratégie de la révolution culturelle de Mao lui a été imposée après que
tous les autres efforts eurent échoué.
• Mao hésitait pendant la Révolution culturelle, mais pensait que les cadres
pourraient être amenés à changer d’attitude par une mobilisation des masses.
• Les ennemis du PCC, comme les propriétaires fonciers, les capitalistes
et les fonctionnaires et officiers nationalistes, ont été pardonnés, mais les
rebelles ont été traités comme des ennemis de l’humanité”
Or tout cela est contraire à la thèse officielle du PCC de 2021 “Ces
points de vue sont contraires à la thèse officielle ainsi qu’aux opinions
dominantes et ne seraient pas autorisés à paraître dans les médias
traditionnels en Chine.”
On peut voir 2 versions des faits par rapport à la révolution culturelle :
comme deux points de vue de classe. Le point de vue bourgeois est relayé dans
les médias (même dans les médias chinois car la ligne réactionnaire a triomphée
et car la chine est actuellement capitaliste), celui qui défend les 40 millions
de morts de Mao, et qui décrit la révolution culturelle comme un des plus
grands crimes contre l’humanité, et la version des masses qui remet en cause la
1ere.
Nous allons voir deux types
de témoignages différents : (au sein des camps de travail de rééducation : niu peng)
“Kong Qingdong et l’étable
« étable » est un terme utilisé par les Chinois pour faire référence à une
pratique pendant la Révolution culturelle lorsque « les mauvais éléments »
ou « niu gui she shen (démons de vache et fantômes de serpent, un terme
chinois traditionnel se référant à des contes populaires sur les mauvais
esprits qui feraient du mal aux innocents et aux faibles) ont été envoyés
dans un camp pour travailler et étudier afin de changer leur mentalité. Le
camp est alors appelé niu peng, un hangar pour les « démons de la vache ». Kong
est un universitaire franc mais très critique du fait que la condamnation du niu
peng (牛棚)(l’étable) dans les mémoires est devenue
une mode, semblable à la mode de l’ère Mao du yi ku si tian (pour rappeler
l’amertume de la vie d’avant 1949 et pour raconter la vie douce d’aujourd’hui).
Aujourd’hui, niu peng
est dépeint comme plus horrible que la prison. Cependant, Kong (2006) soutient qu’une grande
partie de ce qui s’est passé à l’époque, , n’était qu’un xuexi ban(学习班) (un cours d’étude). Pour réfuter l’idée reçue que tout ce
qui a eu lieu pendant la révolution culturelle était mauvais, Kong parle de la
façon dont son père a été mis dans l’un de ces niu peng parce qu’il a
été accusé de porter une fausse carte de membre CCP. Kong rappelle que le niu
peng n’était pas quelque chose de terrible du tout. En fait, son père a pris son fils de six ans avec lui à l’insistance
de Kong et là, ils ont eu un bon moment, avec une meilleure nourriture que
chez eux et beaucoup d’activités collectives. Ils n’avaient pas à travailler et
c’était un peu comme fréquenter une université ou une école : étudier, regarder
des films et dormir. Ou mieux pour Kong, c’était comme des vacances d’été en
camping.”
D'où vient la propagande négative sur la révolution culturelle ? :
simplification de l’histoire
exemple avec l’explication du culte des Etats Unis par le peuple chinois
(manifestations place tienanmen). Beaucoup de camarades pensent que cette
manifestation était basée sur le rejet des réformes de Deng pour retourner à
l'ère mao, or cela n’est pas exacte (source : Mobo Gao) (réfutation de
l’argument : manifestation place tienanmen = rejet socialisme pour capitalisme
donc socialisme pas bien)
résumé :
A la fin de la révolution culturelle, Deng Xiaoping et le nouveau pouvoir
ont directement encouragé la sortie de livres noircissant le bilan de la
révolution culturelle (Les Cygnes sauvages de Jung Chang : raconte
l’histoire d’une femme riche s’étant fait excomuniée et condamné a vivre toute
sa vie comme une paysane, et autres témoignages de ce type) Beaucoup d’auteurs
ont publié des ouvrages sur ce modèle voulu par deng, dans le but que le souvenir
de la révolution culturelle devienne amères. En fait les chinois
identifient leurs souvenirs avec la version de Deng, ce qui fait qu’ils
se rappellent surtout des mauvais moments (tel que les tribunaux de fortune,
les séances d’autocritique, le jugement des ennemis de classes, les camps
d’emprisonnement) et que les bons côtés prennent moins de place. Cela a
aussi rappelé la thèse de la barbarie asiatique, selon laquelle le peuple
chinois serait barbare et commettrai naturellement des atrocités (peut-être
un rapport avec partage de la chine au début du XXème mais vérifier)
Donc le peuple chinois se voit comme barbare et veut prendre le modèle
occidental et américain comme référence. Des témoignages présents dans
le livre montrent que les jeunes chinois des années 80 étaient fascinés par les
Etats Unis, ils aimeraient vivre la bas, ils trouvent le PCC de Deng Xiaoping
immonde et dictatorial, souhaitaient une invasion américaine de la chine, ou
encore soutiennent davantage bush que les américains eux mêmes. Il y a
aussi parmis la population, la propagation de l’idée que les Etats Unis sont
les justiciers du monde, qu'à chaque fois qu’ils interviennent c’est pour le
bien de l’humanité et la démocratie, et à chaque fois que le PCC accomplit
un acte, il est vu comme oppresseur et barbare. Il y a donc un culte de
l’occident et du libéralisme. Et lutter contre le PCC et pour une encore
plus forte libération calquée sur le modèle américain permet aux chinois de se
civiliser selon eux. Aujourd’hui la grande révolution culturelle
prolétarienne est vue comme des années sombres pour la majorité du peuple
chinois, s’étant “civilisé” entre temps.
Cela explique qu’en 89, les jeunes chinois qui n’ont pas connu l’air mao,
défilent place tienanmen contre le PCC et pour une libéralisation encore plus
forte, malgré qu’elle ont été catastrophiques pour le peuple chinois
https://www.persee.fr/doc/receo_0338-0599_1977_num_8_4_2117 :
économie chinoise : le développement de la chine sous mao a permis son avancée
rapide. Sans le socialisme, la chine ne serait pas à un niveau si élevé
actuellement.
(à ameliorer)
Le pays
n’était une democratie ouvriere avec une autogestion, ce sont les directeurs
d’entreprise et l’état qui controlaient la production

https://books.google.fr/books?id=OMdYDwAAQBAJ&pg=PT12&lpg=PT12&dq=directeur+d%27entreprise+yougoslave&source=bl&ots=I1EhU55sfW&sig=ACfU3U0rcfspWcB4MpteleRClenXCqndoA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjPi8aB_K36AhWbhv0HHVzcDzcQ6AF6BAgpEAM#v=onepage&q=directeur%20d%27entreprise%20yougoslave&f=false
L’internationale communiste fait pression sur les élites, ce qui entraîne ainsi à des réformes sociaux supplémentaires:
Le fait de recevoir des invitations du Comintern en 1919 est associée à une augmentation de l'indice des programmes de redistribution d'environ 50%. De plus, le coefficient du comintern est associé aussi à une diminution de 10 heures de travail

Structure de base de la vie
politique théorique de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques

Structure du gouvernement Soviétique
Comment fonctionne le gouvernement sous Lénine ?
Base théorique :
- Dégoût du parlementarisme ;
- Système de la Duma « une parodie de l’idée de représentation populaire » (Lénine), limité et faible ;
- Critique du parlement qui détache le public de son gouvernement en faisant du vote l’alpha et l’oméga de la participation politique ;
- Pour les marxistes de plus le parlement n’est pas au dessus et arbitre des conflits politiques de la société mais sa représentation et donc dominée par les bourgeois. Le parlement ne peut donc pas servir pour mettre fin à l’oppression de la classe bourgeoise, qui l’a créé ;
2 références principales pour comprendre Lénine et sa vision du gouvernement :
- L’état et la révolution (pré Octobre) : le gouvernement et l’état tel qu’il est, est le résultat des rapports de classe et de la domination bourgeoise, et s’en emparer n’est donc pas une solution, il faut le briser et le remplacer par une nouvelle organisation représentative d’une nouvelle forme de production ;
- The Immediate Tasks of the Soviet Government.
Globalement, selon Lénine, le gouvernement bourgeois sépare les pouvoirs et sépare le peuple du pouvoir. De plus, la séparation des pouvoirs limite la possibilité pour le peuple d’avoir un contrôle démocratique sur une fonction précise de l’état.
La solution de Lénine est de fusionner les trois branches pour que le même corps combine les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires et soit entièrement soumis au contrôle démocratique, de cette manière, il n’y a plus l’état et les citoyens, mais une vie politique entièrement sous le contrôle des citoyens qui par la représentation prennent collectivement les décisions.
« The whole point, however, is that this ‘sort of parliament’ will NOT be a parliament in the sense of a bourgeois parliamentary institution. » La solution imaginée est donc non de supprimer la représentativité, mais au contraire de faire en sorte que le pouvoir politique s’étende bien plus et englobe toute la société, tout en impliquant à tout instant toute la société au-delà de simples élections.
Pour éviter la séparation entre les citoyens, les politiciens et la bureaucratie donc Lénine envisage les trois rôles comme un seul rôle joué à chaque instant par chaque citoyen.
« Any workers, whether housekeeper or cook, could and should administer the state. »

Ce système présente déjà des failles assez évidentes : au-delà de la
concentration des pouvoirs, la vie politique est traitée comme si l’opposition
n’existait pas et que les travailleurs seraient tous d’accord à chaque instant.
Il n’est pas concrètement possible pour un membre du parlement de ne pas être
responsable d’une loi qui passerait, quand bien même il serait contre, car
c’est le même qui devrait la mettre en place.
Prenant la classe comme la source du conflit politique, la classe des travailleurs est traitée comme une entité unique avec des intérêts similaires et qui n’auraient pas de vrais conflits politiques internes.
Se basant en partie sur la vision de J.J. Rousseau, Lénine prend le présupposé d’une volonté générale du groupe, mais là où Rousseau en fait une volonté générale du peuple, Lénine la pose comme volonté générale d’une classe. Lissant les intérêts et conflits internes aux membres d’une classe, il définit une volonté générale du prolétariat ; intérêt qui, bien sûr, doit être décodé par le parti, plus avancé et plus conscient, l’« Avant Garde ».
Résultat, en une phrase (se référer aux graphiques 1 et 2 pour plus de détails) : « The constitution does not at all distinguish legislative organs from executive ones, it only communicates to different bodies a different volume of legislative and executive power. »
Chaque organe, et notamment l’organe « suprême » du pays, le CEC est organisé en conseils qui inclut des délégués de conseils, notamment du All Union Congress of Soviets, mais aussi des représentants élus et des spécialistes extérieurs au parti sur différentes questions ; en pratique pourtant rapidement le principe de gouvernement en conseil est déjà en doute avec le fait qu’un conseil est plus ou moins dirigé par un « président », comme donc pour le Presidium of the CEC (graphique 2) dont on pourrait considérer, de facto, le président comme « président de l’URSS ».
L’organisation se complique en rajoutant, à côté, le Parti Bolchévique. Si la tâche des institutions classiques est de gouverner le pays selon les principes énoncés plus haut, le parti a, lui, pour tâche de servir d’avant-garde du prolétariat et de représenter sa volonté. Comme on le voit (graphique 2) donc, le parti est présent à tous les échelons pour surveiller et contrôler les décisions politiques dans les soviets afin de s’assurer que la volonté du peuple soit faites (rappel, 472 000 membres sur 145 000 000 de citoyens).
Pour citer Lénine sur la question dans « Le communisme de gauche » (1920) : « No important political or organizational issue is decided by any state institution in our republic without the guidance of the Central Committee of the Party ».
Il est clair donc que les institutions politiques ne sont donc vues que comme un outil entre les mains du parti, et que le pouvoir réel, dès le départ, est entre les mains du Comité Central du Parti.
Le Sovnarkom sur le papier est un corps exécutif dépendant du parlement qui lui, au départ, est toujours pensé comme un organe qui peut représenter une certaine diversité politique (i.e. plusieurs partis existent etc.). Mais dans les faits rien ne limite réellement le pouvoir du Sovnarkom ; Lénine envisage plutôt le Sovnarkom comme un conseil bolchevique gouvernant et pouvant agir rapidement pour imposer la volonté du parti. Il est donc aussi et surtout un contraste avec le CEC qui, lui, est toujours mixte politiquement parlant.

Dès la prise du pouvoir en 1917, Lénine passe la déclaration en image 4, dont voici le texte en version anglaise :
1. Until the convocation of the Constituent Assembly, the drafting and
publication of laws shall be carried out in accordance with this resolution
by the Provisional Workers’ and Peasants’ Government, elected by the
All-Russian Congress of Soviets of Workers’, Soldiers’, and Peasants’ Deputies.
2. Each draft law is submitted for consideration to the Government from the
relevant ministry under the signature of the relevant people’s commissar or
from the legislative proposals board established under the Government
directly under the signature of the head of the department.
3. After approval by the Government, the final version of the adopted resolution
is signed in the name of the Russian Republic by the Chairman of the Council
of People's Commissars or by the People’s Commissar who submitted it to the
Government for consideration, and is published for general information.
4. The date of entry into force of the resolution is considered to be the date of its
publication in the official "Gazette of the Workers’ and Peasants’ Government.”
5. The resolution may also specify a different date for its entry into force,
or it may be put into effect by telegraph, in which case it is considered to
have entered into force in each locality upon the publication of the
corresponding telegram.
6. Publication of legislative resolutions of the Government through the
Governing Senate is abolished. The Department of Legislative Proposals
under the Council of People’s Commissars periodically publishes collections
of government regulations and orders that have the force of law.
7. The Central Executive Committee of the Soviets of Workers’, Soldiers’, and
Peasants’ Deputies has the right at any time to suspend, amend, or repeal
any Government decree.
En résumé, Lénine dote le gouvernement provisoire Bolchévique de tous les pouvoirs, et fait passer chaque loi sous le contrôle et l’approbation des commissaires du peuple, dont il est à la tête ; s’il reconnaît le pouvoir du parlement de s’opposer aux décisions du gouvernement Bolchévique, il dote pourtant son gouvernement du pouvoir de passer des lois de manière unilatérale. Et ça ne s’arrête pas là puisque seulement 6 jours après, lorsque des plaintes s’élèvent au parlement concernant des lois passées sans l’accord du parlement, la faction bolchévique du parlement, alors majoritaire, passe une loi déclarant que « Le parlement soviétique ne peut pas s’opposer à la promulgation par le Conseil des Commissaires du Peuple (Sovnarkom) de lois urgentes sans consultations du CEC. »
Si la même loi cimente aussi le pouvoir du CEC pour avoir un contrôle général des activités du Sovnarkom, la forme que doit prendre ce contrôle ou la façon dont le remplacement des commissaires par le parlement doit s’effectuer n’est pas spécifié ; le Sovnarkom est donc doué de pouvoirs d’exception et le contrôle et contre pouvoir n’est que théorique.
Le 30 novembre 1917, une nouvelle ordonnance est passée, afin de s’assurer le soutien des SR de Gauche, qui réaffirme la dépendance du Sovnarkom au CEC. Tous les actes législatifs, les actions pour lutter contre les forces contre révolutionnaires, etc. doivent être soumis au CEC ; une fois par semaine, chaque commissaire doit présenter un rapport au CEC. Mais encore une fois, le texte est vague sur les délais, en dehors du rapport du commissaire au CEC, et ne pose qu’un cadre très théorique au pouvoir du Sovnarkom qui, par manque de spécification de ce cadre, reste toujours aussi puissant. De plus, le Sovnarkom peut toujours passer des lois sans consulter le CEC, l’ordonnance dote le CEC du pouvoir d’objecter à une loi et de la réexaminer, mais le Sovnarkom peut passer malgré tout autant de loi qu’il désire entre temps.
Résultat, sur 480 lois passées sur la première année de pouvoir bolchévique, 68 d’entre elles seulement seront examinées par le CEC. Dans un discours au CEC, Yakov Sverdlov alors président du Comité Exécutif Central, déclare le premier avril 1918 : « [CEC Members] count on the CEC as a legislative body, and Sovnarkom as an executive body. And each of you, if you closely followed the activities of Soviet power, noticed that such a separation of executive and legislative power does not correspond to the activities of the Soviet Republic. Sovnarkom is the direct organ of power, as such, legislative, executive, and administrative. »
Le CEC s’affaiblit encore par sa transformation en organe non permanent qui se réunit tous les 2 mois (7ème congrès des soviets, décembre 1919).
Avec le temps plusieurs facteurs vont mener au déclin complet du pouvoir du CEC :
- Expansion du nombre des soviets avec l’intégration des soviets paysans ;
- L’expulsion progressive des autres partis politiques ;
- L’interdiction par Lénine, en 1921, des factions internes au parti : les votes du parti bolchévique, de fait, ne pouvaient être qu’unanimes sous peine d’expulsion du parti.
- La difficulté de réunir autant de monde et le désagrégement progressif du nombre de membres minimums pour ouvrir une session.
Concrètement, le CEC finit rapidement contrôlé par les Bolchéviques, qui de toute façon contrôlaient déjà le Sovnarkom, et ne joue alors plus de rôle réel puisque, si deux organes peuvent passer des lois, autant les passer directement au Sovnarkom.
La fin de la collaboration avec les SR de Gauche marque une étape importante dans la fin de l’importance du CEC, et surtout, permet d’affirmer plus concrètement la volonté de Lénine sur la structure de l’état et la non séparation des pouvoirs.
Organisation du pouvoir :

Comme on peut le voir, l’organisation de la vie politique de l’URSS se fait en partant du bas, par les soviets locaux, qui envoie leurs délégués aux congrès supérieurs, qui en plus d’élire un comité exécutif, font de même au niveau encore au
dessus, jusqu’à arriver au Congrès des Soviets, dont nous avons parlé plus haut et, en outre, chargé de l’élection du CEC.
Chaque étage forme une forme de gouvernance locale, dirigé par un présidium au niveau local, et élis des commissaires par les mêmes mécanismes que ceux décrits pour le pouvoir central.
Chaque étage est donc à la fois responsable horizontalement envers le comité et donc le congrès qui l’a créé, mais aussi verticalement responsable devant son supérieur, i.e. les congrès régionaux sont inférieurs au congrès des soviets, mais supérieurs aux congrès provinciaux, et le comité exécutif régional à la fois répond devant le CEC et a une autorité sur les comités exécutifs provinciaux et régionnaux.
Les élections de chacun de ces niveaux de gouvernement est basée sur des listes créées par le parti bolchevique de part son contrôle des soviets, la « Proekt Sostava ».
Ainsi, combiné au contrôle idéologique sur le parti, le pouvoir du dit parti sur les élections et les listes fait que, en dépit de la théorie de la constitution, dans les faits le parti décide intégralement de qui sera élu, où et quand.
Dans une lettre de Décembre 1919, Adolf Abraham Joffe, membre du parti bolchevique et plusieurs fois élu à des postes importants, avant et par ailleurs après cette lettre, écrit : « According to our unwritten constitution, all elections to the central Soviet and party institutions are made according to lists actually drawn up by the Central Committee of the RCP. »
Dans cette lettre (A. A. Ioffe to the Central Committee of the RCP(b) and V. I. Lenin), Joffe exprime son insatisfaction de n’être pas apparu sur les listes du Parti ; par la il confirme bien dans ce qu’il appelle la constitution non écrite, que c’est bien le parti et non la volonté populaire qui décide des délégués à chaque échelon. Après tout, on est pas élu si on ne se présente pas.
La hiérarchie des soviets prend ici tout son sens, donc ; les niveaux supérieurs préparent les listes de candidats pour leurs élections, puis font passer au niveau inférieur un set de spécifications que la liste à préparer au niveau inférieur devra suivre ; par exemple, en 1921, une circulaire du parti ajuste le nombre d’indépendants élus de 25 à 33 %. Ainsi, les niveaux plus locaux ont déjà un profil type assez précis de ceux qu’ils doivent élire pour les soviets.
Ce contrôle du parti se double d’une Nomenklatura du parti qui se charge d’approuver les élections à tous les niveaux par différents niveaux de contrôle, permettant pour citer le 12ème Congrès du Parti Bolchevique en 1923 « The Congress notes with satisfaction the improvement of the organization apparatus of the Central Committee […] which must now play a particularly large rôle in the correct distribution of forces to ensure that the party exerts real leadership in all areas of administration without exception. »
Le Congrès, de plus, compte des membres issues pour certains d’organisations publiques ou officiers de l’armée, certains élus certains choisis, et surtout, des membres issus du CEC… sachant que le Congrès a pour mission, une d’entre elles du moins, de voter pour le CEC. De plus il faut garder en tête que le Congrès n’est pas une institution qui a pour objectif de se réunir à temps plein et de voter des lois ; le Congrès se réunissait par sessions, et en fonction des années le nombre de ces sessions a pu varier, entre 1917 et 1921 le nombre de sessions était fixé à 2 par an, entre 1922 et 36, une par an.
Mais là encore la théorie est démentie par les faits. Ainsi si entre 1917 et 1921 le congrès se réunit 8 fois, dont 5 sur les deux premières années et seulement 1 fois par an pour les trois années suivantes, entre 1922 et 1936 le congrès ne se réunit que 8 fois supplémentaires avec des temps variants entre 1,5 et 4 ans entre chaque congrès.
Mais son objectif n’est, de toute façon, pas réellement de passer des lois. S’il est dans le pouvoir du Congrès d’approuver ou réexaminer une loi, et la constitution elle même sera approuvée au Congrès, ce n’est cependant pas là que se font réellement les lois. Sur 2514 lois et résolutions passées entre 1917 et 21, le Congrès est directement responsable de 34 d’entre elles.
Le CEC reçoit de toute façon le pouvoir d’amender la constitution elle-même provisoirement à tout instant, à condition de présenter le changement au prochain Congrès. Congrès qui peut avoir lieu à n’importe quel moment, et pas forcément au plus proche.
Le réel objectif du Congrès des Soviets est en fait de se faire le relais des revendications et des demandes des Soviets inférieurs de façon à ce que le gouvernement central en prenne connaissance.
Le CEC :
Le CEC, élu par le Congrès des Soviets est, dans les faits, composé de membres choisis à l’avance et voté par acclamation lors du Congrès. Dans la théorie, le CEC doit se réunir au moins 3 fois par an mais, dans les faits, entre 1923 et 1937, le CEC se réunit 24 fois, avec seulement 2 années où il y aura 3 sessions, 1923 et 1927, et 2 années où aucune session n’a lieu, 1930 et 1932.
Chaque session durant entre 1 et une douzaine de jours, au total, sur 15 ans, le CEC se réunit 147 jours (pour mettre en perspective, c’est environ la durée totale d’une seule année de sessions d’une institution comme le congrès américain à la même époque).
Cette limitation des sessions est, naturellement, directement causée par le rôle diminué du CEC dans le gouvernement du au pouvoir accordé largement au Sovnarkom dès novembre 1917.
La composition, bien que largement fixée par des listes, suit des règles qui divise le CEC en 2 parties, d’un côté le conseil de l’Union, qui représente le peuple au sens large, et de l’autre le conseil des nationalités, représentants locaux des régions/républiques.
En 1919 s’ajoute une résolution qui fait que, plus que des membres élus, les membres du CEC seront des représentants provinciaux, des activistes et spécialistes de tous domaines afin de donner un rôle plus consultatif, permettant au pouvoir central de dominer tout en maintenant un lien avec les provinces.
Les réalités politiques du CEC s’illustrent dans sa composition en terme de membres, que l’on peut voir sur le graphique suivant :

Le rôle du CEC, composé d’officiels et employés de tout le pays, avec des
responsabilités locales et qui ne peuvent donc pas nécessairement toujours se
rencontrer, passe donc d’un organe législatif à un organe consultatif, comme
dit plus haut, dont le rôle se limitera en outre à approuver les lois passées
par le Sovnarkom lorsqu’il se réunit.
Le CEC est, en outre, dirigé par un Présidium, conseil de plusieurs membres du CEC qui tient le rôle double de Présidence du CEC ET d’assemblée en elle même. Plus précisément, chacune des ailes du CEC (Nationalités et Union) est dirigée par son propre Présidium composé de 7 membres ;
Ces 14 membres totaux, et 7 autres approuvés en session, composent le Présidium du CEC au complet.
Le Présidium est lui même « dirigé » par un secrétaire, et un président, qui sera plus tard rejoint par des présidents représentants les différentes RSS.
Le Présidium a le pouvoir d’agir au nom du CEC, et d’approuver les lois comme le fait le CEC. Comme le décrit Nikolai Krestinsky, Secrétaire du Parti Communiste de Russie : « The Presidium of the CEC was granted the right to approve on behalf of the CEC particular decisions of Sovnarkom […] Exceptional cases where the CC of our party, in controlling and directing the work of our central organs, arrives at the conviction that this or that decree […] should be adopted by the CEC, but for technical reasons it is impossible to convene a plenary meeting of the CEC… the decree is put through the Presidium of the CEC. » (Discours devant le 9ème Congrès du Parti, 1920)
Un autre rôle central du Présidium, bien sûr, est d’approuver de façon régulière la nomination des Commissaires. Naturellement, si sur le papier le Présidium possède le droit de rejeter ou d’approuver une nomination, ils reçoivent, dans les faits, la liste des Commissaires par le Premier (sorte de premier ministre, préside le Sovnarkom, rôle d’abord tenu par Lénine) et l’approuve unanimement. Au delà de ça, le Sovnarkom nomme régulièrement des membres sans se donner la peine de soumettre cette nomination au Présidium.
Le Sovnarkom :
En résumé à très grosses lettres, le Sovnarkom, Conseil des Commissaires du Peuple, est un conseil des ministres, et les Commissaires peuvent être envisagés comme des ministres. Mais, dans les faits, les Commissaires dirigent leurs commissariats de manière collégiale, avec divers élus et représentants, et ne sont au Sovnarkom que comme représentants de ces conseils, et à ces conseils comme représentants du Sovnarkom.
Bien sur, les pouvoirs spéciaux notamment pour trancher et le pouvoir de « dernier mot » accordé aux Commissaires permet un pouvoir particulier des Commissaires, mais il ne faut pas, pour autant, considérer les Commissaires comme de simples Ministres avec un pouvoir unique, du moins pas au départ, puisque la pratique dévie rapidement de la théorie.
Le Sovnarkom se réunit presque tous les jours, parfois plusieurs fois par jour, cependant, tous les Commissaires ne s’y rendent pas toujours, en fonction des disponibilités mais aussi de l’ordre du jour des sessions. En outre, des membres extérieurs sont fréquemment invités pour assister aux séances, comme ce fut le cas par exemple de Yakov Sverdlov ; parfois ces invités ont même un droit de vote aux sessions, lorsque cela s’avère pertinent pour passer une loi.
Lénine met aussi en place plusieurs institutions au sein du Sovnarkom ; le « Petit Sovnarkom », par exemple, est chargé de préparer des lois, que le Premier (lui, à ce moment là) approuve. Naturellement lorsque la loi est importante elle fera l’objet de débats et de vote au Sovnarkom mais il est important de noter que la décision du Premier est en théorie finale puisque c’est lui qui approuve la loi.
Avec le début des troubles puis de la guerre civile, est aussi créé un « Conseil de défense des Paysans et Travailleurs » entre 1918 et 1920, mais qui sous la forme du « Conseil du travail et de la défense (STO, Sovet truda i oborony) » perdurera jusqu’en 1937. Ici des membres du Sovnarkom ou même extérieurs se réunissent dans le cadre de décisions concernant les politiques industrielles, économiques et de production relatives à l’économie de guerre. Les pouvoirs de ce conseil, dans les faits, ne sont pas définis constitutionnellement et sont donc difficiles à définir clairement.
Parmi ses membres on peut citer évidemment Lénine, mais aussi Trotsky (Commissaire aux affaires militaires), Krasin (Commissaire du peuple au commerce extérieur), Nevsky (Commissaire au transport), Briukhanov (Commissaire aux finances) et Staline (Commissaire aux Nationalités de la SFSR de Russie).
Dans les mêmes périodes on peut mentionner la création de la police politique (Cheka → GPU → OGPU → NKVD → MGB), crée pour les mêmes raisons à savoir lutter contre les troubles contre révolutionnaires, réactionnaires, etc. et donc le chef siège également au Sovnarkom. La police politique possède, au départ le droit de tirer à vue sur toute personne suspectée d’être contre révolutionnaire ; le GPU perd, sur le papier, ce droit, mais les activités de répression politiques deviendront une marque de fabrique de la police secrète de l’URSS.
Le Sovnarkom au fil des années voit son fonctionnement se complexifier ; avant chaque session les commissaires devaient lire et préparer des rapports assez détaillés, près de 50 pages en moyenne avec parfois plus de 200 pages de documentation ; de plus, le nombre de commission (réunissant quelques commissariats pour une mission précise) grandissant complexifie encore la machine administrative et bureaucratique qui se met en place.
De plus, à mesure que des organisations sont créées, certaines touchent des domaines qui se recoupent ; ainsi le Conseil Suprême de l’Économie Nationale doit gérer l’économie, et réunit des commissariats aux finances, au travail et au commerce. Mais le Conseil de Défense gère aussi l’économie. Et le Comité d’État pour la Planification (futur Gosplan)… gère l’économie.
L’absurdité atteint un point où une commission est formée pour discuter du développement des rouages internes de l’administration, particulièrement en ce qui concerne… le nombre de commissions.
Pouvoir judiciaire :
Sous la première constitution de l’URSS, aucune cour suprême n’est formellement créée ; elle le sera plus tard, par décret. Mais cette Cour Suprême ne doit pas être regardée comme un organisme judiciaire indépendant du pouvoir ; dans les mots de son président de 1924 à 1938, A.N. Vinokurov, la Cour Suprême de l’URSS doit plutôt être envisagée comme un consultant légal, qui n’a pas le pouvoir de rejeter une loi, mais émet simplement un avis qu’il soumet ensuite au Présidium du CEC, dont il dépend ; c’est ensuite le Présidium qui prend une décision. Pour citer, encore, Vinokurov : « The functions of a Constitutional Court belong entirely to the Presidium of the CEC. »
Nous
avons donc vu la structure concrète du pouvoir soviétique sous Lénine :
- Ses bases théoriques, la vision d’une démocratie centralisant les
pouvoirs ;
- L’organisation réelle de la hiérarchie des pouvoirs et des imbrications présentées par ce système ;
- Les différentes branches (CEC, Soviets, Sovnarkom, commissions, pouvoirs judiciaires, et influence globale du Parti Communiste de Russie) et les interactions et liens de subordination qui les relient.
Nous avons vu, aussi, comment le Parti s’assure de garder la main sur le pouvoir et ce dès Lénine, et comment la Volonté Populaire est interprétée et traitée par les instances politiques.
Nous avons vu, enfin, par quelles mesures et à quel rythme le pouvoir Bolchevique et sa bureaucratie s’installe.
Reste une question ; cette organisation, le fonctionnement interne de l’URSS correspond il à la vision de Lénine où est elle une dégénérescence lui ayant échappée ?
Pour répondre à cette question, il nous faut nous intéresser à un autre ouvrage de Vladimir Lénine, moins connu que son célèbre « L’État et la Révolution », à savoir : « The Immediate Tasks of the Soviet Government ».
Cet écrit, paru en 1918, est une suite directe au premier, et s’inscrit dans une évolution de la pensée de Lénine qui, face aux troubles internes, se voit obliger d’amender, délayer voir abandonner certaines des mesures qu’il mentionne dans « L’État et la Révolution » et, pour le citer, « retreat from the principles of the Paris Commune ».
Parmi les différences avec le premier texte, on peut noter la vision de la bureaucratie. Pour Lénine, avec le temps, la bureaucratie ne pouvait que diminuer et se simplifier… mais l’expérience et ce que nous avons vu plus haut démontre le contraire, ce que Lénine concède dans ce texte, mais :
1) Attribue au développement économique faible et encore insuffisant de la Russie et
2) Entends combattre en resserrant le lien entre l’administration et le peuple (comme dans son premier texte où Lénine entends faire de chaque citoyen un co-administrateur, afin d’éviter une classe bureaucratique en tant que telle.)
Mais dans ce texte, Lénine s’éloigne malgré tout de l’idée de base qui était que « chaque travailleur, domestique ou cuisinier peuvent et doivent diriger l’État » ; car le peuple, finalement, est jugé comme non prêt, et doit être formé à ça… sous la bienveillante direction du parti, naturellement.
Penchons nous d’abord sur les principales prescriptions de Lénine sur ce que devrait être un gouvernement :
1) Des élections et une rotation des membres pour chaque organisme ;
2) Un rappel immédiat possible (mandat révocable) ;
3) Des salaires fixés au niveau de ceux des travailleurs.
Commençons par les salaires. Si, en premier lieu, les salaires des commissaires sont égalisés entre eux, et que Lénine refuse notamment plusieurs occasions d’augmenter son salaire, les salaires de l’administration sont, cependant, fixés selon un système de grade ; ainsi tous ne reçoivent pas les mêmes salaires, et les commissaires sont toujours plus payés. Au delà de ça, pour permettre au gouvernement de travailler correctement, Lénine sait avoir besoin d’experts bourgeois, et il admet donc, et déclare ne pas vouloir le cacher au peuple, que le gouvernement s’assure le recrutement de ces experts par des salaires extrêmement élevés.
Ces experts pouvaient être payés jusqu’à 6 fois le salaire d’un travailleur qualifié, souvent plus même que les commissaires eux-mêmes ; mais les limitations de salaires envers les membres du parti, commissaires, etc vont elles aussi rapidement se relever. Et ça ne se limite pas aux salaires puisque les membres de l’administration et surtout du parti bénéficient d’avantages non salariaux, comme de meilleurs logements, une priorité au rationnement, des vacances, etc.
Pour illustrer le fonctionnement des commissariats et de leurs directions, l’incident du commissariat au travail, dirigé en 1918 par Alexander Shliapnikov. Une loi est passée par décision du Collegium du commissariat afin de combattre le népotisme, et mène au renvoi de plusieurs employés. Lorsque Shliapnikov, absent lors du passage de cette loi, revient, il réembauche rapidement les personnes ayant été renvoyées. Une dispute légale s’en suit qui aboutit au renvoi de Shliapnikov et la promotion de plusieurs de ses opposants politiques au sein du Commissariat.
De cet événement on peut tirer plusieurs choses :
- Le Commissaire n’est pas tout puissant et les membres du Commissariat peuvent s’opposer à ses décisions et faire appel auprès du Présidium ou du Sovnarkom ;
- Les conditions strictes d’appel, les méthodes pour le faire et l’interprétation de certains textes constitutionnels est encore très flou même pour les concernés ;
- Ce n’est pas une Cour constitutionnelle qui se saisit de l’affaire et tranche mais bien le Parti ;
- Et justement, c’est le parti qui par délibération interne qui tranche et non pas quelque institution que ce soit, même Sovnarkom.
La collégialité va de toute façon rapidement décliner. Rapidement apparaît un désir de prendre plus rapidement et de manière plus efficiente les décisions qui s’imposent ; pour répondre à ce besoin d’efficacité et de rapidité, Lénine défend dans son ouvrage de 1918 un management « Dictatorial », aux pouvoirs illimités, dont la volonté prime et doit être obéit. Lénine défend que cette vision ne s’oppose pas à une vision démocratique ; au contraire selon lui « La dictature des individus fut souvent l’expression, le véhicule, le canal de la dictature de la classe révolutionnaire ».
A l’idée de dictature d’une classe développée par Karl Marx, dans cet ouvrage donc Lénine ajoute l’idée d’une dictature d’individus aux pouvoirs illimités en tant que représentants de cette classe.
Une série de décrets confirme cette vision de la pire des manières ; les collèges se réduisent, et leurs membres ne sont plus élus depuis la base mais choisis par le Sovnarkom et le Parti ; Lénine déclare que les collèges, importants pour la première phase de la révolution, sont à présent un frein et prône un accroissement des pouvoirs individuels, vision qui, si elle est au départ minoritaire, est finalement adoptée par le parti.
Structure du Parti :
Pour commencer, il faut évidemment poser 2 bases ; la théorie, et la pratique. Et ce sont ces deux aspects mixés qui expliquent le fonctionnement du Parti Communiste.
En théorie donc, le Parti est une organisation privée ; le fonctionnement et les élections des Soviets ne le concernent pas, et il a son propre fonctionnement ; les membres du parti ne sont pas les membres du gouvernement, tout du moins ce sont des fonctions bien différentes.
En pratique, pour citer Staline dans une lettre de 1930, « Le Parti et les Soviets sont entrelacés, et complètement inséparables l’un de l’autre. ».
Ces deux bases posées, penchons nous sur le fonctionnement du Parti :
- En tant que structure privée, contrairement aux Soviets auxquels participent tous les citoyens, tout le monde n’a pas son mot à dire sur le fonctionnement interne du Parti. Et en devenir membre n’est pas aussi simple que de simplement demander à rejoindre, comme le montre les chiffres du Parti (~470 000 membres, pour 120 millions d’habitants) ;
- Pour devenir membre du Parti, il faut que les recrutements soient ouverts, premièrement, mais aussi être recommandés par lettre par 2 personnes déjà membres du Parti. Ensuite, le « CV » des candidats est examiné, leur comportement, leur background (classe et famille), leurs compétences, etc ;
- Ce fonctionnement, les difficultés pour être acceptés comme membre ou même comme candidat font que, au plus haut avant 1937, le nombre de membres du Parti plafonne à 2,2 millions (1,5% de la pop.), 3,6 millions en comptant les candidats (2,1%) ;
- Les membres sont organisés en cellules locales du Parti, représentants les différentes organisations : pour simplifier, on peut dire que là où on trouve un soviet, on trouve une cellule du Parti. Par exemple, dans une université, on trouverait un Soviet de l’université, et donc, une cellule du Parti pour cette université ;
- Les cellules locales ont pour tâche d’organiser le travail de propagande, de recevoir et transmettre / exécuter la volonté du Parti, et en outre, ils participent aux élections internes au Parti.
Pour résumer, en parallèle strict de l’organisation de l’administration, une administration du Parti existe aux mêmes niveaux.

Bien sur, de la même manière que pour le gouvernement, la hiérarchie démocratique interne du parti est largement une théorie. Ce Parti est, après tout, une organisation privée.
En théorie, les cellules locales du Parti élisent des délégués, qui vont aux conférences supérieures (départementales, provinciales, régionales, jusqu’au congrès du Parti). De cette manière donc, le parti présente une démocratie interne qui permet à un tel parti de masse de prendre des décisions collectives par le pouvoir de la représentation.
Dans les faits, cette théorie est faussée à deux niveaux ; premièrement, l’opposition n’est pas réellement permise. L’élection a concrètement plus à voir avec des noms qu’avec des idées, et s’opposer à la ligne du parti même dans le cadre d’élections internes peut amener à l’exclusion définitive du Parti.
Et ceci ne vient pas nécessairement « d’en haut », même si ce sera également fréquent ; les luttes politiques internes peuvent parfois aboutir à ces mêmes résultats.
Deuxièmement, parfois cela vient EFFECTIVEMENT d’en haut. Car si les élections locales permettent d’élire délégués et secrétaires, et bien au final, c’est le Parti qui a le dernier mot. On peut, par exemple, noter en 1923, le Comité de la Province de Tomsk élit donc Secrétaire de la branche provinciale du Parti Vasily Stroganov… et 3 mois plus tard, il est remplacé, juste avant le 13ème Congrès du Parti, par V.S. Kalashnikov (V.N. Guzarov, Tomsk State University Journal of History, no. 4, 2012)
Autrement dit, si, en théorie, le fonctionnement est démocratique en interne, ce qui serait on s’entend déjà largement insuffisant, rappelons le nombre abyssale d’adhérents au Parti, dans la pratique même cette faible démocratie interne est inexistante, puisque le dernier mot appartient au Parti central.
Revenons en à la structure du Parti donc. Les délégués élus, ultimement, se réunissent au Congrès du Parti. Mais il ne faut pas penser là à un événement régulier et planifié ; au contraire, il s’agit d’un Congrès réunit à l’initiative de la direction du Parti, lorsqu’elle l’estime nécessaire. Si jusqu’en 1924 le Congrès se réunit en gros tous les ans, à partir de 1925 les intervalles se font plus longs ; 1 an et demi, puis 2 ans, puis 3… entre 1918 et 1927, le Parti se réunit 9 fois. Entre 1927 et 1966, il se réunit… 8 fois. Avec un intervalle moyen de 4,9 ans entre chaque Congrès, le plus long étant de 13 ans entre 1939 et 1952, pause qui, il faut l’admettre, se justifie sans trop de difficultés.
Au delà de ça, il faut comprendre le Congrès comme avant tout un événement social et politique, permettant à la direction du Parti de transmettre des informations et des directives aux délégués, généralement entre 500 et 2500, s’agissant avant tout d’un événement symbolique. (Jun’ya Takiguchi , « The Bolshevik Party Congress, 1903-1927 » (2009)).
Le Congrès, en outre, doit élire le Présidium mais, là encore, rapidement l’élection se fait sur des listes composées à l’avance et le vote n’est qu’une formalité officielle. Ce Présidium est en charge de diriger le Congrès, de créer les commissions et d’en nommer les membres, mais aussi de pré-discuter, en comité restreint, les principales questions qu’il souhaite adresser. Les commissions internes du Parti reçoivent donc directement les instructions du Présidium, et doivent s’y conformer, sachant que, de toute manière, la direction du Parti compose la majorité de ces commissions. (Jun’ya Takiguchi, « Projecting Bolshevik Unity », Acta Slava Iaponica, 2012).
Vers 1922, s’ajoute le Conseil des Anciens, un nouveau corps interne au Parti composé, d’abord, du Présidium, et reprenant la pratique Tsariste, réunissant des délégués hauts placés des branches régionales du Parti, et plus tard des différentes républiques. Ce Conseil se réunissait en huis-clos pour discuter des questions plus complexes concernant le fonctionnement du Parti, et pour transmettre des informations qui ne peuvent et doivent pas être divulguées ; par exemple, c’est ce Conseil qui verra le premier le Testament de Lénine, et décidera de ne pas divulguer le document. (Jun’ya Takiguchi, « Projecting Bolshevik Unity », Acta Slava Iaponica, 2012).
Le Parti, en interne, présente plusieurs commissions, employant jusqu’à +40 000 personnes au total ; Grosso modo, pour chaque département de l’état, on peut compter une commission du Parti. Ainsi, on trouve une commission des finances, une commission de l’éducation et des sciences, une commission pour les affaires internationales, une pour les affaires militaires, etc.
Le rôle des commissions est de surveiller et contrôler les actions et décisions des Commissariats, afin d’assurer, comme dit plus haut, le contrôle du Parti à tous les échelons de la vie politique.
Une de ces commissions, peut être la plus connue, est la Commission de Contrôle Centrale, établie en 1920 et dirigée jusqu’en 1923 par Joseph Staline. Cette commission, élue par le Congrès (sur présentation d’une liste, bien sur) ou par le Comité Central du Parti, a pour rôle de contrôler et détruire les dissidences politiques à l’intérieur du Parti, afin de maintenir la ligne du Parti, mais aussi de simplifier l’administration interne.
Le Parti, fusionnant progressivement avec l’État, devient progressivement un État dans l’État, et les limites entre institutions partisanes et étatiques sont de plus en plus floues, les tâches de chacun se confondent, etc.
En réponse, plutôt que de laisser mourir le Parti et se concentrer sur l’État, un effort conscient est fait pour maintenir le Parti comme un organe séparé, principalement par la création de 3 nouveaux organes : le Bureau d’Organisation (orgburo), le Bureau Politique (politburo) et le Secrétariat du Comité Central.
Les membres de ces organes, à nouveau, doivent être élus par le CC lors de sa première réunion ; mais bien sur, comme toujours, sur des listes décidées à l’avance. Ces bureaux ont pour but de définir plus clairement les rôles du Parti, distincts des rôles de l’État, et de contrôler la machine administrative interne du Parti. Pour citer le 8ème Congrès du Parti, en 1919 : « Le Parti s’attache à diriger les activités des Soviets, et non à les remplacer ».
Ceci est le dernier clou dans la finalisation du remplacement de l’État par les Partis, comme noté par V.N. Molotov lors d’une réunion du 12ème Congrès du Parti (1923) : « The Party Committee replaced the Soviet organs ».
L’Orgburo est chargé d’organiser le parti aux différentes échelles, et de superviser les travaux des différentes branches afin d’assurer que la volonté du Parti soit unanimement appliquée ; le Secrétariat, lui, s’occupe de exactement ce que son nom indique : les tâches de secrétariat. Mais rapidement, des tâches administratives internes, les responsabilités du secrétariat vont évoluer et laisser place donc à un organe beaucoup plus vaste, employant autour d’1 milliers de travailleurs.
Pour superviser les tâches du secrétariat, en 1922 on crée le poste de Secrétaire Général du Parti, dont le premier titulaire du poste sera Staline.
Mais le plus important de ces trois organes est le Politburo, existant depuis environ Août 1917, composé à ce moment là de 5 membres permanents (Lénine, Kamenev, Krestinsky, Stalin et Trotsky), le nombre étant passé à 7 au moment de la mort de Lénine, et avec en outre plusieurs membres candidats. La mission du Politburo, c’est de prendre les décisions au nom du Comité Central sur les questions urgentes.
Mais rapidement, son rôle évolue, devenant progressivement un organe chargé non plus seulement de décisions rapides, mais de superviser les affaires de l’état et donner les grandes lignes pour faire appliquer la volonté du parti unique. Lénine centre son discours lors du 11ème Congrès du Parti en 1922 sur ce Politburo et, pour le citer lui-même, « Certes, il faut saisir le Bureau politique de toutes les questions d'Etat ardues ».
Si Lénine critique la tendance trop marquée à demander l’avis du Politburo sur chaque point de détail, il estime cependant que le Bureau doit être l’organe de décision suprême, auquel on doit se référer, et dont on doit saisir des questions qui demandent le jugement formel du Parti. Et naturellement, donc, son pouvoir et ses prérogatives vont rapidement remplacer le rôle du Sovnarkom comme organe de décision et de pouvoir réel.
PARTIE I – CONTEXTE
Des Soviets et des Révolutions
Après que la révolution de Février force le Tsar à l’abdication et permette la
formation d’un gouvernement de coalition, Lénine fait son retour en Russie où,
à la surprise générale et en contradiction avec ses positions précédemment
parlementaristes, il publie ses Thèses d’Avril.
Dans ces thèses, il défend un élargissement de la révolution pour passer immédiatement vers le socialisme plutôt que de laisser l’installation d’une démocratie bourgeoise, et milite largement pour donner un pouvoir plus grand aux Soviets en lieu et place du gouvernement central dirigé par le Prince Georgy Lvov.
Les Soviets sont donc organisés et par un mix de pression populaire, ouvrière, paysanne et de militantisme politique non seulement de Lénine mais aussi de nombreuses autres factions, les élections pour les Soviets ont finalement lieu ; ainsi arrive le premier Congrès du Soviet de toutes les Russies, en juin 1917.
Résultat de ces élections : 285 sièges pour les Socialistes Révolutionnaires, 248 pour les Mencheviques, 105 pour les Bolcheviques menés par Lénine. Malgré ce qui pourrait être interprété comme un échec relatif, Lénine reste confiant et affirme sa volonté de s’emparer de l’appareil d’état ce qui peut être résumé dans son discours du 4 Juin devant le Congrès, où il affirme : « He said that there is no political party in Russia that would express its readiness to take power entirely upon itself. I answer: "There is! Not a single party can refuse this, and our party does not refuse it: every minute it is ready to take power entirely" » en réponse à l’affirmation du ministre de la Poste, Irakli Tsereteli.
L’assemblée élue, dominée largement par les Mencheviques et les Socialistes Révolutionnaires, est dirigée par Nikolaï Chkeidze, qui est aussi président du comité exécutif du Soviet de Petrograde, et vote la poursuite de la guerre lors de cette première assemblée, ainsi que le soutien au gouvernement provisoire en place.
En réponse, le gouvernement nomme également plusieurs nouveaux ministres socialistes pour participer à la direction ; mais la situation du pays est loin d’être apaisée. Alors que la guerre s’enlise, que les offensives échouent et que sa popularité s’écroule, le premier ministre Lvov démissionne et laisse la place à son ministre de la guerre, Alexandre Kerensky, issu de la branche modérée du parti Socialiste Révolutionnaire.
A la même période, une insurrection ratée des Bolcheviques à laquelle Lénine ne semble pas avoir participé le force pourtant à fuir le pays, pour éviter la justice, mais dans le même temps et en dépit de ces événements la cote de popularité des bolcheviques augmente.
En septembre le général Lavr Kornilov, commandant en chef des armées russes, tente un coup d’état. Sa tentative sera un échec, mais avec 2 conséquences majeures ; la proclamation de la République de Russie en lieu et place de la Monarchie Tsariste, et le gain de popularité des Bolcheviques dont le rôle contre Kornilov fut déterminant.
Au cours des mois qui suivent, le gouvernement central tente d’affermir son pouvoir, et en outre entame une politique de répression brutale contre les opposants à la guerre ; dans le même temps, les bolcheviques gagnent en pouvoir dans les Soviets, devenant majoritaires seuls ou par coalition socialiste dans la majorité des Soviets.
Mais Lénine, toujours en exil, est également de moins en moins influent dans le parti, comme le montre ses appels à s’insurger contre la Conférence Démocratique appelée par Kerensky, appel largement ignoré par le Comité Central du parti (Robert V. Daniels, « Red October » (1954), citant Bukharin).
Malgré le pouvoir gagné dans les soviets, et Léon Trotsky libéré après les Jours de Juillet et ayant depuis rejoint le Parti Bolchevique, Lénine perd foi dans une transition démocratique et pacifique, « All hopes for a peaceful development of the Russian Revolution have definitely vanished… The slogan of all power passing to the soviets was a slogan of a peaceful development of the revolution, possible in April, May, June […] up to the time when actual power passed into the hands of the military dictatorship. » (Robert V. Daniels, « Red October » (1954)).
Si Lénine justifie sa poussée révolutionnaire par la crainte que Kerensky empêche un rassemblement des Soviets qui permettrait de s’emparer du pouvoir démocratiquement, la réalité est plus nuancée ; car Lénine dit aussi que ce coup de force peut fonctionner car Kerensky est faible, une faiblesse et un manque de soutien populaire réel qui rende inenvisageable un coup de force comme l’annulation du second Congrès des Soviets.
L’hypothèse la plus probable est autre ; comme développée dans ses thèses « l’état et la révolution » et plus tard confirmé par sa pratique collégiale et oligarchique du pouvoir, Lénine souhaite que le Parti ne siège pas au congrès, même en étant majoritaire, mais soit au dessus du congrès, qui lui sera donc subordonné.
En effet, si les bolcheviques sont devenus plus populaires, le Congrès de Novembre 1917 laisse envisager une victoire nuancée des Bolcheviques qui n’auraient pas de majorité absolus et gouverneraient en coalition, empêchant Lénine d’appliquer la politique qu’il a en tête. Et c’est donc le 10 Octobre 1917 que le Comité Central adopte la résolution, à 10 contre 2, de renverser le régime et s’emparer du pouvoir.
A la veille du Congrès, malgré les manœuvres de Kerensky pour tenter d’affaiblir le soutien aux Bolcheviques, Lénine s’empare de la capitale, Petrograd, et force Kerensky à la fuite. Quand le Congrès commence, les Bolcheviques obtiennent 45,7-60,1 % des 649-739 députés ; mais l’insurrection de Lénine fait que, en protestation, les Socialistes Révolutionnaires de Droite (Right-SR, branche des SR) quitte le Congrès en protestation.
Il est à noter, cependant, que dans le choix des délégués, des irrégularités ont été notés, et ont fait l’objet de violentes critiques de l’opposition… mais la validité de ces critiques est un débat dont on ne peut connaître la réponse. Julius Martov, bien qu’un ami proche de Lénine, s’oppose fermement à l’insurrection des Bolcheviques et condamne le caractère criminel et insensé de cette révolution ; bien qu’il participe au gouvernement de coalition dans les premiers temps, il est rapidement poussé vers la sortie, laissant le champ libre aux Bolcheviques dans les Soviets.
Le comité exécutif issu de cette nouvelle assemblée est dirigé par Kamenev, et composé de 14 Bolcheviques et 7 Socialistes Révolutionnaires de Gauche (Left-SR). Mais ce corps, en outre, crée le Sovnarkom et lui transfère le pouvoir exécutif (et législatif, voir la partie sur « le gouvernement de Lénine »), ce conseil étant dirigé par Lénine et composé entièrement de membres du Parti Bolchévique.
Dans les premiers temps du pouvoir Bolchevique, il n’y a pas de vraies oppositions au nouveau pouvoir ; les opposants s’attendent à le voir s’effondrer sur lui même, et en outre, une assemblée constituante est toujours prévue pour Novembre 1917 (Orlando Figes, « A People’s tragedy » (2017)).
Rapidement, l’incapacité à gouverner des Bolcheviques envoie des signaux peu clairs aux soviets et aux travailleurs, qui ne voient que des querelles de Parti et de ligne ; une crise se déclenche lorsque l’union des travailleurs ferroviaires, suivis par des travailleurs de tous horizons, menacent le gouvernement de se mettre en grève si une coalition n’est pas vite mise en place pour gouverner.
Mais Lénine ignore simplement ces demandes, étant donné le pouvoir qu’il possède déjà au centre ainsi que dans les Soviets principaux. Mais cette opinion n’est pas suivi par tous dans le Parti ; ainsi Kamenev et plusieurs de ses soutiens sont accusés d’anti-marxisme et expulsés du Parti Bolchevique suite à leur volonté d’écouter les revendications pendant la crise et d’établir au plus vite une coalition gouvernementale.
Cette exclusion marque un point de bascule, car les modérés suivant Kamenev pourraient, en rejoignant l’opposition, former une nouvelle majorité mettant de côté la majorité Bolchevique. Mais cette volonté ne sera pas suivie puisque rapidement Lénine ignore le CEC et commence à produire des lois et à assumer le pouvoir à la fois exécutif et législatif au sein du Sovnarkom (plus de détail dans « Le gouvernement de Lénine »).
L’opposition de Kamenev à cette prise de pouvoir du Sovnarkom échoue à deux voix près, et Kamenev est poussé vers la sortie puis remplacé par Yakov Sverdlov, bras droit de Lénine.
Lénine poursuit sa purge, éliminant les oppositions internes des Bolcheviques ou poussant vers la sortie les critiques : ainsi, plusieurs journaux d’oppositions sont fermés, 5 membres du Comité Central (et 5 membres du Sovnarkom) présentent leurs démissions et quittent le parti et, en outre, une lettre signée par plusieurs leaders Bolcheviques protestent contre la formation d’un gouvernement purement bolchevique maintenu par la répression, critiquant le manque de responsabilité et de contre pouvoir d’un tel gouvernement, et le risque qu’il pose à la révolution ainsi qu’au pays (Orlando Figes, « A People’s tragedy » (2017)).
L’élection, qui mène à la formation de l’assemblée constituante, est une question complexe. D’un côté, c’est la première élection de l’histoire à se faire au suffrage universel sans distinction de classes, de genre, etc., ainsi qu’à vote secret.
D’un autre côté, le gouvernement Bolchevique qui organise l’élection est aussi responsable au niveau local de la gestion des votes, à d’autres endroits ce sont les Left-SR qui prennent l’organisation en charge, les listes sont composées de façon étrange (pour pousser le vote certains noms sont présents sans être pourtant réellement présents, comme Lénine qui sera présent sur plusieurs listes à travers le pays), la taille du pays et le nombre de votants font que l’élection prendra plusieurs mois (de début novembre jusqu’à février 1918).
De plus, l’opposition libéral-conservateur s’est largement effondrée et de plus, on rapport plusieurs cas où des votants ou représentants de listes non socialistes sont passées à tabac, parfois même par les organisateurs même des élections, eux-même issus des partis politiques.
Globalement, cependant, on ne peut pas affirmer de volonté des Bolcheviques de truquer l’élection, qui se déroule donc bon-gré mal-gré jusqu’à aboutir à l’élection des députés (pour les résultats, la teneur de ces élections rend un résultat précis difficile, mais l’estimation considérée comme la plus correcte de nos jours est celle de O. Radkey (1990) estimant le vote de 44.2 millions de votants).
Les grands gagnants de cette élection, de façon finalement peu surprenante quand on garde en tête leur très large implantation locale et paysanne, les Socialistes Révolutionnaires, recevant 37.4 % des votes et entre 338 sièges (Svyatitsky, 1918) et 410 sièges (Pokrovsky, 1930) ; ce n’est qu’en second qu’on trouve les Bolcheviques, avec 23.8 % des votes, pour 168-175 sièges.
Viennent ensuite les SR Ukrainiens, avec 14.11 % des votes et entre 81-86 sièges, suivis des SR de diverses nationalités entre 13-19 sièges ; au total, les SR contrôlent donc entre 432 et 515 sièges, ou entre 56.47 % et 67.32 % des sièges.
Ensuite viennent les partis Musulmans, les Mencheviques, les Kadets (libéraux-conservateurs), les Cossacks, les partis turques, juifs, et enfin les socialistes populaires.
La réunion de l’assemblée constituante qui se profile est, en tout état de cause, un mauvais signe pour les Bolcheviques : le pouvoir du Sovnarkom n’a été approuvé qu’en tant que gouvernement temporaire jusqu’à cette assemblée et, maintenant, les Bolcheviques sont minoritaires dans l’assemblée, bien que second derrière les SR.
La situation est d’autant plus complexe que Lénine avait présenté et défendu sa révolution comme une mesure préventive pour empêcher Kerensky d’interrompre l’Assemblée, se posant comme défenseur de la démocratie. Ne pouvant se permettre une dissolution de cette assemblée, ils commencent donc par questionner la légitimité des députés et la validité des résultats, arguant de fraudes, de malversations, etc. afin de refuser certains élus.
De plus, ils mènent une campagne politique de dénigrement, qualifiant l’assemblée constituante de Démocratie Bourgeoise, qui serait un recul sur la démocratie des Soviets. Se préparant aux conflits, Lénine délaie l’ouverture de l’assemblée, rassemble ses forces et fait arrêter des responsables syndicaux, politiques ou journalistes critiques du régime (Orlando Figes. « A People’s Tragedy » (2017), Alexandre Rabinowitch « The Bolsheviks in power » (2007)).
A défaut d’une réelle majorité populaire, les Bolcheviques revendiquent une majorité du vote prolétaire ; une affirmation qui est toujours à nuancer. Si les Bolcheviques sont majoritaires dans certaines grandes villes et notamment dans les votes ouvriers de ces villes, le vote ouvrier total dans le pays est légèrement en leur défaveur, et le support des Bolcheviques est aussi très largement militaire (O. Radkey, « Russia goes to the poll » (1989)).
C’est d’autant plus important en sortant des villes, où les Bolcheviques alternent entre une très légère majorité et une légère minorité, car dans les campagnes le prolétariat vote à près de 80 % pour les SR.
Un autre argument est de dire que l’absence de différenciation entre Right-SR et Left-SR n’a pas permis de voter réellement pour les Left-SR et que, si la différenciation avait été faite, alors les Left-SR auraient été plus élus et ainsi, les Bolcheviques auraient eu la majorité. Mettant de côté que les Bolcheviques et les Left-SR, bien qu’alliés, sont 2 partis très différents, reste que même en admettant une répartition optimiste de 50 % des SR devenant des Left-SR, la coalition formée avec les Bolcheviques ne serait toujours pas majoritaire.
Le jour du début de l’Assemblée, des députés forcent l’entrée et sont dispersés par l’armée, et de larges protestations ont lieu pour demander l’ouverture de l’Assemblée ; mais Lénine reste ferme : cette Assemblée ne représente pas le peuple et est une forme de démocratie bourgeoise, qui n’a donc pas lieu d’être.
Blâmant les Kadets comme ennemi du peuple, Lénine interdit le parti et ordonne leurs arrestations. C’est à la même époque et, en partie dans le cadre de cette élection et assemblée et afin de lutter contre les ennemis du régime que Lénine établit la police politique, la Cheka, avec l’autorisation d’ouvrir le feu sur tout élément jugé contre révolutionnaire.
La branche modérée des Bolcheviques, par ailleurs majoritaire à l’assemblée, proteste et demande également son ouverture, mais ils seront expulsés du parti et leur mouvement dissous ; plusieurs d’entre eux seront ré-admis au Parti plus tard en acceptant la ligne du parti sans plus protester.
Si Lénine s’oppose à l’Assemblée, en privé et loin des discours il est forcé d’admettre que les SR ont bien remportés cette élection ; pour la stabilité politique de son gouvernement il s’attache donc à courtiser les Left-SR et offre notamment plusieurs postes aux Sovnarkom dans un gouvernement de coalition. Ainsi, la crise ayant démarré du fait de l’instabilité de gouvernance et l’absence de coalition se résout et les grévistes retournent également au travail.
Les Left-SR sont favorables à un mode politique différent de la centralisation envisagée par Lénine, plus favorables à une autonomie locale large et un fonctionnement réellement centré sur les Soviets ; les Bolcheviques perdraient ainsi également beaucoup de pouvoirs, comptant beaucoup sur les travailleurs qui seraient moins nombreux dans le cas d’une multiplication des soviets paysans, ainsi que sur le soutien des soldats dont beaucoup meurent à la guerre et dont la représentation devrait diminuer de toute façon.
Mais si les Left-SR aura une influence sur certaines des lois, notamment sur les réformes territoriales et agraires, leur influence reste limitée et ne permettra pas d’alléger la censure, la police politique et les violences perpétrées par le régime.
Malgré les manœuvres les Bolcheviques finissent par être forcés à ouvrir l’Assemblée Constituante, avec malgré tout une dernière manœuvre pour faire coïncider la date des élections pour le 3ème Congrès des Soviets avec cette ouverture.
Avec l’ouverture de l’Assemblée, les Bolcheviques déclarent la loi martiale, ce qui donne lieu à des protestations pacifiques de l’opposition rassemblant des partis socialistes divers jusqu’aux partis libéraux. Mais ces protestations, sans doute en partie involontairement et du à la confusion, seront réprimés dans le sang par l’armée rouge déployée par Lénine pour mettre fin aux manifestations. Au total, au minimum 21 morts sont dénombrés, ce qui donne le ton dès le départ pour cette assemblée.
Lénine, dans cette assemblée, propose une déclaration des droits des travailleurs, mettant l’accent sur les droits des travailleurs, l’abolition de l’exploitation, la paix, et en outre une limitation des pouvoirs de l’Assemblée pour rester dans ce cadre socialiste et soviétique. Mais cette déclaration est rejetée, avec seulement 146 voix pour contre 237 pour la proposition de Chernov, dirigeant des SR.
Lénine accuse l’assemblée de contre-révolution, de trahison, et quitte les lieux. L’assemblée continue son travail, passe plusieurs lois, notamment sur les réformes terrestres, et forme une coalition gouvernementale socialiste excluant les Bolcheviques et, donc, les Kadets.
Cette rencontre est la première, mais aussi la dernière de l’assemblée constituante. Dès le lendemain, l’armée rouge bloque l’entrée de l’assemblée et ordonne la dispersion des députés. Les SR retournent dans leurs bases locales pour tenter d’organiser une résistance contre cette dissolution forcée, mais avec une année entière de révolution, le peuple est fatigué et résigné, et n’est plus motivé pour se soulever encore une fois.
Pourtant, si Lénine accuse cette assemblée de
tous les maux, et les qualifie de traitre à la révolution, les propositions
qu’elle fait seront largement reprises par les Bolcheviques et les Left-SR sur
de nombreux points, notamment la question des réformes terrestres :

Finalement, après l’échec cuisant de cette assemblée, s’ouvre le 3ème Congrès des Soviets : les Bolcheviques remportent 647 sièges, suivis des Left-SR avec 281 sièges, des Right-SR avec 41 sièges, les Mencheviques avec 24, et ainsi de suite. Bien qu’une partie des participants soient d’une couleur politique inconnu, on peut estimer le contrôle des Bolcheviques sur ce congrès à environ 60 % des sièges, 80 % en comptant les Left-SR.
La différence de représentation s’explique assez facilement ; les Soviets ne représentent que entre 10 et 20 % de la population selon les estimations modernes, et même selon les estimations du gouvernement, seulement 30 % ; tous n’ont pas le droit de vote ; les Soviets de travailleurs, paysans et soldats sont gérés par un seul congrès général, et le nombre de députés pour les soviets de travailleurs / soldats est bien plus élevé que celui des paysans, qui sont pourtant très largement majoritaires dans le pays (Vladimir Brovkin « The Mensheviks after October » (1987)).
Premièrement, bilan de ce qu’on a vu disséminé ci et là à travers les actions de Lénine et de son Parti :
- Si les Soviets sont mis en avant comme corps devant recevoir tous les pouvoirs (législatif, exécutif, etc.) dans les faits le transfert du pouvoir réel vers le Sovnarkom est rapidement mis en place par le pouvoir Bolchevique ;
- Les Soviets, en outre, sont une organisation centralisée et peu représentative de la situation réelle du pays (peu de votants, et peu de cette minorité ira voter, en outre) ;
- Les résolutions du Congrès des Soviets sont ignorées dans les faits par Lénine, qui refuse notamment la revendication d’un gouvernement de coalition ;
- Le Sovnarkom s’impose réellement par l’expulsion des récalcitrants des rangs du parti.
Lénine, dès le départ, pense son pouvoir comme émanant des Soviets, et ce quoi qu’il en soit de la situation réelle des Soviets. Il affirme notamment être suivi par 99 % des travailleurs, et regarde les revendications des
Vikzhel comme insignifiantes, affirmant que, le cas échéant, il n’hésitera pas à user de la force :
« We have been elected by the Congress of the Soviets. This organization is something new. Whoever wants to struggle enters into it. It does not comprise the people, it comprises the vanguard whom the masses follow [...] When we are told [by the Vikzhel and the saboteurs and others] that "there is no [central] power," then we must put them under arrest, and we'll do it.
Then they can talk all they please about the horrors of the dictatorship of the proletariat. Now, if we were to place the members of the Vikzhel under arrest-I could understand that. Let them howl about the arrests.
The delegates from Tver said at the Congress of the Soviets, "Arrest them all"-here is something I can understand. Here you have a man who understands the dictatorship of the proletariat. Our present slogan is: No compromise, i.e., for a homogeneous Bolshevik Government. ». (Stalin School of Falsification, Trotsky, citant Lénine dans le congrès du comité du POSDR de novembre 1917).
Comme on peut le voir, le compromis n’est pas dans les plans de Lénine ; pas plus que le gouvernement de coalition. Pourtant, il s’agit là du premier décret du 2nd Congrès des Soviets, voté à l’unanimité. Mais Lénine considère que les autres partis sont contre-révolutionnaires et ennemis du peuple, et il n’hésite pas à exclure les membres de son propre parti soutenant le gouvernement de Coalition (par exemple A.V. Lunacharsky, que Lénine tente de faire exclure du Parti (ce qui échouera)).
Un autre exemple de ce que Lénine n’hésite pas à s’opposer aux Soviets pour imposer sa vision ; le journal officiel du Comité Exécutif du Congrès des Soviets a été annulé et a du être remplacé 9 fois… dans le mois de Novembre. Bien sur, ce qui n’est qu’une anecdote est moins amusant quand on se rappelle que les responsables sont, chaque fois, arrêtés et jetés en prison (Vladimir Brovkin « The Mensheviks after October » (1987)).
Mais ceci ne concerne que le Congrès central et la pratique centralisatrice et autoritaire du pouvoir par Vladimir Lénine. Or, la guerre contre les Soviets ne s’est pas limitée à cet échelon national ; elle s’est faite à toutes les échelles.
Dans un premier temps, et en partie poussé par la révolution de février puis les appels des franges les plus radicales des socialistes, y compris et surtout les Bolcheviques, les travailleurs s’organisent, s’emparent des outils de production, forment des conseils ouvriers et se développe un sentiment de communauté, de localisme. Ce mouvement pousse à ce que 68 % des usines de plus de 200 travailleurs soient auto-gérées en décembre 1917 (W. G. Rosenberg, « Russian Labor »).
Poussés par la Révolution d’Octobre, beaucoup de conseils locaux, dans un premier temps surtout ceux dominés par les Bolcheviques, entament les mêmes démarches, s’emparent des villes et des politiques locales ; au total, selon l’estimation des Bolcheviques (à nuancer comme vu plus tôt, notamment les présences au 3ème Congrès laissent à penser qu’on serait plus sur 10-15 %), un peu moins d’un tiers du pays est dirigé et représenté par les Soviets à ce moment là.
De plus les Soviets ne sont pas unanimement dirigés par les Bolcheviques, car à ce moment là la nature du pouvoir et qui s’en est emparé est encore peu clair, les attentes du gouvernement de coalition sont encore fortes.
Le principal résultat de cette prise de pouvoir, en fait, loin d’être une marche unanime et triomphale vers le pouvoir, ce sont des centaines, des milliers de mouvements locaux, paysans, ouvriers, légalistes, militaires, se disputant le pouvoir local ; Duma, assemblées de villages, conseils ouvriers, conseils militaires, religieux, etc.
Les Dumas sont rapidement interdites puis fermées, dirigées pourtant par des représentants élus par le peuple entier et non par une petite minorité ; la raison est finalement assez simple, ils représentent tout ce que hait Lénine dans le parlementarisme bourgeois et, en outre, sont ouverts aux partis bourgeois et généralement ne sont pas dirigés par des socialistes, encore moins des Bolcheviques.
La conséquence arrive rapidement : les Bolcheviques n’étaient pas prêts à assumer le pouvoir qu’ils dissolvent, et le chaos ne se fait pas attendre, dans un contexte déjà tendu et un début de guerre civile qui emploie la plupart des ressources d’un parti déjà fragile dans sa pratique du pouvoir (I.I. Mints « Istoriya Velikogo Oktyabrya » (1979)).
Ruines économiques, désordre politique et social, désorganisation ; le tout dans un contexte tendu où les Bolcheviques misent sur la force pour s’imposer et considèrent toute plainte comme un acte contre-révolutionnaire.
Le remplacement, en outre, les Soviets donc là où ils pourront être organisés, ne sont ouverts qu’à une partie de la population, comme dis précédemment, mais surtout, comme vu dans la partie « Le Gouvernement de Lénine », des membres sont désignés pour participer à ces Soviets… sans y être élus. Ceci est une méthode du Parti non seulement pour évidemment assurer un certain contrôle, mais aussi pour assurer la représentation de groupes dont ils ont besoins, quand bien même ceux-ci n’auraient pas été élus ; des spécialistes de divers domaines, des représentants d’Union, etc.
De plus, la Révolution d’Octobre ne déclenche pas que de simples mouvements politiques pour s’emparer du pouvoir, mais aussi des vagues de violences contre les propriétaires de terrains, les riches, les propriétaires d’usines… les paysans plus riches, les employeurs… les minorités ethniques, les travailleurs un peu trop efficaces, etc.
Bien sur ces violences ne sont pas du fait directes des Bolcheviques, comme les violences en France ne sauraient être entièrement attribuées à une Convention largement dépassée, mais ils se rallieront rapidement à ces violences, au moins dans les discours, présentant ça comme une forme légitime et positive de la guerre de classe en Russie. Cette alliance impromptue entre les Bolcheviques et les masses déchaînées qu’ils soutiennent est ce qu’on appelle communément la Terreur Rouge.
Cette terreur se manifeste par plusieurs épisodes notables : assassinat de 300 marins par la flotte Bolchevique à Yevpatoriya, meurtres de 50 soldats à Taganrog, d’officiers et cadets à Odessa, et plus généralement par de larges mouvements populaires (A. Beever « Russia : Revolution and Civil War » (2022)).
Elle se renforce avec l’instauration de la Cheka ainsi que la publication de « The socialist Fatherland is in Danger ! » en février 1918, dans lequel Lénine affirme que tout ennemi de la révolution, intérieur ou extérieur, doit être exécuté (profiteurs, maraudeurs, hooligans, contre-révolutionnaires, espions, etc.).
Puis vient la réinstauration de la peine de mort et, enfin, on marque le réel « début » de la Terreur Rouge en Août 1918, après la tentative d’assassinat de Lénine par une militante Left-SR anarchiste qui considérait Lénine comme un traître. Pour la citer « Due to the fact that he lives for a long time, the onset of socialism is postponed for decades. ».
Pour citer Lénine lui-même sur la question de cette terreur rouge, en décembre 1917 : « War to the death against the rich and their hangers-on, the bourgeois intellectuals; war on the rogues, the idlers and the rowdies. Variety is a guarantee [...] in achieving the single common aim—to clean the land of Russia of all vermin, of fleas—the rogues, of bugs—the rich, and so on and so forth. In one place half a score of rich, a dozen rogues, half a dozen workers who shirk their work [...] will be put in prison. » (« How to organize competition ? »V.I. Lenin (1918)).
Une critique particulièrement virulente et effarée de Maxim Gorky paraît en mars de cette année, abordant les vols, les meurtres, les trafics, que le peuple russe s’inflige à lui-même, mentionnant même des trafics d’êtres humains à Theodossia. Ce journal, bien qu’il soit fondé par un soutien des bolcheviques et amis de Staline, Kamenev ou encore Boukarine, ne survivra pas à sa critique du régime et est fermée rapidement dans les mois qui suivirent puis Gorky exilé en 1921.
Lénine lui-même, cependant, est conscient de l’instabilité de la situation et plus généralement de la faiblesse du pouvoir réel des Soviets, il dit en 1918 « At the present time the degree of organisation, both of Soviet institutions and of economic units operating within the bounds of Russia, is extremely low. It could be said that immense disorganisation prevails. » (« Oeuvres » Volume 27, V.I. Lénine (1918))
Or entre l’instabilité, les violences constantes, la guerre civile, la fatigue de plus d’un an de révolution, et l’oppression politique pratiquée par le régime, le support populaires déjà mitigé des Bolcheviques s’écroule largement. Cette situation empire avec la démobilisation des soldats du front qui, si ils étaient acquis aux Bolcheviques, changent souvent de position de retour dans leurs communautés ou se retrouvent de toute manière en infériorité, voir forment parfois des bandes illégales qui participent aux violences, saisissent des biens et cherchent à s’enrichir personnellement.
Lénine, partiellement en réponse à ça mais surtout en application de son désir de centralisation, centralise la production ; selon lui, il y a bien ce qu’il faut en Russie pour donner à tous, et donner assez à tous ; mais pour cela, il faut que tout le monde travaille. He who does not works neither shall he eat, ou plus simplement, « The programme [...] is simple, clear and intelligible to all—everyone to have bread [...] sound footwear and good clothing [...] warm dwellings; everyone to work conscientiously; not a single rogue (including those who shirk their work) to be allowed to be at liberty, but kept in prison, or serve his sentence of compulsory labour of the hardest kind » (« How to organize competition ? »V.I. Lenin (1918)).
Au delà de cette pulsion autoritaire et productiviste, ce qui illustre le mieux la centralisation, en dépit de ce que dit Lénine sur les « spécificités locales », c’est la nomination des Commissaires et leurs prises de pouvoir en tant que Dictateurs, vecteurs de la volonté révolutionnaire de toute la classe (Voir la partie sur le gouvernement de Lénine, surtout sur « The immediate tasks of the Soviet Government »).
Lénine prétend laisser une liberté d’actions dans la manière d’exécuter les ordres ; mais les ordres viennent du dessus et sont indiscutables, pour le citer lui-même, « Unquestioning subordination to a single will ». Après tout, « absolutely no contradiction in principle between Soviet (that is, socialist) democracy and the exercise of dictatorial powers by individuals ».
Bien sur, ce qu’entends Lénine par la liberté d’actions dans la manière d’exécuter les ordres n’est pas non plus une vision même légèrement libertaire des choses ; des dictateurs locaux sont nommés (pas élus, nommés) pour exécuter les ordres de la hiérarchie, avec le pouvoir par exemple de briser les grèves, interdire les syndicats et unions, étendre les journées de travail au-delà des 8h instaurées par le régime, etc. (W.G. Rosenberg « Russian Labor and Bolshevik power after October » (1985)).
En bilan, le management démontre son incompétence, la population industrielle diminue (60 % de sans emplois à Petrograd, par exemple), un exode urbain à lieu vers la ruralité, la guerre coûte également de nombreuses vies, et les travailleurs sont désillusionnés quant à la réalité de la « Démocratie » des Soviets, en réalité l’oligarchie partisane Bolchevique.
Entre mars et juin 1918, cependant, une période d’assouplissement du régime se fait jour… en apparence. La situation politique interne et externe se calme, la guerre mondiale est terminée, et la Russie connaît une période de relative liberté politique, de la presse, et même des élections. Mais déjà l’opposition est souvent interdite aux élections pour les Soviets, une partie des sièges est réservée d’office aux membres du Parti Bolchevique, le droit de révoquer les élus est remis en question voir abandonné, et dans certains districts les élections n’ont même pas lieu.
En fait, ce qui apparaît est une période de calme et de relaxe, mais n’est certainement pas à interprété comme un assouplissement de la volonté Bolchevique. Ainsi, d’après la définition même de Lénine, on peut interpréter ces actions comme l’aveu d’échec de la démocratie Soviétique, ou la révélation de la volonté du Parti d’être hégémonique, puisque « No elective institution or representative assembly can be regarded as being truly democratic and really representative of the people’s will unless the electors’ right to recall those elected is accepted and exercised » (« Draft Decree on the Right of Recall, dans Oeuvres Volume 26 » V.I. Lénine (1917)).
Plus qu’un changement de manière de pensée fondamentale, il faut plutôt interpréter ça comme un changement du rapport de force : Lénine n’est ni pour ni contre le droit de révocation en soit ; il se prononce en faveur car il sait que son parti gagnera plus de sièges et assiéra sa légitimité ; en 1918, il comprends que le rapport s’est inversé et qu’un changement des Soviets ne serait pas à son avantage, alors il interdit le droit de révocation.
En dépit des magouilles, dans les élections du printemps 1918, les autres partis… gagnent. En dehors de Moscou et Petrograd, toutes les grandes villes tombent dans les mains d’oppositions diverses, avec de rares cas où la majorité n’est pas claire.

Les Bolcheviques répondent assez durement à ces résultats, et mènent un combat assez violent contre les Soviets ; dans la ville de Nizhniy Novgorod par exemple, les Bolcheviques s’étaient attirés les foudres des travailleurs en collaborant avec les industriels et capitalistes locaux. Après de violentes manifestations réprimées dans le sang par l’armée rouge, et l’assassinat d’un responsable SR haut placé, les Bolcheviques sont forcés à accepter la tenue d’élections.
Naturellement dans de telles circonstances, les Bolcheviques perdent les élections ; mais malgré ces résultats, ils refusent de quitter le gouvernement local. Le Soviet nouvellement élu découvre, en outre, que la moitié du trésor de la ville a « disparu » dans des circonstances mystérieuses. Moscou, malgré tout, apporte son soutien au gouvernement local.
Décidant d’ignorer le précédent gouvernement, le Soviet décide d’ouvrir sa propre institution en parallèle pour diriger à la place des Bolcheviques ; en réponse, l’armée rouge est mobilisée, tire sur les manifestations, s’empare des bâtiments et déclare la loi martiale. Lénine présente les protestations comme un signe clair que l’armée blanche œuvre pour faire chuter la révolution ; ainsi, il répond par un télégramme :
« Your first response must be to establish a dictatorial troika (i.e., you, Markin, and one other person) and introduce mass terror, shooting or deporting the hundreds of prostitutes who are causing all the soldiers to drink, all the ex-officers, etc. There is not a moment to lose; you must act resolutely, with massive reprisals. Immediate execution for anyone caught in possession of a firearm. Massive deportations of Mensheviks and other suspect elements. »

Ces événements ont lieu en Août ; et ils ne se limitent pas à cette seule ville. Des campagnes de répression contre les villes, les paysans, n’importe qui ayant osé ne pas supporter les Bolcheviques sont lancées ; Lénine demande l’exécution « en exemple » de au moins 100 Kulaks, la saisie de leurs biens et la publication de leurs noms afin que à des kilomètres tous sachent que le régime exécute les Kulaks. Bien sur, ce que Lénine appelle Kulak est, comme toujours, un simple bouc-émissaire.
Les Kulaks sont en principe de riches propriétaires terriens ; en vérité comme le démontre Tauger (2001) dans son travail sur la famine de 1931-33, les Kulaks sont en large majorité des paysans plus âgés, la « richesse » paysanne étant simplement du au fait qu’ils ont vécus plus vieux et ont des familles nombreuses : richesse qui donc est redistribuée à la mort dans la communauté. Ainsi pour quelques larges propriétaires effectivement pseudo-capitalistes agraires, une majorité de paysans simplement moins misérable est nommée ennemi du peuple.
Et une étiquette aussi large ne manque pas d’être réutilisée chaque fois que Lénine a besoin d’écraser un mouvement paysan, comme c’est le cas, par exemple, dans l’oblast de Penza. Le mouvement dans cet oblast était mené par des Left-SR. Peut être cela remet il un peu en contexte, ou un peu plus en tout cas, la tentative d’assassinats de Lénine avancée pour justifier la terreur rouge, en réalité largement engagée.
Les mêmes répressions, arrestations, exécutions, et l’utilisation de masse de la police politique auront lieu dans de nombreuses autres grandes villes, chaque fois que le pouvoir Bolchevique est questionné, même par les travailleurs eux-mêmes ; Kaluga, Kostroma, Ryazan, Tver, à chaque fois les Soviets élus sont dissipés, les députés arrêtés ou chassés si ils ne se rangent pas sagement derrière une nouvelle dictature militaire en remplacement, la loi martiale est appliquée, les meetings sont interdits, etc, etc.
Dans d’autres villes, comme Tambov, la pression est plus politique ; ne reconnaissant pas le Soviet élu, les Bolcheviques continuent à financer leur gouvernement local et refuse d’envoyer des fonds au Soviet jusqu’à ce que, dos au mur, il doive reconnaître l’autorité du Sovnarkom. (« Izvestiya Saratovskogo soveta » 60, 31 mars 1918).
Les troubles s’étendent aux campagnes environnantes ou la faiblesse des Bolcheviques est d’autant plus importante, et malgré l’usage des armes et de la pression politique, des troubles ré-éclatent de manière régulière, certains Bolcheviques changent de camp pour protester contre l’usage de la force, l’armée rouge est parfois mobilisé avec succès par le Soviet lui-même CONTRE les Bolcheviques, etc.
Livny, Arsk, Sheksna… les soulèvements paysans et populaires sont nombreux, chaque fois matés dans le sang. Pourtant la plupart du temps, ces soulèvements ne sont pas contre le pouvoir soviétique, mais contre les réquisitions et la pratique brutale du pouvoir par les Bolcheviques ; à Sheksna par exemple, les paysans affirment lutter contre le monopole du pouvoir par une élite, et se réclament du pouvoir par les Soviets, local et direct.
Dans la ville d’Izhevsk également, les Bolcheviques et leurs alliés perdent les élections et dissolvent l’assemblée. Ils ordonnent ensuite une conscription de masse en réponse à la capture de Kazan proche de là, ce que les travailleurs malgré le mécontentement acceptent, en échange de pouvoir s’organiser en unité locales et contre de l’aide pour leurs familles, demandes rejetées par les Bolcheviques.
Le soulèvement qui s’en suit n’est maté qu’au prix de 25 000 vies, la ville, centre militaro-industriel majeur, est ravagée, les opposants politiques sont exécutés, emprisonnés, exilés, les locaux des SR sont détruits à la bombe, etc.
Mais le Parti n’est pas toujours directement, consciemment responsable des exactions ; à Yekaterinburg, par exemple, un membre du parti s’empare de la ville et utilise l’armée rouge pour asseoir son pouvoir ; plus généralement, les Bolcheviques sont eux mêmes divisés entre les bolcheviques provinciaux, ruraux, citadins, militaires, etc.
Loin d’un mouvement uni et tout puissant, c’est un mouvement divisé, faible, et qui s’accroche désespérément au pouvoir. Le Parti punit ses membres qui sortent des lignes, bien sur, qu’ils soient criminels ou simplement qu’ils se soient alliés localement avec des membres d’autres partis ou qu’ils se soient opposés à des gouvernements locaux. Dans des villes comme Saratov de véritables sièges sont menés pour écraser les révoltes, et les opposants politiques réunis et exécutés ou déportés pour les punir. Les Bolcheviques ayant eu la saugrenue idée de soutenir les organes démocratiquement élus mais où le Parti n’est pas majoritaire sont également punis.
Par leur harcèlement des populations locales, les réquisitions forcées, les soumissions, les Bolcheviques créent des révoltes ; en matant ces révoltes, ils détruisent encore un peu plus l’économie, comme c’est le cas pour tous les cas dont on vient de parler.
Mais loin de se laisser faire, les travailleurs et plus généralement les populations locales vont commencer à créer leurs propres institutions concurrentes, soit leurs propres Soviets, soit directement de nouvelles institutions. A Petrograd même une de ces assemblées représentatives se forment, en dépit du souvenir marquant de l’Assemblée Constituante et de ses retombées.
Jusqu’à l’été, en effet, les Bolcheviques œuvrent pour empêcher les élections ; entre les départs d’ouvriers, les usines ayant fermées, les réquisitions de soldats, et plus généralement la baisse de popularité des Bolcheviques, le Parti est conscient qu’il ne sortirait pas gagnant ni de nouvelles élections, ni même de permettre le rappel d’élus.
Les partis d’opposition s’organisent donc dans de nouvelles formes de représentations et d’assemblées ; organisation qui sera rapidement dénoncée comme contre-révolutionnaire par le Parti. Les raids de la Cheka contre les partis d’opposition ou même les simples ouvriers et citoyens entraînent des grèves et des manifestations, qui sont réprimées et entraînent de nouveau raids, et ainsi de suite.
Plusieurs usines s’étant mises en grèves seront même massacrées, comme l’usine d’Izhora à Kolpino, Petrograd le 9 mai 1918. Les Bolcheviques tirent sur les travailleurs qui quittent les usines, installent une répression féroce et, ironiquement, prépare dans le même temps l’anniversaire de Karl Marx pour le 11 mai 1918. (Vladimir Brovkin « The Mensheviks after October » (1987)).
Au total, la Cheka sur 1918 recense 245 révoltes de grandes ampleurs rien que dans les 20 provinces centrales, donnant à chaque fois lieu à des répressions.
Finalement, les Soviets qui se forment bon gré mal gré dans plusieurs régions envoient des délégués à Moscou, pour former un Congrès rivalisant directement avec le Congrès « officiel » dirigé par les Bolcheviques (et dont le pouvoir est subordonné en réalité au Parti et au Sovnarkom). Cette assemblée est bien évidemment fermée, les députés expulsés de la ville, mais même le Congrès « officiel » des Soviets est purgé de l’opposition, ne laissant que les Bolcheviques aux commandes.
Mais l’opposition, en réponse, n’est bien sûre pas unie ; dans l’arrière plan la guerre contre l’Armée Blanche et les Tsaristes bat son plein ; les chefs des différentes oppositions sont divisés : certains veulent prendre les armes de manière indépendante, certains rejoignent l’armée blanche, et d’autres préfèrent en dépit de tout les Bolcheviques à un retour des Tsaristes.
Ce ne sont pas des divisions qui mobilisent des partis entiers, mais plutôt un déplacement des lignes au gré des opinions et des volontés de chacun ; tous les partis verront une partie soutenir les Bolcheviques, une autre les Blancs, d’autres se rebeller indépendamment, etc.
Mais au-delà de ces querelles politiques, le peuple est surtout fatigué, et ne prend pas les armes contre les Bolcheviques essentiellement parce que 5 années de guerre et 1 année de révolution l’ont laissé sur les cordes. Pour citer un travailleur du chantier naval de Sredne-Nevsky « The attitude toward the Bolsheviks is hostile. However, it is necessary to point out another phenomenon, that is, the psychological reaction among the working masses – the feeling of being at a dead end and apathy as a result. » (M.S. Bernshtam, « Nezavisimoye Rabocheye Dvizheniye v 1918 Godu », (1981)).
Pour ces raisons et, en dépit des défenses avancées dès l’époque par les Bolcheviques eux-mêmes, les révoltes ne démarrent généralement pas d’elles-mêmes, mais en réponse à une action des Bolcheviques, qui use de la force pour s’imposer dès que les résultats ne sont plus en leur faveur.
C’est donc ces révoltes, les violences des Bolcheviques, les insurrections locales, et la large subordination d’une majeure partie des partis d’oppositions qui oscillent entre méfiants, perdus, et soumis qui caractérise réellement ce début de guerre civile, et c’est le narratif Bolchevique de Rouge contre Blanc qui s’impose partout avec leur triomphe, triomphe qui signifie, aussi, la bascule finale dans l’oligarchie Léniniste qui donnera finalement naissance à la dictature Staliniste.
En 1921, alors que le guerre civile arrive doucement à son terme, des grèves massives démarrent dans tout le pays, surtout à Petrograd et Moscou. Plus au sud également, la rébellion de Tambov en réponse aux réquisitions et aux pressions politiques fait rage, opposant les Bolcheviques à la paysannerie locale soutenue et allié à des socialistes anti-bolcheviques, des travailleurs et syndicalistes locaux.
En soutien à cette rébellion, et aux révoltes de travailleurs, ce sont les
marins de Kronstadt qui se soulèvent ensuite, avec une longue liste de demandes
:
- Nouvelles élections ;
- Liberté d’expression y compris pour les non-bolcheviques et contre les bolcheviques ;
- Liberté de se rassembler ;
- Convocation d’une assemblée non partisane de soldats, travailleurs et marins de Petrograd avant le 10 Mars 1921 ;
- Libérer les prisonniers politiques socialistes ;
- Réexaminer les emprisonnements en camps de concentration / prison ;
- Abolir les bureaux politiques, remplacés par des commissions locales pour la culture et l’éducation, élues localement et financées par le gouvernement ;
- Abolir immédiatement la confiscation de la nourriture et le blocage de la circulation par des unités Bolcheviques armées ;
- Égaliser les rations de tous, à l’exception de ceux qui travaillent dans des secteurs impactant leur santé ;
- Abolir les détachements Bolcheviques dans toutes les branches de l’armée, remplacée si nécessaire par des détachements élus par les travailleurs et parmi les travailleurs ;
- Rendre aux paysans toute liberté d’action concernant leurs terres et le droit de posséder un troupeau, mais sous réserve de la gestion individuelle de la terre (i.e. sans employer de mains d’œuvres) ;
- Demander à l’armée et à la presse de relayer et valider ces propositions ;
- Permettre le travail artisanal libre, mais sans employés.
Mais cette révolte est destinée à être éphémère : en seulement 18 jours, du 1er au 18 mars 1921, la révolte est écrasée dans le sang, avec plus de 1000 morts au combat, et 2000 exécutions suivant la victoire.
Cette révolte plane comme une ombre sur l’historiographie Marxiste-Léniniste ; mais pour une fois, et c’est assez rare pour être souligné, les trotskystes sont de la parti et, de manière générale, gardent une même vision de ces événements ; et pour cause, Trotsky est un des principaux responsables de l’assaut, en tant qu’il est chef de l’Armée Rouge, et qu’il signe l’ordre officiel d’écraser la révolte.
Examinons, donc, les arguments avancés pour défendre ce qui
n’est ni plus ni moins qu’un massacre, perpétré par le gouvernement central,
dans le seul et unique but de se maintenir au pouvoir.
Premier argument : L’alliance avec l’Armée Blanche
Cet argument est le premier qui est avancé lorsque Kronstadt est mentionné ; la révolte serait infiltrée par les blancs, serait réactionnaire, parfois même qualifiée d’extrême droite et anti-socialiste (en dépit des demandes d’abord pacifiques lancées par les marins et qui sont, en tout état de cause, parfaitement socialiste).
Or une telle infiltration, voir alliance selon les versions, n’est absolument pas prouvée. Rien ne permet de même envisager son existence, du moins dans ce qu’on sait des événements. Le premier gros argument pour cette théorie de l’alliance avec les Blancs, c’est celle de l’article de journal de « Le Matin » daté du 11 février 1921, rapportant une mutinerie de matelots de Kronstadt, qui aurait été géré par l’isolation de la ville de Kronstadt et la déportation (et exécution à venir) de centaines de matelots.
Curieux, non ? Un rapport sur des événements, qui ne devaient se dérouler qu’un mois plus tard.. ? Bien moins curieux lorsqu’on se rappelle que, si Trotsky aime lui-même avancer cet article comme preuve de la collusion, il le fait en avançant que, à cette date, tout allait bien à Kronstadt. Donc, cet article de journal serait une preuve de la machination, puisque rapportant une révolte dans une ville où tout va bien, et qui allait se révolter ensuite…
Sauf que, Trotksy ne donne pas la vérité dans ce témoignage. Car s’il affirme que la révolte vient de nulle part, et que la ville était soumise et calme jusque là, la situation est toute autre ; s’il n’y a pas de rébellion avant mars, et donc pas de répression, il y a plusieurs points à garder en tête malgré tout :
- La flotte de Kronstadt est composée de plusieurs groupes : sympathisants anarchistes, socialistes divers, non affiliés, et même, un certain nombre d’Ukrainiens assignés à ce poste et peu favorables aux Bolcheviques (mais leur rôle réel dans la révolte est faible, les vétérans la mènent en majorité) ;
- Sur 26 687 marins, seuls 1650 sont membres (ou candidats) au Parti Bolchevique (« Stalin's Terror of 1937-1938: Political Genocide in the USSR » V.Z. Rogovin (2009)) ;
- De nombreuses protestations sont recensées, dans tout le pays et donc même en large partie à Kronstadt, se plaignant des conditions de vies, de rations trop légères, de manque de matérielles, et même d’une épidémie de Scorbut ;
- Le commandant de la flotte, nommé par les Bolcheviques, est très impopulaire, et fait face à des tensions importantes avec les marins, dont il tente sans succès de virer un quart de la flotte en octobre 1920 ;
- En décembre 1920, Vladimir Feldman mentionne, dans son rapport pour la Cheka, des troubles dans la ville de Kronstadt ;
Ainsi, dès début 1921, le commandant Raskolnikov perd tout pouvoir réel, et en février, les marins se révoltent, jusqu’à le renverser. Les tensions grimpent et des groupes internes au Parti Bolchevique avertissent eux-mêmes la hiérarchie que les tensions qui grimpent pourraient être source d’une rébellion si aucun changement n’est apporté au niveau administratif pour essayer de satisfaire au moins partiellement les demandes des marins.
Quand arrive la rébellion le 1er mars, ce n’est donc pas, n’en déplaise à Trotsky, un complot apparaissant de nulle part pour déstabiliser une région en paix, mais l’aboutissement logique des tensions avec une population à bout de force et opprimée, n’étant, dès le départ, que partiellement favorable au régime Bolchevique, bien que fidèle à la cause socialiste et donc la lutte contre l’Armée Blanche.
Au-delà de cet argument, en gardant en tête que la défense de Trotsky ne tient de toute façon pas… en premier lieu, pour quelle raison les occidentaux décideraient de rapporter leur propre opération, plusieurs semaines avant de la mener à bien ? Et pourquoi mentionner dès le départ un échec ? Si réellement il s’agissait d’une tentative de déstabilisation comme il y en a bien évidemment eu durant toute la guerre, l’information n’aurait pas été distribuée un mois à l’avance dans le journal, ceci n’aurait aucun intérêt. Pire, ce serait stupidement dangereux, étant évident que l’ennemi est parfaitement capable de lire le journal, ce que Trotsky a, justement, fait.
Or, les Bolcheviques sont, en outre, au courant des campagnes de propagande mensongères menées par l’ouest, sur des sujets divers. Lénine lui même écrira, pour le 10ème Congrès du Parti, que les rapports de la presse européenne sont fantasques et vont dans tous les sens, rapportant des sacs de Moscou ou Petrograd, des insurrections victorieuses, la fuite des Bolcheviques en Crimée ou en Asie, etc.
La deuxième « preuve » avancée pour démontrer que les Blancs seraient derrière cette insurrection : le Mémorandum sur la question de l’organisation d’une révolte à Kronstadt. Ce document serait la preuve d’un complot mené précisément pour fabriquer une rébellion, et donc la preuve décisive de l’implication de l’Armée Blanche.
Sauf que, lorsqu’on lit ce mémorandum, aucune mention n’est faite d’un soutien prévu à une potentielle révolution ; de fait, le mémorandum adresse juste la question des troubles sociaux en cours et des tensions qui montent.
En fait, ce document peut même servir à affirmer l’inverse, car il insiste lourdement sur des troubles déjà existants :
- Les problèmes de rationnement ;
- Les antagonismes entre le gouvernement central et les locaux ;
- Le fait qu’un groupe qui pousserait d’un coup pour tenter de s’emparer du pouvoir serait sans doute couronné de succès… et qu’un tel groupe existe déjà.
« The sailors unanimously will join the ranks of the insurgents, once a small group of individuals by quick and decisive action seizes power in Kronstadt. Among the sailors such a group has already been formed, ready and able to take the most energetic actions. »
Par ailleurs, ce rapport permet aussi de détruire une fois pour toute la ligne de défense de Trotsky sur une cité en paix : « The Soviet government is well informed about the hostile attitude of the sailors. […] the Soviet government has seen to it that not more than a week’s supply of food is available in Kronstadt at any one time, whereas in the past food was shipped […] for a whole month. »
Enfin, ce rapport, loin de décrire une action à venir des Blancs, indique justement les failles que présenterait une telle révolte, et permet donc de conclure qu’il n’y a eu aucune planification des blancs.
En effet, ce rapport pointe les problèmes de nourritures, d’armement, et de moral, qui font que, à long terme, jamais un soulèvement ne pourra survivre, et les Bolcheviques retrouveront leur autorité. Or, pour compenser, le rapport propose de fournir la nourriture, et de soutenir militairement et moralement la révolte, avec l’intervention par exemple de navires français et de livraisons de nourritures, et de stocks aux environs pour assister les marins.
Or, aucun de ces éléments n’a été présent durant la révolte qui s’est conclue très rapidement par une répression dans le sang de marins isolés et affamés. Cette source, d’ailleurs, a été trouvée puis utilisée pour la première fois par l’historien américain Paul Avrich dans son livre « Kronstadt, 1921 ». Or, lui-même déclare, à propos de cette source : « Nothing has come to light to show that the secret memorandum was ever put into practice or that any links had existed between the emigres and the sailors before the revolt ».
Le colonel Georg Elfvengren, de l’Armée Blanche, dans son rapport au Comité Russe d’évacuation en Pologne, en 1921, affirme : « The events that took place in Petrograd and Kronstadt were not the actions of the aforementioned organizations [referencing the White cells operating in Petrograd, Kronstadt, and Moscow] and spontaneously occurred against their wishes, or rather, to put it more precisely, their outbreak went against their wishes, because at that time the Bolsheviks sensed that there would soon be an organized uprising involving the garrison and the sailors, and they wanted to thwart this uprising with a preemptive strike, which would grant them the opportunity to frustrate all plans of the organizers and carry out a thorough purge in Petrograd and Kronstadt. »
Ainsi, s’il est indéniable que l’Armée Blanche surveillait la situation et espérait en tirer un bénéfice, leurs propres rapports et toutes les sources disponibles semblent indiquer qu’il ne s’agit pas d’un mouvement organisé par eux mais d’un mouvement préexistant, premièrement, et qu’ils n’ont de toute façon pas réussi à en tirer quelque bénéfice que ce soit car les révoltes ont éclatées avant qu’ils ne puissent agir.
Deuxième argument : Le remplacement des marins
Un autre argument fréquemment avancé est centré sur les marins eux-mêmes ; pour expliquer cette révolte, il s’agit de dire qu’il ne s’agit plus des marins de 1917, vétérans endurcis et révolutionnaires, mais en vérité de contre-révolutionnaires, des paysans, de nouveaux venus infidèles à l’idéal révolutionnaire.
Cet argument est, comme on l’a vu plus haut, partiellement vrai : un certain nombre de soldats est issu de différentes régions, et arrivés tardivement.
Mais au premier janvier 1921, d’après Israel Getzler dans son ouvrage « Kronstadt 1917-1921, the fate of Soviet Democracy », citant lui même les travaux de Pukhov ou encore E. Mawdsley (1973), entre 75,5 % et 80 % des marins étaient des vétérans ayant rejoint la flotte avant 1918, dont 80 % d’entre eux issus de régions de Grande Russie et seulement 10 % d’ukrainiens et 9 % de finlandais, estoniens, lithuaniens et polonais.
Les soldats qui ont mené cette insurrection, comme dis plus haut, sont donc bien les mêmes vétérans qui ont permis soutenus la révolution d’Octobre et sont restés fidèles au régime pendant les 4 années suivantes, les mêmes vétérans que Trotsky lui-même qualifiait de « Fiertés de la révolution ».
Bien sûr, ces chiffres sont à relativiser, mais Avrich (1970) nous apprend, en outre, que les vétérans étaient eux-mêmes d’origine paysanne. Ainsi, l’idée d’un changement de la composition de la flotte, devenue contre-révolutionnaire, est invalidée ; Petrichenko lui-même reconnaît la composition largement paysanne de la flotte, mais le point qui est important et qu’elle l’a toujours été.
Entre 1905 et 1917, pour citer Avrich directement : « it was these very youths from the countryside who had given Kronstadt its reputation as a hotbed of revolutionary extremism. […] Actually, there was little to distinguish the old-timers from the recent recruits in their midst […] when the rebellion finally erupted, it was the older seamen, veteran of many years of service […] who took the lead. » (Avrich, « Kronstadt, 1921 » p.90 (1970))
En outre, sur les 15 membres du comité de Kronstadt, 10 étaient Grand Russes, et en poussant plus loin, jusqu’en 1920 malgré la composition qui, comme on l’a vu, en terme de classe ne change pas et en terme de personnes ne change que très peu, les marins de Kronstadt étaient traités comme des héros et des symboles de bravoure révolutionnaires, pour citer Emma Goldman, anarchiste et révolutionnaire Russe :
« I did not reach Russia until January, 1920. From that time on until Kronstadt was “liquidated” the sailors of the Baltic fleet were held up as the glorious example of valour and unflinching courage. […] I was told not only by Anarchists, Mensheviks and social revolutionists, but by many Communists, that the sailors were the very backbone of the Revolution. […] during the celebration […] the Kronstadt sailors presented a large clear-cut contingent, […] pointed out as among the great heroes who had saved the Revolution from Kerensky, and Petrograd from Yudenich. »
(« Trotsky protests too much », E. Goldman, (1938)).
Troisième argument : l’Antisémitisme de la révolte
Il existe trois sources pour cet argument, que nous allons examiner dans l’ordre. D’abord, un rapport des Bolcheviques sur un membre du Comité de Kronstadt, Vershinin, qui aurait dit à un détachement de l’Armée Rouge, de les rejoindre pour « battre les juifs ».
On ne peut évidemment pas nier l’antisémitisme de la remarque, mais on peut noter deux choses : premièrement, seul le rapport des Bolcheviques, qui cherchent justement à justifier leurs écrasement de la révolution, affirme ceci ; deuxièmement, l’antisémitisme est, en 1921, toujours un fléau largement répandu, et ce dans tous les camps : Bolcheviques, anarchistes, tsaristes, libéraux, etc. Les Bolcheviques eux-mêmes, du moins des groupes Bolcheviques, sont responsables de nombreux Pogroms.
Prenons donc cette source comme valide car, même si l’histoire est écrite par les vainqueurs, il n’est en l’occurrence pas inimaginable qu’ici ce soit la vérité. Reste que cette source ne représente que les opinions personnelles d’un membre du comité, au-delà de ça, aucune source ne permet de dire en soit que cette opinion soit une revendication officielle du comité ni qu’elle soit partagée par ses collègues.
Venons en à la deuxième source : les mémoires d’un soldat inconnu, dont on ne sait ni l’identité, ni la résidence, ni les faits d’armes, ni même s’il était même à Kronstadt à cette époque. Ces mémoires parlent des événements de Kronstadt comme « L’ultimatum du Juif Trotsky ». Là encore, difficile de nier le caractère antisémite ; mais la source est non seulement fragile, mais en outre, comme la première, ne représente qu’une opinion d’une personne isolée.
Difficile d’utiliser cette source comme une source officielle crédible, et même si elle l’était, on en revient à l’antisémitisme omniprésent partout au début du 20ème siècle.
La troisième source est, elle, plus solide : il s’agit d’une lettre d’un marin de Kronstadt, interceptée par le bureau de censure de Petrograd avant qu’elle ne puisse atteindre sa famille. Selon cette lettre, datée du 4 mars 1921, le comité de Kronstadt venait de passer une résolution pour déporter les juifs en Palestine, « so that we don’t have such nasty things in Russia ».
Cette résolution est, évidemment, terriblement antisémite… mais aucune source d’une telle résolution existe. Pourtant, nous avons des sources sur des actions du comité de Kronstadt, des revendications, des résolutions passées, etc. mais rien sur une telle résolution. Pas même une proposition.
Donc, il est indiscutable qu’il y avait des antisémites à Kronstadt, et certains mêmes, de toute évidence, en faveur de déportation ethniques. Mais rien ne permet d’affirmer que cet antisémitisme a coloré cette révolte de quelque manière d’importance que ce soit, premièrement, rien ne permet d’affirmer que l’antisémitisme de certains a poussé à plus que la rédaction de lettres et a poussé au passage de lois antisémites, deuxièmement, et enfin, rien ne permet de dire que l’antisémitisme de certains à Kronstadt soit particulièrement pire que celui professé par des personnes dans tous les camps à cette époque.
Pour citer Israel Zangwill sur la question : « It is as Bolsheviks that the Jews of South Russia have been massacred by the armies of [the Ukrainian leader Simon] Petliura, though the armies of Sokolov have massacred them as partisans of Petliura, the armies of Makhno as bourgeois capitalists, the armies of Gregoriev as Communists, and the armies of Denikin at once as Bolsheviks, capitalists, and Ukrainian nationalists. »
Comme c’est partout le cas, les Juifs sont accusés de tout et par tous les camps ; avancer l’antisémitisme de Kronstadt est donc un argument de mauvaise foi en la matière.
Prenons les Bolcheviques eux-mêmes, responsables de plusieurs dizaines, voire centaines de violences (Nahum Gergel compte par exemple 106 pogroms perpétrés par l’Armée Rouge en Ukraine entre 1918 et 1921 (YIVO Annual of Jewish Social Science, vol. VI, 1951)) et qui ont souvent coopérer avec des antisémites notoires, comme la réhabilitation en 1921 de Yakov Slashchov, antisémite responsable de nombreuses violences et pogroms dans le pays durant son service pour l’Armée Blanche (mais pas sur leurs ordres, c’était son petit plaisir coupable).
Son plus haut fait d’arme reste le massacre de 200 civils juifs à Holovanisk ; il semble pourtant que ici, son antisémitisme (ni sa propension à cibler les civils d’ailleurs) n’ait pas empêché les autorités et même Trotsky de le ré accepter au sein du pays, ni de l’armée.
Donc oui, il existe des exemples d’antisémites à Kronstadt ; et bien sûr il ne s’agit pas de dire que les Bolcheviques sont antisémites. Mais des antisémites se trouvent dans tous les camps, et il semble douteux de dire que Kronstadt a eu des revendications ou volonté antisémites, ni que ce soit la raison pour laquelle le pouvoir Bolchevique ait agi.
Quatrième argument : Danger pour la révolution, il n’y avait pas d’autres choix
L’argument se
base sur l’évidence et le fait incontestable que la Guerre Civile Russe est brutale,
violente, et difficile, c’est le même argument qui est d’ailleurs avancé pour
défendre toutes les exactions ou erreurs des Bolcheviques, même quand il est
prouvé qu’elles ont mené au pire.
Sauf que à cette époque là et à l’ouest de la Russie… Il ne reste plus de réelles menaces pour le régime, les Blancs sont en passe d’être vaincus, ils sont affaiblis et le régime Bolchevique est en train de finir de pacifier et rétablir son autorité sur toutes les régions. Le Baron Wrangel est vaincu au sud-ouest, au nord-ouest les forces occidentales qui contrôlaient une partie de la région et certains ports majeures ont été repoussés, etc.
Et cet état de fait est connu et est d’ailleurs utilisé pour permettre de démobiliser plus de la moitié de l’Armée Rouge, signe que le régime sait que le gros du conflit est passé, et que maintenir une telle armée n’est donc plus nécessaire. Ce n’est pas que le conflit soit entièrement fini, bien sur, pas plus qu’il ne s’agit d’avancer qu’il n’existe plus aucune opposition contre-révolutionnaire en interne, ce serait absurde ; mais le gros est passé, et le régime peut se permettre une relaxe, ce qu’il fait justement.
En outre, ces arguments pourraient être recevables dans le contexte d’un révolutionnaire de 1921, encore que la légitimité de ces affirmations sur l’absolue nécessité des massacres est douteuse, mais ils ne sont de toute façon plus recevables de nos jours. Ces violences seraient nécessaires pour sauvegarder la révolution et préserver l’URSS, et donc le socialisme. Sauf que de fait, le socialisme n’a pas été sauvé. L’URSS a dégénéré, s’est lentement dégradé, passant d’un capitalisme semi étatique, à un capitalisme d’état, à un simple capitalisme avant d’éclater et de laisser derrière une ribambelles de pays capitalistes contrôlés par quelques poignées d’oligarques.
Ces déviations et la mort lente de l’URSS
apparaissent en dépit de cette « discipline » qui est avancée pour justifier
des violences politiques innommables de ce genre. Ainsi si dans l’époque il
pourrait être compréhensible d’avancer un tel argument, avec le recul dont nous
bénéficions ces arguments ne sont que du vent, puisque l’URSS a dégénéré. En
outre, j’ai déjà abordé dans « Le Gouvernement de Lénine » et « Les
Bolcheviques ont lutté contre les Soviets » que cette dégénérescence est en
fait causée directement par les décisions de Lénine dès le départ, et la forme
que prend le pouvoir Bolchevique.
Conclusion
Finalement,
ce que prouve une étude poussée de Kronstadt aujourd’hui c’est que, au-delà des
différences qu’ils se plaisent à revendiquer, les Marxiste-Léninistes et les
Trotskystes ont finalement beaucoup en commun. Plus qu’ils n’aiment à le
reconnaître, en tout cas.
La distinction est en fait avant tout sur la question de comment diriger l’URSS après la mort de Lénine. Les Trotskystes reprochent à Staline les violences politiques et les répressions, mais dans le même temps ils défendront les mêmes violences, les mêmes répressions, à condition qu’elles soient commises au nom de leur idéologie, au nom de la révolution, ou quelque autre prétexte fumeux.
S' ils ne sont pas d’accord sur tous les points, Trotsky et l’opposition qu’il dirige est, dans le fond, toujours dans le camp de Staline, revendiquant le Léninisme et il déclare par exemple, sur la question de séparer le Parti afin de se démarquer de Staline, « We will struggle with all our force against the formation of two parties, for the dictatorship of the proletariat demands as its very core a single proletarian party. It demands a single party. It demands a proletarian party, that is, a party whose policy is determined by the interests of the proletariat and carried out by a proletarian nucleus. »
Les deux restent dans l’idée d’un parti d’avant-garde qui mène la révolution pour le compte des travailleurs, la direction d’un parti unique, des discussions internes mais l’unité d’action, etc.
Bien sur on ne peut pas dire que Trotsky et Staline aient les mêmes visions sur ce que doit devenir l’URSS, ce serait fallacieux ; mais force est de constater que les différences sont plus techniques que fondamentales car, dans le fond, et sur les méthodes nécessaires pour permettre de l’atteindre, les deux sont d’accord.
Ce qui les caractérise c’est la même volonté d’imposer la volonté du Parti, et la même confiance aveugle en ce Parti, comme si le fait d’avoir gagner une élection en 1917 (les autres ne comptant pas, étant truquées voir annulées, voir « Les Bolcheviques ont lutté contre les Soviets ») signifiait que le Parti était un genre de représentant éternel d’une volonté monolithique de classe, et qu’ils devaient donc se maintenir au pouvoir par tous les sacrifices nécessaires, quitte à opprimer les opinions divergentes ou recourir à toutes les violences ; car après tout, que ne ferait on pas pour la révolution ?
Pratique révolutionnaire du 21eme siècle
I. Le Maoïsme, le
Parti, La guerre populaire prolongée
Le MLM C'EST QUOI
LE MAOÏSME ?
Pour cette partie, nous allons nous appuyer sur le
marxisme-léninisme-maoïsme, pourquoi faut-il étudier le
marxisme-léninisme-maoïsme aujourd’hui ?
Le maoïsme, théorisé dans les années 80 par le parti communiste du Pérou,
permit une avancée théorique du marxisme en s’appuyant sur une analyse des
expériences socialistes passées. Le maoïsme, théorisé par le président Gonzalo,
est le seul à saisir les informations nécessaires pour la reconstruction d’un mouvement
révolutionnaire socialiste. Tout marxiste doit étudier le maoïsme et ne pas
rester bloqué au Marxisme-Léninisme en étant dogmatique juste parce que l’urss
était grandiose. Si nous restons au marxisme-léninisme, les mêmes erreurs
seront produites et le parti se fera envahir par des Deng et des Khrouchtchev
qui vont remettre le capitalisme en place, cela n’était pas simplement le fait
d’actions individuelles, mais bien d'erreurs de fondement théorique. Le maoïsme
donne de nouvelles armes au prolétariat :
- La guerre populaire prolongée : stratégie pouvant s’adapter aux
conditions de différents pays, (voir pages d’après)
- La révolution culturelle : pour lutter contre toute restauration du
capitalisme par un appel aux masses, c’est la continuation de la lutte des
classes sous le socialisme, pour empêcher la nouvelle classe dirigeante de
retirer au peuple ses acquis (voir partie sur la chine)
pour aller plus loin : C’est
quoi, le maoisme?
Pourquoi la guerre
populaire prolongée ?
Beaucoup de marxistes qui ne connaissent pas la guerre populaire, sont dans une
position attentiste d’un grand soir qui viendrait d’un ras le bol général pour
réaliser une insurrection. Or une insurrection n’est pas une fin en soi :
Il ne faut pas oublier qu’après une insurrection, il y a souvent des guerres
civiles, comme lors de la révolution russe, avoir le quartier général ne suffit
pas pour gagner la guerre, une insurrection sans mobilisation des masses ne
mènera même pas à une guerre civile, car le camp révolutionnaire n’aurait qu’un
faible ou inexistant soutien parmi les masses n’étant pas politisées. Même si
l'insurrection réussie, l'État bourgeois enverrait son armée dans le quartier
général pour virer les personnes qui ont tenté de prendre le pouvoir, cela
n’aura rien apporté au socialisme et aura causé des morts inutiles. Donc
l'insurrection sans travail réalisé parmi les masses populaires est inutile.
Qu’est ce que la guerre populaire ?
soon
https://www.bibliomarxiste.net/documents/perou/la-ligne-militaire/
https://www.bibliomarxiste.net/documents/perou/la-ligne-de-masses/ https://www.bibliomarxiste.net/documents/perou/vers-la-guerre-de-guerillas/ https://www.bibliomarxiste.net/documents/perou/la-ligne-de-construction-des-trois-instruments-de-la-revolution/ https://www.bibliomarxiste.net/documents/perou/developpons-la-guerre-de-guerillas/
MLM vs conseillisme
: L’importance du parti et le rejet de la spontanéité révolutionnaire + rejet
de l’anti-léninisme: réfutation d’un argument conseilliste +
explication révolution culturelle (fin de la lutte des classes pendant celle-ci
et du rôle du peuple)
"Or, il est à craindre que ces organisations ne cherchent à persister
dans leurs existence, contre les conditions matérielles révolutionnaires pour
restaurer les conditions dans lesquelles ils pouvaient encore exister :
c'est-à-dire sous l'organisation capitaliste de la production qui les avait
vu apparaître. On ne peut pas négliger cela. C'est pour cela que le parti ou le
syndicat peut rapidement devenir un instrument conservateur voire réactionnaire
en cas de changement radical. Ce n'est pas pour rien que je considère ces
organisations comme dépassées largement, et qu'il nous faut trouver autre chose
en adéquation avec nos conditions modernes. " (argument d’un conseilliste)
Si l'Etat est amené à disparaître, il est vrai que certains voudraient qu'il continue à exister pour perpétuer leurs privilèges. Mais ça serait le dernier espoir des bourgeois qui espèrent encore faire changer la ligne du parti pour un retour au capitalisme, ces personnes devront être dénoncées comme telles. Or pour en arriver à ce moment, où l'Etat doit disparaître, il faudrait que le capitalisme soit totalement vaincu, arriver à une révolution mondiale. Nous n'en sommes pas à cette époque, donc pour commencer, il faut se demander si un parti peut être révolutionnaire, garder cette ligne avant et pendant la dictature du prolétariat jusqu’au dépérissement de l’Etat. Pour vaincre le capitalisme, il faut penser à la question suivante : Comment faire pour que le parti communiste soit révolutionnaire et non réactionnaire ? Pour résumer, le rôle d'un parti révolutionnaire est de former une avant-garde objective qui guide les masses avec une pensée guide. Comme si le peuple était un fusil, et le rôle du parti est de tenir le fusil.
c’est le parti qui doit faire
triompher les idées justes et dénoncer les pensées et les politiques qui
servent volontairement ou non volontairement la bourgeoisie. Comme le parti
cherche à guider les masses vers la révolution et vers le communisme, il est
normal que des contre-révolutionnaires s'y infiltrent pour faire triompher une
autre ligne : la ligne de la restauration du capitalisme, nous l’appelerons la
ligne noire. Au sein d’un parti communiste (comme dans toute organisation politique),
il y a toujours une ligne rouge (révolutionnaire) et une ligne noire
(révisionniste : qui sert volontairement ou non volontairement la bourgeoisie).
C’est la ligne noire qui a triomphé en urss et en chine. Portons maintenant
attention à une lutte d'idées qui peut avoir lieu au sein du parti. Ici Trotski
défend la fin du centralisme démocratique qui permet justement une unité du
camp révolutionnaire, si sa vision était appliquée beaucoup de factions
apparaîtraient ce qui favoriserait la division et l'échec de la politique
soviétique
“ En 1923, lorsque Lénine était gravement
malade, Trotski a profité de la mise à l’écart de la direction de Lénine sur le
Parti pour exiger le retrait de toutes les règles du centralisme démocratique
dans le Parti. Il a uni tous les éléments d’oppositions divers et variés pour
formuler une Déclaration des 46, qui exigeait la liberté de factions et de
groupes au sein du Parti Communiste. Cette demande de factionnalisme a
également été vaincue.” Cours de Base de Marxisme-léninisme-Maoïsme Chapitre
22 : La lutte contre le trotskisme et d’autres tendances opportunistes
Nous pouvons également prendre comme exemple la confrontation entre Liu Shaoqi
et Mao :
“D’autre part, les événements ont prouvé
que Liu soit était incapable de comprendre, ou a refusé de comprendre la ligne
de pensée de Mao. Lorsque
la révolution culturelle a commencé à se dérouler, Liu, en charge du travail
quotidien, a de nouveau envoyé des équipes de travail [...] dans les écoles et
les universités de Pékin. Les
équipes de travail ont alors commencé à frapper contre le large secteur des
masses d’anciennes catégories d’ennemis de classe. En conséquence, des
centaines et des centaines d’étudiants et d’enseignants de l’Université de
Pékin ont été pris pour cible en tant qu’ennemis de classe et
contre-révolutionnaires. Certains ont été assignés à résidence et d’autres ont
été paradés dans des réunions de lutte. Mao était en colère et de nouveau
accusé Liu de frapper contre le secteur large afin de protéger le petit groupe
de dirigeants, et
d’être le leader d’une ligne réactionnaire; Liu devint ainsi l’une des
principales cibles de la Révolution culturelle. Selon Wang Li, Mao voulait
seulement mettre le PCC sur la bonne ligne idéologique et ne voulait pas s’en
prendre à Liu Shaoqi personnellement. Au début, Mao voulait toujours garder Liu
au sein du PCC, mais voulait aussi que lui et d’autres dirigeants passent par
le processus d’une lutte idéologique afin de régénérer le parti. Quand Liu
Shaoqi, Deng Xiaoping et Tao Zhu (et beaucoup d’autres) ont été officiellement
destitués de leurs fonctions, Mao a dit « à bas avec (da dao) seulement pour un
an, au plus deux ans ». Il a également souligné que s’il y avait une guerre
(avec l’Union soviétique, Taiwan ou les États-Unis à l’esprit à ce moment-là)
ces personnes devraient être rétablis à leurs anciennes positions
immédiatement” Battle for China's Past : Mao and the Cultural Revolution :
chapitre 7
Dans cette situation, Liu cible sa politique sur “les ennemis de classe” au
sein de la population, au lieu de réaliser un travail sur les membres du parti,
réellement responsables du problème : ils sont coupés du peuple et forment une
nouvelle classe dominante. Ici Liu Shaoqi essaye de tourner la politique du
parti en faveur de cette classe dominante en allant à l'encontre de Mao qui
veut lutter contre celle-ci. Liu sert donc la ligne noire (il sert les intérêts
de la nouvelle bourgeoisie) contre la ligne rouge de Mao (qui veut lutter
contre les bureaucrates et pour un pouvoir populaire). Il est important de
noter que Deng Xiaoping et Liu Shaoqi étaient des nationalistes chinois qui se
sont alliés à la révolution uniquement pour redonner sa dignité à la Chine,
alors humiliée lors du partage de la chine par les puissances occidentales. Dès
lors que Mao voulut la collectivisation, ils ont été à l'encontre de sa
politique. Voilà d'où peuvent venir les éléments réactionnaires.
Si
nous portons attention à la lutte entre deux lignes, et comment elle dénonce
les idées erronées, on peut voir que le parti peut-être par nature
révolutionnaire, et lutter pour une ligne juste. Cependant, il peut être
également un outil des bourgeois pour faire triompher une ligne faussement
révolutionnaire et préparer le retour du capitalisme (Khrouchtchev avec l’arrêt
de la lutte des classes, deng xiaoping avec le socialisme de marché(mais avec
coup d’état pour deng))
Sans parti d'avant garde, il serait
d'autant plus difficile de lutter pour défendre une ligne révolutionnaire, les
contre-révolutionnaires n'auraient qu'à se faufiler dans les masses populaires
et semer le trouble. Alors que quand on a un parti, ils doivent infecter sa
base, l'avant garde du peuple, dans le quartier général pour faire couler la
révolution. Car le parti guide les masses.
“ La théorie du culte de la spontanéité s’oppose
résolument à ce qu’il soit donné au mouvement spontané un caractère conscient,
méthodique ; elle s’oppose à ce que le Parti marche en tête de la classe
ouvrière, à ce que le Parti élève les masses jusqu’à les rendre conscientes, à
ce que le Parti mène le mouvement derrière lui. Elle est pour que les éléments
conscients du mouvement n’empêchent pas ce dernier de suivre son cours ; elle
est pour que le Parti se borne à observer le mouvement spontané et se traîne à
sa remorque. La théorie de la spontanéité, c’est la théorie de la diminution du
rôle de l’élément conscient dans le mouvement, l’idéologie du «suivisme», la
base logique de tout opportunisme.” des principes du Léninisme J. Staline III.
La théorie b) critique de la «théorie» de la spontanéité
Il faut créer quelque chose de différent du parti car la bourgeoisie s’y infiltre nous dira-on, mais cela est une position défaitiste, même si nous supposons cette théorie valide, la pratique la remettra en cause, fera émerger des problèmes qui devront être réglés, comme ce fut le cas pour le parti.
Si un générateur ne marche pas,
certains comme vous ne cherchent pas à comprendre pourquoi, jetez tous les
plans et recommencez tout à zéro sans chercher à réparer le mécanisme, alors
qu'il suffit peut-être d'ajouter une pièce en plus. (comment yukong déplaça
les montagnes)
Ici, le générateur qui ne marche pas est le parti et la pièce manquante est
la révolution culturelle pour une continuation de la lutte des classes et une
critique ouverte du parti :
" Ainsi, la résolution du onzième plenum clarifia les points suivants :
« Dans la grande révolution culturelle prolétarienne, la seule méthode est pour
les masses de se libérer elle-même, et toute méthode de faire les choses en
leur nom ne doit pas être utilisée. « Faites confiance aux masses, appuyez-vous
sur elles et respectez leur initiative. N’ayez pas peur. N’ayez pas peur du
désordre. […] Laissez les masses s’éduquer dans ce grand mouvement
révolutionnaire et apprendre à distinguer le bien et le mal et la différence
entre les façons correctes et incorrectes de faire les choses. » Au fur et à
mesure que les masses entraient de plein fouet dans la révolution, elles
créaient même une nouvelle forme d’organisation – le comité révolutionnaire. Il
était basé sur la combinaison « trois en un » : c’est-à-dire que ses membres,
qui étaient élus, soumis à la révocation et directement responsables devant le
peuple, provenaient du Parti, de l’Armée populaire de libération et des
organisations de masse (les gardes rouges dont l’effectif avait atteint trente
millions). Ils se sont établis à tous les niveaux, de l’usine ou de la commune
aux organes des gouvernements provinciaux et régionaux, et leur fonction était
de fournir le lien par lequel les masses pourraient participer directement au
fonctionnement du pays. Cet organe de pouvoir trois-en-un a permis au pouvoir
politique prolétarien de frapper profondément les masses. La participation
directe des masses révolutionnaires au gouvernement du pays et l’application de
la supervision révolutionnaire par en bas au sujet des organes du pouvoir
politique à différents niveaux ont joué un rôle très important pour que les
principaux groupes adhèrent à la ligne de masse. Ainsi, ce renforcement de la
dictature du prolétariat était aussi l’exercice le plus vaste et le plus
profond de la démocratie prolétarienne encore réalisé dans le monde." Cours de Base de Marxisme-léninisme-Maoïsme Chapitre
31 : La Grande révolution culturelle prolétarienne
(voir extraits de Mobo Gao dans la partie sur la chine)
Pendant la révolution culturelle, la population a donc pu devenir actrice
politiquement, critiquer ouvertement le parti et a pu participer pleinement à la
lutte des classes, s’est débarrassé de la ligne noire du parti, ce qui a
grandement amélioré ses conditions de vie :
“A la toute fin des années 70, les ouvriers bénéficiaient du bol de riz de fer,
leur assurant un travail à vie, un logement, une éducation, une assurance
médicale et une pension de retraite. Dans ce régime social, la lutte des
classes entraînait tout le reste, et tentait de créer une “civilisation
communiste” en passant de chacun selon ses capacités à chacun selon ses
besoins”
Ces avancées sociales ont été permises car le peuple était réellement au
pouvoir : le peuple au pouvoir lutte pour ses propres intérêts : le progrès
social. La bourgeoisie au pouvoir veut restaurer le capitalisme et mettre en
place une politique néo libérale comme l’a fait Deng Xiaoping après son coup
d’Etat.
“Pourtant, en 1968, la direction du PCF, en la personne de Léo Figuères,
déclarait avant le sinologue belge simon Leys : “Mao s’est servi, sous le
prétexte de la “révolution culturelle”, de jeunes et d’écoliers pour écraser et
éliminer les forces qui au sein du parti communiste chinois, luttaient contre
sa ligne insensée" (préface de bataille pour le passé de la chine )
Ici, la direction du PCF suit la logique du parti communiste de l’urss (de
l’arrêt de la lutte des classes et de la coexistence pacifique) , dont il est
le satellite, et s’allie aux traîtres tel que Deng xiaoping, ou encore à la
bourgeoisie occidentale pour propager la vision d’un Mao opportuniste qui
utilise les masses populaires pour son intérêt personnel. Cette critique n’est
basée sur rien, il s’agit juste d’une interprétation. Ils nient la lutte des
classes sous la Chine de Mao et l'interprètent comme un conflit servant
uniquement les intérêts personnels de Mao. pourtant aujourd’hui cette position
est largement diffusée dans les médias occidentaux ou chinois. Il est normal
que le pouvoir diabolise cet événement en le peignant comme un acte génocidaire
de la part de Mao, d’un total échec économique (pourtant une croissance
supérieur aux autres pays asiatiques, a permis de nombreuses avancées
scientifiques comme le vaccin contre la polio) et vont même jusqu'à inventer de
fausses citations qui auraient été prononcées par Mao pour illustrer leurs
propos. Tel que “il vaut mieux un train socialiste en retard qu’un train
capitaliste à l’heure”. Le but de ces discours de propagande est donc de
prouver que tout acte de collectivisation des terres entrainera innévitablement
des atrocités, des famines, une économie catastrophiques et des dirigeants opportunistes
qui agissent selon leur intéret (voir plus d’exemples dans la partie sur la
chine, sur la nature de la violence, sur la qualification de génocide)
Pour conclure, le parti peut lutter dans l'intérêt des masses, si le peuple
est effectivement rendu acteur par celui-ci. Le parti est indispensable pour
rendre les masses conscientes autour d’une même idée (peuple uni, pas de
divisions), dans l’organisation de la guerre populaire prolongée (des
organisations de masses révolutionnaires secrètes pour propager la vraie ligne
révolutionnaire du parti, des organisations semi ouvertes, des organisations
de façade pour juste attirer les gens dans l'anti impérialisme et anti
féodalisme, des infiltrations dans les organisations, luttes contre les
services de renseignement, assurer la discrétion, la couverture, protéger les
membres, infiltrer l'ennemi, organiser la militarisation), lutter contre la
division et les factions à l’aide du centralisme démocratique, tout ceci est
impossible en cas de mouvement spontané, et le camp révolutionnaire est
vulnérable.
_________________________________________________
“Un des concepts les plus mal connus et pourtant
revendiqué régulièrement, c'est celui de Dictature du Prolétariat. Chez Karl
Marx, ce concept est peu employé. Il désigne une phase autoritaire du mouvement
révolutionnaire effectué par le prolétariat – donc par la majorité – afin
d'imposer des mesures socialistes à l'Etat et au capital. La dictature du
prolétariat est une forme radicale de démocratie directe à la fois économique,
sociale et politique. En revanche, chez Lénine, ce concept est totalement vidé
de sa substance. Pour lui, l'avant-garde révolutionnaire, doit imposer la
direction à l'ensemble du prolétariat et le dominer, substituant dangereusement
la domination de la classe bourgeoise à celle de l'autorité de l'avant-garde et
du sommet de la hiérarchie du Parti léniniste. C'est pour ces raisons, que le
mouvement conseilliste s'est toujours opposé au léninisme voyant dans cette
théorie révolutionnaire une nouvelle forme de domination du prolétariat à la
place de la bourgeoisie, ce qui s'est montré notamment en U.R.S.S.” (autre
argument conseilliste anti-léniniste) “marx
et Engels ont toujour réfuté l’idée d’avant garde”
le texte au dessus réfute aussi cet argument + passages livre Gao Mobo +
“ La Commune, par ses faiblesses, a
également fourni des enseignements précieux pour les luttes futures du
prolétariat. Ceux-ci ont été démontrés par Marx. La première erreur de la
Commune a été l’absence de direction claire et centralisée de la part d’un seul
Parti prolétarien. A partir de ceci, Marx en a conclu que le succès de la
révolution passait nécessairement par la direction d’un Parti prolétarien fort,
discipliné et lucide sur la situation.”Cours de Base de Marxisme-léninisme-Maoïsme
Chapitre
10 : Les leçons de la Commune de Paris
Synthèse :
pk les conseillistes ont tord :
rejet du parti -> rend impossible la construction de la révolution -> pas
d’union de la population autour d’une même cause, aucune stratégie actuelle
pour propager la révolution, ne peut pas rendre les masses conscientes,
insurrection encore comme objectif, les conseils se divisent facilement ce qui
profite à la bourgeoisie, ignorent les apports de Lénine + Mao
(autre notion à éclaircir : urss sous staline = capitalisme d’état selon les
conseillistes, car l’état détient la plus value chepa quoi)
(si y’a un mec qui sort une citation de lénine où il dit qu’il faut copier le
capitalisme d’état allemand pour la russie : il s’agit en fait du capitalisme
monopole d’Etat : étape d’avant la nep : Pour
une théorie concrète de la transition : pratique politique des bolcheviks au
pouvoir)
Réponse d’une trotskyste(anonyme) :
dites les mao ,faudrait un peu lire de la théorie a la place de répéter de la
propagande stal ,nullement les conseillistes sont dans un rejet de
l'organisation et du parti (ce serait nier l'existence du KAPD qui est un parti
conseilliste) de plus y'a des sauts de dingues "rejet du parti-> rend
impossible la construction de la révolution" (c'est même anti maoiste
comme thèse car ce serait nier la base populaire de la révolution culturelle)
c'est biaisé comme critique du conseillisme ,et la personne ayant écrit ça n'a jamais lu luxemburg (je ne sais pas si cette manipulation est volontaire ,mais en tout cas c'est problématique de mélanger les faits avec des théories mal comprises)
car a entendre les mao répéter leurs
théories par coeur sans jamais la comprendre ,on voit que pour eux il n'est
nulle révolution si ça ne finit pas en dictature parti-état ou les masses sont
victimes d'un nouveau capitalisme étatisé et organisé (en opposition au
capitalisme éclaté et concurrentiel)
“« Dans la grande révolution culturelle prolétarienne, la seule méthode est
pour les masses de se libérer elle-même, et toute méthode de faire les choses
en leur nom ne doit pas être utilisée. « Faites confiance aux masses,
appuyez-vous sur elles et respectez leur initiative. N’ayez pas peur” (mtn faut
comprendre ce qui est écrit)
c'est en contradiction même avec les concepts
marxistes d'auto gouvernementalités des travailleurs et de la dictature du
prolétariat comme étant une démocratie véritable et non un parlementarisme
aristocratique ,je sais bien que pour les autoritaires vouloir contrôler le
peuple "pour son bien" c'est un grand enjeux mais ça pose une
véritable contradiction a l'émancipation des travailleurs par les travailleurs
Réponse de l’Auteur du paragraphe :
Le parti est nécessaire dans le sens où il doit guider les masses populaires. Sans les masses, le parti ne peut rien faire. Sans le parti, les masses avancent à l’aveuglette. Le parti n’a pas pour but de contrôler les masses, mais bien de les guider en les formant idéologiquement et en les organisant pour atteindre la victoire. Les conseillistes sont spontanéistes dans le sens où ils refusent le parti en temps qu’avant garde (car comme tu l’as dit, ils l'accusent de vouloir contrôler les masses.) Or, sans avant garde, les masses ne sont pas organisées et facilement contrables, à l’image du mouvement des gilets jaunes.( c’est pas toi ici? non c’est mornn x)))
Réponse anonyme :
justement l'idée de rosa luxemburg n'est en rien de laisser les masses avancer
a l'aveuglette ou de ne pas avoir de parti : c'est simplement l'idée que la
révolution est inutile si elle ne part pas de la base et que vouloir une avant
garde éclairée qui dominerait le prolétariat n'est pas une solution (elle part
de l'idée que la conscience de classe doit être la source de l'organisation et
non l'inverse)
il y a certes une critique sur le fait que l'avant garde est sous estimée chez les conseillistes mais ce n'est pas pour autant que la conception léniniste de l'avant garde est favorite :
en effet ,il existe une solution dialectique a la question avant garde ou spontanéité et cette solution se trouve par la critique de l'avant garde comprise par les léninistes et en même temps les arguments en faveur d'une avant garde
cette critique est toute simple : il s'agit simplement de ne pas donner de privilège a l'avant garde et de ne pas la placer comme classe dominante mais de la restreindre a son rôle d'outil pour la révolution
et cela passe par le refus de considérer l'avant garde comme étant supérieure au prolétariat et aux masses ,tout le monde ne peut qu'être d'accord avec cela (et les léninistes prétendent a cela ! ) cependant **cela implique qui l'avant garde ne prend pas possession du pouvoir étatique**
car en effet ,la critique de l'avant garde n'est pas son utilité a la révolution mais son poids pour l'émancipation des masses quand elle devient une classe dominante : il faut simplement ne pas considérer l'avant garde comme étant une autorité vis a vis du prolétariat et cela est une contradiction même avec le léninisme qui considère l'avant garde comme devant s'emparer du pouvoir étatique cad devenir la classe dominante ,devenir supérieure aux masses et posséder les privilèges du pouvoir (ce qui cause la corruption ,l'autoritarisme ,la domination ,l'expropriation du prolétariat etc etc)
"La minorité organisée est l'avant-garde d'une armée plus nombreuse tirant sa raison d'être de l'existence de cette armée : les masses. Si la minorité agissante, l'avant-garde, se détache de la masse, elle ne peut plus exercer sa fonction, elle devient un clan ou une classe. la minorité révolutionnaire ne peut être, en dernière analyse, que la servante des opprimés. Elle a d'énormes responsabilités mais aucun privilège."
-Georges Fontenis ,manifeste du communisme libertaire "la nécessité de l'avant garde"
les léninistes pleins de bonne volonté ,se contredisent eux même en voulant l'autorité de l'avant garde tout en se prétendant contre les privilèges de l'avant garde : il faut impérativement repenser l'avant garde comme une méthode d'organisation anti autoritaire ,émancipatrice et effective pour garder la ligne entre les dérives spontanéistes et autoritaires (car il faut être sacrément bête pour vouloir en même temps que l’avant garde n’ait guère de privilège et fonctionne par mandat ,et en même temps vouloir que elle s’empare du pouvoir étatique : c’est comme demander le libre marché sans l’impérialisme )
c’est ainsi que la réponse se trouve
dans le compromis entre la critique de l’avant garde et sa nécessité.
il suffit de voir comment les cadres de Jeunes Révolutionnaires réagissent en cas de viol pour comprendre les dérives des conceptions léninistes de l'avant garde
-cadence
La guerre populaire prolongée : exemple de l’inde (source : perspectives
urbaines PCI (maoiste)
Pourquoi est- il important d’étudier la guerre populaire en Inde ?
27% de la population indienne vit aujourd’hui dans les
villes, la population urbaine totale est de 285 millions, 38% se trouvent dans
35 centres métropolitains de plus d’un million, 3 des 20 mégalopoles mondiales
avec une population de 10 millions d’habitants chacunes sont indiennes
La proportion et le poids économique des zones urbaines en inde sont bien plus
importantes que celles de la chine à l’époque de la révolution, 10% de la
production venait de l’industrie et 11% des chinois habitaient en ville. Donc
les villes ont un rôle plus important à jouer en Inde qu’en Chine pour la
guerre populaire. Il faut également se poser cette question pour réaliser une
guerre populaire dans un pays comme la France, avec 80% de la population vivant
dans les zone urbaines. En l’absence d’un solide mouvement révolutionnaire
urbain, la guerre populaire sera en difficulté, mais il ne faut pas négliger
que les zones urbaines sont des centres tenaces de l’ennemi. Le parti doit
créer un réseau de lutte capable de mener le combat de façon constante et
autonome jusqu'à ce que la guerre populaire atteigne le stade de l’offensive
stratégique, il faut intensifier la lutte des classes dans les zones urbaines
et mobiliser des millions de personnes dans les masses urbaines en soutien à la
guerre populaire
Situation urbaine indienne :
“Les politiques de libéralisation amènent davantage
de changements et de nouveaux modèles d’urbanisation ont émergé. Ceux-ci sont
même en train de changer les positions et l’importance des vieux centres
métropolitains.
Delhi continue à maintenir son importance pour toute l’Inde, surtout comme
capitale administrative et également en raison de l’industrialisation rapide de
ses alentours. Mumbai, en tant que capitale financière, a continué à
s’accroître rapidement, et figure maintenant parmi les cinq plus grandes villes
du monde.”
“ Kolkata et Chennai continuent à maintenir
leur importance régionale, mais Kolkata a perdu son importance comme centre
d’industrie et de commerce pour toute l’Inde.” (pas fini) https://www.bibliomarxiste.net/documents/inde/perspective-urbaine-notre-travail-dans-les-zones-urbaines/2-linde-urbaine/
(le débat sur le capitalisme d’état a été placé dans le chapitre du socialisme)
la plupart des jeunes au Royaume-Uni ne sont pas purement hétérosexuels ou homosexuels :
1 in 2 young people say they are not 100% heterosexual Survey Report
Point qui me semble
important dans l'étude :
"Que signifie être à 1 sur l'échelle, et quelle est la différence entre
être à 1 ou à 2 ? Selon les recherches, en s'éloignant de "complètement
hétérosexuel" (0) pour se rapprocher du point médian (3, ou
"complètement bisexuel"), on augmente les chances d'avoir eu une
expérience sexuelle avec un membre du même sexe. 23% des personnes de niveau 1
ont eu une relation sexuelle avec un membre du même sexe, tandis que 52% des
personnes de niveau 2 ont eu une telle expérience.”

Ca marche aussi pour les usa et de ce fait (probablement
pour) les “millenium” de tous les pays développés comme en France
A third of young
Americans say they aren't 100% heterosexual
Le gêne homosexuel n’existe pas : Understanding Homosexuality: Moving on from Patterns to Mechanisms Cependant, la recherche des gènes contribuant à l'homosexualité, qui a commencé il y a 25 ans, a été largement infructueuse. Bien qu'une étude récente d'association pangénomique (GWAS) de Sanders et al. (2015) ait mis en évidence deux régions chromosomiques associées à l'homosexualité masculine (l'une liée au chromosome X, l'autre sur l'autosome 8), ce qui a permis de résoudre certains résultats contradictoires obtenus lors de tentatives antérieures (Bailey et al.,1999 Hamer etal.,1993;Huetal.,1995;Mustanskietal.,2005;Ramagopalan, Dyment, Handunneththi, Rice, & Ebers, 2010 ; Rice, Anderson, Risch, & Ebers, 1999), ces deux régions ont une petite taille d'effet et un faible pouvoir de prédiction de l'orientation homosexuelle ou hétérosexuelle. Collectivement, les GWAS indiquent donc qu'il existe des gènes nomajor contribuant à l'homosexualité masculine. Il n'existe pas d'études comparables sur l'homosexualité féminine.
L'American Psychological Association, l'American
Psychiatric Association et l'Association nationale des travailleurs sociaux ont
déclaré en 2006 :
Actuellement, il n'y a pas de consensus scientifique sur les facteurs
spécifiques qui font qu'un individu devient hétérosexuel, homosexuel ou
bisexuel - y compris les effets biologiques,
psychologiques ou sociaux possibles de l'orientation sexuelle des parents.
Toutefois, les données disponibles indiquent que la grande majorité des adultes
lesbiennes et gays ont été élevés par des parents hétérosexuels et que la
grande majorité des enfants élevés par des parents lesbiens et gays finissent
par devenir hétérosexuels.
https://web.archive.org/web/20130808032050/http://www.apa.org/helpcenter/sexual-orientation.aspx
cause sociologique :xxx
cause biologique :
l’effet de l'ordre de naissance fraternel dans le sens ou avoir un frère plus
agé est correlé avec l’homosexualité ce qui suggere que l’homosexualité
augmente par la biologie maternelle https://www.newscientist.com/article/2156010-we-may-know-why-younger-brothers-are-more-likely-to-be-gay/
Critique :
pourquoi le “FBOE” ne peut pas être une explication générale de l'homosexualité
Premièrement, elle n'explique qu'une proportion relativement faible de l'homosexualité masculine.
la “FBOE” ne peut pas expliquer l'homosexualité féminine
la “FBOE” est incompatible avec la faible concordance des préférences sexuelles chez les jumeaux.
la “FBOE” fait plusieurs prédictions qui n'ont pas encore été testées avec des données mais qui semblent être contre-intuitives.
Au niveau génétique, l’etude d’association pangénomique ou l’analyse de
nombreuses variations génétiques demontre qu’il n’y a non plus pas de preuve
d’un lien causale important entre la génétique et l’homosexualité, au mieux
cela serait un leger impact, sans compter le fait qu’il n’y a pas d’etude
comparable pour les femmes homosexuelles
Understanding
Homosexuality: Moving on from Patterns to Mechanisms - Archives of Sexual
Behavior
La génétique a sans doute un lien avec l’homosexualité
dans le sens où Ganna et al. ont constaté que les gènes pourraient éventuellement
expliquer une limite supérieure de 8 à 25 % du comportement sexuel homosexuel
de la population.
Mais que l'environnement joue un rôle très important du fait que lorsque tous les SNP qu'ils ont identifiés à partir de l'étude d'association pangénomique sont considérés ensemble dans un score combiné, ils expliquent moins de 1 %.
Sans compter le fait que la sexualité se situe sur un spectre et qu'il est biaisé de resumer l'homosexualité à avoir une relation avec une personne de même sexe et d'identifier les genes qui y sont associés.
https://www.science.org/doi/10.1126/science.aay2726
Dans un échantillon
de 175 pédophiles, 47 % étaient "fixés" (c'est-à-dire attirés par les
enfants uniquement) et 53 % étaient "en régression" (c'est-à-dire
généralement attirés par les adultes mais abusant temporairement d'un enfant).
Parmi les "régressés", 76 % étaient hétérosexuels, 24 % bisexuels et 0
% homosexuels : https://sci-hub.st/10.1007/BF01542377

dans un échantillon de 269 agresseurs d'enfants, 237 (88%) ont été identifiés
comme hétérosexuels, alors que seulement 2 (0,7%) ont pu être identifiés comme
potentiellement homosexuels :
Aucun des présumés agresseurs masculins sur des enfants de sexe féminin n'a été
identifié par la famille ou les services sociaux comme potentiellement
homosexuel. [....] Ainsi, le pourcentage de filles présumées avoir été
agressées par des lesbiennes potentiellement identifiables était de 0,4 %
(1/219). [....] En utilisant le critère selon lequel l'auteur présumé de
l'infraction pourrait être identifiable comme étant homosexuel par la personne
qui s'occupe de lui, un enfant de sexe masculin a été potentiellement agressé
par un homme homosexuel (1 /50 = 2%). [....] Des relations hétérosexuelles ont
été documentées pour 237 (88%) des délinquants adultes présumés.
Are Children at Risk for Sexual Abuse by Homosexuals? |
Pediatrics
^cette etude s’appuie sur un echantillon non représentatif
Il y a une personne
qui m’a envoyé cette étude pour me démontrer que 40% des pédophiles sont des
homosexuels :
https://www.researchgate.net/publication/14086197_Pedophilia_sexual_orientation_and_birth_order
en aucun dans l'étude, il n’est pas question de
représentation fidèle de la population de pedophile selon l'orientation
sexuelle :
Objectif de l’étude = “Cette étude a étendu la recherche sur l'ordre de
naissance et les préférences érotiques en examinant l'ordre de naissance dans
un échantillon de pédophiles”
Méthodologie qui laisse à démontrer mon point = “Il est à noter que les
critères pour être considéré comme un pédophile hétérosexuel (deux charges
admises) étaient plus stricts que ceux pour un pédophile homosexuel (une charge
admise).”
il faut comprendre que la pédophilie signifie une moins forte attraction envers
les adultes et une plus forte attraction sur les enfants
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1359178922000945
L'analyse des données disponibles confirme que près de la moitié (49,5 %) des
abus sexuels sont commis dans le cadre familial :
Les profils
d'auteurs les plus fréquents sont : le père (24,9 % du total dans le cadre
familial et 12,3 % du total), un autre membre de la famille non identifié (19,7
% du total dans le cadre familial et 9,7 % du total), le partenaire de la mère
(généralement un homme) (18,8 % des cas survenant dans le cadre familial et 9,3
% du total), le grand-père (12,2 % des cas survenant dans le cadre familial et
6 % du total) ou l’oncle (6,6 % des cas survenant dans le cadre familial et 3,2
% du total) (Save the Children, Citation 2021).
Le même rapport quantifie les abus en dehors de l'environnement familial dans plusieurs catégories : les amis ou collègues de la victime (9,7 % du total), les connaissances de la famille (8,6 %) et les éducateurs (6 %).Note de bas de page 4 Autrement dit, les abus se produisent généralement dans des contextes où l'auteur peut agir en toute impunité.
https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/23753234.2025.2475887
Aucune cause encore réellement trouvée pour expliquer la pedophilie
https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dophilie#Causes
Cependant, l’existence d’un rapport de domination, comme dans le cadre
familiale tend à faciliter le passage à l’acte des pédophiles
Selon le rapport de l’INSERM sur l’eglise catholique :
facteurs structurels et culturels qui s’appliquent à l’ensemble de la sphère
d’influence catholique (forte verticalité du pouvoir au sein de l’Église
euphémisée par la rhétorique du service, vision patriarcale et sacralisation de
la figure du prêtre, légitimation et arrimage de son pouvoir en dernière
instance à des normes de genre et de sexualité extraordinaires, discours
institutionnels sur les sexes et les sexualités en décalage avec les discours
séculiers, etc.)
L’ensemble de ces logiques institutionnelles apparaissent bien surdéterminées
par des rapports sociaux d’âge, de classe et surtout de genre. En ce sens,
malgré leurs spécificités, les violences sexuelles sur personnes mineures au
sein de l’Église catholique sont bel et bien des violences de genre, façonnées
par la domination masculine. Mieux, comme le confirme l’enquête en population
générale, l’Église catholique apparaît bien, après l'institution familiale,
comme l’institution la plus violente sur le terrain sexuel, bien plus que
l’école ou les institutions sportives. Or on a affaire dans les deux cas -
famille et Église - à deux institutions historiquement façonnées par une
“patriarcalité du pouvoir” dont elles peinent aujourd’hui à se débarrasser des
effets. C’est pourquoi, sans doute, tant que l’institution ecclésiale refusera
de renoncer au monopole masculin du pouvoir et à sa métaphorisation paternelle
- c’est-à-dire à la revendication d’une paternité spirituelle des clercs sur
les fidèles qui, toute symbolique qu’elle soit, n’en a pas moins des effets
réels -, il y a de fortes chances que le risque de violence sexuelle par des
clercs se perpétue en son sein, même si ces violences sont moins nombreuses et
qu’elles s’expriment sous une forme ou sous une autre.
Il y a dans le rapport differentes explication, l'asymétrie hiérarchie et
l'absence de contre pouvoir, ce qui rend difficile la dénonciation et possible
la répétition
il y a 3 emprises institutionnelles : l'emprise sacramentelle, vocationnelle et charitable
https://www.ciase.fr/medias/Ciase-Rapport-5-octobre-2021-Annexe-AN27-Rapport-Inserm-EHESS.pdf
Les cas de maltraitance commis par des responsables de leurs BGC locaux ont
touché 1,9 enfant de plus affilié au club que ceux commis par des membres du
personnel de rang inférieur, tandis que les cas d'abus commis par des personnes
affiliées à d'autres organisations de jeunesse (YSOs) au sein de la communauté
de leur BGC local ont duré en moyenne 3,3 ans de plus et ont fait 1,8 enfant
affilié au club de plus de victimes que ceux commis par des personnes non
affiliées à d'autres YSOs.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0145213424004022
Il n’y a globalement pas d’étude solide pour montrer que l’homosexualité est
davantage lié à la pedophilie, ce n’est pas un sujet de recherche intéressant
dans le cadre de la pédophilie, dans cette étude de référence menée par des
chercheurs du John Jay College of Criminal Justice de la City University of New
York, qui s'est penchée sur les causes et le contexte de la crise des abus
sexuels commis par des membres du clergé au sein de l'Église catholique
américaine, a conclu qu'il n'existait pas de cause unique ni de facteur
prédictif des abus sexuels commis par le clergé catholique. (notamment en ce
qui concerne l’orientation sexuelle)
https://www.usccb.org/news/2011/john-jay-college-reports-no-single-cause-predictor-clergy-abuse
“les femmes transgenres ne sont pas des vraies femmes”
voici quoi répondre :
forme et
fonction :
P1 : Toutes les caractéristiques sexuelles produites de manière exogène sont purement cosmétiques.
P2 : Toutes les caractéristiques sexuelles produites de manière endogène sont fonctionnelles.
P3 : Prendre en compte des caractéristiques sexuelles purement cosmétiques dans la catégorisation des sexes compromettrait l'approche beauvoirienne du sexe et du genre. Par conséquent,
basiquement, ces transphobes(comme
Lawford-Smith) utilisent l'argument
“Peindre un cheval en zèbre ne fait pas un zèbre.”
debunk P1 : Les seins de femmes trans : ne
font pas que ressembler à des seins, ils peuvent produire du lait (lactation).
Donc ils ont une fonction biologique réelle. néovaginoplastie : possibilité de
stimulation sexuelle, de lubrification et d'orgasme etc..
P2 : la pilosité féminine, la forme du visage etc.. n'ont pas fonction biologique fonctionnelle claire, c'est principalement du cosmétique en dépit d'être produit de manière endogène
révision possible des transphobes : P1 : caractéristiques naturelles = pleinement fonctionnelles P2 : caractéristiques artificielles = jamais pleinement fonctionnelles P3 : seules les caractéristiques pleinement fonctionnelles comptent
P1 reste faux il existe les sécheresses vaginales, l'impuissance masculine
ainsi que l'infertilité
P2 reste faux, si la fonction de la masse musculaire typique d'un sexe est de posséder une force de préhension typique de ce sexe, alors de nombreuses personnes transgenres ont une version pleinement fonctionnelle et produite de manière exogène de la caractéristique qui se rapproche de celle du sexe auquel elles aspirent (Scharff et al. Référence Scharff, Wiepjes, Klaver, Schreiner et den Heijer2019).
d'ailleurs le progrès technique permet de réduire la difference entre transfem et femme, notamment la transplantation d'uterus
et sinon, on peut là, rajouter les intersexes comme CAIS (Complete Androgen Insensitivity Syndrome qui produit des organes génitaux non fonctionnels, pourtant pleinement considéré comme des femmes
pis bon, en vieillissant, tu ne deviens moins fonctionnel, bref, la fonction est une mauvaise def pour parler de difference homme vs femme
nouvel argument transphobe notamment porté par
Janice Raymond, on différencie en fonction de
l'intervention
humaine vs ce qui est interne
P1 : toutes les caractéristiques sexuelles exogènes (produites par intervention
humaine) sont exogènes
P2 : toutes les caractéristiques sexuelles endogènes (produites par le corps)
sont internes
P3 : compter les caractéristiques exogènes dans la catégorisation sexuelle
ruinerait l’approche beauvoirienne C : donc on doit exclure les
caractéristiques exogènes
Débunk :
P1 est vrai
P2 : on pourrait objecter que dans le sens large de l'intervention humaine,
tout individu a besoin d'une intervention humaine pour se développer en étant
nourri, aimé et soigner
on peut alors raffiner l'argumentation transphobe :
P1 : toutes les caractéristiques exogènes sont produites par intervention
humaine directe
P2 : toutes les caractéristiques endogènes sont produites par processus internes
stimulés éventuellement par intervention humaine indirecte
P3 : compter les caractéristiques exogènes ruinerait l’approche beauvoirienne
C : donc on exclut les caractéristiques exogènes
Le problème, c'est que cette fois-ci, P1 devient plutôt faux…
En effet, la plupart des caractéristiques
sexuelles d'une personne transgenre sont le résultat de processus internes. Par
exemple, bien que la décision d'utiliser des médicaments qui modifient les
niveaux hormonaux soit une intervention humaine, la croissance subséquente des
seins, les changements dans la répartition des graisses et d'autres effets
morphologiques sont le résultat de la réponse naturelle du corps humain à une
présence accrue d'œstrogènes et à une présence réduite de testostérone (Wierckx,
Gooren et T'Sjoen Référence Wierckx, Gooren et T'Sjoen 2014). En tant que tels,
ils ne sont pas plus directement créés par l'intervention humaine que leurs
homologues endogènes, qui ne peuvent se former que grâce à l'aide apportée par
les humains à ceux qui les portent pour leur permettre de survivre. Bien sûr,
les caractéristiques obtenues grâce à des interventions chirurgicales telles
que la vaginoplastie et la chirurgie de féminisation du visage sont plus
directement le résultat d'une intervention humaine, mais cela ne signifie pas
pour autant que les processus corporels internes ne jouent aucun rôle. Il
existe par exemple des preuves provisoires indiquant que le microbiome des
vagins produits de manière exogène peut ressembler à celui de leurs homologues
endogènes, y compris la microflore qui ne se développe généralement pas sur la
peau du pénis (Petricevic et al. Référence Petricevic, Kaufmann, Domig, Kraler,
Marschalek, Kneifel et Kiss2014). Ceux-ci ne sont pas implantés, ce qui suggère
que les processus internes jouent un rôle dans la modification de l'hospitalité
de la peau.
oki, alors on peut encore + raffiner l'argument transphobe xDDD
P1 : toutes les caractéristiques exogènes
nécessitent une intervention continue
P2 : toutes les caractéristiques endogènes continuent sans intervention P3 :
compter les caractéristiques nécessitant intervention continue ruinerait
l’approche beauvoirienne
C : donc on exclut ces caractéristiques
oui mais tjr pas, faut toujours une intervention, y'a des caractéristiques qui ne régressent pas après intervention comme les seins, le vagin, la voix si transition pré puberté chez les hommes trans etc..
en Conclusion Les caractéristiques exogènes ne sont pas fondamentalement différentes de leurs homologues endogènes. Les distinctions basées sur l’intervention humaine directe ou continue échouent à défendre la contrainte d’endogénéité. L’argument selon lequel les femmes trans devraient être exclues de la catégorisation sexuée ne tient pas.
Déviance et
Conformité
P1 : toutes les caractéristiques sexuelles exogènes sont des déviations de
l’identité vraie
P2 : toutes les caractéristiques endogènes conforment à l’identité vraie
P3 : compter les déviations dans la catégorisation sexuelle ruinerait
l’approche beauvoirienne
C : donc il faut exclure les caractéristiques exogènes
oui sauf que si on en croit l'identité vraie de la personne, pour une transfem, c'est bien ses caractéristiques endogènes masculines qui sont souvent perçues comme déviantes par rapport à leur identité et les caractéristiques exogènes (sein, néovagin) conforment à leur identité donc P1 et P2 sont faux si on en croit l'identité vraie des trans
oki raffinons l'argument transphobe
P1 : toutes les caractéristiques exogènes dévient du développement habituel du
corps P2 : toutes les caractéristiques endogènes conforment au développement
habituel du corps P3 : compter les traits déviants compromet l’approche
beauvoirienne C : exclure les caractéristiques exogènes
Même cette version de l'argument, qui se concentre uniquement sur le corps,
n'est pas convaincante. Prenons l'exemple d'une femme atteinte d'une absence
congénitale d'utérus qui a récemment donné naissance grâce à une greffe
d'utérus (Ejzenberg et al. Référence Ejzenberg, Andraus, Mendes, Ducatti, Song,
Tanigawa et Rocha-Santos2018). L'absence d'utérus est bien sûr une condition
intersexuée, mais l'intérêt du modèle de regroupement est de pouvoir classer
ces personnes dans la catégorie des femmes, qui présentent par ailleurs la
majorité des caractéristiques féminines. Considérons également l'utilisation d'un
traitement hormonal substitutif chez les femmes ménopausées, qui produit des
niveaux d'hormones que l'on trouve habituellement dans un corps de type
féminin. Comme ces deux cas représentent des caractéristiques sexuelles
conformes au développement et produites de manière exogène, P1 ne peut être
correct. D'autre part, considérons les hommes atteints du syndrome extrêmement
rare du canal de Müller persistant, qui présentent un développement par
ailleurs typique des hommes, mais aussi des caractéristiques féminines telles
que des trompes de Fallope, des ovaires, un utérus ou un col de l'utérus
(Farikullah et al. Référence Farikullah, Ehtisham, Nappo, Patel et Hennayake
2012). Aucune de ces caractéristiques de l'anatomie reproductive n'apparaît
généralement dans le corps masculin, il s'agit donc de caractéristiques
sexuelles produites de manière endogène qui s'écartent du développement
habituel du corps de la personne. P2 ne peut donc pas non plus être correct.
et P3 ne tient pas, car toutes les transfem ont été exposées à la socialisation féminine d’une manière ou d’une autre notamment dans l'enfance et savent en reproduire des traits conformes à celui d'une femme
Le taux de TDS(Tentative De Suicide/=/mort par suicide) des transgenres aux USA est
de 40%.
THE REPORT OF THE
(En moyenne,
dans la population américaine, 1 tentative de suicide sur 31 réussi)
L’activité et la structure cérébrales des
adolescents transgenres ressemblent davantage aux schémas d’activation typiques
du genre désiré que du genre de naissance. En d’autres mots, le cerveau des
personnes transgenres ressemble plus au genre souhaité par un individu, et ce,
dès le plus jeune âge. En ce sens, il faut que la personne ayant un cerveau de
femme soit dans un corps de femme et vice versa, cela parait évident.
’
(le tableau E et G indique une différence significative de la
"réaction" entre les filles/garçons contrôles et ceux atteints de
dysphorie. Au contraire, le tableau F et H indique une similitude de la
“réaction” entre une fille atteinte de dysphorie et un garçon, vice versa.)
Le transgendérisme est
inscrit dans le cerveau dès le plus jeune âge
La dysphorie de genre (DG) chez les personnes transgenres est souvent traitée
par un traitement hormonal de confirmation de genre (THCG), susceptible
d'induire des modifications structurelles et fonctionnelles du cerveau. Si les
hormones sexuelles influencent considérablement la morphologie cérébrale, les
effets neurobiologiques du THCG restent mal compris. Des études d'imagerie
récentes suggèrent des altérations dans les régions cérébrales liées à la
perception du corps et à la conscience de soi.
Méthode Une recherche exhaustive a été menée dans PubMed, Scopus et Web of Science afin d’identifier les études de neuroimagerie portant sur les altérations cérébrales chez les personnes transgenres avant et/ou après un traitement hormonal. Les études éligibles incluaient des participants transgenres adultes, des témoins cisgenres, et utilisaient des techniques d’imagerie telles que l’IRM, l’IRMf, la DTI, la VBM ou la TEP. L’extraction des données et l’évaluation de la qualité ont été réalisées de manière indépendante à l’aide de l’échelle de Newcastle-Ottawa.
Résultats Sur l'ensemble des 22 études de neuroimagerie, les personnes transgenres présentaient des différences cérébrales structurelles et fonctionnelles cohérentes par rapport aux témoins cisgenres. Les résultats pré-traitement hormonal indiquaient des schémas distincts de matière grise et de matière blanche ainsi qu'une connectivité altérée au sein des réseaux par défaut et de perception corporelle. À la suite d'un traitement hormonal d'affirmation de genre, des changements spécifiques à certaines régions et dépendants des hormones ont été observés dans les structures corticales et sous-corticales, accompagnés d'une réorganisation au niveau des réseaux.
Discussion Les personnes transgenres présentent des caractéristiques cérébrales structurelles et fonctionnelles distinctes par rapport aux témoins cisgenres. Avant le traitement hormonal de confirmation du genre (GAHT), les différences au niveau de la matière grise et blanche et la connectivité altérée au sein des réseaux autoréférentiels indiquent des schémas de développement neurologique uniques. Après le traitement hormonal, une neuroplasticité spécifique à certaines régions et dépendante des hormones apparaît, en particulier au sein de l'insula, des régions préfrontales et limbiques. Ces résultats suggèrent que tant les processus précoces de développement neurologique que la modulation endocrinienne contribuent à la diversité neuronale sous-jacente à l'identité de genre.
Bien que la majorité de la littérature(¾ de celle-ci) indique que la structure
et la fonction cérébrales fonctions cérébrales correspondent davantage à
l'identité de genre qu'au sexe natal, même chez les personnes transgenres qui
n'ont pas subi de THA, la nature équivoque de certains résultats suggère que
nous devrions peut-être envisager un continuum de l'identité de genre où les
individus peuvent ne pas correspondre à des caractérisations binaires. En
outre, il est important de considérer que de nombreuses études ont été
entreprises avec échantillons de petite taille et que les résultats doivent être
interprétés avec prudence. Compte tenu de ces résultats contradictoires, il est
nécessaire de reproduire cette recherche dans des échantillons plus importants.
médicale
social
https://transequality.org/sites/default/files/docs/usts/USTS-Full-Report-Dec17.pdf
out that of the 3398 patients who had appointments during this period, **16 (0.47%) expressed transition-related regret or de-transitioned.** Of these 16, one patient expressed regret but was not considering detransitioning, two had expressed regret and were considering detransitioning, three had detransitioned, and ten had detransitioned temporarily. The reasons stated by patients for their regret or detransition included: social factors, reporting physical complications, and changing their mind about their gender identity and identifying as their gender assigned at birth, which shows that of that minority, alot were not due to releasing they are not trans https://epath.eu/wp-content/uploads/2019/04/Boof-of-abstracts-EPATH2019.pdf#page=139
https://sci-hub.hkvisa.net/10.1097/SAP.0000000000001393
^méta analyse regroupant 46 études qui trouve que les méthodes actuelles en ce qui concerne la chirurgie de transition est efficace avec peu de complication et une grande satisfaction générale
lien entre support familial et bénéfique positive
hormone bloqueur :
mental amélioré après transition
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1054139X1630146X
https://www.jaacap.org/article/S0890-8567%2816%2931941-4/fulltext
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19473181/
stable sens du genre après 4 ans:
Critères d'éligibilité : Les critères d'inclusion comprenaient des études portant sur des personnes transgenres et comparant la composition corporelle ou la condition physique avant et après un traitement hormonal de confirmation du genre (GAHT) ou par rapport à des témoins cisgenres. Résultats 52 études (n = 6 485) ont été incluses. Les femmes transgenres présentaient une masse graisseuse relative similaire (différence moyenne standardisée (DMS) −0,33, IC à 95 % −0,72 à 0,05, GRADE : très faible) une masse maigre relative similaire (DMS 0,19, IC à 95 % −0,14 à 0,53, GRADE : faible), une force du haut du corps (DMS 0,54, IC à 95 % −0,95 à 2,02, GRADE : très faible), une force du bas du corps (DMS 0,05, IC à 95 % −1,31 à 1,40, GRADE : très faible) et la consommation maximale d’oxygène (SMD −0,28, IC à 95 % −0,81 à 0,25, GRADE : très faible) par rapport aux femmes cisgenres. Les hommes transgenres présentaient une masse graisseuse relative plus élevée (SMD 0,96, IC à 95 % 0,28 à 1,64, GRADE : modérée), une masse maigre relative plus faible (SMD −6,42, IC à 95 % −12,26 à −0,58, GRADE : modéré) et une force du haut du corps plus faible (SMD −1,46, IC à 95 % −2,52 à −0,40, GRADE : modéré) que les hommes cisgenres. Chez les femmes transgenres, le THS a été associé à une augmentation de la masse grasse et à une diminution de la masse maigre et de la force du haut du corps sur une période de 1 à 3 ans. Les hommes transgenres ont présenté une diminution de la masse grasse et une augmentation de la masse maigre et de la force après un THS. Conclusion Bien que les femmes transgenres aient présenté une masse maigre plus élevée que les femmes cisgenres, leur condition physique était comparable. Les données actuelles sont pour la plupart de faible certitude et de qualité hétérogène, mais elles ne corroborent pas les théories selon lesquelles les femmes transgenres auraient des avantages athlétiques inhérents par rapport aux femmes cisgenres.
PRECISION sur "GRADE" = La méthode GRADE est un outil structuré pour évaluer la certitude des preuves et la force des recommandations en santé, en intégrant des critères transparents et des préférences des patients. les résultats sont cohérents avec la littérature scientifique
critique : étude sur court terme, pas de
données sur les elites, que VO2, force du bas et tt, facteur de confusion prise
en compte de manière inconsistante dans les études, biais de publication, pas
de prise en compte des facteurs négatifs qui affectent les trans comme les
facteurs discriminatoires
https://bjsm.bmj.com/content/60/3/198
Il est possible de voir comme argument contre l’adoption des couples homosexuels, l’argument comme quoi l’homoparentalité aurait un impact négatif sur les enfants. Voici pourtant 2 études démontrant le contraire :
1) https://www.cairn.info/revue-la-psychiatrie-de-l-enfant-2005-1-page-271.htmSee?contenu=article
Une méta-étude, rassemblant 30 ans d'étude sur le sujet, basée principalement sur des couples lesbiens (pour 28 études sur 31) et ayant en bonne partie eu recours à l’insémination artificielle (13 études sur 22 études dans lesquelles les informations quant aux modes de filiation sont indiquées), ne montre aucun signe de faiblesse ou de vulnérabilité chez les enfants. Le gros point fort ici de la méta-étude est la question de la conception de l’enfant : Ici, l’enfant a toujours vécu avec sa mère homosexuelle. Tandis que s’il avait vécu dans un couple hétéro sexuel, son expérience au sein d’un couple dans la norme aurait biaisé les résultats. Cependant les petits problèmes de cette méta-étude sont les suivants : les études utilisées ne prennent pas en compte les différences de structures familiales(Est-ce si grave que ça étant donné que ça a les mêmes effets sur les enfants qu'un couple hétéro ?), ainsi que la division sexuée du travail au sein du couple. Ensuite le problème c’est aussi les petits échantillons expliqués par la difficulté à trouver ce genre de couple, et pour finir, le fait que ces recherches soient conditionnées par le contexte politique des états-unis et de l’Europe, puisqu’il est possible que certains chercheurs aient pu avoir peur que des différences entre famille Homoparentale et hétéro parentale puissent être exploité par les réactionnaires. Ces études ont été menées en réaction aux débats sociétaux américains et européens sur le sujet.
Pour finir d’autres problèmes s’y ajoutent : La méthodologie utilisée consiste principalement à faire passer des questionnaires aux enfants, aux parents ou encore aux profs ; ainsi que des entretiens dans certains cas.
De plus, c'est une étude en Psychologie du développement, le problème étant que la psychologie a un faible taux de reproductibilité.
Cette méta-étude nous donne un indice sur les effets de l’homoparentalité, mais ne suffit pas elle seule à démontrer l’absence d’effets sur les enfants.
2) https://pediatrics.aappublications.org/content/pediatrics/early/2013/03/18/peds.2013-0377.full.pdf (résumé à revoir)
L’étude qui suit, a fait suivre 77 enfants de 1986 à 2017 et a cherché à comprendre le développement de ces enfants sur un temps long, notamment en fonction : du niveau d’éducation atteint, du fait d’avoir ou non une relation de couple importante, de vivre avec ses parents ou non, des problèmes émotionnels, de la santé mentales, de capacité à obtenir une indépendance financière ou non, des caractéristiques de la famille, des problèmes causés par l’homophobie, la qualité de la relation parent-enfant, etc…Et il s’avère que l’homoparentalité n’a pas d’effet négatif sur les enfants. Cependant gros soucis, la majorité de ces enfants sont blancs, bien éduqués et assez loin d’être pauvre et comme l’avoue l’étude elle-même on ne sait pas les résultats obtenus dans le cas de familles moins bien loties, noires ou sans accès à l’éducation supérieure
3)
Knowing What We Don’t
Know: A Meta-Analysis of Children Raised by Gay or Lesbian Parents
Cette méta-analyse montre que les couples homoparentaux font legerement pire
que les couples heterosexuels, cependant les facteurs de confusion influencent,
comme vous allez le voir ci-dessous, beaucoup trop les résultats pour en tirer
des conclusions sur un lien avéré en orientation sexuel et l'éducation de
l’enfant.
D'après les coefficients du tableau 4, dans les circonstances les plus
favorables, l'avantage de vivre avec des parents gays ou lesbiens est indexé
par une taille d'effet moyenne de 0,048 (fourchette : -17 à 0,15). Dans des
circonstances moins favorables, l'avantage de vivre avec des parents hétérosexuels
est indexé par une taille d'effet moyenne de -0,15 (fourchette : -0,07 à
-0,34). Les résultats des modérateurs continus (c'est-à-dire l'âge de l'enfant,
le taux de citation) n'ont pas été inclus dans ces moyennes.
75 études démontrent que les couples
de même sexe et les couples de sexe différent produisent des enfants à peu près
équivalents.:
Une étude réalisée en 2010 par Michael Rosenfeld, chercheur à Stanford, a utilisé
des données de recensement pour examiner le parcours scolaire de 3 500 enfants
dont les parents sont de même sexe. Elle n'a révélé aucune différence
significative entre les ménages dirigés par des parents de même sexe et ceux
dirigés par des parents de sexe opposé, après contrôle du contexte familial.
Une autre étude s'est appuyée sur des données longitudinales représentatives au
niveau national, en utilisant un échantillon de plus de 20 000 enfants, dont
158 vivaient dans un ménage dirigé par des parents de même sexe. En tenant
compte des perturbations familiales, ces enfants ne présentaient aucune
différence significative par rapport à leurs pairs en termes de résultats
scolaires.
En sommes ces deux études montrent que globalement ça
n’a pas d’effets sur les enfants d’être au contact d’un couple homoparental,
mais cette section étant en construction, les seules étude que j’ai eu le temps
de lire sont celles-ci qui pour l’instant ne prouvent pas définitivement
l’absence d’effet sur les enfants, tout en nous donnant quand même un ordre
idée sur le sujet. (N’hésitez pas à rajouter des études si vous en trouvez les
bg)
Je vais me baser sur un document de travail de
chercheurs appartenant au Fonds des Nations unies pour la population
Les causes :
Incertitude économique et du marché du travail :
La précarisation de la conditions des jeunes adultes, telles que la
diminution des revenus, la hausse des prix de l’immobilier, la flexibilisation
du marché du travail etc.. sont des facteurs de la baisse de la natalité
dans le monde de la pauvreté des jeunes :
Atteindre la sécurité économique, avoir un emploi stable et acquérir un
logement adéquat sont souvent cités comme des conditions préalables importantes
à la parentalité (par exemple, Thomson et Lee 2011). L'incertitude a un effet
dépressif sur la fécondité : elle a un impact négatif sur les intentions de
première naissance, en particulier pour les hommes (Fahlen et Oláh 2018) et
contribue au report de la fécondité (Kreyenfeld 2010, Vignoli et al 2012,
Pailhé et Solaz 2012). La hausse du chômage et la détérioration des conditions
économiques ont été identifiées à plusieurs reprises comme des facteurs
importants de la baisse de la fécondité dans différents pays (Sobotka et al. 2011),
y compris lors de la récente grande récession de 2008-2013 (Comolli 2017 ;
Matysiak et al. 2018). Dans certaines sociétés, l'impact de l'incertitude
économique peut durer longtemps. Adsera (2004 et 2005) et Barbieri et al.
(2015) ont identifié la persistance d'un taux de chômage élevé et l'instabilité
des contrats comme des facteurs importants à l'origine du report de la
parentalité et de la faible fécondité en Europe du Sud
Dans de nombreux pays à revenu élevé, l'incertitude économique s'est concentrée
sur les jeunes adultes, dont les emplois sont devenus précaires et souvent mal
rémunérés - une tendance qui s'est particulièrement accélérée pendant la
récession économique de 2007-2010 (Sironi 2017, Katz et Krueger 2016). Dans les
pays très développés, les revenus des personnes âgées de 20 à 30 ans ont stagné
ou baissé dans la génération des Millenials nés en 1981-2000 par rapport aux
générations précédentes, les baisses les plus importantes étant observées en
Europe du Sud (Grèce, Italie et Espagne), suivie de l'Allemagne et des
États-Unis (Rahman et Tomlinson 2018 : figure 7). L'augmentation des coûts du
logement contribue encore davantage au resserrement de la situation vécue par
de nombreux jeunes. Nombre d'entre eux ne sont donc pas en mesure d'atteindre
les normes matérielles - emploi stable, revenus suffisants et logement adéquat
- considérées comme nécessaires pour fonder une famille. Il en résulte une
indépendance résidentielle retardée, une formation de partenariat retardée et
une parentalité retardée - en bref, un "syndrome d'échec à
l'épanouissement" (Sanderson et al. 2013).
La tendance à la baisse des revenus et de la
position économique a été particulièrement notable dans le groupe des personnes
peu ou moyennement instruites, contribuant à renforcer la polarisation
économique et les disparités de statut social. La mondialisation en cours et
les changements technologiques ont entraîné une baisse de la demande de
main-d'œuvre pour les travailleurs moyennement qualifiés, créant une pression à
la baisse sur les salaires des travailleurs peu qualifiés et forçant les
travailleurs à accepter des contrats peu rémunérés et fragmentés (à durée
déterminée, de courte durée, sur appel) (Autor et Dorn 2009, Goos et al 2014,
RidaoCano et Bodewig 2018). Par conséquent, les possibilités de fonder une
famille offertes aux personnes peu ou moyennement qualifiées peuvent être
particulièrement affectées par les transformations en cours sur les marchés du
travail et l'instabilité croissante de l'emploi (Adsera 2017).
Conflits entre la carrière et la vie de famille
L’insertion des femmes dans le marché du travail, notamment dans des marchés
qui demandent aux travailleurs une grande discipline, et la culture demande aux
travailleurs de consacrer une grande partie de leur vie pour leur boulot
empeche les femmes d’avoir du temps pour un enfant, cela est surtout vrai dans
les pays d’asie de l’est, dans des pays comme la France, l’extension rapide du
congès maternité à pu freiner les effets negatifs sur la natalité.
L'expansion de l'enseignement supérieur est allée de pair avec l'entrée massive
des femmes sur le marché du travail, qui ne quittent plus leur emploi après
être devenues mères, mais optent plutôt pour un emploi à temps plein. pour
combiner la parentalité et le travail rémunéré (Goldscheider 2000, Goldin 2006).
Les familles à double revenu ont remplacé le modèle de l'homme soutien de
famille en tant qu'arrangement dominant parmi les couples plus instruits
(Steiber et al. 2016), bien que l'emploi à temps partiel des mères soit resté
le plus répandu dans de nombreuses économies occidentales, par exemple en
Autriche, aux Pays-Bas ou en Allemagne (Berghammer 2014). Cette évolution a
considérablement accru l'importance des politiques de "conciliation"
visant à réduire le conflit entre la carrière et l'éducation des enfants, en
particulier l'offre de services de garde d'enfants et de congés parentaux,
ainsi que la réglementation du temps de travail et des conditions d'emploi pour
les parents, y compris la disponibilité de formules de travail à temps partiel
et flexibles (McDonald 2006 ; OCDE 2011).
Dans le nouveau modèle à deux revenus, le marché du travail rigide et exigeant,
caractérisé par de longues heures de travail et une flexibilité limitée, a une
incidence négative sur les décisions relatives à la parentalité. C'est
particulièrement le cas dans les pays et territoires d'Asie de l'Est (Japon,
République de Corée, RAS de Hong Kong et Province chinoise de Taïwan), où les
longues heures de travail, en particulier chez les hommes, entrent en conflit
avec les responsabilités étendues que les mères assument en matière d'éducation
et d'instruction de leurs enfants (voir également l'encadré 7). Les cultures
professionnelles de la région récompensent l'ancienneté et le temps de présence
et exigent de longues heures de travail et une grande disponibilité pour
répondre aux demandes de travail de dernière minute (Nagase et Brinton 2017,
Brinton 2019). Les femmes qui veulent être compétitives sur un marché du
travail aussi exigeant doivent adopter le style de travail compétitif des
"hommes". Peu soutenues par leurs partenaires masculins à la maison,
elles sont donc incapables de combiner une carrière professionnelle exigeante
avec l'éducation des enfants. Dans le même temps, celles qui choisissent de
réduire leur temps de travail perdent souvent des chances de promotion et
d'éligibilité aux prestations sociales, y compris le congé parental. Les femmes
sont également surreprésentées parmi les personnes sous contrat temporaire, qui
ne donnent pas non plus droit à des prestations de congé (Lee et al. 2016). Il
est donc presque impossible pour les femmes de jongler entre leurs rôles au
sein de la famille et sur le marché du travail (Tsuya 2015 et Rich 2019 pour le
Japon).
Cooke et Baxter (2010) affirment que les taux de fécondité sont les plus bas
dans les sociétés qui ont jusqu'à récemment adopté le modèle de l'homme soutien
de famille, car ces pays n'offrent qu'un soutien public ou commercial limité à
l'emploi des mères. L'Asie de l'Est, l'Europe du Sud et les pays germanophones
entrent dans cette catégorie. En revanche, les pays nordiques et certains pays
d'Europe occidentale (France, Belgique) ont réagi très tôt à la participation
croissante des femmes au marché du travail en développant les services de garde
d'enfants dans tous les groupes d'âge et en réformant le congé parental, en le
rendant plus court mais mieux rémunéré et disponible pour les deux parents
(voir encadrés 3 et 9).
Inégalités persistantes entre les sexes dans la répartition des tâches ménagères et des soins aux enfants
Même si les mères sont généralement présentes sur le marché du travail, les femmes assument encore beaucoup plus de tâches ménagères et de soins aux enfants que les hommes dans le monde entier (OCDE 2017a). En Europe, ces écarts sont les plus faibles dans les pays nordiques et les plus forts en Europe du Sud, où les femmes effectuent encore plus de 75 % de l'ensemble des tâches ménagères (Fisher et Robinson 2010, Kan et al. 2011). Les femmes d'Asie de l'Est assument une part encore plus importante des responsabilités domestiques. En particulier, la République de Corée et le Japon présentaient la division du travail domestique la plus asymétrique parmi les pays riches de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) vers 2010, avec 88 % du travail non rémunéré effectué par les femmes (OCDE 2017a : 191 ; Kim 2018).
Les fortes inégalités entre les hommes et les
femmes en matière de travaux ménagers et de soins aux enfants étaient
compatibles avec la parentalité dans le passé, lorsque les hommes étaient
principalement responsables des revenus et les femmes de la procréation et de
l'éducation des enfants. Cependant, elles ne sont pas viables dans les sociétés
où les femmes exercent une activité rémunérée et se traduisent généralement par
une faible fécondité. Comme le souligne McDonald (2000 : 1), "si les
femmes se voient offrir des possibilités presque équivalentes à celles des
hommes en matière d'éducation et d'emploi sur le marché, mais que ces
possibilités sont fortement limitées par le fait d'avoir des enfants (...), les
femmes limiteront le nombre d'enfants qu'elles auront dans une mesure qui
laissera la fécondité à un niveau précairement bas à long terme (...)".
Goldscheider et al. (2016), et Esping-Andersen et Billari (2015) considèrent
également que l'évolution vers l'égalitarisme des sexes et une plus grande
implication des hommes dans le foyer sont des conditions préalables à une
reprise des taux de fécondité. Cette conclusion est soutenue par Myrskylä et
al. (2011), dont l'étude a révélé que l'impact positif du développement (en
termes de richesse, de santé et d'éducation) sur la fécondité dans les pays
très développés est conditionné par des niveaux plus élevés d'égalité des sexes
: les pays où l'égalité des sexes est faible continuent à connaître une
fécondité très basse même lorsque leur niveau de développement atteint un
niveau très élevé.
Conformément à ces arguments, certains pays ont mis en œuvre des mesures visant
à accroître l'égalité des sexes au sein de la famille. Ils ont par exemple
introduit des congés parentaux bien rémunérés, dont une certaine proportion est
allouée à chaque parent sur la base du principe "on l'utilise ou on le
perd" (non transférable entre les parents). L'idée qui sous-tend ces régimes
de congé parental est qu'ils donnent aux pères le droit légal de prendre une
pause dans leur travail pour s'occuper de leurs enfants (Brandth et Kvande
2009). En ce sens, la politique facilite les négociations entre les pères et
leurs employeurs, qui ont encore tendance à percevoir les hommes comme des
"travailleurs idéaux" fortement engagés dans leur travail,
indépendamment de leurs obligations familiales (Acker, 1990, Davies et Frink,
2014).
L'éducation intensive des enfants
Les normes sociales relatives à ce que signifie être un bon parent ont
considérablement changé. L'éducation des enfants est de plus en plus centrée
sur les besoins de l'enfant, exige des apports émotionnels, temporels et
financiers plus importants et davantage de "connaissances spécialisées"
(Hays 1996). La tendance à l'éducation intensive est allée de pair avec de
nouvelles données sur le développement du cerveau de l'enfant, qui soulignent
l'importance des investissements parentaux pour le développement émotionnel et
cognitif de l'enfant (Wall 2010). Il existe aujourd'hui un consensus général
sur le fait que les toutes premières années de la vie sont cruciales pour la
réussite future dans l'éducation, le marché du travail et les relations
interpersonnelles (Wall 2004 ; OCDE 2006b et 2011). Par conséquent, les parents
accordent plus d'attention à l'interaction directe avec leurs enfants et sont
plus attentifs à leurs besoins et à leur stimulation cognitive. Des études
menées en Europe et aux États-Unis montrent que le temps passé par les mères avec
leurs enfants n'a pas diminué malgré l'augmentation de la participation des
femmes au marché du travail (Bianchi 2000 ; Gauthier et al. 2004). Au
contraire, les mères passent plus de temps à interagir directement avec les
enfants qu'à les surveiller tout en effectuant d'autres activités (Bianchi
2000). Ces évolutions sont plus marquées chez les parents de la classe moyenne
qui "encouragent les talents des enfants par le biais d'activités de
loisirs organisées et d'un raisonnement approfondi" (Lareau 2002). La
pression exercée sur les parents pour qu'ils investissent davantage d'efforts
dans le développement des enfants est également l'une des raisons de
l'expansion des marchés des écoles privées et de l'augmentation du nombre
d'écoles privées.l'école à la maison dans certains pays, car elle permet de
mieux adapter les programmes scolaires pour favoriser les talents uniques des
enfants (Aurini et Davies 2005). L'augmentation des coûts financiers et
temporels liés au fait d'avoir des enfants, résultant d'une éducation parentale
intensive et se heurtant à la généralisation des couples à double revenu et à
une grande incertitude économique, peut avoir contribué à la baisse récente de
la fécondité dans de nombreux pays développés.
Logement inabordable
Les prix et la disponibilité des logements (y compris l'accès aux prêts
hypothécaires) influencent la fécondité, en particulier les premières
naissances (Mulder 2006). Une très faible fécondité est liée à des régimes de
marché du logement qui combinent une forte proportion de propriétaires
occupants et un faible accès aux prêts hypothécaires, typiques du sud, du
centre et de l'est de l'Europe (Mulder et Billari 2010). Au cours de la
dernière décennie, les prix du logement ont grimpé en flèche dans de nombreuses
villes, qui sont devenues des pôles d'attraction pour l'activité économique et
l'immigration. Entre 2008 et 2017, les prix des logements à Londres, Amsterdam,
Berlin, Vienne ou Varsovie ont augmenté beaucoup plus fortement que dans les
campagnes environnantes (European Cities Report 2018). En Grande-Bretagne, les
Millennials nés entre 1980 et le milieu des années 1990 consacrent près d'un
quart de leurs revenus au logement, soit bien plus que les générations
précédentes (Resolution Foundation 2018 : 69). Le resserrement du logement a
probablement eu un impact négatif sur la fertilité. Pour les États-Unis, Clark
(2012) montre que le fait de vivre dans une zone métropolitaine où le marché du
logement est cher est lié à un retard des premières naissances de trois à
quatre ans par rapport aux marchés du logement les moins chers.
Changements rapides au sein de la famille, incompatibles avec les normes,
les valeurs et les attentes de longue date
Les taux de fécondité sont également
influencés par le rythme rapide des changements sociaux et familiaux parmi les
jeunes générations, qui entrent en conflit avec les normes, valeurs et attentes
sociétales de longue date concernant les conditions de vie, le mariage, la
parentalité et les rôles parentaux. La persistance des attentes et des
obligations traditionnelles liées au mariage, à la famille et à l'éducation des
enfants en Asie de l'Est est un exemple probant de ce conflit (Raymo et al.
2015). Comme la procréation hors mariage reste peu acceptée dans la région, la
reproduction au Japon, en République de Corée, dans la province chinoise de
Taïwan ou à Singapour se fait presque exclusivement dans le cadre du mariage et
la part des naissances hors mariage reste très faible, de l'ordre de 2 à 4 %
(Raymo et al. 2015). Cependant, le mariage implique toujours un ensemble
d'attentes, de pressions et d'obligations sexospécifiques à l'égard des
enfants, de la famille et des proches, ce qui fait peser un fardeau
particulièrement lourd sur les femmes (Bumpass et al. 2009). En outre, le
contexte des relations a changé et les attentes à l'égard des partenaires
potentiels ont évolué, de nombreuses jeunes femmes percevant les hommes comme
égocentriques, immatures et dépourvus de compétences sociales (Lei 2017 pour le
Japon). Il n'est donc pas surprenant que de nombreuses femmes manquent
d'enthousiasme à l'égard du mariage traditionnel (Bumpass et al. 2009). Il en
résulte une augmentation rapide de l'infécondité et du non-mariage (par
exemple, Jones et Gubhaju 2010 ; Raymo et al. 2015), ce qui contribue à la
persistance d'une faible fécondité dans la région
Les bouleversements sociétaux
Les bouleversements sociaux et politiques,
souvent associés à des turbulences économiques, dissuadent les gens de fonder
une famille ou d'avoir un autre enfant. Historiquement, les crises sociales ont
toujours retardé les mariages et les naissances et entraîné une baisse de la
fécondité (Caldwell 2004). Outre la situation matérielle, les périodes de
bouleversements sociaux sont également marquées par des changements rapides
dans les normes et les valeurs, ce qui peut conduire à l'absence de normes, à
l'anomie et à la désorientation chez certaines personnes (Philipov 2002). En
Europe centrale et orientale, la restructuration sociétale et économique à
grande échelle qui a suivi l'effondrement du système socialiste d'État en
1989-1991 a précipité une baisse considérable de la fécondité ainsi qu'une
évolution vers la parentalité tardive au cours des années 1990 (Sobotka 2011 ;
Billingsley 2010).
Les pays de cette région ont connu des succès très différents en matière de
transformation économique, de nombreux pays d'Europe de l'Est ayant connu une
crise économique grave et prolongée au cours des années 1990. Comme
Perelli-Harris (2008 : 1163) l'a fait valoir dans le cas de l'Ukraine, dans des
conditions anormales, les gens deviennent réticents à prendre des risques
supplémentaires, notamment à avoir des enfants, car "ils ont l'impression
d'avoir perdu le contrôle de leur environnement" et peuvent vouloir
"éviter de dépenser l'énergie physique et émotionnelle supplémentaire
qu'exige le fait d'élever des enfants".
Policy responses to low fertility: How effective are
they? Technical Division
les dépenses pour la famille, comprenant les
reductions d’impot, les allocations ainsi que les services offerts ont une
correlation importante avec la fertilité.

Les données empiriques montrent que les services de garde d'enfants accessibles
ont un effet positif sur la fécondité (Baizán 2009 ; Goldstein et al. 2017 ;
Hilgeman et Butts 2009 ; Kalwij 2010 ; Luci-Greulich et Thévenon 2013 ; Rindfuss
et al. 2010 ; Rindfuss et al. 2007 ; Rovny 2011). Les services de garde
d'enfants influencent non seulement le calendrier de la fécondité, mais aussi
la taille de la famille. Par exemple, LuciGreulich et Thévenon (2013) ont
estimé qu'une augmentation de 10 points de pourcentage du taux d'inscription en
crèche dans les pays de l'OCDE entraînerait une augmentation de l'ISF ajusté au
tempo de 0,08, ce qui est comparable à l'estimation inférieure de Rindfuss et
al. (2010) trouvée pour la Norvège (voir l'encadré 2). Dans une autre étude,
Kalwij (2010) a constaté que la fécondité achevée en Europe occidentale
augmenterait de 0,4 % à la suite d'une hausse de 10 % des subventions pour la
garde d'enfants. Les services de garde d'enfants sont plus susceptibles d'influencer
le comportement de fécondité des femmes très instruites, qui sont plus actives
sur le marché du travail (Baizán et al. 2016 ; Haan et Wrohlich 2011 ; Kravdal
1996). Baizán et al. (2016) ont estimé qu'une augmentation de la couverture des
services de garde pour les enfants âgés de 0 à 2 ans d'environ 10 % à 50 % dans
15 pays analysés de l'Union européenne ferait passer la taille de la famille
achevée des femmes très instruites d'un peu plus de 1,4 à 1,9 naissance par
femme. Une augmentation similaire de la couverture des enfants entraînerait une
hausse plus faible de la fécondité complète des femmes peu instruites, qui
passerait de 1,8 à 2,0 naissances par femme.
La disponibilité des services de garde d'enfants n'est pas le seul aspect de
l'offre de services de garde qui soit important pour les parents et les futurs
parents dans leurs décisions en matière de fécondité. La qualité des services
de garde, leur coût et les heures d'ouverture sont d'autres éléments d'un
"bon système de garde d'enfants" qui peuvent stimuler la fécondité.
Les problèmes potentiels qui peuvent se poser, et ce qui ne faut pas faire :
Instabilité politique et viabilité budgétaire
Les réformes et les revirements fréquents des politiques familiales les rendent
imprévisibles, peu fiables et confuses, ce qui peut avoir un impact négatif sur
la fécondité, même dans les pays qui apportent un soutien relativement généreux
aux familles. Spéder (2016) a documenté de tels changements dans les politiques
familiales en Hongrie après l'effondrement du système socialiste. Entre 1990 et
le début des années 2010, chaque gouvernement successif a cherché à laisser son
empreinte idéologique sur les politiques familiales, mais a également dû faire
face à des contraintes budgétaires, en particulier en période d'austérité, avec
des réductions considérables des prestations en 1995 et en 2009. Les
changements de politiques et les annulations de dispositifs ont eu un effet
négatif sur la fécondité au cours de cette période (Spéder 2016 ; Aassve et al.
2006), bien que la Hongrie ait conservé des dépenses relativement élevées en
faveur des familles. Les coupes budgétaires mettent souvent les politiques
universelles sous condition de ressources ou d'autres critères, réduisent le
niveau des prestations ou suppriment complètement certains régimes. De telles
réductions ont eu lieu dans de nombreux pays pendant la récession économique
qui a suivi 2008, lorsque de nombreux gouvernements ont cherché à réduire
l'explosion des déficits budgétaires (voir la liste des changements de
politique dans le tableau 1.2 de l'OCDE 2014). Par exemple, la "prime à la
naissance" de 2 500 EUR, versée aux parents de chaque nouveau-né en
Espagne à partir de juillet 2007, a été supprimée quelques années plus tard, en
janvier 2011, alors que le pays était confronté à une détérioration rapide de
sa situation économique.
Les politiques explicites en matière de fertilité ne sont peut-être pas les
plus influentes
Les politiques de soutien aux enfants et aux familles sont évidemment importantes, mais souvent, d'autres facteurs et politiques ne concernant pas directement les familles peuvent avoir un impact plus important sur les décisions en matière de procréation. Les pays où les jeunes femmes et les jeunes hommes sont confrontés à une incertitude économique considérable, comme cela a été le cas au cours de la dernière décennie en Europe du Sud, ne connaîtront probablement pas d'augmentation importante de la fécondité, même s'ils s'engagent dans une expansion substantielle de leurs politiques familiales. La combinaison complexe de conditions exigeantes sur le marché du travail, de normes traditionnelles en matière de genre et de pressions intenses sur les enfants pour qu'ils excellent dans leur progression scolaire, poussée à l'extrême dans les pays d'Asie de l'Est, en particulier en République de Corée (par exemple, Rindfuss et al. 2004 ; Anderson et Kohler 2013 ; Raymo et al. 2015 ; Myong et al. 2018), constitue un défi politique encore plus grand. Dans ces conditions, l'inversion de la baisse de la fécondité peut nécessiter une réforme institutionnelle beaucoup plus large, portant sur les règles et la culture du marché du travail, les établissements d'enseignement et les inégalités entre les sexes. Cela peut également expliquer pourquoi les taux de fécondité en République de Corée ont chuté à des niveaux extrêmement bas au cours des années 2010, bien que le gouvernement coréen se soit engagé dans des réformes ambitieuses visant à étendre les congés parentaux, les prestations familiales et l'offre de services de garde d'enfants (Tsuya 2015 ; Adema et al. 2017 ; Lee 2018).
(In)compatibilité des politiques
Bien que les politiques familiales soient considérées comme des "paquets" plus larges, il se peut que ces paquets ne soient pas bien équilibrés car les politiques en place résultent d'une longue histoire d'initiatives, de réformes et de changements, qui ont souvent été introduits par différents ministères ou organismes responsables sans grande coordination. Certaines politiques qui semblent excellentes sur le papier peuvent ne pas avoir beaucoup d'effet si elles ne sont pas bien alignées avec d'autres mesures politiques. La manière dont les différents éléments politiques s'intègrent et s'articulent avec un système social plus large peut être plus importante que le niveau global de soutien politique (McDonald 2002). Dans les cas extrêmes, les interventions politiques qui visent à contraindre le comportement de procréation plutôt qu'à renforcer la motivation intrinsèque pour la procréation peuvent finalement diminuer le sentiment d'autonomie des personnes et rendre leur fertilité de plus en plus dépendante d'une stimulation extérieure (Botev 2015 ; voir également l'encadré 8 sur les expériences politiques historiques en Europe centrale et orientale).
(Mauvais) ciblage des politiques
Dans de nombreux pays, les politiques familiales varient en fonction du nombre ou de l'ordre de naissance des enfants de la famille. Cela se justifie souvent par les coûts plus élevés et les niveaux de pauvreté plus importants dans les familles nombreuses de trois enfants ou plus (OCDE 2011). Mais ces politiques peuvent aussi avoir des objectifs explicitement démographiques, comme dans le cas des politiques de "capital maternité" en Fédération de Russie, qui visent à encourager les parents à avoir une deuxième naissance (encadré 6). Toutefois, ces politiques ne facilitent en rien la transition vers le premier enfant, car l'un des principaux obstacles à la formation d'une famille est le manque de logements disponibles et abordables. Ainsi, un soutien financier substantiel, tel que le "capital maternité", est souvent plus nécessaire à un stade précoce de la vie, chez les femmes et les hommes qui envisagent de fonder une famille. En outre, les politiques peuvent également être mal adaptées aux obstacles et barrières à la procréation perçus par les futurs parents. Elles peuvent également ignorer les besoins de groupes de population spécifiques (couples non mariés, parents célibataires, couples de même sexe, familles économiquement défavorisées). Les politiques familiales des pays d'Asie de l'Est, qui se concentrent sur la fourniture d'avantages et de services aux femmes et aux couples mariés ou qui visent à encourager le mariage chez les célibataires, sont un exemple d'une telle limitation. Un autre exemple est celui des politiques fiscales qui favorisent le partage des revenus entre les couples mariés, comme c'est le cas en Allemagne.
Considérations éthiques : Politique familiale reflétant la diversité familiale
et les droits génésiques
"Les politiques familiales agissent toujours à deux niveaux : au niveau des faits et au niveau de la perception. L'effet potentiel des politiques familiales sur le comportement réel dépend de la manière dont une politique est perçue dans l'esprit des gens et de ce qu'elle signale en ce qui concerne leur parcours de vie actuel et futur. (...) Par conséquent, les enquêtes sur les effets des politiques familiales sur la fécondité doivent tenir compte à la fois des connotations normatives ou symboliques des politiques familiales et de leur correspondance avec l'évolution de la société".
La coercition
De plus en plus de gouvernements choisissent de restreindre les droits
reproductifs des femmes afin d'augmenter le taux de fécondité. Par exemple,
l'Iran, ancien précurseur en matière de planification familiale, a restreint
ces dernières années l'accès aux contraceptifs et aux avortements. L'expérience
historique montre toutefois que si la coercition peut augmenter la fécondité au
cours des premières années, elle accroît également la misère familiale et les
avortements illégaux. La Roumanie a enregistré des taux de natalité plus élevés
lors de l'interdiction de l'avortement à la fin du 20e siècle, mais cette
interdiction a également entraîné le taux de mortalité maternelle le plus élevé
d'Europe et des milliers d'enfants abandonnés. Les hommes politiques ne devraient
pas vouloir produire des enfants dont les mères ne veulent pas. En 1994,
lorsque les taux de natalité étaient trop élevés, la Conférence des Nations
unies sur la population, qui s'est tenue au Caire, a présenté les droits
sexuels et génésiques comme la voie à suivre. Et cela a fonctionné.
Aujourd'hui, les faibles taux de natalité sont la nouvelle préoccupation, mais
la voie à suivre reste exactement la même : non pas la coercition paternaliste,
mais les droits sexuels et l'autonomisation en matière de procréation.
https://population-europe.eu/research/policy-insights/low-birth-rates-ten-steps-towards-more-baby-friendly-policies-2024-and
Qu’est ce que c’est la décriminalisation :
La légalisation du travail du sexe (en Allemagne et aux Pays-Bas, par exemple)
consiste à légaliser un acte qui était auparavant interdit par la loi. Pour les
travailleurs du sexe, cela implique une réglementation et un contrôle étatiques
restrictifs, pouvant inclure l'enregistrement obligatoire auprès des autorités,
des contrôles médicaux obligatoires en matière de santé sexuelle et
l'autorisation de travailler uniquement dans des zones spécifiques.
La dépénalisation, en revanche, consiste à abroger les lois qui qualifient un acte ou un comportement de crime, mais n’implique pas nécessairement l’introduction de réglementations restrictives spécifiques à l’industrie du sexe.
Cela dit, la dépénalisation ne signifie pas qu’il n’y a pas de réglementation. Au contraire, les réglementations sont comparables à celles d’autres secteurs d’activité. L’objectif n’est pas de réglementer les travailleurs du sexe, mais de leur garantir des droits.
En vertu de la loi néo-zélandaise sur la Prostitution Reform Act (2003), le fait
d’inciter ou de contraindre une personne à se livrer au travail du sexe
constitue une infraction. Les travailleurs du sexe ont le droit de refuser de
recevoir des clients pour quelque raison que ce soit et à tout moment. Si un
travailleur du sexe souhaite cesser son activité, il peut bénéficier immédiatement
des allocations chômage (sans devoir respecter la période d’attente
habituelle).
Two decades after decriminalisation, NZ’s sex workers
still need protection from discrimination
Effet sur la quantité de TDS :
Les résultats montrent une stabilité globale du nombre de TDS : environ 2396 en 2006 et 2332 en 207 dans les cinq zones étudiés(Auckland, Christchurch, Wellington, Hawkes Bay et Nelson).
On observe cependant une tendance au déplacement du secteur géré (brothels et agences d'escorte) vers le secteur privé (annonces dans la presse et sur internet)
limite : (sous-estimation possible dans le secteur de rue à Auckland, variabilité saisonnière, stigmatisation affectant la divulgation)
Cependant, les limites antérieurs des
évaluations précédentes sur laquelle se base les comparaisons policières qui
avaient néanmoins tendance à surévaluer à cause de registre cumulatif et de
double comptage
The Impact of Decriminalisation on the Number of Sex
Workers in New Zealand | Journal of Social Policy | Cambridge Core
https://www.otago.ac.nz/__data/assets/pdf_file/0027/248760/pdf-811-kb-018607.pdf
Entrée, Maintien et Sortie de l'Industrie :
Motivation principale : L'argent (73% pour payer les factures du ménage).
La flexibilité des horaires est un atout majeur pour les parents isolés.
Sortie et Retour : 51% des participants ont déjà arrêté puis sont
revenus. Le retour est motivé par les difficultés financières mais aussi par la
camaraderie et le sentiment d'appartenance au groupe.
Barrière pour les personnes transgenres : Elles restent souvent dans
l'industrie car elles subissent trop de discrimination dans l'emploi
"classique".
https://www.otago.ac.nz/__data/assets/pdf_file/0027/248760/pdf-811-kb-018607.pdf


Limite dans le cas nouveauzelandais :
manque de financement publique dans la
politique de santé publique, de dispositif de protection contre les
discriminations, des stigmatisations toujours persistantes, des actes sexuels
non protégé, notamment dans le cadre du sexe oral pour les hommes etc..
Cela ne remet pas en cause toutes les améliorations positives, mais cela reste
des points à travailler.
Etude de cas dans une situation criminalisation, l’écosse :
« Je vis en Écosse depuis 12 ans, je pense qu'il y a eu 5 consultations en 12
ans... Je commence à être très, très fatiguée de tout ça. J'essaie de ne pas
pleurer, donc je ne sais pas si je suis fatiguée du militantisme ou si je suis
fatiguée de ne pas être entendue ou si je suis fatiguée d'être constamment
réduite au silence. C'est juste que je trouve le fait d'être impliquée dans
tout cela très désagréable et accablant... Je pense que je fais ça depuis trop
longtemps maintenant, c'est juste trop accablant et triste et décevant. »
« Vous êtes complètement maintenu·e en marge... c'est vraiment difficile
d'intégrer la vie normale avec ce travail, sans que ce soit super complexe, de
la comptabilité aux impôts en passant par le paiement du loyer. »
Elektra, qui avait auparavant travaillé
en Suède, compare : « Les conséquences sociales de la stigmatisation pèsent sur
toi, chaque putain de jour, et c'est comme une exposition à long terme à
quelque chose d'incroyablement isolant. »
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8211717/
Le paradoxe français
-Le cannabis est un sujet tabou en France.
5 millions de personnes en consomment au moins une fois par an, près d’un million tous les jours.
-On trouve librement des grinders et des feuilles à rouler dans les commerces, mais la vente et la consommation restent illégales.
-L’État mène une guerre répressive avec des campagnes de communication choc (ex. : « la drogue c’est de la merde »).
-Pourtant, de nombreux pays (États-Unis, Canada, Uruguay, Espagne, Portugal, Allemagne) ont dépénalisé ou légalisé sans explosion de la consommation, et avec des recettes fiscales importantes.
-L’ONU et le Conseil de l’Europe préconisent une dépénalisation au profit de la prévention.
La France est l’un des pays les plus répressifs d’Europe:
-Loi du 31 décembre 1970 : usage puni d’1 an de prison et 3 750 € d’amende.
-Depuis 2020 : amende forfaitaire de 200 € (150 € si payée vite) pour usage ou petite possession.
-Le cannabis représente 97,4 % des procédures d’amende forfaitaire.
-Malgré cela, la France est le premier consommateur d’Europe : 5 millions d’usagers annuels, 1,3 million réguliers, 850 000 quotidiens.
-La consommation a quadruplé depuis 1992
Pourquoi légaliser le cannabis ? Parce que
c’est le seul moyen d’arrêter le marché noir. En France, le marché illégal du
cannabis représente 4,8 milliards d’euros par an, soit 13 millions d’euros par
jour. Environ 200 000 emplois sont liés à la vente de cannabis. Les opérations
les plus massives, comme “Place nette XXL”, ont permis de saisir seulement 1,6
tonne sur les 500 tonnes consommées chaque année, soit 0,3 % du marché réel.
Dans le MONDE

Aux USA :
-La moitié des États ont légalisé l’usage récréatif par référendum (21 ans minimum).
-Objectifs : contrôle du marché, protection des mineurs.
-Mais modèle très commercial (peu de restrictions sur packaging, pub, produits dérivés) → hausse de la consommation chez les adultes (ex. Washington, Oregon, Californie).
Uruguay :
-Premier pays à légaliser, mise en place chaotique.
-Production légale limitée => un tiers seulement des consommateurs s’approvisionnent légalement, marché noir persiste.
Canada :
-Consommation déjà en hausse avant légalisation (9 % en 2011, 15 % en 2017, 20 % en 2019).
-Modèle québécois réussi : priorité à la santé publique, pas au profit. L’argent des taxes est réinvesti en prévention, recherche, soins. Conscience des risques augmentée, consommation des jeunes stable.
Allemagne (avril 2024) : légalisation récréative (25 g dans l’espace public, 3 plants, 50 g à domicile, cannabis clubs, interdit aux –18 ans et près des écoles).
Portugal (2001) : dépénalisation de toutes les drogues. Approche sanitaire (médecin, suivi gratuit). Résultat : taux de décès par drogue 5 fois plus faible que la moyenne UE, consommation des 15-34 ans deux fois moins élevée que la moyenne.
Pays-Bas : tolérance (non dépénalisation officielle), expérimentation de légalisation dans deux villes depuis 2023.
Espagne, Belgique, Italie : cannabis médical
autorisé, dépénalisation partielle.
les retombés économiques:
Canada :
-43,5 milliards $ de PIB supplémentaire (2018-2021), 151 000 emplois.
-Recettes fiscales : 15 milliards $ (2018-2022). Au Québec : 220 millions $ rien que pour la taxe d’accise, réinvestis en recherche et prévention.
France (estimations CAE) :
-27 000 à 80 000 emplois directs/indirects.
-Recettes fiscales : 2 à 2,8 milliards € par an (équivalent du budget demandé contre les violences sexistes).
En France, la répression coûte 570 M€/an (2021), 2 Mds€ en incluant justice et prison. 200 000 infractions constatées chaque année.
Colorado : baisse de 56 % des arrestations
liées au cannabis, libération des forces de l’ordre pour d’autres priorités.
Echec de la répression:
-45 % des 15-64 ans ont déjà consommé du cannabis (contre 27 % dans l’UE).
-Marché noir estimé à 1,2 milliard € (estimation basse).
-Budget répression doublé entre 2018 et 2023 : 1 milliard € pour les forces de l’ordre, près de 2 Mds€ au total.
-251 400 personnes mises en cause pour usage en 2022 (90 % des interpellations stupéfiants).
-Les consommateurs individuels sont ciblés, pas les trafiquants.
-Les saisies record (1,7 t, 2 t) ne représentent qu’une fraction des volumes.
-90 % des dépenses publiques vont à la répression, 10 % à la prévention/soins/recherche.


https://www.documentation-administrative.gouv.fr/adm-01860212v1/document
Lancement des opérations « place nette » XXL | police
nationale
Dimension raciste et social:
-La répression touche surtout les quartiers populaires et les populations racisées.
-Une note du Syndicat de la magistrature et une enquête du Défenseur des droits : les jeunes hommes noirs ou arabes ont 20 fois plus de risques d’être contrôlés.
-Les habitants des quartiers défavorisés subissent une double peine : plus contrôlés, plus victimes des nuisances du trafic.
-Christian Ben Lakhdar (économiste) : ce sont
eux qui auraient le plus à gagner d’une légalisation (moins d’exposition des
enfants au trafic, fin des externalités négatives), mais ils n’ont pas le poids
politique pour faire bouger la loi
Activité policière*(enorme gâchis de ressource) :
-56 % de l’activité proactive des policiers consiste à réprimer l’usage de stupéfiants.
Délit facile à constater => idéal pour les statistiques.
-Collectif « Police contre la prohibition » : la moitié du travail policier est une « chasse à la boulette de shit » qui coûte des sommes colossales sans résultat.
-Cet argent pourrait financer du travail de proximité, de la prévention, de la réduction des risques (overdoses, etc.).
Santé Publique :
-10 % des expérimentateurs deviennent dépendants ; 50 % des usagers quotidiens.
-Effets : troubles de la mémoire, de l’attention, du temps de réaction, de la prise de décision (réversibles à l’arrêt).
-Moins mortel que l’alcool : étude britannique (2007) – échelle de dangerosité : alcool 72, héroïne 55, cannabis 20.
-Adolescents : cerveau en développement jusqu’à 20-25 ans => risques accrus de dépression, anxiété, idées suicidaires.
-Hausse du taux de THC : 6 % dans les années 2000 => 28 % en 2019 => risques cardiaques.
-La légalisation permettrait un contrôle qualité (éviter les coupes : colle, verre, plomb, sable, cirage).
-Théorie de la passerelle : 93,6 % des usagers
de cannabis n’ont jamais essayé d’autres drogues illicites. Corrélation n’est
pas causalité.
Les institutions et les gens sont OK
-CNCDH (2016) : favorable à la dépénalisation (liberté individuelle, droit de choisir sur son corps).
-Sondage IFOP 2021 : 51 % des Français favorables à la dépénalisation (dont 54 % des macronistes).
-Consultation parlementaire (2021) : 250 000 participants, 80 % pour une légalisation encadrée.
-Rapport Caroline Janvier (députée Renaissance, 2021) : 300 pages préconisant une légalisation contrôlée. Le rapporteur Jean-Baptiste Moreau confirme que seule une légalisation encadrée peut lutter contre les trafics.
-CESE (janvier 2023) : avis pour une légalisation encadrée, avec trois axes :
Mesures d’urgence : ne plus sanctionner pénalement l’usage personnel, déployer prévention/RDR.
Grand débat national dépassionné.
Refonte de la législation pour un modèle
durable (bio, autoculture, cannabis social clubs).
Paradoxe culturel : diabolisation officielle vs normalisation populaire*
-Le cannabis est partout dans la culture : cinéma (La Haine, films américains), séries Netflix (Family Business), musique (rap, Snoop Dogg ambassadeur des JO de Paris 2024).
-Double standard : les célébrités (Johnny Hallyday, Snoop Dogg) sont adulées malgré leur consommation assumée, tandis que les jeunes anonymes sont réprimés.
-La France entretient un tabou qui empêche
tout débat rationnel.
CANNABIS
: UNE SEULE SOLUTION, LA LÉGALISATION ?
Sur la légalisation
La légalisation peut aussi renforcer la sécurité publique. Selon NORML France, une légalisation encadrée permettrait de réduire de 81 % le trafic illégal.
https://www.norml.fr/legalisation-cannabis-france-necessite/
De plus, dans les pays où le cannabis est encadré, le rapport THC/CBD est contrôlé (souvent 1:1), ce qui permet de réduire les risques. Des exemples le prouvent.
Il faut donc un contrôle.
D’ailleurs, au Canada, il y a eu une baisse de 29 % de la consommation chez les adolescents après la légalisation. Pourquoi ? Parce qu’il y a un contrôle sur les personnes qui peuvent acheter dans les magasins (carte d’identité obligatoire, etc.). Pareil aux États-Unis : 112 milliards ont été gagnés grâce au cannabis légal. Aux Pays-Bas, aucune explosion de la consommation malgré une tolérance, et en Oregon, une réduction de 97 % du marché noir.
https://www.ofdt.fr/sites/ofdt/files/2024-09/rapport_astracan_washington_oregon_californie_2024.pdf

La France possède aussi 20 000 hectares de chanvre et 1 500 producteurs. Elle pourrait donc utiliser une filière légale, bénéfique pour l’économie, qui permettrait de créer des milliers d’emplois et de recettes.
(qui marche très bien aux USA d’ailleurs…)

Un accès à un cannabis de qualité, comparé à celui de mauvaise qualité et nocif (car la légalisation n’est pas encore complète), permettrait de réduire les risques pour la santé.
C’est une bonne solution face au marché du cannabis, qui représente 78 % des ventes de drogues sur le territoire national. :3
Il y a 3 isotopes du carbone, le carbone 12 (C12), le plus commun, le carbone 13 qui constitue 1% du total et le carbone 14 (constituant une partie encore plus infime) que tu connais pour la datation au carbone ! Le ratio carbone 13/carbone 12 ( admettons 1/1000 ) dans les combustibles fossiles est plus faible que celui présent dans l'atmosphère ( admettons 1/100 ), car les végétaux préfèrent absorber le carbone 12 (ceci parce qu’il est moins lourd, donc plus facile d’utilisation).
Ainsi, en brûlant des combustibles avec une plus grande proportion de carbone 12, la proportion de carbone 13 dans l’atmosphère devrait baisser, car les combustibles fossiles proviennent de matière végétale ayant une concentration en carbone 13 faible comparé à l'atmosphère. Et magie ! C'est le cas dans la figure suivante :

(et si on réalise le calcul du delta, on se rend compte que l'augmentation du CO2 provient quasi exclusivement de la combustion des énergies fossiles.)
Maintenant, si tu veux une autre explication parce que t'es pas convaincu :
Le CO2 est un gaz
à effet de serre qui absorbe l'infrarouge.
Donc, puisque sa proportion augmente, on devrait voir que la Terre émet moins
d’infrarouges vers l’espace, parce qu’ils sont + absorbés par le CO2 (et les
autres GES comme le méthane). Ainsi, il suffit donc d'analyser l'intensité
du rayonnement émis par la terre en fonction de la longueur d'onde, pour
détecter les creux où cette émission est absorbée par le CO2.
La courbe noire c'est le satellite, la courbe rouge, c'est une modélisation faite par l'auteur et la courbe bleue l'écart avec ses mesures, et les creux c'est ce qui est absorbé par les différents gaz, si on fait la différence entre 1970 et 2006 on observe une diminution de l'émission d’infrarouges de la Terre. Magie encore, cette émission d’infrarouge réduite a été absorbée par le CO2 qui se situe dans la troposphère, dans la couche la plus basse de l’atmosphère donc ! En conclusion, alors que la Terre reçoit toujours autant d'énergie du Soleil, elle émet moins, c’est-à-dire qu’elle conserve l'énergie qu’elle laissait autrefois s’échapper vers l’espace ; créant un déséquilibre thermique provoquant un réchauffement planétaire généralisé.



L’augmentation
des températures est un fait incontestable, outre que mon explication
précédente sur le déséquilibre des rayonnements émis par la terre peut prouver
à lui seul l’augmentation des températures, voici des sources diverses montrant
eux aussi une augmentation des températures, les sources peuvent être
indépendante ou gouvernementales et proviennent en général de stations
météorologique ainsi que de bouée en mer.
On remarquera que les données se corroborent tous entre elles :

HadCRUT5
“Oui mais c’est les océans qui relâchent du
CO2”
Tandis que les concentrations de CO2 augmentent dans l'atmosphère, le ph des
océans diminue, un phénomène qui permet de comprendre que les océans sont des
nets absorbeurs de CO2, en tout cas, pour le moment. :
En plus de provoquer des changements climatiques, l'augmentation des niveaux de
dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère due à la combustion de combustibles
fossiles et à d'autres activités humaines, y compris les changements dans
l'utilisation des sols, a un effet direct sur la chimie des carbonates des
océans, appelé acidification des océans. Les eaux océaniques de surface
absorbent une partie de l'augmentation du CO2 dans l'atmosphère, ce qui
entraîne divers changements chimiques dans l'eau de mer : une augmentation de
la pression partielle de CO2 (pCO2,sw), du carbone inorganique dissous (DIC) et
de la concentration d'ions hydrogène et bicarbonate, ainsi qu'une diminution de
la concentration d'ions carbonate (figure 13.4). En bref, le CO2 est un gaz
acide qui se combine avec l'eau pour former de l'acide carbonique, qui se
dissocie ensuite en ions hydrogène et bicarbonate. L'augmentation des
concentrations d'ions hydrogène dans l'eau de mer entraîne une diminution des
ions carbonate par leur conversion en ions bicarbonate. La concentration d'ions
carbonate dans l'eau de mer affecte l'état de saturation des composés de
carbonate de calcium, que de nombreuses espèces marines utilisent pour
construire leurs coquilles et leurs squelettes. L'acidité des océans fait
référence à la concentration d'ions hydrogène dans l'eau de mer, indépendamment
du pH de l'océan, qui est fondamentalement basique (par exemple, pH > 7).
Les eaux de surface des océans sont devenues 30 % plus acides au cours des 150
dernières années, car elles ont absorbé de grandes quantités de CO2 de
l'atmosphère, et le CO2 d'origine anthropique envahit progressivement les eaux
profondes des océans. Depuis la période préindustrielle, les océans ont absorbé
environ 29 % de tout le CO2 émis dans l'atmosphère. Les océans absorbent
actuellement environ 26 % du CO2 d'origine humaine émis dans l'atmosphère.

Chapter 13: Ocean Acidification and Other Ocean Changes
“ça doit être le soleil ou un truc comme ça”
Non, ça n’a pas de sens, déjà l’activité solaire est décorrelée de
l’augmentation des temperatures actuelles

https://climate.nasa.gov/climate_resources/189/graphic-temperature-vs-solar-activity/
De plus, il est important de noter que ce n’est pas toute l’athmosphère
terrestre qui se réchauffe, dans les faits, ca n’est que la troposphère, tandis
que les autres couches de lathmosphère comme la stratosphère se refroidisse
même.
Le phénomène ne peut donc être expliqué que par le CO2 et le changement de
concentration en ozone
https://newsroom.ucla.edu/releases/stratospheric-cooling-vertical-fingerprinting
Les molécules de dioxyde de carbone sont très efficaces pour absorber et
réémettre la chaleur sous forme de rayonnement infrarouge. Dans la basse
atmosphère, les molécules d'air sont serrées les unes contre les autres, comme
les gens lors d'un festival d'été, de sorte que la chaleur réémise par une
molécule est immédiatement absorbée dans la même région atmosphérique. C'est
l'effet de serre, un réchauffement global de la troposphère.
La moyenne atmosphère est beaucoup moins dense (la moyenne et la haute atmosphère combinées ne représentent que 15 % de la masse totale). Le rayonnement infrarouge réémis par les molécules de CO2 y est beaucoup moins réabsorbé et davantage de rayonnement s'échappe dans l'espace. Il en résulte une perte globale de chaleur et donc un effet de refroidissement.
À mesure que l'homme émet du CO2 et ralentit sa réabsorption à la surface, sa concentration augmente non seulement dans les couches inférieures, mais aussi dans les couches moyennes. La différence est que dans la couche inférieure, le réchauffement s'intensifie, tandis que dans les couches moyennes, le refroidissement s'intensifie. En se refroidissant, les molécules ralentissent et se rapprochent les unes des autres, et les couches moyennes et supérieures se rétrécissent légèrement.
La pollution atmosphérique tue environ 7 millions de personnes dans le monde chaque année (des millions en Asie et des centaines de milliers en Europe et en Amérique).
- 99% de la population respire un air contenant des niveaux élevés de polluants.
- 97 % des villes de plus de 100 000 habitants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ne respectent pas les directives de l'OMS en matière de qualité de l'air.
- 43 % de tous les décès dus à des maladies pulmonaires et à des cancers
du poumon sont attribuables à la pollution atmosphérique. Chaque année, la
pollution atmosphérique est à l'origine de 1,8 million de décès dus à des
maladies du poumon et à des cancers du poumon. Lorsque la qualité de l'air
diminue, le risque d'accident vasculaire cérébral, de maladie cardiaque, de
cancer du poumon et de maladies respiratoires chroniques et aiguës, y compris
l'asthme, augmente.
https://www.who.int/airpollution/en/


https://meteofrance.com/changement-climatique/quel-climat-futur/le-climat-futur-en-france
L’industrie de la
viande bien qu’assez grande pollueuse n’est pas autant à remettre en cause en
ce qui concerne les émissions de CO2/méthane et sa suppression ne permettra pas
non plus de nourrir + de personne étant donné que 86% des aliments donnés à ces
animaux ne sont pas comestible pas les humains et les terres utilisées sont des
terres arables où il est impossible d’y faire pousser des produits comestibles
Cependant, le document ne précise pas réellement en quoi on ne peut pas
cultiver ses terres en utilisant par exemple d’autres techniques agricoles
https://www.patreon.com/file?h=51285771&i=8036172 (pdf à télécharger)
Réponse à moi même : sa suppression permettrait quand même de nourrir 800 millions de personnes selon l’OMS, et tant que l’industrie de la viande n’est pas suppr, les quantités de méthanes continueront d'augmenter
à compléter…
(c’est nul)
71% des émissions de CO2 ne sont causées que par 100 entreprises : Just 100 companies responsible for 71% of global emissions, study says ; Are 100 companies causing 71% of carbon emissions?
Les pauvres ne sont pas à blâmer pour les effets du
réchauffement climatique ; les riches sont responsables de la plupart
des émissions de gaz à effet de serre (les 10 % les plus riches en sont
responsables à 49 %, les 20 % les plus riches à 68 %) : https://www.vox.com/energy-and-environment/2017/9/26/16356524/the-population-question

Les gouvernements mettent 500 milliards dans les énergies fossiles chaque année.
Le système capitaliste ne peut pas empêcher les crises
environnementales, étant donné qu’il n’y a pas réellement d’indicateur pour
l’inciter à se préoccuper à l’environnement
- L’incitation par le prix : une ressource, par exemple le pétrole, devient rare, donc le prix augmente, donc les entreprises vont essayer de trouver un moyen de substitution à ce produit
- Problème : le progrès
technique peut rendre peu coûteux le prix de l’extraction malgré le fait que la
ressource se raréfie ; de plus, les marchés financiers n’ont pas de tendance
précise, ils sont imprévisibles et difficile donc d’en interpréter quoi que ce
soit.
- Profit de long terme : les entreprises vont arrêter de polluer parce que ca entraîner une diminution de leur profit sur le long terme
- Problème : elles ne
réfléchissent pas sur le long terme, les entreprises côtées en bourse, les plus
grosses pollueuses donc, réfléchissent principalement sur le court terme
à cause du fonctionnement même du marché boursier et du cours des actions. De
plus, les pays qui sont le + responsables du dérèglement climatiques sont les
pays européens et nords américains, et les conséquences seront portés
principalement par les entreprises situées dans les pays en voie de
développement. Ainsi, quel est l'intérêt de moins polluer si les conséquences
seront portées par des concurrents ? Ce serait même à l’inverse un bénéfice
évident que de continuer à polluer.
- Taxer : si on taxe les entreprises pour leur pollution, elles vont arrêter de polluer
- Problème : Imaginons qu’on cherche les entreprises qui polluent l’eau, outre le fait de savoir qui pollue et donc de fournir des moyens conséquents pour trouver tous les pollueurs, lorsqu’elles recevront l’amende elles vont se demander qu’est ce qui est le moins cher, et si l’amende n’est pas dissuasive, elles vont continuer à polluer, sinon elles vont soit choisir de changer l’emplacement de l’usine dans un pays où on peut polluer, soit à trouver d’autres techniques de pollution qui ne se voient pas, comme rejeter la pollution dans la terre à la place des rivieres. On ne peut pas croire qu’elles vont spontanément se dire qu’il faut choisir de traiter ses déchets.
Institut Veblen : Le capitalisme est-il compatible avec les limites écologiques?
Philoxime : Le partage des efforts pour le climat - Justice climatique
Projection provenant du rapport du GIEC :

https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/report/IPCC_AR6_WGI_Full_Report.pdf
Quelles énergies pour demain ??? !!!
Sur la production d’électricité :
Y’aura de mon opinion personnelle, ça, c'est sûr ; mais je prends le scénario
qui minimise au mieux les risques d’approvisionnement futurs, les risques
environnementaux, et humains, et dont la trajectoire est celle déjà entamée.
Les constats :
Notre parc nucléaire, et certaines de nos centrales nucléaires vont devoir être démantelées, c’est un fait auquel on ne peut pas faire grand chose ; car la cuve du réacteur n'est pas remplaçable et subit un stress dû d'une part à la variation de température-pression, et d’autres parts des radiations :
L'effet net des rayonnements bêta et gamma sur le métal est de
générer une petite quantité de chaleur. Les particules plus lourdes, telles que
les protons, les particules alpha, les neutrons rapides et les fragments de
fission, transfèrent généralement suffisamment d'énergie par le biais de collisions
élastiques ou inélastiques pour retirer les noyaux de leur position dans le
réseau cristallin. L'ajout d'espaces vides et d'atomes interstitiels entraîne
des modifications des propriétés des métaux, [ entraînant alors une fatigue des
parois de la cuve, et amenant alors à un remplacement nécessaire ] . Radiation Damage to Reactor Materials | nuclear-power.com
- Nous n’avons pas les capacités de construire suffisamment de réacteurs à temps pour ne pas à avoir à développer les énergies renouvelables ː

- Nous n’avons sûrement pas non plus les capacités de faire un 100% renouvelables :

- En sachant les contraintes en général des scénarios du GIEC :

- En partant du principe que l’on va suivre une trajectoire de consommation d'énergie similaire à celle-ci (si on fait de la sobriété, c’est moins, cependant, si on réindustrialise, ça annule les effets de la sobriété)

La baisse de la
consommation d’energie finale s’explique à cause de la difference d’efficacité
entre un moteur thermique et electrique :


Alors, le scénario N2 est le meilleur, celui prônant la construction de 14
nouveaux EPR2 d’ici 2050, de 20 000 nouveaux mâts pour les éoliennes, et
d'environ 75 000 hectares de panneaux photovoltaïques

Malgré la faible pilotabilité des
énergies renouvelables, les besoins en moyens de flexibilité seront faibles, en effet, on continue de
s’appuyer sur le nucléaire, mais on peut aussi s’appuyer comme aujourd’hui sur
les importations. Outre cela, il y a aussi comme levier d’action la
flexibilité de la demande en reportant à plus tard certaines activités
comme le rechargement des voitures électriques par exemple. Ou s’appuyer sur
des moyens de stockage comme nos step existantes (auxquelles il
faudra ajouter 3 GW sur les 5 que nous avons déjà) ; de manière plus
limitée, des batteries au lithium (cependant, et à titre de
comparaison, le développement des voitures électriques nécessite 2916 GW de
batterie au lithium contre seulement 3 pour les EnR…) ; aussi les voitures
électriques qui pourraient renvoyer une partie de leur électricité stockée
vers le réseau (préconisé par la RTE) ; et le nouveau thermique
décarboné : power-to-gas et gas-to-power (on convertit de l'hydrogène lors
de pic d'énergie pour le brûler lorsqu’on en a besoin).
Exemple d’une semaine d’hiver avec peu de vent, scénario N2 :

Les
critiques :
“les EnR coûtent cher !!!”
Non, mais attention à prendre en compte les couts indirects, notamment pour les
EnR.


“Les EnR polluent !!!!!!!”
Très peu, et cela va tendre à baisser au fur et à mesure de la décarbonation,
puisque la majorité de la pollution provoquée par la construction de nouvelles
EnR provient de la production d’énergie nécessaire à leur même construction (l'électricité
provenant de centrales à gaz ou à charbon, mais surtout l’essence des moteurs
des machines).

“Les EnR ont un mauvais taux de retour
énergétique (TRE) !!!!!!”
Non. Le TRE(secondaire) des éoliens et solaires sont respectivement de 20 et 10 ; là où le charbon/gaz c'est 3 environ
Taux
de retour énergétique : J.M. Jancovici dans l'erreur
“Les Enr demandent des matériaux polluants et rares !!!”
Pas réellement, du
verre, de la silice, de l’acier et du béton.
Les terres rares ne sont nécessaires que pour les éoliennes en mer et le
nucléaire. De plus, les besoins en matières moyens des filières renouvelables
en tonne par MW est comparable au nucléaire lorsqu’on prend en compte tout le
cycle de vie.
Transition(s) 2050 : Feuilleton « Matériaux de la
transition énergétique » - ADEME


“Ça prend de la place !!!”
Pour avoir de l’électricité, faut bien faire des sacrifices. Néanmoins, le
solaire peut être placé sur toiture ou parking, et les poser sur des champs
agricoles n’est pas réellement un problème, l’agriculteur est rémunéré pour
cela. L’éolien n’est pas conflictuel avec les usages agricoles, ce n’est
qu’une question de paysage et d’avis personnel (voir le rapport). On
peut rajouter que l’éolien ne représente chaque année que 1.5% des causes de
l’artificialisation du territoire français


ENERGY AND LAND USE
“ ça se recycle très mal :( “
4% des matières premières récoltées sont donc
réutilisées pour de nouveaux usages. En 2021, ce sont en tout 3 463 tonnes de
panneaux photovoltaïques qui ont pu être collectés par ce système de
revalorisation.
Le recyclage des panneaux solaires photovoltaïques :
comment ça fonctionne
La très grande majorité des matériaux composant les éoliennes est recyclable.
Plus de 90 % de la masse des éoliennes (acier, béton, aluminium, cuivre) sont
réutilisés ou recyclés dans des filières existantes. Une filière de recyclage
se met en place pour la fibre de verre, composant majeur des pales qui
représente aujourd’hui l’essentiel des matériaux non valorisés. Un cadre
règlementaire rigoureux fixe les conditions du démantèlement et du recyclage
des éoliennes. Peu d’installations éoliennes sont déjà arrivées en fin de vie
en France, mais entre 25 % et 45 % du parc national actuel devrait être
démantelé d’ici 2030. Le développement et le renforcement des filières de
recyclage sont nécessaires afin d’être en capacité de traiter ces volumes à
venir.
Les éoliennes sont-elles recyclables ? | Décrypter
l'énergie.
“les éoliennes tuent les oiseaux >:(“

“l’énergie marémotrice et hydrolienne c’est mieux !!!”
Bof, pas vraiment : “L’essor de la filière reste très limité, du fait de ses
impacts environnementaux (une exploitation optimale de cette énergie nécessite
des aménagements importants, qui modifient les équilibres écologiques dans des
zones généralement fragiles : mise à sec lors de la construction, création
d'une retenue d'eau artificielle avec modification de la faune et de la flore…)
Son développement en France n’est pas envisagé à court terme” ; “S’agissant
des hydroliennes en mer, la France dispose d’un potentiel technique
significatif grâce à des courants parmi les plus forts du monde. Ce potentiel
est estimé à quelques gigawatts et se situe essentiellement au niveau du raz
Blanchard (au large du Cotentin) ainsi que sur quelques autres sites favorables
(passage du Fromveur au large d’Ouessan, Golfe du Morbihan, raz de Barfleur).
Bien que significatif par rapport aux autres pays d’Europe, ce potentiel reste
très limité comparé aux autres énergies renouvelables en France.”
“les gens n’aiment pas l’éolien >:( !!”
Non
! 73 % des français ont une bonne image de l’éolien (Harris pour le
ministère de la transition énergétique). Ce chiffre monte à 80% lorsque les
français sont à proximité.
Sans compter que :

https://presse.ademe.fr/2021/10/sondage-harris-interactive-les-francais-et-leolien.html
“Le nucléaire produit des déchets dangereux et on sait pas quoi faire avec !!!”
Les déchets de faible et de moyenne activité à vie courte, moyenne et longue ne
sont pas dangereux et sont faciles à gérer.
En ce qui concerne
les déchets de haute activité et à vie longue, le projet Cigéo, mené par l’ANDRA compte enfouir les déchets à 500 m de profondeur (sous
le laboratoire de Bure, dans la Meuse) dans une roche faite d'argilite
(un mélange d’argile et de quartz, une roche très dure et très homogène dans
le bassin mosellan et sur de longues distances) donc pas de fissure (sans
compter que la pénétration d’une goutte d'eau dans cette roche par exemple,
c'est 30 000 ans pour parcourir juste un mètre) et les éventuelles ont
même la capacité de se colmater toutes seules (via les mouvements
sédimentaires) ; on sait que le site est relativement stable (100
millions d'année de stabilité dans le passé) ; de plus, il n’y a rien à
exploiter dans ces sols, donc pas besoin de s'inquiéter que des futurs humains
creusent par mégarde ici. Et finalement, il faut “seulement” attendre 10 000-100
000 ans pour que les déchets entreposés correspondent à la radioactivité
naturelle de l'uranium, donc comparé à ce que j'ai dit précédemment ça va.

De plus, on utilise une partie des déchets nucléaires dans du combustible MOx (du combustible recyclé), et les centrales nucléaires de 4ème génération pourraient davantage exploiter ces déchets.
⚡☢️🗑️ Gestion des déchets nucléaires et
démantèlement.
on a des preuves empirique du fait que ca ne pose pas problème le stockage au
sol, notamment avec le réacteur nucléaire d'oklo (100KW, ressemblant en terme
de concentration d’uranium (3%) pression et de température à des réacteurs
modernes), au gabon, à 500-1000 mètres de profondeur

On estime que ces réacteurs naturels ont consommé environ
six tonnes d’ 235, produisant des zones portées à des températures de plusieurs
centaines de degrés Celsius. Les produits de fission non volatils n'ont bougé
que de quelques centimètres en deux milliards d’années, ce qui donne un cas
d'école de la migration des isotopes radioactifs dans la croûte terrestre, avec
des applications dans le stockage des déchets radioactifs en couche géologique
profonde pour l'industrie nucléaire.
Structure géologique du site.
1. Zones des réacteurs nucléaires.
2. Grès.
3. Couche de minerai d’uranium.
4. Granite.
d'ailleurs, c'était un milieu graniteux/argile,
infiltré par l'eau, bonjour la porosité
Réacteur nucléaire naturel d'Oklo — Wikipédia
“Le nucléaire ne marchera pas avec les
sécheresses et la hausse des températures de l’eau… ”
Sur la base de ces hypothèses, une légère
dégradation de la production annuelle est attendue à l’horizon 2050, dans les
trajectoires du scénario RCP4.5 ou RCP8.5. Ce productible annuel perdu reste
néanmoins très faible en moyenne (de 1 à 2 TWh selon les scénarios de mix considérés),
même s’il peut atteindre des niveaux bien supérieurs dans des configurations
annuelles défavorables (plus de 10 TWh sur certaines années simulées).
Le risque en termes de puissance potentiellement coupée simultanément devrait
également progresser. En 2050, selon les référentiels climatiques et les
hypothèses considérées, le risque d’indisponibilité simultanée à une chance sur
dix atteint ainsi 6 GW dans le scénario N03 sous la trajectoire RCP4.5, et 8,5
GW sous la trajectoire RCP8.5. Dans un contexte marqué par une augmentation de
la pointe de consommation liée à la climatisation et des risques accrus de
sécheresses à la fin de l’été, ces pertes de puissance disponible ne sont pas
négligeables. Ceci montre l’intérêt de trouver des leviers pour minimiser la
sensibilité du parc de réacteurs nucléaires au changement climatique, notamment
en étudiant le positionnement des futurs réacteurs sur les fleuves peu
contraints en matière de débits.

(voir rapport)
en sachant que l'on est plutôt sur une trajectoire RCP4.5 que 8.5, et qu'on est
sur une mix énergétique N02 (càd qu'on se base un peu moins sur le nucléaire,
et un peu + sur les énergies renouvelables). Les risques liés aux
réchauffements climatiques sont certes à prendre en compte, mais pas au point
de remettre en cause le nucléaire
“Le nucléaire tue par la radioactivité !!”
Non, le taux de cancer du personnel d’une centrale n’est pas différent de celui
de la population.
De plus, si l’on compare le nombre de morts aux Kwh produit, c’est le nucléaire qui l’emporte avec le taux le plus bas, c’est la technologie de production d’énergie la moins coûteuse en vies humaines.
rates for each energy source in deaths per billion kWh
produced.... | Download Scientific Diagram
Sur l’uranium, son approvisionnement et l'impérialisme :
Ce n’est pas un
problème propre au nucléaire que de devoir s’appuyer sur des matières premières
provenant de l’etranger, de plus, si on développait la filière sur génératrice,
on pourrait utiliser nos 300 000 tonnes d’uranium appauvri stockés sur notre
sol afin de produire pour plusieurs centaines d’années d'électricité, il est
aussi à rajouter que l’on dispose de réserve nationale de thorium qui nous
permettrait aussi de tenir une bonne centaine d’année.
https://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/210614_rapport_nucleaire.pdf
Sur la fermeture de fessenheim et la durée de vie des centrales :
L’ASN considère que la performance de la centrale nucléaire de Fessenheim
reste à un niveau satisfaisant en matière de sûreté nucléaire.
Centrale nucléaire de Fessenheim - 16/05/2024 - ASN
La loi sur l'énergie atomique (Atomic Energy Act) autorise la Commission de
réglementation nucléaire (Nuclear Regulatory Commission) à délivrer des
licences d'exploitation de réacteurs nucléaires commerciaux pour une durée
maximale de 40 ans. Ces licences peuvent être renouvelées pour une période
supplémentaire de 20 ans. La période qui suit la durée initiale de
l'autorisation est appelée période d'exploitation prolongée. Ce sont des
considérations économiques et antitrust, et non les limites de la technologie
nucléaire, qui ont déterminé la durée initiale de 40 ans pour les licences
d'exploitation des réacteurs. Cependant, en raison de cette période
choisie, certains systèmes, structures et composants peuvent avoir été conçus
sur la base d'une durée de vie prévue de 40 ans.
https://www.nrc.gov/reading-rm/doc-collections/fact-sheets/fs-reactor-license-renewal.html
Sur le 100% renouvelables
on achète pas d'uranium à la russie :

Cependant, on exporte de l’URT à la russie


Uranium de retraitement (URT) et Russie | Orano
Sur le transport :
Il est pour nous indéniable que le développement des transports en communs (de préférence financés par le public) répond bien mieux que la persévérance dans le transport individuel aux changements climatiques, environnementaux et sociétaux, mais aussi sur la qualité de l’air, des sols, et des villes. Une solution à transport individuel, comme le remplacement total du parc de voitures thermiques par des voitures électriques, constitue toujours une très importante pollution (extraction des matériaux nécessaires, temps de production), mais aussi un effort considérable qu’il serait préférable de porter sur des solutions à transports en commun, puisque, par principe, leur nombre est bien plus réduit, et forcément leurs besoin en terme de matériaux, en terme de travail, de temps et d’énergie sont réduits.
Le Réveilleur : Voiture à hydrogène: l'impasse ?
Une solution à transport en commun constitue un défi logistique de taille ; comment faire en sorte que chacun puisse effectuer tous les déplacements qui lui sont nécessaires ? aux bonnes heures, aux bons endroits ? efficacement ? rapidement ? Tout ça constitue un défi considérable, mais qui à notre sens est nécessaire pour répondre efficacement aux enjeux climatiques et sociaux.
https://www.elaw.org/files/mining-eia-guidebook/Chapitre%201.pdf
https://www.pnas.org/doi/pdf/10.1073/pnas.1500415112
https://ecoinfo.cnrs.fr/2014/09/03/2-lenergie-des-metaux/

Nous avons constaté que les rendements
biologiques étaient inférieurs de 19,2 % aux rendements conventionnels, avec un
intervalle de crédibilité de 95 % allant de 15,5 % à 22,9 %

(attention, la superposition des intervalles de confiance indique qu’il n’y a
pas de difference significative)
Cette ecart peut néanmoins être réduit avec differentes pratiques
Nous avons constaté que deux pratiques de gestion qui diversifient les
champs de culture dans l'espace ou dans le temps, la polyculture et la rotation
des cultures, peuvent améliorer les rendements dans les systèmes biologiques.
L'écart de rendement entre les polycultures biologiques et les monocultures
conventionnelles (9 ± 4 %) était significativement plus faible que lorsque les
deux traitements étaient des monocultures (17 ± 3 %) ou les deux polycultures
(21 ± 6 %). Nous avons obtenu un résultat similaire avec les rotations de
cultures

un des biais potentiel :
Nous avons trouvé des preuves de biais dans les méta-données en faveur des
études rapportant des rendements conventionnels plus élevés par rapport aux
rendements biologiques (matériel supplémentaire électronique, Section S3). Nous
avons également détecté une tendance à l'augmentation des écarts de rendement
dans les études plus récentes, bien qu'il soit difficile de déterminer le
mécanisme causal de cette tendance (matériel électronique supplémentaire,
section S3). Nos résultats doivent donc être interprétés comme présentant une
estimation de l'écart de rendement à partir de la littérature disponible qui
favorise probablement les études rapportant des rendements conventionnels plus
élevés que les rendements biologiques.
https://news.berkeley.edu/2014/12/09/organic-conventional-farming-yield-gap/
L’agriculture biologique est davantage resiliente que l’agriculture conventionnelle
En augmentant continuellement la teneur en matière organique du sol,
l'agriculture biologique améliore la percolation de l'eau de 15 à 20 %, ce qui
permet de réalimenter les nappes phréatiques et d'aider les cultures à bien se
comporter dans des conditions météorologiques extrêmes telles que les
sécheresses et les inondations. Un essai de plusieurs décennies sur
l'agriculture biologique a montré que les rendements des cultures biologiques
pouvaient être jusqu'à 40 % supérieurs à ceux des cultures non biologiques
pendant les années de sécheresse. En renonçant à la plupart des intrants à base
de combustibles fossiles, les agriculteurs biologiques sont également plus
résistants et adaptables non seulement aux facteurs de stress liés au
changement climatique, mais aussi à d'autres facteurs de stress perturbateurs à
l'échelle mondiale.
https://www.nrdc.org/bio/lena-brook/organic-agriculture-helps-solve-climate-change
L’agriculture locale est intéressante du à la réduction des pertes liés au
transport
FAO: 14% of the world’s food is lost between harvest and
retail
reste à parler des rénovations, de la suppression de la voiture thermique pr
du report modal et transport en commun, de l’hydrogène etc..
Une accumulation de preuves scientifiques montre que leurs sociétés n'étaient pas caractérisées par la compétition, l'inégalité et l'oppression. Ces éléments sont plutôt le produit de l'histoire, et d'une histoire plutôt récente. Ces preuves proviennent de découvertes archéologiques sur les modèles de comportement humain dans le monde entier jusqu'à il y a environ 5 000 ans, et d'études anthropologiques sur les sociétés de différentes parties du monde qui sont restées organisées selon des principes similaires jusqu'au 19e siècle et au début du 20e siècle
L'anthropologue Richard Lee a résumé ces conclusions : Avant la montée de l'État et l'enracinement de l'inégalité sociale, les gens ont vécu pendant des millénaires au sein de petits groupes sociaux basés sur la parenté, dans lesquels les institutions essentielles de la vie économique comprenaient la propriété collective ou commune de la terre et des ressources, une réciprocité généralisée dans la distribution de la nourriture, et des relations politiques relativement égalitaires".
En d'autres termes, les
gens partageaient et s'entraidaient, sans gouvernants ni gouvernés, sans riches
ni pauvres. Lee reprend l'expression utilisée par Frederick Engels dans
les années 1880 pour décrire cet état de fait, le "communisme
primitif". Ce point est d'une importance capitale. Notre espèce
(l'homme moderne, ou Homo sapiens sapiens) a plus de 100 000 ans. Pendant 95 %
de cette période, elle n'a pas du tout été caractérisée par les nombreuses
formes de comportement que l'on attribue aujourd'hui à la "nature
humaine". Il n'y a rien d'inscrit dans notre biologie qui rende les
sociétés actuelles telles qu'elles sont. La situation difficile dans laquelle
nous nous trouvons à l'aube du nouveau millénaire ne peut lui être imputée.
https://books.google.com/books?id=eDo0y5KSIhEC&pg=PA3
^
Les gens vivaient en groupes peu soudés de 30 ou 40 personnes qui
pouvaient périodiquement se réunir avec d'autres groupes pour former des
rassemblements plus importants pouvant aller jusqu'à 200 personnes. Mais la vie dans ces
"sociétés de bandes" n'était certainement pas plus difficile que pour
des millions de personnes vivant dans des sociétés agricoles ou industrielles
plus "civilisées". Un éminent anthropologue les a même appelées
"la société d'abondance originelle".12
Dans ces sociétés, il n'y avait ni dirigeants, ni
patrons, ni divisions de classes. Comme l'a écrit
Turnbull à propos des pygmées Mbuti du Congo, "il n'y avait pas de chefs,
pas de conseils formels. Dans chaque aspect de la vie, il pouvait y avoir un ou
deux hommes ou femmes plus importants que d'autres, mais généralement pour de bonnes
raisons pratiques... Le maintien de la loi était une affaire de
coopération".13
Les gens coopéraient les uns avec les autres pour se procurer les moyens de
subsistance sans avoir à se prosterner devant un grand chef ou à s'engager dans
des querelles sans fin les uns avec les autres. Ernestine Friedl a rapporté de
ses études que "les hommes comme les femmes
sont libres de décider comment ils passeront leur journée : s'ils iront à la
chasse ou à la cueillette, et avec qui".14 Eleanor Leacock a
raconté ses découvertes : "Il n'y avait pas...
de propriété foncière privée et pas de spécialisation du travail au-delà de
celle du sexe... Les gens prenaient des décisions sur les activités dont ils
étaient responsables. Le comportement était caractérisé par la générosité
plutôt que par l'égoïsme, et les individus s'entraidaient, offrant la
nourriture qu'ils avaient obtenue aux autres membres de la bande avant de la
prendre eux-mêmes. Lee commente : "La nourriture n'est jamais
consommée seule par une famille : elle est toujours
partagée entre les membres d'un groupe vivant ou d'une bande... Ce principe de
réciprocité généralisée a été rapporté chez les chasseurs-cueilleurs de tous
les continents et dans tous les types d'environnement".16 Il
ajoute que le groupe qu'il a étudié, le peuple !
Kung17 du Kalahari (les "Bushmen"), "est un peuple farouchement
égalitaire, qui a développé une série de pratiques culturelles importantes pour
maintenir cette égalité, d'abord en réduisant à la portion congrue les
arrogants et les vantards, et ensuite en aidant ceux qui n'ont pas de chance à
revenir dans le jeu".18
Les conflits de territoire entre les hommes de groupes de recherche
de nourriture voisins ne sont pas inconnus... Mais dans
l'ensemble, la quantité d'énergie que les hommes consacrent à l'entraînement au
combat ou le temps passé en expéditions de guerre chez les chasseurs-cueilleurs
n'est pas considérable... Les conflits au sein des bandes sont normalement
réglés par le départ de l'une des parties au litige.20
L'absence de suprématie de l'homme sur la femme va de pair avec cet état de
fait. Il y avait presque toujours une division du travail entre les sexes, les
hommes se chargeant de la chasse et les femmes de la cueillette. En effet, une femme enceinte ou allaitant un enfant ne pouvait
participer à la chasse qu'en l'exposant à des dangers, menaçant ainsi la
reproduction de la bande. Mais cette division n'équivalait pas à une domination
masculine telle que nous la connaissons. Les
femmes comme les hommes participaient à la prise de décisions importantes,
telles que le déplacement du campement ou la décision de quitter une bande pour
en rejoindre une autre. L'unité conjugale elle-même était peu structurée. Les
conjoints pouvaient se séparer sans compromettre soudainement leurs moyens de
subsistance ou ceux de leurs enfants. La suprématie masculine, trop
souvent considérée comme faisant partie de la "nature humaine", était
absente.24

On va questionner l' image linéaire qu'on a de la progression des sociétés humaines,
en général c'est :
Sauvagerie =(Révolution agricole)> Barbarie =(Révolution urbaine)> Civilisation
la logique est la suivante, la révolution agricole permet de produire + de nourriture, donc permet + d'habitant, et des habitants qui ne sont pas obligés de faire du travail agricole, il peut y avoir une spécialisation, on passe donc de la sauvagerie, càd, des humains chasseurs cueilleur nomade en ptite tribu à la barbarie, des installation sédentaires dans des villages
Par la suite,
la population continue de croître, les villages deviennent des villes(la révolution urbaine) puis des civilisations, ces civilisations ont besoin de écriture pour l'administration, une armée de métier et des prêtres
une classe
dirigeante prend le pouvoir, instaure des impôts, mets en place le commerce les
inégalités apparaissent, et le progrès technique continue, tout ça, de tte
façon, ca fait la civilisation, et nous
Ducoup, voici un panel d'affirmation qu'on va pouvoir debunk avec cette vision
:
"il est nécessaire d'avoir l'agriculture pour faire des villages et des monuments"
C'est faux, on a bien des exemples de société de chasseur cueilleur (9000 ans avant notre ère) qui ont construit des villages et ont réalisé des monuments en turquie proche de la frontière syrienne
Boncuklu Tarla présente quatre formes différentes d'utilisation de l'espace commun au sein du village. Ces utilisations vont des bâtiments communaux aux habitations domestiques, en passant par les espaces de stockage et les espaces communs non construits ou ouverts. Le bâtiment communal, parfois appelé temple, est situé au centre, entre des maisons de formes et de tailles variées[4]. Ces maisons sont de forme circulaire ou partiellement rectangulaire, tandis que le bâtiment communal est la seule structure rectangulaire. Cette construction remonte au dixième millénaire avant J.-C., époque à laquelle les bâtiments rectangulaires ont fait leur apparition.
Boncuklu
Tarla - Wikipedia
D'autres exemples dans la meme région https://en.wikipedia.org/wiki/Nevalı_Çori https://fr.wikipedia.org/wiki/Körtik_Tepe
d'ailleurs 3000 ans encore avant les Boncuklu Tarla, les Natufians, chasseur cueilleur sédentaire, confectionnait déjà de la pain pita à partir de céréales sauvages, vivaient avec des chiens domestiqués et on a aussi des tombes de personne âgées avec leur animal de compagnie à l'intérieur et plus tardivement c une des premières sociétés à avoir tenté l'agriculture
Et ce n'est pas qu'au proche orient, on retrouve la même chose au japon par
exemple, là aussi des chasseurs cuiellere sédentaires qui font de la poterie, et
des ptits moments et où l'on peut tjr visiter encore ajd leur maison
Pis y a aussi des exemples en amérique du nord d'ailleurs, des
chasseurs-pecheurs-cueillere qui sur 20 générations et 6 siècles, ont déplacé 1
millions de m cube de terre pour faire une dune, on sait pas pk ils ont fait
ca, mais ca démontre d'une organisation sociale complexe et du potentiel à la
réalisation de monument (d'ailleurs les américains ont construit une route en
plein milieu)
autre point qu'on peut aborder, c'est celle de la hiérarchie, celle ci a
probablement existé aussi avant l'agriculture, en tt cas dans certaines
cultures, il y aurait certaines preuves
on a retrouvé des tombes avec 2 enfants et un adulte avec à l'intérieur 13k perles d'ivoire de mammouth, une lance en ivoire et un femur creusé et rempli d'ocre,
il y a aussi arene candide, où le surnommé le prince a été inhumé avec un chapeau orné d'une centaine de coquillage
https://en.wikipedia.org/wiki/Sungir
Why This Paleolithic Burial Site Is So Strange (and So
Important)
c'est une preuve d'inégalité même si bon, ca reste faible, j'en conviens,
d'ailleurs les inégalités restent bien plus faibles à l'époque que ajd, mais un
exemple plus concret, ca serait les calusas
Les Calusa concentrait le pouvoir entre les mains d'un souverain héréditaire qui avait le contrôle absolu sur la vie et la mort de ses sujets, ce qu'il montrait en pratiquant régulièrement des sacrifices humains. Il régnait depuis l'île de Mound Key, plus précisément depuis une immense maison perchée au sommet d'un monticule de 10 mètres de haut et suffisamment spacieuse pour accueillir 2 000 personnes. Il supervisait les classes militaires et sacerdotales à plein temps et consacrait les excédents de production à des célébrations somptueuses.
Il s'avère que ce n'est pas ce qui s'est passé. Les Calusa ont bâti leur État non pas grâce à l'agriculture, mais grâce à la chasse, en particulier au poisson.
Les Calusa sont exceptionnels. D'après les anthropologues, ils ont développé la société la plus grande et la plus complexe sur le plan politique parmi tous les peuples non agricoles.
Not all early human societies were small-scale
egalitarian bands | Aeon Essays
et inversement, les villes ne sont pas forcément l'occasion de la création
des inégalités
la société des trypillia se situant en ukraine, vivant de l'agriculture, y'a 5000 ans avant notre ere, + de 1 millions de personnes avec plusieurs villes de plusieurs dizaines de milliers d'hab => aucune inégalité, les maisons sont toutes similaires et on y trouve des jouets à l'intérieur, des poteries et des trucs comme ca
Trypillia mega-sites: a social levelling concept? |
Antiquity | Cambridge Core
(on pourrait arguer que les inégalités sont cachés)
Pour ces raisons :

à titre de precision :
Une orientation est-ouest permet une stabilité climatique qui permet à son tour
une propagation plus rapide des espèces qui s'y présentent à travers les
terres, et donc des groupes d'humains qui peuvent se saisir plus rapidement de
celle ci et généraliser, contrairement aux continents américains et africains
c'est aussi un des plus grands continents sur terre l'eurasie
on a aussi comme facteur le fait d'être proche d'un foyer de naissances des
hommes, donc des animaux qui ont plus de temps de s'acclimater aux humains et
donc de s'y mefier, alors qu'en océanie et en amerique, vu qu'ils connaissaient
pas, ils se sont fait exterminer, donc moins d'animaux domestiques à la fin

La zoonose explique
pourquoi les occidentaux hébergent davantage de pathogene qui ont permi
d'éliminer les américains

ensuite on comprendra les liens suivants, je pense sans explication :


je m'appuie sur cette vidéo, le "sens moral" est
abordé tel un "organe mental" une sorte d'algorithme qui a comme
caractéristique sa rapidité(le jugement moral est presque instantanée), son
automatisme(il se fait de manière involontaire), son inconscience(les processus
de réflexion ne sont pas accessibles à la conscience, c'est seulement la
conclusion qui est perçue) et sa spécificité(il est activité par des stimuli
spécifiques, tout comme le toucher, la lumière etc..) le sens moral, prend en
des informations relatifs à une situation morale, puis jugé par un processus
biologique innée si c'est juste ou injuste comme situation, bien ou mal, en ce
sens, avoir des mêmes informations produisent des conclusions similaires
ducoup, les preuves :
Dès l'âge de trois ans, les enfants sont capables de faire preuve de justice proportionnelle, récompensant davantage ceux qui travaillent le plus [2]. Dès 12 mois, les bébés réagissent aux distributions inégales présentées lors de spectacles de marionnettes [3–5]. À seulement 6-7 mois, les bébés préfèrent interagir avec une marionnette qui en aide une autre plutôt qu'une qui l'embête [6–8].
Malgré la variabilité qui existe, je nie pas, bah y'a des regularités fondamentales
On retrouve des principes moraux similaires dans des sociétés de chasseurs-cueilleurs, comme le principe de proportionnalité (partage du butin selon le mérite) [9–11]. Une étude exhaustive de 300 ans de relevés ethnographiques dans 60 sociétés traditionnelles conclut que des valeurs comme l'aide au groupe/famille, la réciprocité, le partage des ressources et le respect de la propriété sont universellement considérées comme moralement bonnes [12]. dans la vidéo, il fait analogie avec le sens du goût : la diversité des préférences culinaires n'annule pas l'existence d'un sens du goût universel capable de distinguer le salé, sucré, acide, amer et umami.

La psychopathie, un trouble caractérisé par des jugements moraux atypiques, a des bases génétiques fortes [14,15].
Les enfants distinguent une norme conventionnelle (ex: ne pas venir en pyjama à l'école) d'une norme morale (ex: ne pas frapper un camarade) [16]. Un enfant acceptera de déroger à une convention si une autorité le permet, mais refusera de faire ce qui est moralement inacceptable même si une autorité (maîtresse, Dieu) le permet [16,17]. Cela suggère que nos cerveaux ne peuvent pas accepter n'importe quelle norme comme morale, ce qui est difficile à expliquer par une théorie purement culturaliste.
On ressent de la peur au bord d'un précipice, de la culpabilité quand on ne rembourse pas ses dettes, et de la honte si on se retrouve nu en public. Ces émotions sont des réponses adaptatives à différentes natures de menaces rencontrées au cours de l'évolution, tandis qu'une perspective culturaliste aurait du mal à expliquer pourquoi des normes acquises socialement déclencheraient des émotions aussi distinctes sans une complexification de la théorie.
Deux exemples pr montrer que c'est simpleemnt les informations differentes qui seraient à l'oeuvre dans la variabilité spatio-temporelle de la morale : Prenons tout de suite un exemple pour éclaircir ça. Imaginons que la morale, ce soit uniquement une histoire d’aider les personnes qui n’ont pas eu de chance dans la vie. Je dis n’importe quoi, mais imaginons que le calcul que fait notre sens moral, ce soit uniquement ça : à chaque fois qu’il reçoit en entrée l’information que quelqu’un n’a pas eu de chance dans la vie, il produit en sortie le jugement qu’il faut aider cette personne. Mais reste encore à déterminer qui a eu ou n’a pas eu de chance dans la vie, une information qui peut être très culturellement dépendante. On sait par exemple que 60% des américains pensent que les pauvres sont paresseux [7], c’est à dire que s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils n’ont pas assez travaillé, qu’ils l’ont mérité en quelque sorte. En Europe, seuls 26% des européens pensent que les pauvres sont paresseux, les européens pensent plutôt qu’ils n’ont pas eu de chance dans la vie. Cette croyance sur l’origine de la pauvreté, qui est en partie culturelle, peut expliquer pourquoi Américains et Européens n’ont pas la même attitude envers les pauvres (les Européens dépensent en moyenne deux fois plus dans les programmes sociaux que les Américains). Européens comme Américains peuvent tous être d’accord pour dire qu’il faut aider ceux qui n’ont pas eu de chance dans la vie, c’est à dire qu’ils peuvent tous avoir le même sens moral, mais ils peuvent être en désaccord sur qui n’a pas eu de chance dans la vie, ce qui va complètement inverser leurs jugements moraux.
Un autre exemple : dans les années 70-80, on pouvait fumer comme on voulait dans les lieux publics. Fumer était traité comme une préférence individuelle, on acceptait que certaines personnes se mettent des rouleaux de feuilles séchées en feu dans la bouche tout comme on acceptait que certaines personnes mettent un chapeau noir pour sortir. En quelques années, la situation a complètement changé, sans que la culture française n’ait particulièrement changé. Ce qui a changé, ce sont les informations que l’on a eues et diffusées sur la dangerosité du tabagisme passif. L’algorithme moral dans notre tête n’a pas changé, ce sont les informations qu’on lui a fournies qui ont changé.
Preuve que les
sociétés humaines étaient à l’époque égalitaire car la
concentration économique n'était de toute manière pas possible et les
organisations politiques moins importants et concentrées ; selon Walter
Scheidel dans Une histoire des inégalités, c’est la transition à
l’agriculture, à l’élevage et surtout à l’apparition des droits de propriété,
soit une économie limitée par les terres et non plus par la main d’oeuvre, qui
ont fait que les inégalités ont commencé à apparaitre, outre exception de
certaines sociétés.

https://www.nature.com/articles/nature24646
Les bons traits de la personnalité humaine sont majoritaire par rapport à ces
mauvais traits en général :
Researchers announce a test of the “light triad” traits |
BPS
https://www.frontiersin.org/journals/psychology/articles/10.3389/fpsyg.2019.00467/full
Les humains seraient-ils de nature coopérative...?
La coopération est au cœur du comportement social humain. Cependant, choisir de
coopérer exige des individus qu'ils encourent un coût personnel pour en faire
bénéficier les autres. Nous nous demandons si les gens sont prédisposés à
l'égoïsme, se comportant de manière coopérative uniquement par le biais d'un
contrôle actif de soi, ou s'ils sont intuitivement coopératifs, la réflexion et
le raisonnement prospectif favorisant l'intérêt personnel "rationnel
". Pour étudier cette question, nous réalisons dix études en utilisant
des jeux économiques. Nous constatons que, sur toute une série de plans
expérimentaux, les sujets qui prennent leurs décisions plus rapidement sont
plus coopératifs. En outre, le fait de forcer les sujets à décider
rapidement augmente les contributions, alors que le fait de leur demander de
réfléchir et de les forcer à décider lentement diminue les contributions. Pour
expliquer ces résultats, nous proposons que la coopération est intuitive
parce que les heuristiques de coopération sont développées dans la vie
quotidienne où la coopération est généralement avantageuse. Nous validons
ensuite les prédictions générées par ce mécanisme proposé. Nos résultats
fournissent des preuves convergentes que l'intuition soutient la coopération
dans les dilemmes sociaux, et que la réflexion peut miner ces impulsions
coopératives.
https://www.nature.com/articles/nature11467
Les jeunes enfants se comportent régulièrement de manière prosociale, mais quelle est leur motivation pour le faire ? Nous examinons ici
trois études qui montrent que les jeunes enfants (1) sont motivés
intrinsèquement plutôt que par des récompenses extrinsèques ; (2) sont plus
enclins à aider ceux pour lesquels ils éprouvent de la sympathie ; et (3) ne
sont pas tant motivés par le fait de fournir de l'aide eux-mêmes que par le
fait de voir la personne aidée (comme on peut le voir dans les changements
de leur éveil sympathique, mesuré par la dilatation des pupilles, dans différentes
circonstances). Le comportement prosocial des jeunes enfants est donc
intrinsèquement motivé par le souci du bien-être d'autrui, qui trouve ses
racines évolutives dans le souci du bien-être de ceux avec lesquels on est
interdépendant.
https://www.researchgate.net/publication/257608480_A_New_Look_at_Children%27s_Prosocial_Motivation
Manuel Eisner
Historical Trends in Violence | Violence Research Centre

https://quod.lib.umich.edu/h/humfig/11217607.0002.206/--decivilization-in-the-1960s?rgn=main;view=fulltext

Les
inégalités de classe /=/ la nature humaine
les anciennes sociétés agricoles et de
chasseurs-cueilleurs étaient très égalitaire; une estimation basée sur la
taille des habitations suivant leur coefficient de Gini était de 0,35, contre
actuellement 0,8 aux États-Unis et 0,7 en Chine ; le passage de la
chasse-cueillette à l'horticulture et à l'agriculture et l'évolution vers des
systèmes politiques plus stratifiés ont entraîné une augmentation significative
des inégalités :
Greater post-Neolithic
wealth disparities in Eurasia than in North America and Mesoamerica
https://cdn.discordapp.com/attachments/418850379518705675/635206761875243009/unknown.png
https://cdn.discordapp.com/attachments/418850379518705675/635207235852697621/unknown.png
Les sociétés anciennes étaient très égalitaires (coefficient de gini de 0,1
à 0,4) jusqu'à ce qu'elles soient limitées par la terre plutôt que par le
travail (c'est-à-dire après qu'il y ait eu suffisamment de personnes pour
travailler toutes les terres disponibles):
The farming-inequality nexus: new insights from ancient
Western Eurasia | Antiquity
http://sci-hub.st/10.15184/aqy.2019.105
https://cdn.discordapp.com/attachments/418850379518705675/635204273004871720/unknown.png
https://cdn.discordapp.com/attachments/418850379518705675/635204956982476801/unknown.png
La
théorie de l'auto-détermination est une macro-théorie de la motivation humaine
et de la personnalité, qui concerne les tendances inhérentes au développement
et les besoins psychologiques innés des êtres humains = engagement dans
l'activité,bien-être et performance intellectuelle accrue : le
flow

Elles
impliquent 3 conditions :
1. Un humain
doit se sentir compétent dans ce qu'il fait : il a les capacités
intellectuelles et physique pour le travail qu’il fait ainsi qu’il sait que son
travail a un impact sur l’environnement qu’il l'entoure (cf. fétichisme de la
marchandise ; la foule de travailleurs isolés dû à la division du travail ne
sait pas qu’elle dirige la production étant donné que la marchandise voile le
caractère social de celle-ci)
2.les relations qu'il a avec les autres êtres humains doivent être bonnes et en
ce sens, la concurrence joue un rôle néfaste dû à la suspicion qu’on va avoir
l’un à l’autre. La coopération,ainsi qu'une planification économique, est donc
beaucoup plus efficace que la concurrence et l’individualisme. En effet, la
coopération est supérieure dans l’attitude positive envers ses comparses, son
estime de soi, l’altruisme, le respect,le lieu de maîtrise et de meilleurs achèvements quotidiens.
3.Et finalement, l'être humain doit se sentir autonome : en contrôle de sa vie,
et de son destin, ne devant pas être ainsi pas maîtrisé par des forces externes
comme un patron qui lui mettrait la pression. Une organisation democratique et
horizontale est donc plus à même de remplir ces conditions.
+ les récompenses données aux travailleurs pour la production augmentent la
quantité mais pas la qualité. En outre, elle entraîne même une diminution des
performances cognitives. Et si, les récompenses venaient à s'arrêter, la
quantité de travail retournerait à son niveau initial et même sous celui-ci.
toutes les ressources trouvables dans cette excellente vidéo ! :
Anarchism and Human
Nature
Quelques preuves
empiriques néanmoins pour confirmer de la validité de la SDT :
Chen, et coll., 2015 ; Church, Katigbak, Locke, et coll., 2013 ; Sheldon, Abad
& Omoile, 2009 ; Sheldon, Elliot, et coll., 2004 dans ces études à travers
différentes cultures, il a été trouvé que plus les besoins sont comblés,
plus il y a de bien-être et moins de pathologies psychologiques.
Chen et coll. (2015) ont étudié les besoins chez des Belges, des Chinois, des
Américains et des Péruviens. Ces personnes devaient noter l’importance qu’ils
accordaient à chacun des trois besoins fondamentaux. Bien que les notations
étaient différentes selon ces quatre cultures, les besoins comblés prédisaient
identiquement le bien-être s’ils étaient satisfaits, et le mal-être s’ils
étaient frustrés. L’importance déclarée de tel ou tel besoin plus qu’un autre
n’avait pas de relation avec ce bien-être ou mal-être.
Chen, et coll., 2015 ; Church, Katigbak, Locke, et coll., 2013 ; Sheldon, Abad & Omoile, 2009 ; Sheldon, Elliot, et coll., 2004 dans ces études à travers différentes cultures, il a été trouvé que plus les besoins sont comblés, plus il y a de bien-être et moins de pathologies psychologiques.
Chen et coll. (2015) ont étudié les besoins chez des Belges, des Chinois, des
Américains et des Péruviens. Ces personnes devaient noter l’importance qu’ils
accordaient à chacun des trois besoins fondamentaux. Bien que les notations
étaient différentes selon ces quatre cultures, les besoins comblés prédisaient
identiquement le bien-être s’ils étaient satisfaits, et le mal-être s’ils
étaient frustrés. L’importance déclarée de tel ou tel besoin plus qu’un autre
n’avait pas de relation avec ce bien-être ou mal-être.
« 1) Les êtres
humains ont en eux une capacité naturelle d’apprendre. »
Il y a un élan à apprendre, qu’il illustre par l’enfant qui persévère à tenter
de marcher malgré les chutes et la difficulté. Certes le processus est
douloureux, mais le développement du potentiel est une motivation qui surpasse
ce processus pénible. Cet élan peut être néanmoins sapé par le système
d’enseignement.
On verra plus tard que les expériences et études de la SDT ont particulièrement
démontré ce point. La motivation à apprendre, à se développer, à œuvrer, est
généralement présente dès le départ, il n’y a pas à la susciter ; par contre
l’environnement social peut très rapidement détruire cet élan en sapant le
besoin d’autonomie en particulier. Et effectivement la motivation intrinsèque
diminue à travers le parcours scolaire ou universitaire.
« 2) Un apprentissage valable a lieu lorsque son objet est perçu par l’étudiant
comme ayant un rapport avec ses projets personnels »
Rogers donne l’exemple de l’apprentissage des statistiques en fac de psycho :
de façon classique (et c’était le cas en France, du moins lorsque j’étais
étudiante dans les années 2000), il y a des cours théoriques obligatoires, et
l’étudiant peut percevoir cet apprentissage comme servant uniquement à rester
dans la discipline (obtenir ses partiels par exemple), et ne pas percevoir le
lien avec le projet de devenir psychologue. Il va donc apprendre par cœur le
temps de l’examen, puis oublier ces savoirs. Alors que si l’étudiant choisit de
suivre un cours de statistiques parce qu’il a entrepris une recherche et que
les statistiques sont alors une nécessité pour tirer des résultats de cette
recherche, il y aura sûrement une motivation de plus haute qualité, puisque les
statistiques seront perçues par l’étudiant comme hautement utiles — et
directement appliquées à un projet. Ayant fait un apprentissage expérientiel,
perçu comme utile, aura intégré bien plus de choses et sur le long terme (le
projet sera associé à des émotions, expériences de vie particulières, des échanges
sociaux, etc (Plus une somme de connaissance est associée a d’autres éléments,
plus elle est renforcée dans la mémoire). Rogers rajoute aussi que lorsqu’il y
a un rapport perçu entre l’étudiant et ce qu’il apprend, l’intégration de
l’apprentissage est plus rapide. Il prend l’exemple des adolescents qui
apprennent rapidement à conduire parce qu’ils ont hâte de profiter pleinement
de cette capacité à conduire.
« 3) L’apprentissage qui implique un changement dans l’organisation du moi, ou
dans la perception du moi, est ressenti comme menaçant, et on tend à y résister
»
Souvent apprendre une nouvelle chose implique de déconstruire un ancien savoir
auquel nous étions peut-être attaché ; par exemple (celui-ci vient de moi et
non de Rogers), on apprend souvent aux enfants qu’il y a des gentils ou des
méchants pour expliquer simplement des questions de justice, de délinquance, et
parce qu’ils sont encore trop petits pour comprendre la complexité de ce qui
amène à faire un vol et comment la société a décidé d’y répondre par le système
pénal et toutes ces instances. Plus tard, les parents, l’école, les
environnements sociaux lui apporteront plus de complexité pour penser ce qui
est légal ou non, et l’enfant va devoir déconstruire cette idée précédemment
implantée que voler = être méchant. Il pourra apprendre que les personnes
peuvent voler par nécessité et ne sont pas méchantes pour autant, que la
société sanctionne néanmoins ce fait pour augmenter le sentiment de sécurité
des citoyens qui, sinon, vivraient dans l’angoisse perpétuelle de se faire
dérober leurs biens. L’enfant pourrait aussi découvrir via l’histoire de Robin
des bois que le vol peut même être un acte prosocial qui peut être légitimé, et
que les « méchants » ne sont pas forcément ceux dans l’illégalité, selon les
contextes. Or, cela peut être dur d’abandonner cette idée que ceux qui sont
punis par la société ne sont pas systématiquement les « méchants », car cela
renverse une vision du monde qui rendait le monde particulièrement stable,
juste, et simple à comprendre. Voilà pourquoi le nouveau savoir peut être perçu
comme menaçant, et qu’on peut tendre à y résister : cela chamboule cette
stabilité du monde auquel on croyait auparavant, et cette stabilité était
particulièrement confortable, rassurante.
Le nouveau savoir peut également faire découvrir des aspects incohérents de
soi-même : Rogers prend l’exemple d’un individu qui apprendrait que tous les
citoyens, quels qu’ils soient, ont des droits égaux ; or, cet individu peut
persister à refuser qu’un noir vienne habiter dans son quartier. Ces deux
éléments ne peuvent pas cohabiter dans l’individu, puisque s’il refuse que des
noirs vivent dans son quartier, cela veut dire qu’il rejette l’idée qu’il y ait
des droits égaux pour tous. Un apprentissage réel impliquerait un changement
important dans le moi de la personne (ici, un travail pour abandonner son
racisme, ce qui demanderait au préalable une conscience de soi comme étant
raciste ; ce qui n’est pas évident à assumer, car cela sape l’image positive
qu’on peut avoir de soi, image pouvant par ailleurs être fragile).
« 5) Lorsque la menace contre le moi est faible, l’expérience vécue peut être
perçue dans ses nuances et l’apprentissage peut avoir lieu »
Ceci est une extension du principe précédent, où Rogers rappelle que tant qu’il
y a des menaces qui pèsent sur le moi de la personne, l’apprentissage est sapé
puisque l’enfant peut perdre ses moyens (comme avoir l’impression de ne plus
savoir lire lorsqu’il doit le faire devant toute la classe alors que sans pression
sociale, il y arrivait très bien).
« 6) On apprend beaucoup et valablement dans l’action »
Rogers conseille de directement proposer à l’étudiant des problèmes à résoudre,
qu’ils soient pratiques, sociaux, moraux ou philosophiques, parce qu’on apprend
mieux dans l’action. Cela va de la proposition la plus simple à la préparation
d’une pièce de théâtre ou encore à des défi s plus complexes, par exemple
régler un vrai problème de société. Il dit qu’il a été impressionné de la
rapidité de la prise en main des savoirs lorsqu’il a enseigné à des
professionnels, parce qu’ils associaient directement le savoir comme
potentielle solution à leurs problèmes vécus sur le terrain. On peut reproduire
cet apprentissage dans l’action dans le système scolaire (et nous en aurons un
exemple concret en CONSTRUCTIONMI avec Q2L où l’enseignement est entièrement
tourné de cette façon, avec par exemple des enfants de collège qui ont tenté de
résoudre des questions de harcèlement scolaire).
« 7) L’apprentissage est facilité lorsque l’étudiant détient une part de
responsabilité dans la méthode »
C’est-à-dire quand l’étudiant choisit lui-même son orientation, les moyens
d’apprendre, le déroulement. Qu’il reste au fond libre du « comment », voire du
« quoi » selon les possibilités, les niveaux. Là encore la SDT a démontré que
cela était particulièrement eff icace, puisque, lorsqu’on laisse l’enfant
choisir parmi plusieurs exercices de diff érents niveaux, sans contrôle
particulier, Là encore la SDT a démontré que cela était particulièrement eff
icace, puisque, lorsqu’on laisse l’enfant choisir parmi plusieurs exercices de
diff érents niveaux, sans contrôle particulier, non seulement il est plus
performant sur l’exercice, mais choisit aussi un niveau bien plus élevé que
celui qu’on aurait osé lui donner. À l’inverse, imposer un exercice et exercer
un fort contrôle sur lui (évaluation, surveillance) aboutira à des performances
tout juste bonnes, générera une mauvaise intégration des savoirs (oubli à long
terme), voire diminuera la motivation pour l’activité qui était pourtant là
avant.
« 8) Un enseignement autodéterminé qui engage la personne tout entière – avec
ses sentiments autant qu’avec son intelligence – est celui qui pénètre le plus
profondément et qui est retenu le plus longtemps »43 .
Et c’est aussi un élément qui a été démontré en psychologie cognitive : on
retient davantage un stimulus qui est chargé d’émotions que sans ; plus l’objet
à retenir est associé à de nombreuses facettes, que ce soit une facette
intellectuelle, émotionnelle, touchant à diff érentes cordes sensorielles (vue,
audition, odorat...), s’inscrivant dans un sens particulier (il y a une
histoire derrière par exemple), faisant écho à notre vécu personnel (nous
rappelle un souvenir, une expérience), plus on l’imprimera en nous
profondément. Il est donc ridicule qu’on demande encore à notre époque aux
professeurs de faire preuve de neutralité, de "rationalité", d’une
froideur quant au contenu, parce que cela s’oppose même à ce qu’on sait du
fonctionnement de la mémoire et de la rationalité
« 9) L’indépendance d’esprit, la créativité, la confiance en soi sont
facilitées lorsque l’autocritique et l’auto-évaluation sont considérées comme
fondamentales et que l’évaluation par autrui est vue comme secondaire. La créativité
se déploie dans une atmosphère de liberté. »
Rogers estime que l’esprit critique, l’indépendance d’esprit et la confi ance
en soi se développent lorsque l’enfant a très tôt l’occasion de porter des
jugements par lui-même, de se tromper et mesurer les conséquences de ce
jugement, en d’autres termes, quand il fabrique ses propres feedbacks sur ses
actions, avec évidemment l’aide informative des parents. Sinon, il reste
dépendant de critères extérieurs, des attentes extérieures, du jugement d’autrui
sur toutes ses actions. Rogers dit qu’en conséquence soit l’enfant restera
dépendant toute sa vie des attentes extérieures, soit il sera révolté sans
arrêt de façon totalement arbitraire. On verra que c’est particulièrement confi
rmé par la SDT et par d’autres expériences d’éducation : l’autonomie est
absolument nécessaire à l’autodétermination, sans quoi les motivations sont
totalement dépendantes de l’extérieur, l’individu est manipulé à souhait,
aliéné ou, au contraire, tombe dans une réactance44 parfois inappropriée à ces
besoins.
« 10) Dans le monde d’aujourd’hui [son ouvrage a été publié en 1969],
l’apprentissage le plus utile socialement, c’est l’apprentissage des processus
d’apprentissage, c’est aussi d’apprendre à rester toujours ouvert à sa propre
expérience et à intégrer en soi le processus même du changement »45 .
L’enseignement statique d’avant (transmettre la même somme d’informations aux
futures générations) a pu correspondre un temps à ce dont il y avait besoin
dans un environnement évoluant peu. Mais dès que la société évolue rapidement,
change souvent, alors le bagage d’information peut être vite périmé et il y a
davantage besoin de savoir apprendre par soimême, savoir intégrer de nouvelles
données afi n de s’ajuster. Rogers décrivait cela à la fi n des années 60, mais
c’est d’autant plus vrai actuellement ; par exemple apprendre à maîtriser un
logiciel sur un type de machine, d’une seule façon, est peu adapté aux besoins
des métiers nécessitant des connaissances informatiques, car ceux-ci, logiciels
comme machines, évoluent sans cesse. Par contre, apprendre à se débrouiller
pour maîtriser de nouvelles machines, de nouveaux logiciels, est beaucoup plus
durable. Il est donc socialement plus utile, dans n’importe quel domaine,
d’apprendre à apprendre.
En résumé et dans la pratique :
— La présence d’un ou de plusieurs facilitateurs qui a les mêmes
qualités que celles que nous avons vues dans « l’attitude de l’aidant ».
— Édifier l’apprentissage sur des problèmes perçus comme réels. Comme on
l’a vu, il s’agit d’ancrer la transmission d’informations face à un réel que
l’étudiant peut avoir perçu, ou alors qu’il puisse choisir ses cours en
fonction des problèmes qu’il veut résoudre. Parfois, cette perception des
problèmes n’est pas là car l’étudiant n’a pas eu beaucoup d’occasions de voir
différentes situations, ou n’imagine pas encore celles qu’il aura à afronter
lorsqu’il sera un professionnel : dans ce cas, la simulation est un
outil qui permet aussi de faire un apprentissage expérientiel. Dans le même
ordre d'idée, il s’agirait de transformer l’élève ou l’étudiant en enquêteur.
— Fournir les moyens. Il s’agit de fournir aux étudiants de quoi vivre
un apprentissage expérientiel, que ce soit via les ressources académiques
classiques (livre, matériel de laboratoire, instruments, fi lms...) ou avec
d’autres, à savoir la possibilité de parler à des professionnels, à d’autres
étudiants plus avancés dans le cursus.
— L’utilisation de contrats. La liberté toute seule peut effrayer
certains, et laisser confus quant aux moyens de s’organiser, de faire un
projet. L’idée est alors de leur faire rédiger un contrat avec eux-mêmes, où
ils peuvent écrire leurs buts, et organiser les étapes pour y arriver. C’est ce
qu’avait proposé Shield, l’institutrice que l’on a citée précédemment : les
élèves s’écrivaient leur contrat, où ils décidaient quels exercices ils
aimeraient accomplir dans la journée, pourquoi et comment. C’est aussi une
forme de transition entre système traditionnel contrôlant et système autodéterminé
; Rogers donne l’exemple d’un professeur de collège/ lycée qui a employé ce
système de contrat superposé au vieux système d’évaluation : au début de chaque
année, Arthur Combs expliquait aux élèves qu’ils pouvaient obtenir la note
finale qu’ils souhaitaient. Pour réussir, l’élève devait juste certifier qu’il
avait bien lu une certaine quantité de chapitres provenant du manuel et passer
un examen. Mais s’il souhaitait une mention, il devait établir un plan de
travail qu’il pensait valoir comme un B ou un A. Ce plan était ensuite discuté
avec le professeur. Souvent, ce contrat était trop ambitieux et Arthur Combs
aidait à ramener à une dimension plus raisonnable. Une fois le contrat établi,
alors l’élève était certain d’obtenir cette mention du moment qu’il remplissait
son contrat. Il n’y avait aucun blâme, quels que soient les choix qu’avaient
décidés les élèves. Ainsi, ce système permettait d’évacuer toute crainte et
d’avoir des discussions plus franches :
« Les étudiants peuvent avoir un avis différent du professeur sans éprouver le
sentiment qu’ils mettent en danger leur réussite à l’examen. Ils peuvent
exprimer ce qu’ils sentent et pensent réellement »
— Division en petits groupes. Il ne s’agit pas d’imposer la liberté à
des personnes qui ne la voudraient pas. Par exemple, Shield a fait des groupes
en fonction de ce que voulaient les élèves, l’un suivait un programme
autodéterminé, l’autre traditionnel. Et les élèves pouvaient selon leurs
attentes changer de groupe. La liberté, c’est aussi pouvoir choisir un
apprentissage passif s’ils le souhaitent, comme autodéterminés. Lorsque la
classe est très grosse, la structuration en petits groupes permet aussi de
mieux faciliter l’apprentissage autodéterminé ; le groupe lui-même peut se
structurer en interne, avec des rôles de modérateur, de président, de
rapporteur, etc.
— L’autoévaluation. Pour la permettre chez l’élève, il s’agit pour le
professeur ou facilitateur de donner en premier lieu beaucoup d’indications sur
l’évaluation, puis d’encourager l’élève à se noter. Le professeur peut garder
la responsabilité de la note finale ou non. Parfois, s’il y a des contrats, la
note finale est synonyme d’avoir rempli son contrat. D’autres professeurs ont
pu fournir l’exemple d’autres autoévaluations d’élèves pour montrer ce
processus aux nouveaux. L’élève peut être aidé par ses camarades ou son groupe
pour s’autoévaluer, ou bien cela peut être des délégués du groupe qui donnent
les notes après discussions.
« La manière choisie est beaucoup moins importante que le fait qu’il se sente
responsable de poursuivre intelligemment la réalisation des objectifs qu’il
s’est fixés. Tel étudiant se choisira un objectif particulièrement rigide,
comme simplement d’accumuler des connaissances utiles pour l’examen. Un autre
peut voir dans le cours un moyen pour devenir plus spontané dans son
apprentissage ou davantage ouvert à un éventail plus large de stimuli, ou plus
libre d’être lui-même dans ses réactions en face de matériaux mis à sa
disposition. Et chacun aura été un apprenti responsable et d’une manière assez
semblable à celle d’une personne occupée par sa profession dans la société »
— Le groupe de rencontre (ou parfois nommé groupe de sensibilité, de
sensibilisation, de parole, intensif...). Dans l’optique de Rogers c’est le
premier élément à poser. Il s’agit de former des groupes de discussion non
seulement dans le cadre de la formation des étudiants, mais aussi pour les
professeurs lorsqu’il y a un but de changer d’objectif, de politique,
d’organisation pédagogique. Un facilitateur est présent, et son rôle est de
faciliter l’expression, notamment personnelle, où les façades et défenses de
chacun peuvent être levées. Au début, ce moment de groupe est peu structuré, de
sorte que progressivement ce sont les relations, les communications dans le
groupe qui conduisent les futures discussions, projets, problématiques. Des
changements sont décidés, via l’autodétermination du groupe et de ses
participants.
Voici comment se dérouleraient les séances avec les groupes visant le changement
autodéterminé au sein de l’institution :
• Un climat psychologique de sécurité est progressivement développé dans le
groupe, via le facilitateur ; petit à petit, apparaissent la liberté
d’expression et la réduction des défenses chez les personnes.
• Des comportements aff ectifs vont avoir tendance à émerger entre les membres,
mais également à l’égard d’eux-même.
• À partir de cette liberté, un climat de confi ance s’installe, et les
personnes expriment de vrais sentiments positifs et négatifs. Les personnes
acceptent davantage l’ensemble de leur être, que ce soit d’un point de vue
intellectuel, physique, aff ectif.
• Comme les personnes sont moins inhibées et bloquées par des défenses rigides,
advient en eux la possibilité de changer : ce changement peut porter sur leurs
attitudes, leurs comportements, leurs méthodes d’enseignement ou leur façon de
diriger. Ce changement apparaît moins menaçant. • Comme leurs défenses sont
réduites, les personnes peuvent davantage s’écouter entre elles, elles apprennent
plus de choses l’une de l’autre.
• Il y a de plus en plus de feedbacks interpersonnels, chacun apprend comment
il apparaît aux autres, quel eff et il produit sur les autres.
• Comme les personnes s’écoutent plus attentivement entre elles, l’institution
se transforme alors davantage en un ensemble de relations de personnes ayant
des objectifs communs plutôt qu’une structure hiérarchique.
• Dans ce développement de la liberté et comme les communications s’améliorent,
des nouvelles idées, de nouveaux concepts et orientations apparaissent.
L’innovation est perçue positivement plutôt que comme une menace potentielle.
• Les apprentissages qui sont faits durant l’expérience de groupe s’exportent —
de façon temporaire ou prolongée — dans les relations même hors du groupe, avec
les pairs, les étudiants, les subordonnés et les supérieurs hiérarchiques.
Tiré exlusivement de 📖 En toute puissance, manuel d'autodétermination
radicale - Hacking social
Méta méta-analyse de ce qui fonctionne(ou pas) dans les performences
academiques
https://www.visiblelearningmetax.com/influences
Introduction :
La plupart des théories économiques modernes décrivent un monde présidé par un
gouvernement (et non, de manière significative, par des gouvernements) et
voient ce monde à travers les yeux du gouvernement. Le gouvernement est censé
avoir la responsabilité, la volonté et le pouvoir de restructurer la société de
manière à maximiser le bien-être social ; comme la cavalerie américaine dans un
bon western, le gouvernement se tient prêt à se précipiter à la rescousse
chaque fois que le marché "échoue", et le travail de l'économiste
consiste à le conseiller sur le moment et la manière de le faire. Les
particuliers, en revanche, sont crédités de peu ou pas de capacité à résoudre
les problèmes collectifs entre eux. Il en résulte une vision déformée de
certaines questions économiques et politiques importantes.
- (Sugden 1986 : 3 ; souligné dans l'original)
Un ensemble commun de variables a été enregistré pour 44 sous-groupes de
pêcheurs pratiquant la pêche côtière (Edella Schlager 1990, 1994) et 47
systèmes d'irrigation gérés soit par des agriculteurs, soit par un gouvernement
(Shui Yan Tang 1992, 1994). Sur les 47 systèmes d'irrigation inclus dans
l'analyse, 12 étaient gérés par des agences gouvernementales, dont seulement 40
pour cent (n = 7) avaient des performances élevées. Sur les 25 systèmes gérés
par des agriculteurs, plus de 70 pour cent (n = 18) étaient très performants
(Tang 1994 : 234). La conformité aux règles était une variable clé affectant
l'adéquation de l'eau au fil du temps (Tang 1994 : 229). Aucun des groupes de
pêche côtière analysés par Schlager n'était géré par le gouvernement et 11 (25
p. 100) n'étaient organisés d'aucune façon. Les 33 autres sous-groupes
disposaient d'une diversité de règles informelles pour définir qui était
autorisé à pêcher dans un endroit particulier et comment la récolte était
restreinte (Schlager 1994 : 260).
Dans les dilemmes de la RPC où les individus ne se connaissent pas, ne peuvent
pas communiquer efficacement et ne peuvent donc pas développer d'accords, de
normes et de sanctions, les prédictions agrégées dérivées de modèles
d'individus rationnels dans un jeu non coopératif reçoivent un soutien
substantiel. Il s'agit d'environnements peu nombreux et la rationalité totale
semble y être une hypothèse raisonnable.
- (E. Ostrom, Gardner et James A. Walker 1994 : 319)
"Les sujets ont utilisé la communication en face à face pour discuter des
stratégies permettant d'obtenir les meilleurs résultats, puis pour se mettre
d'accord - si possible - sur ce que chaque sujet devrait investir. Ils ont pris
connaissance de l'ensemble de leurs investissements après chaque tour, mais pas
de la décision de chaque sujet. Cela leur a permis de savoir si les
investissements totaux étaient supérieurs à ce qui avait été convenu. Dans de
nombreux tours, les sujets ont tenu leurs promesses les uns envers les autres.
Dans d'autres tours, il y a eu des défections. Les sujets ont utilisé les
informations sur les niveaux d'investissement globaux pour réprimander leurs
collègues inconnus si l'investissement total était supérieur à ce qu'ils
avaient convenu. La possibilité d'une communication répétée en face à face
s'est avérée extrêmement efficace pour augmenter les rendements conjoints. Les
résultats des expériences de communication sont cohérents avec un grand nombre
d'études sur l'impact de la communication en face-à-face sur la capacité des
sujets à résoudre une variété de dilemmes sociaux (voir E. Ostrom et Walker
1991 ; John M. Orbell, Alphons van de Kragt, et Robyn M. Dawes 1988 ; David
Sally 1995 ; Daniel Balliet 2010)". Il arrive souvent que d'autres sujets
soient sanctionnés dans le cadre d'expériences, contrairement à l'idée reçue
des économistes selon laquelle la pensée rationnelle ne doit pas être soumise à
des normes, ce qui suppose qu'il n'y ait aucune sanction. Cela diminue le
rendement net. Cependant, lorsque les sujets s'accordent sur un système de
sanction commun en utilisant la communication en face-à-face, les rendements
communs sont maximisés.
"Dans une autre expérience, les sujets ont eu la possibilité de
communiquer et de décider d'adopter ou non leur propre système de sanctions.
Les sujets qui ont décidé d'adopter leur propre système de sanctions ont obtenu
les rendements les plus élevés de toutes les expériences de laboratoire sur les
ressources communes - 90 % du rendement optimal après déduction des amendes
liées au petit nombre de défections (E. Ostrom, Walker et Gardner 1992)."
"Les prédictions de la théorie des jeux non coopératifs ne sont à peu près confirmées que lorsque les participants à une expérience de laboratoire ne connaissent pas la réputation des autres personnes impliquées dans un dilemme de ressources communes et ne peuvent pas communiquer avec elles. En revanche, lorsque les sujets communiquent face à face, ils se mettent souvent d'accord sur des stratégies communes et respectent leurs accords, ce qui augmente considérablement leur rendement net. En outre, la communication pour décider et concevoir un système de sanctions permet à ceux qui choisissent cette option d'obtenir des rendements proches de l'optimum."
Les expériences en jeux économiques montrent que si on laisse la possibilité
aux individus d’agréer sur les choix de stratégie tout en les laissant créer un
système de sanction eux mêmes permet de maximiser les gains totaux
"Les prédictions de la théorie des jeux non coopératifs ne sont
grossièrement confirmées que lorsque les participant.es à une expérience en
laboratoire ne connaissent pas la réputation des autres personnes impliquées
dans un dilemme de ressources communes et ne peuvent pas communiquer avec
elles. En revanche, lorsque les sujets communiquent en face à face, ils se
mettent fréquemment d'accord sur des stratégies communes et respectent leurs
accords, ce qui augmente considérablement leur rendement net. De plus, la
communication pour décider et concevoir un système de sanction permet à ceux
qui choisissent cette option d'obtenir des rendements proches de
l'optimum."
De plus, les gens arrivent à s’en sortir sans l’intervention d’une autorité
" En entreprenant l'analyse de ce vaste ensemble de données, Wai Fung Lam
(1998) a développé trois mesures de performance qui pourraient être appliquées
à tous les systèmes : (i) l'état physique des systèmes d'irrigation, (ii) la
quantité d'eau disponible pour les agriculteurs à la queue d'un système à
différentes saisons de l'année, et (iii) la productivité agricole des systèmes.
En contrôlant les différences environnementales entre les systèmes, Lam a
constaté que les systèmes d'irrigation gérés par les agriculteurs eux-mêmes
sont nettement plus performants pour les trois mesures de performance. Dans les
systèmes gérés par les agriculteurs, ceux-ci communiquent entre eux lors de
réunions annuelles et de manière informelle sur une base régulière, élaborent leurs
propres accords, établissent les postes de contrôle et sanctionnent ceux qui ne
se conforment pas à leurs propres règles. Par conséquent, les systèmes gérés
par les agriculteurs sont susceptibles de produire plus de riz, de distribuer
l'eau plus équitablement et de maintenir leurs systèmes en meilleur état que
les systèmes gouvernementaux. Bien que les systèmes gérés par les agriculteurs
varient en termes de performance, peu d'entre eux sont aussi peu performants
que les systèmes gouvernementaux - les autres variables pertinentes étant
constantes.
Au fil du temps, des collègues ont visité et codé d'autres systèmes
d'irrigation au Népal. Les conclusions précédentes concernant le niveau de
performance plus élevé des systèmes gérés par les agriculteurs ont de nouveau
été confirmées en utilisant la base de données élargie contenant 229 systèmes
d'irrigation (Neeraj N. Joshi et al. 2000 ; Shivakoti et E. Ostrom 2002). Nos
résultats ne sont pas uniques au Népal. Les chercheurs ont soigneusement
documenté les systèmes efficaces conçus et gérés par les agriculteurs dans de
nombreux pays, notamment au Japon (Masahiko Aoki 2001), en Inde (Ruth
Meinzen-Dick 2007 ; Pranab K. Bardhan 2000) et au Sri Lanka (Norman T. Uphoff
1991).
Beyond Markets and
States: Polycentric Governance of Complex Economic System
"Une
étude de Harvard a testé si les gens, lorsqu'ils sont placés dans une situation
de gestion des ressources, en tirent parti de manière durable ou en tirent le
maximum. Ils ont constaté que, même sans coopérer, 68 % d'entre eux agissaient
de manière durable. Mais il y a mieux : la raison pour laquelle 32 % des
participants ont pris des mesures non durables est que, tout comme dans le
capitalisme, la société est perçue comme une société où tout le monde gagne.
Lorsque tous les participants ont été invités à prendre des décisions
collectivement de manière directement démocratique et non hiérarchique (comme
dans une commune), non seulement la majorité a pris le pas sur la minorité,
mais la minorité a commencé à voter de manière coopérative et durable, tout
comme la majorité. Le nombre de membres coopératifs a atteint 88 %.
L'expérience a été répétée pendant 12 cycles et, à chaque fois, elle s'est avérée
durable à 100 %, indéfiniment. Pas d'épuisement net des ressources.
(PDF) Cooperating with
the future
Dans les
années 1970, le Népal était confronté à une crise environnementale. Les forêts
des collines népalaises se dégradaient en raison du pâturage du bétail et de la
récolte de bois de chauffage, ce qui entraînait une augmentation des
inondations et des glissements de terrain. En l'absence de programmes de
reboisement à grande échelle, un rapport de la Banque mondiale datant de 1979
avertissait que les forêts des collines du pays auraient largement disparu
d'ici 1990.
Dans les années 1980 et 1990, le gouvernement népalais a commencé à réévaluer
ses pratiques de gestion forestière au niveau national, ce qui a conduit à
l'adoption d'une loi forestière cruciale en 1993. Cette loi a permis aux gardes
forestiers du Népal de céder les forêts nationales aux groupes forestiers
communautaires. Des recherches récentes financées par la NASA ont révélé que
cette gestion communautaire a eu pour effet de presque doubler la couverture
forestière de ce petit pays montagneux.
Shedding New Light on Mountainous Forest
Growth: A Cross-Scale Evaluation of the Effects of Topographic Illumination
Correction on 25 Years of Forest Cover Change across Nepal
exemple d’organisation démocratique au travail qui répond à la SDT
i. Présentation
Le darwinisme social se définit comme une
pseudo-science selon laquelle les théories darwiniennes de la sélection
naturelle se retrouveraient dans les sociétés humaines, ce qui légitimerait une
certaine hiérarchie sociale. Ces théories ne sont en soi pas originales (voir “L’Histoire des inégalités
extrêmes - 1. Période pré-capitalistique :
a. Période moyenâgeuse”), elles ont permis de légitimer le racialisme et le
libéralisme, affirmant que la hiérarchie sociale, lorsqu’elle se constituait
“naturellement”, permettrait d’amener à la meilleure des possibilités
possibles.
Les trois grands fondateurs du darwinisme social sont :
— Herbert Spencer (Le droit d’ignorer l’Etat) : la hiérarchie sociale se fonde sur la supériorité objective de certains individus, l’Etat n’a donc aucune légitimité à aider les plus pauvres, sans quoi il mettrait en valeur les plus faibles et les plus inutiles.
— Cesare Lombroso (L’Homme criminel) : certains individus sont naturellement conçus pour être des criminels (ou des prostituées pour les homologues féminines), pour ces gens-ci la réhabilitation n’est pas possible. Il est possible de reconnaître cette catégorie d’individus par leurs traits physiques : un crâne plus petit, une mâchoire avancée, des bras allongés, etc. rappellent les caractéristiques de certains animaux, en particulier des primates, démontrant une évolution encore incomplète et donc la preuve que l’individu est un animal-homme, naturellement agressif.
— Oswald Spengler (L’Homme et la technique)
ii. Réfutation 🙂
RÉFUTATION PAR DARWIN (cf. les travaux de Patrick TORT sur l’effet réversif de l’évolution + : Si l’on a compris que l’apport fondamental de Marx se situe du côté de l’histoire sociale, et non de l’articulation du “naturel” et du “social” (l’intelligence de cette dernière revenant à Darwin), « il n’y a pas nécessairement d’“affrontement” entre Marx et Darwin, comme le voudraient certains, mais la différence de deux points de vue sur l’histoire »41, l’un attaché à la longue dynamique des événements évolutifs, l’autre à la dynamique plus brève des événements historiques. En ce qui concerne le devenir de l’homme, l’un et l’autre ont en commun « l’objectif universaliste d’un mouvement de lutte tendant à produire sa propre abolition »42 : Darwin, lorsqu’il rend compte d’une tendance évolutive nommée par lui « civilisation » et qui se caractérise par le dépérissement tendanciel de la lutte biologique au profit d’une éthique antisélective et d’institutions visant à neutraliser ses ultimes conséquences éliminatoires (c’est-à-dire par l’« élimination tendancielle de l’élimination »43) ; Marx lorsqu’il identifie les éléments objectifs du communisme comme « mouvement réel » qui « abolit l’état [social] actuel » (L’Idéologie allemande) dans la recherche d’une « société sans classes, c’est-à-dire sans lutte »44.
https://shs.cairn.info/revue-la-pensee-2021-3-page-32?lang=fr
Méta analyse
:
Les caméras
de surveillance fonctionnent principalement dans les endroits clos, et doivent être
associés à d’autres types de dispositifs pour être réellement efficients
https://sci-hub.do/https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/1745-9133.12419
13% de réduction de crime, principalement dans les endroits clos = 53 % de
réduction parkings
Les études effectuées par des chercheurs indépendants
concluent en effet toutes ou presque que la vidéosurveillance est globalement
inefficace ou, plus précisément, que les caméras sont généralement aussi efficaces
que des « boites en carton
peintes en noires sur des poteaux » (voir aussi cet excellent dossier de Laurent Mucchielli et
Tanguy Le Goff, deux des meilleurs spécialistes de la question).
https://www.laurent-mucchielli.org/public/Videosurveillance.pdf
68 % des noirs qui sont surveillés le sont sans raison spéciale, tout comme 86
% des jeunes de moins de 30 ans, et 93 % des hommes. En résumé, un jeune homme
noir a beaucoup plus de probabilité d’être vidéosurveillé par les caméras, mais
du coup, ça ne correspond plus à la délinquance.
En grande bretagne : « 15 % du temps passé par les opérateurs
devant leurs écrans de contrôle relèverait du voyeurisme.
Données limitées sur les politiques relatives à l'usage de la force : Diverses politiques visent à réduire le recours à la force par la police, mais le manque de données, le manque de transparence concernant les données existantes, les incohérences dans les méthodes de mesure et les définitions, ainsi que leur mise en œuvre irrégulière contribuent à un manque de clarté quant à l'impact de ces politiques. Il existe un besoin évident de disposer de davantage de données ainsi que de recherches permettant de mesurer l'effet de causalité de politiques définies de manière restrictive
https://sites.fordschool.umich.edu/poverty2021/files/2023/01/final-Policing-pb.pdf
et c'est encore pire en france où il n'existe aucune évaluation des mesures gouvernementales



(Les politiques publiques, documentation française)
En ce sens, il sera judicieux pour commencer de mettre en place une évaluation systématique des mesures pour justement voir ce qui fonctionne le mieux
bien voilà, et sinon, pr présenter les raisons qui nous laisseraient penser que c'est une bonne idée de désarmer la police(ex : pas d'arme à feu sur soi, mais arme présente dans le vehicule avec demande d'autorisation pour l'utiliser)
Bon, comme dit, il n'y a déjà pas de preuve que le fait d'avoir une arme à feu sur soi permette de réduire les crimes
À notre connaissance, aucune donnée ne permet d’affirmer que le port d’armes à feu par les policiers a une incidence sur la criminalité violente et la littérature scientifique — bien que ce soit là un autre sujet — ne conclut pas que la militarisation de la police a un impact sur la criminalité ou sur le nombre de policiers tués
cette etude, en s'appuyant sur une
methodologie quasi-experimentale ne trouve d'ailleurs qu'une baisse des
homicides comprise entre 0,5 % et 1,9 %, et des actes d'agression comprise
entre 0,6 % et 2,3 % pour 100 000 habitants dans les communes où la police est
armée, par rapport aux communes où la police n'est pas armée.
(ne prends pas en compte la réduction ou non des homicides d’état)
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0264999322000712
Dans le cadre d'une étude en ligne, on a montré aux participants des images de policiers armés et non armés et on leur a demandé de les évaluer selon plusieurs critères. Les résultats ont montré que, par rapport aux images de policiers non armés, les participants étaient nettement moins enclins à juger les images de policiers armés comme étant accessibles, amicales, respectueuses et dignes de confiance, et nettement plus enclins à les juger agressives.
On peut désormais aller examiner ce qu'il se fait ailleurs, notamment en Norvège où le port d'arme n'est pas autorisé : En Norvège, en 2011, 60 % des policiers souhaitaient rester non armés, 20 % étaient indécis et 20 % favorables à l’armement.
Comme j'ai pu le dire avant, les policiers sont non armés en patrouille, mais arme dans le véhicule. Ils doivent demander une autorisation à une autorité supérieure pour les déployer (délai de 4 à 5 minutes)
selon un policier “Cela nous laisse le temps de réfléchir au lieu de dégainer et de foncer tête baissée pour résoudre une affaire […] peut-être qu’on bénéficie d’un peu d’aide, car quatre agents sont plus efficaces que deux. C’est important pour la préparation mentale.”
L’étude avance que donner une arme à un policier crée une illusion de sécurité qui l’incite à prendre plus de risques. Squires et Kennison (2010) parlent d’« illusion of safety ». Un officier suédois témoigne : Quand j’y pense […] je me sentirais à poil si je devais sortir [en patrouille] sans arme. […] La seule solution […] est de dégainer et de tirer un coup de semonce. » (Personne interrogée n° 9, p. 6-7)
Ces données fournissent un
ensemble d’informations uniques qui permettent de mieux comprendre les
fusillades impliquant la police de Skåne. Bon nombre de ces incidents se sont
produits de manière inattendue ou avant qu’un agent n’ait eu le temps de se
préparer mentalement à faire usage de son arme. Par exemple, un peu plus d’un
tiers (37 %) des incidents se sont produits alors que l’agent avait son arme
dans son étui ; et plus de la moitié (56 %) avant que l’agent ne soit «
mentalement prêt » à tirer. Les personnes interrogées ont indiqué que dans plus
d’un tiers des incidents (37 %), elles avaient réagi dans un état de « panique
», plutôt que dans un état de contrôle, et ce taux grimpait à près de la moitié
(47 %) lorsque les agents attribuaient la cause de la fusillade à la « légitime
défense ». La moitié (50 %) des incidents se sont produits entre 0 et 3
secondes après la perception de la « menace » initiale, 42 % d'entre eux ayant
eu lieu à une distance comprise entre zéro et trois mètres entre l'agent et le
sujet. Les deux tiers (63 %) se sont produits alors que l'agent était en
mouvement
Comment interpréter les données de Skåne ? […] Il se pourrait que le fait pour
un agent de savoir qu’il est armé réduise sa perception du risque et masque
tout facteur de risque apparent.
Finalement, ça laisse penser à deux
philosophies
Suédoise : priorité au contrôle de la situation. “Nous ne laissons pas les
méchants prendre le contrôle de la situation”
Norvégienne : priorité à la sécurité publique, quitte à laisser fuir un suspect. “Et alors, si un voleur s'en tire à bon compte ? C'est toujours mieux que de voir quelqu'un se faire blesser”
L’évolution de la délinquance en France, ou encore la réfutation d’un ensauvagement de la société

https://www.interieur.gouv.fr/Interstats/L-enquete-Cadre-de-vie-et-securite-CVS/Insecurite-et-victimation-les-enseignements-de-l-enquete-Cadre-de-vie-et-securite
Les stats policières ne permettent pas de montrer l'évolution de la délinquance/criminalité
:
Dès les années 70, il a été admis que l’enregistrement d’un
événement dans les données du ministère de l’Intérieur dépendait, selon le cas,
de la propension de la victime à porter plainte, de la priorité des forces de
sécurité à la découverte de tel ou tel type d’infraction et enfin de la
disposition et de la capacité des services à consigner cet événement.
L’évolution récente du nombre de victimes de violences sexuelles enregistrées
par les forces de sécurité constitue une bonne illustration de ce constat
(Figure 3). Pour y remédier, des enquêtes de victimation ont été mises en œuvre
régulièrement depuis les années 1970 aux États-Unis puis dans les années 1980
en Angleterre et au Pays de Galles

https://mobile.interieur.gouv.fr/Interstats/Publications/Hors-collection/La-mesure-statistique-de-la-delinquance-AJ-Penal-Dalloz





(réalisé par : pipig/drcurieuse)
Les deux vidéos se complètent en ce qui concerne le climat d’insécurité crée par les médias non pas par une augmentation réelle de la criminalité mais dans le but de provoquer des émotions(négatives) augmentant le temps passé à regarder la television et la propension à consommer
Insécurité : peurs sur les chiffres - #DATAGUEULE 81
Horizon - La France a peur: le syndrome du grand méchant
monde
Concrètement, si l’agressivité et les crimes violents
peuvent être en partie hérités, il n’y aurait aucun gêne précis qui en serait
la cause, ce serait une association d’une centaine de génome ayant des tailles
d’effets faible à modéré. De plus, il est important de considérer que
l’influence environnementale (G*E) joue un rôle important dans l’expression de
ces gênes à l’instar de la taille
https://www.nature.com/articles/mp201331
L’association entre le gène MAOA et les crimes violents seraient permis en
partie à l’exposition à la maltraitance lors de l’enfance
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0006322313004125
Nous allons étudier toutes les causes de la délinquance à partir des théories
les plus reconnues par la communauté scientifique (criminologiste), je vais
m’appuyer principalement sur un livre qui se nomme Handbook on Crime and
Deviance (2ème édition), la présentation n’est pas dans l’ordre d’importance
Dans sa sixième proposition, Sutherland (1947) affirme qu'"une personne devient délinquante en raison d'un excès de définitions favorables à la violation de la loi par rapport aux définitions défavorables à la violation de la loi" (pp. 6-7). Ce "principe d'association différentielle", selon Sutherland, suppose que les individus peuvent apprendre ces "définitions" par l'interaction avec les autres. Les individus qui apprennent et approuvent des définitions favorables à la violation de la loi sont plus susceptibles de violer la loi (par exemple, d'adopter un comportement criminel/déviant) que ceux qui apprennent des définitions défavorables à la violation de la loi.
Sutherland poursuit en affirmant que la priorité (le fait d'être exposé en premier à des définitions favorables à la criminalité), la fréquence, l'intensité (la force ou l'importance) et la durée de l'association avec ceux qui soutiennent des définitions favorables ou défavorables sont autant de facteurs importants qui déterminent si un individu adopte ou non des définitions proportionnellement plus favorables au comportement criminel et décide de s'engager dans la criminalité et la déviance.
^
Akers a élargi son champ d'action pour inclure à la fois l'interaction dans le temps et la quantité relative de temps passé dans l'interaction avec les autres comme affectant le ratio d'associations criminelles et non criminelles.
le processus comportemental par lequel l'apprentissage
a lieu. Burgess et Akers (1966, pp. 132-145) ont proposé leur version reformulée
de la théorie (c'est-à-dire la théorie de l'association différentielle et
du renforcement) en se concentrant principalement sur l'intégration des
principes de l'association différentielle avec les principes du renforcement
différentiel (conditionnement opérant). Plus précisément, cette
perspective théorique met l'accent sur l'équilibre des récompenses et des
punitions pour l'action volontaire que l'on trouve en psychologie
comportementale et qui opère principalement dans l'interaction sociale,
mais qui tient également compte de l'action de variables non sociales.
La probabilité qu'une personne adopte un comportement criminel ou déviant augmente et la probabilité qu'elle se conforme à la norme diminue lorsqu'elle s'associe de manière différentielle à d'autres personnes qui adoptent un comportement criminel et adoptent des définitions favorables à ce comportement, qu'elle est relativement plus exposée en personne ou symboliquement à des modèles criminels/déviants marquants, qu'elle définit ce comportement comme souhaitable ou justifié dans une situation discriminante pour le comportement, et qu'elle a reçu dans le passé et anticipe dans la situation actuelle ou future une récompense relativement plus importante qu'une punition pour ce comportement. (Akers, 1998, p. 50)
la théorie ne peut être réduite à une simple théorie
des "mauvais pairs".
"Les définitions favorables à la déviance peuvent être des définitions "positives" qui évaluent directement le comportement comme une chose souhaitable ou bonne à faire ("c'est cool de consommer de la drogue") et des définitions "neutralisantes" qui peuvent considérer que le comportement n'est pas bon en général mais qu'il est acceptable, justifié ou excusable compte tenu des circonstances ("consommer de la drogue n'est pas bon mais fumer un peu d'herbe est acceptable" ; "je ne vole pas l'entreprise, j'emprunte juste une partie de ce qu'elle me doit"). Les croyances conventionnelles et les attitudes sont défavorables à la déviance et favorisent les comportements prosociaux. Dans la mesure où elles sont partagées ou intériorisées par un individu, on s'attend à ce qu'elles réduisent la probabilité qu'une personne s'engage dans la criminalité et la déviance. Dans la mesure où une personne n'adhère pas fermement et clairement à ces valeurs générales de conformité, elles ne fonctionnent pas aussi efficacement que les définitions défavorables à la déviance. Elles peuvent être si faiblement approuvées qu'elles n'imposent aucune contrainte morale à ce comportement. En outre, Akers affirme que, parmi les attitudes favorables à la déviance, les définitions neutralisantes sont plus courantes que les définitions positives et intègre dans le concept une série d'excuses et de justifications désignées dans la littérature comme des verbalisations, des techniques de neutralisation, un désengagement moral et d'autres termes
Le renforcement différentiel fait référence à l'équilibre entre la récompense
et la punition perçues, expérimentées ou anticipées pour un comportement. Plus
un comportement est fréquemment récompensé et plus la valeur de la récompense
est élevée, et moins le comportement est fréquemment et sévèrement puni par
rapport à l'équilibre entre récompense et punition pour un autre comportement,
plus il est probable que l'individu adopte ce comportement, compte tenu de
l'occasion et de la situation dans lesquelles il peut être adopté. En outre, les
comportements les plus fréquents et les plus fortement renforcés sont également
susceptibles d'être ceux que l'individu choisit d'adopter, même s'il a la
possibilité d'adopter d'autres comportements.
La dernière composante de la théorie de l'apprentissage social d'Akers est l'imitation, qui implique à la fois l'observation d'un comportement modélisé par d'autres et les conséquences de ce comportement pour eux, c'est-à-dire le "renforcement vicariant"
les structures sociaux associés à ts ces facteurs
1. L'organisation sociale différentielle fait référence aux corrélats
structurels de la criminalité dans la communauté ou la société qui affectent
les taux de criminalité et de délinquance, y compris la composition par âge, la
densité de la population et d'autres attributs qui orientent les sociétés, les
communautés et d'autres systèmes sociaux "vers des taux de criminalité
relativement élevés ou relativement faibles" (Akers, 1998, p. 332). 2. La
localisation différentielle dans la structure sociale fait référence aux
caractéristiques sociodémographiques des individus et des groupes sociaux qui
indiquent leurs niches au sein de la structure sociale élargie. La classe, le
sexe, la race et l'origine ethnique, la situation matrimoniale et l'âge
déterminent la position et le statut des personnes et de leurs rôles, groupes
ou catégories sociales dans la structure sociale globale. 3. Les variables
structurelles définies par la théorie font référence à l'anomie, à l'oppression
de classe, à la désorganisation sociale, aux conflits de groupe, au patriarcat
et à d'autres concepts qui ont été utilisés dans une ou plusieurs théories pour
identifier les conditions criminogènes des sociétés, des communautés ou des
groupes. 4. La localisation sociale différentielle fait référence à
l'appartenance des individus à des groupes primaires, secondaires et de
référence, tels que la famille, les groupes d'amis et de pairs, les groupes de
loisirs, les collègues et les groupes de travail, ainsi qu'aux relations qu'ils
entretiennent avec ces groupes.
la famille est un groupe primaire clé auquel on est associé de manière
différentielle, et le processus d'acquisition, de persistance ou de
modification d'un comportement conforme ou déviant au sein de la famille ou
d'un substitut familial est un processus d'apprentissage social dans lequel
l'interaction au sein de la famille expose les enfants à des valeurs
normatives, à des modèles de comportement et à un renforcement par procuration,
ainsi qu'à un renforcement différentiel (Simons, Simons, & Wallace, 2004).
Par comparaison, Triplett et Payne (2004, p. 628) ont mesuré le renforcement en
fonction de la réaction des pairs si le répondant consommait une drogue
particulière, et ils ont conclu que "les amis étaient importants pour comprendre
ce qui était renforçant pour une personne particulière... [et que] le
renforcement fonctionnait de la manière attendue par la théorie de
l'apprentissage social" (Triplett et Payne, 2004, p. 628). Les mécanismes
d'apprentissage social de modélisation et de renforcement dans l'interaction
parent-enfant sont de puissants prédicteurs du comportement conforme/déviant
(Snyder & Patterson, 1995 ; Wiesner, Capaldi, & Patterson, 2003). Le
comportement déviant et criminel des parents permet également de prédire la
délinquance et la criminalité futures des enfants (McCord, 1991) et le fait
d'être élevé dans une famille dont les frères et sœurs sont délinquants
augmente la probabilité que l'adolescent soit délinquant (Lauritsen, 1993).
Aucune caractéristique des individus connue des criminologues n'est un meilleur prédicteur du comportement criminel que le nombre d'amis délinquants d'un individu. La forte corrélation entre le comportement délinquant et les amis délinquants a été documentée dans un grand nombre d'études depuis les années 50 jusqu'à aujourd'hui, en utilisant différents types de données criminologiques (auto-déclarations, dossiers officiels, données perceptuelles) sur les sujets et les amis, différents modèles de recherche et des données sur une grande variété d'infractions pénales. Peu de régularités empiriques en criminologie, si ce n'est aucune, ont été documentées aussi souvent 120 R. L. Akers et W. G. Jennings ou sur une période aussi longue que l'association entre la délinquance et les amis délinquants. (Warr, 2002, p. 40)
La recherche continue de mettre en évidence les fortes influences délinquantes de la participation à des gangs délinquants, en tant qu'exemple d'association différentielle fréquente et intense avec des pairs délinquants (par exemple, voir Battin, Hill, Abbott, Catalano, & Hawkins, 1998). Winfree et ses collègues (Winfree, Mays, & Vigil-Backstrom, 1994a, 1994b) ont constaté que l'appartenance à un gang et le comportement délinquant s'expliquent par des variables d'apprentissage social (attitudes, renforçateurs/ punisseurs sociaux et association différentielle). "Les membres de gangs récompensent certains comportements chez leurs pairs et en punissent d'autres, en utilisant des objectifs et des processus qui ne se distinguent pas de ceux décrits par Akers" (Winfree et al., 1994b, p. 149).
Enfin, Pratt et al. (2010) ont réalisé un examen systématique et une méta-analyse sur des centaines de tailles d'effet pour les quatre composantes de la théorie de l'apprentissage social dérivées de la recherche existante à l'époque, et leurs résultats ont révélé des relations assez fortes et robustes entre l'association différentielle et les définitions et la criminalité et la déviance, et des effets plus modestes pour les liens entre le renforcement différentiel et l'imitation et la criminalité et la déviance.
Les résultats de l'étude soutiennent l'hypothèse selon laquelle les effets du quartier sont médiatisés par l'association différentielle entre pairs. "L'incorporation de nos mesures des comportements des pairs dans le modèle 2 réduit l'effet des désavantages du quartier et de la concentration d'immigrants [sur la violence des adolescents] à un niveau non significatif" (Haynie et al., 2006, p. 162). D'autres recherches ont spécifié et directement testé les modèles SSSL. Par exemple, Lee, Akers et Borg (2004) ont testé des modèles multivariés contenant toutes les principales variables d'apprentissage social et de structure sociale, et ont constaté que " les variations des variables comportementales et cognitives spécifiées dans le processus d'apprentissage social [...] influencent considérablement, et dans certains cas pratiquement tous, les effets du sexe, du statut socio-économique, de l'âge, de la structure familiale et de la taille de la communauté sur ces formes de déviance chez les adolescents " (Lee et al., 2004, p. 29). Toutefois, bien que ses effets principaux aient été considérablement réduits, le sexe a conservé des effets nets statistiquement significatifs sur la consommation autodéclarée de substances par les adolescents dans les modèles complets
Bellair, Roscigno et Velez (2003) ont testé un modèle SSSL partiel mesurant les effets des concentrations d'emplois de services à bas salaires ainsi que des mesures de désavantage économique, de la composition sociodémographique et d'autres variables structurelles de la communauté sur la violence chez les adolescents, et ont obtenu des résultats qui confirment la formulation SSSL d'Akers (1998). Holland-Davis (2006) a testé un modèle SSSL complet comprenant des mesures des quatre principales variables structurelles (en utilisant des données de recensement similaires à celles de Bellair et al., 2003) et quatre principales variables d'apprentissage social (en utilisant les mêmes données et mesures que Lee et al., 2004).
Dans la mesure où la théorie de l'apprentissage social peut expliquer le
comportement criminel et délinquant, elle devrait fournir au moins une base
explicite ou implicite pour la politique et la pratique. Les principes
cognitivo-comportementaux de la théorie de l'apprentissage social devraient
s'appliquer en particulier aux programmes de prévention, de traitement et de
réhabilitation (Andrews & Bonta, 2003 ; Cullen, Wright, Gendreau, &
Andrews, 2003). Les programmes et procédures appliqués capables de manipuler
les définitions/attitudes, les associations, les normes de groupe, l'imitation,
le renforcement/punition, les stimuli discriminants, le conditionnement ou
d'autres variables devraient avoir un certain effet sur la diminution des violations
de la loi et des comportements déviants. Parmi les programmes qui reposent au
moins en partie sur cette hypothèse, on trouve les thérapies de groupe et les
programmes d'entraide, les programmes de pairs, les interventions auprès des
gangs, les programmes familiaux et scolaires, les programmes de
prévention/éducation des adolescents en matière de drogue, d'alcool et de
délinquance, ainsi que d'autres programmes privés et publics dans les
établissements pénitentiaires, les centres de traitement et les établissements
et programmes communautaires. Akers et al. (2016) ont passé en revue certains
programmes et pratiques fondés explicitement ou implicitement sur les principes
de l'apprentissage social. Bien que les évaluations de tout type de politique
ou de programme sur la criminalité et la délinquance ne fassent généralement
pas état d'effets importants et de changements de comportement, la littérature
reconnaît que les programmes de prévention et de traitement des jeunes et des
adultes fondés sur les principes de l'apprentissage social ont souvent des
effets mesurables sur la récidive et les changements de comportement qui sont
plus importants que ceux des programmes fondés sur d'autres principes (voir
Andrews & Bonta, 2003 ; Botvin, Baker, Dusenbury, Botvin, & Diaz, 1995
; Cullen et al, 2003 ; Ellis & Sowers, 2001 ; Gendreau & Smith, 2006 ;
Landenberger & Lipsey, 2005 ; Lösel, 2007 ; Pearson, Lipton, Cleland, &
Yee, 2002 ; Triplett & Payne 2004).
[La recherche sur les programmes correctionnels apporte un soutien solide et
cohérent aux théories - telles que la théorie de l'association différentielle
et de l'apprentissage social - qui établissent un lien entre la délinquance et
les associations antisociales et l'intériorisation de valeurs antisociales.... Les
programmes cognitifs-comportementaux tendent à réduire davantage la récidive
que les autres modalités de traitement.... Ces programmes ciblent
spécifiquement le changement des valeurs antisociales et des rationalisations
qui excusent le crime, ils récompensent les attitudes et les comportements
prosociaux et cherchent à isoler les délinquants des associations
pro-criminelles. (Cullen et al., 2003, p. 353) [Le succès relatif des
programmes cognitivo-comportementaux est cohérent avec] "la théorie de l'apprentissage
social [qui] est plus large que la théorie du renforcement comportemental parce
qu'elle inclut comme variables la cognition, la verbalisation et la
modélisation sociale pour expliquer (et changer) les modèles de
comportement". (Pearson et al., 2002, p. 480) L'utilisation
d'interventions cognitivo-comportementales est conforme à la conclusion
d'autres méta-analyses selon lesquelles les interventions fondées sur la
théorie de l'apprentissage social sont particulièrement efficaces (Lösel,
1995). La théorie de l'apprentissage social affirme que le comportement est
appris par le biais de plusieurs processus, notamment la modélisation,
l'imitation et le renforcement différentiel (Bandura, 1979)....Il est également
susceptible de s'associer à des personnes qui encouragent son comportement
violent (association différentielle)....Les cognitions qui soutiennent des
comportements spécifiques sont connues sous le nom de "définitions"
(Akers, 1985). Les définitions peuvent donc être considérées comme une forme de
cognitions problématiques que le thérapeute doit aborder. (Ellis & Sowers,
2001, pp. 91-92 ; souligné dans l'original) Les critères de base des programmes
réussis de prévention du développement sont similaires à ceux du traitement des
délinquants. Par exemple, ces programmes ont une base théorique solide dans la
théorie de l'apprentissage social, suivent une approche
cognitivo-comportementale, sont bien structurés et traitent de multiples
facteurs de risque et de protection". (Lösel, 2007, p. 516)
Catalano, Hill et Abbott, 2005). La MJF : ...intègre les aspects empiriques des théories du contrôle social, de l'apprentissage social et de l'association différentielle dans un cadre visant à renforcer les liens et les croyances prosociaux. Dans ce cadre, la MJF met l'accent sur le fait que la prévention devrait... [cibler] (a) les occasions d'engagement avec des personnes prosociales (p. ex. la famille, les enseignants et les pairs qui n'ont pas consommé de substances) ; (b) les aptitudes scolaires, cognitives et sociales des élèves ; (c) les renforcements positifs et les récompenses pour l'engagement prosocial ; et (d) les croyances saines et les normes claires concernant l'évitement de la consommation d'alcool et de drogues. (Brown et al., 2005, p. 700)
Qu'est-ce que la maîtrise de soi ? Selon Gottfredson et Hirschi, il s'agit d'une construction d'ordre supérieur composée de six caractéristiques, qui se retrouvent toutes chez les individus ayant une (faible) maîtrise de soi : impulsivité, préférence pour les tâches simples, recherche du risque, préférence pour les activités physiques plutôt que mentales, égocentrisme et tempérament rapide ou instable. Ces caractéristiques conduisent à une plus grande probabilité de s'engager dans des actes dont les bénéfices sont circonscrits et à court terme, mais dont les conséquences sont négatives à long terme.

^^
Pourtant, dans le même temps, d'autres institutions semblent influencer le
développement de la maîtrise de soi (Forrest & Hay, 2011 ; Gibson,
Sullivan, Jones, & Piquero, 2010 ; Na & Paternoster, 2012 ; Pratt et
al., 2004 ; Turner, Piquero, & Pratt, 2005). Ces facteurs comprennent les
effets de l'environnement/du quartier, le mariage et le contexte scolaire.
Ainsi, heureusement, il ne semble pas que l'enfance/les parents soient le seul
domaine dans lequel la maîtrise de soi peut être influencée de manière significative.
Deux études en particulier ont montré que les
programmes peuvent accroître la maîtrise de soi (et donc réduire la
criminalité) au-delà de l'enfance (Piquero, Jennings, & Farrington, 2010 ;
Piquero, Jennings, Farrington, Diamond, & Gonzalez, 2016). Un programme
modèle né au Canada, Stop Now and Plan (SNAP), a montré des effets importants
sur l'augmentation de la maîtrise de soi et la réduction des comportements
antisociaux (voir Augimeri, Walsh, Donato, Blackman, & Piquero, 2018).
L'idée centrale de la théorie générale de la contrainte (TSC) est assez simple : les individus qui subissent des contraintes ou des facteurs de stress sont souvent contrariés et font parfois face à la criminalité
(a) énumère les principaux types de contraintes, (b) explique pourquoi les contraintes provoquent la criminalité, (c) décrit les caractéristiques des contraintes les plus susceptibles de provoquer la criminalité, et (d) énumère les facteurs qui augmentent la probabilité que les individus réagissent aux contraintes en commettant des actes criminels. Si les TPS ont été principalement utilisées pour expliquer les différences individuelles en matière de criminalité, elles ont également été utilisées pour expliquer la délinquance au cours de la vie, pour expliquer les différences entre les groupes en matière de criminalité et pour suggérer des stratégies de contrôle de la criminalité.
Les tensions font référence à des événements ou à des conditions que les individus n'aiment pas (Agnew, 1992, 2001, 2006b)
Selon la TPS, les tensions se répartissent en trois grandes catégories. Les gens peuvent perdre quelque chose qu'ils apprécient (perdre quelque chose de bon). Par exemple, on peut leur voler leur argent, un ami proche peut mourir ou un partenaire romantique peut les quitter. Les personnes peuvent être traitées de manière aversive ou négative par d'autres (recevoir quelque chose de mauvais). Par exemple, ils peuvent être victimes de violences verbales ou physiques de la part d'autres personnes. Enfin, les personnes peuvent être incapables d'atteindre leurs objectifs (ne pas obtenir ce qu'elles veulent). Par exemple, ils peuvent être incapables d'obtenir l'argent ou le respect qu'ils souhaitent.
Une distinction est faite entre les tensions objectives et subjectives (Agnew,
2001, 2006b).
Certaines personnes, par exemple, considèrent leur divorce comme l'une des pires expériences de leur vie, tandis que d'autres y voient une raison de se réjouir. On pourrait s'attendre à ce que la criminalité soit plus fortement liée aux tensions subjectives qu'aux tensions objectives, et certaines recherches indiquent que c'est le cas (par exemple, Arter, 2008 ; Froggio & Agnew, 2007 ; Jang & Song, 2015).
En outre, une distinction est faite entre les tensions vécues, vicariantes et anticipées (Agnew, 2002). On peut s'attendre à ce que la criminalité soit plus fortement liée aux tensions vécues personnellement.
Cependant, la criminalité peut également être liée à des tensions vicariantes
ou à des tensions subies par d'autres personnes. C'est notamment le cas lorsque
les tensions sont subies par des proches, que l'individu se sent responsable de
la protection de ces proches et que les tensions présentent les
caractéristiques considérées comme propices à la criminalité (voir ci-dessous).
Agnew (2002), par exemple, a constaté que les individus étaient plus
susceptibles de commettre des délits lorsque les membres de leur famille et
leurs amis avaient été victimes de violences.
En outre, la criminalité peut être liée à des tensions anticipées ou à des tensions que les individus s'attendent à subir à l'avenir.
La criminalité peut être liée à des tensions anticipées ou à des tensions que les individus s'attendent à subir dans l'avenir, lorsque les individus pensent que les tensions ont une forte probabilité de se produire dans un avenir proche et que les tensions présentent les caractéristiques propices à la criminalité. Par exemple, certaines données suggèrent que les individus sont plus susceptibles de commettre des délits s'ils s'attendent à être victimes de violences physiques dans un avenir proche (Agnew, 2002).
Les tensions entraînent une série d'états émotionnels négatifs, notamment la
colère, la frustration, la dépression et la peur. Ces émotions créent une
pression en faveur d'une action corrective. Les individus se sentent mal et
veulent faire quelque chose. La criminalité est l'une des réponses possibles.
Comme indiqué ci-dessus, le crime peut être un moyen de réduire ou d'échapper à
la pression, de se venger ou d'atténuer directement les émotions négatives (par
la consommation de drogues illicites). Ces émotions peuvent également réduire
la capacité de l'individu à faire face à la situation de manière légale.
En outre, ces émotions peuvent réduire les coûts perçus de la criminalité. Ces émotions peuvent créer une disposition à la criminalité. Les personnes en colère, par exemple, développent souvent un fort désir de vengeance (voir Agnew, 2006a, 2006b).
Les tensions peuvent également conduire à la criminalité en réduisant le niveau de contrôle social de l'individu, y compris le contrôle direct, l'intérêt pour la conformité et la conviction que la criminalité est répréhensible. Cette réduction peut être temporaire ou, si la tension est chronique, elle peut être de longue durée. De nombreuses tensions impliquent un traitement négatif de la part d'autres personnes conventionnelles, telles que les parents, les enseignants, les employeurs et la police. Par exemple, les parents peuvent discipliner sévèrement leurs enfants, les enseignants peuvent donner de mauvaises notes à leurs élèves et les employeurs peuvent licencier ou maltraiter leurs employés de toute autre manière
Les souches peuvent favoriser l'apprentissage social de la criminalité :
certaines souches impliquent l'exposition à d'autres personnes qui modèlent la
criminalité, la renforcent et présentent des croyances favorables à la
criminalité.
La recherche indique que certaines de ces tensions provoquent la criminalité et d'autres non (Agnew, 2002, 2006a, 2006b). Par exemple, l'incapacité à atteindre ses objectifs éducatifs et professionnels ne semble pas être liée à la criminalité. En revanche, le rejet parental et une discipline sévère ou erratique figurent parmi les causes les plus importantes de la criminalité. Le TPS prédit que les contraintes sont plus susceptibles de causer la criminalité lorsqu'elles (a) sont perçues comme étant de grande ampleur, (b) sont perçues comme étant injustes, (c) sont associées à un faible contrôle social, et (d) créent une certaine incitation ou pression à commettre un délit.
- Rejet par les parents. - Supervision/discipline irrégulière, excessive et/ou
sévère (recours aux humiliations/insultes, menaces, cris et/ou punitions
physiques). - Maltraitance et négligence à l'égard de l'enfant. 8 Théorie
générale de la contrainte 149 - Expériences négatives à l'école secondaire, y
compris de mauvaises notes, des relations négatives avec les enseignants et
l'impression que l'école est ennuyeuse et qu'il s'agit d'une perte de temps. -
Relations abusives avec les pairs, y compris insultes, moqueries, commérages,
menaces, tentatives de coercition et agressions physiques. - Le travail sur le
marché du travail secondaire, qui implique généralement des tâches
désagréables, peu d'autonomie, un contrôle coercitif, un faible salaire, peu
d'avantages, peu de prestige et des possibilités d'avancement très limitées. -
Le chômage, en particulier lorsqu'il est persistant et qu'il est imputé à
d'autres personnes. - Les problèmes conjugaux, y compris les conflits fréquents
et les violences verbales et physiques. - L'incapacité à atteindre certains
objectifs, notamment les sensations fortes, les niveaux élevés d'autonomie, le
statut masculin et les objectifs monétaires. - La victimisation criminelle. -
Le sans-abrisme, qui est associé à une série de problèmes, notamment un besoin
désespéré d'argent, de nourriture et d'abri, des conflits fréquents avec les
autres et la victimisation criminelle. - La résidence dans des communautés
urbaines très pauvres, qui est associée à toute une série de problèmes, y
compris les conflits avec les autres et la victimisation criminelle. - La
discrimination fondée sur des caractéristiques telles que la race/l'ethnie, le
sexe et la religion. Les recherches indiquent que la plupart des facteurs
susmentionnés sont associés à la criminalité et que nombre d'entre eux figurent
parmi les corrélats les plus forts de la criminalité (voir Agnew, 2001, 2006a,
2006b pour des résumés).
Les individus réagissent le plus souvent aux tensions en recourant à une ou
plusieurs stratégies légales d'adaptation. Certaines de ces stratégies
impliquent des efforts pour réduire les tensions ou y échapper. Par exemple,
les individus peuvent négocier avec ceux qui les maltraitent, divorcer de leur
conjoint violent, déménager de leur quartier à forte criminalité ou emprunter
de l'argent à leurs parents. Les individus peuvent également réinterpréter
cognitivement leurs tensions afin de minimiser leur adversité subjective. Par
exemple, ils peuvent se convaincre que l'argent n'est pas un objectif important
ou qu'ils sont vraiment de bons élèves, malgré leurs mauvaises notes (Agnew
& Jones, 1988). Les individus peuvent également atténuer les émotions
négatives qui résultent des tensions par des moyens tels que la religion,
l'exercice physique et la musique. Certains individus, cependant, réagissent
aux tensions par la criminalité ;
La TPS a également été appliquée à l'explication des différences de groupe dans
la délinquance, y compris les différences de sexe, d'âge, de classe, de race,
de communauté et de société (par exemple, Bao et al, 2004, 2007 ; Cernkovich,
Giordano et Rudolph, 2000 ; Cheung, Ngai et Ngai, 2007 ; Eitle et Turner, 2003
; Harrell, 2007 ; Kaufman, 2005 ; Landau, 1998 ; Maxwell, 2001 ; Morash et Moon,
2007 ; Pratt et Cullen, 2005 ; Pratt et Godsey, 2003). L'argument de base est
simple : les différences entre les groupes en matière de criminalité sont en
partie dues au fait que les membres des différents groupes diffèrent dans leur
niveau d'exposition à des tensions propices à la criminalité et dans leur
tendance à faire face à ces tensions par le biais de la criminalité.
Les TPS expliquent les taux de criminalité plus élevés dans les communautés
défavorisées en faisant valoir que ces communautés sont plus exposées à
plusieurs types de tensions (Agnew, 1999). Entre autres, les résidents de ces
communautés sont moins en mesure d'atteindre leurs objectifs économiques et de
statut. Par conséquent, ils sont plus souvent confrontés à un chômage chronique
et travaillent sur le marché secondaire de l'emploi. Ces problèmes économiques
contribuent à leur tour à toute une série de tensions au sein de la famille, à
l'école et entre pairs. En outre, les traitements abusifs sont plus fréquents
dans ces communautés, car les résidents sont plus susceptibles d'interagir avec
d'autres personnes tendues et en colère. En outre, les résidents des
communautés à forte criminalité sont plus susceptibles de faire face aux
tensions par la criminalité. Ils ont des capacités d'adaptation et des
ressources limitées, en particulier des ressources financières ; ils ont des
niveaux plus faibles de soutien social conventionnel ; le contrôle social est
plus faible dans ces communautés ; et les membres de ces communautés sont plus
susceptibles de s'associer à d'autres criminels et d'avoir des croyances
favorables à la criminalité. Quelques études préliminaires ont étayé ces
arguments (Brezina, Piquero et Mazerolle, 2001 ; Hoffmann, 2003 ; Warner et
Fowler, 2003 ; voir Brezina, 2017 pour une analyse).
La suggestion politique la plus évidente de la TPS est peut-être de réduire
l'exposition des individus à des souches propices à la criminalité. Cela peut
se faire en modifiant l'environnement social. Un certain nombre de programmes
de réhabilitation et de prévention tentent de réduire ou d'éliminer plusieurs
facteurs propices à la criminalité, notamment le rejet parental, le recours à
une discipline sévère/erratique, la maltraitance des enfants, l'échec scolaire,
les formes de maltraitance par les pairs telles que les brimades, le chômage
chronique, le travail sur le marché secondaire de l'emploi et la victimisation
criminelle. Les visites à domicile précoces et les programmes de formation des
parents, par exemple, ont montré un certain succès dans la réduction d'une
variété de tensions liées à la famille
Par ailleurs, les élèves ayant de très mauvaises notes peuvent faire l'objet d'une série d'interventions visant à accroître le contrôle social (par exemple, ils peuvent se voir attribuer des mentors et être placés dans des programmes scolaires spéciaux).
Il est également possible d'éloigner les individus des lieux et des personnes sources de tensions, notamment les quartiers à forte criminalité et les parents violents.
Un certain nombre de programmes ont réussi à atteindre plusieurs des objectifs
susmentionnés. Par exemple, le Nurse-Family Partnership est un programme de
visites à domicile et de formation parentale qui aide les mères à faible revenu
à relever les défis que pose l'éducation d'un nouveau-né. Entre autres
objectifs, ce programme cherche à réduire certains types de tensions, notamment
le stress parental et la maltraitance des enfants. Il vise également à réduire
la probabilité que les enfants de ces mères s'engagent plus tard dans la
criminalité et la délinquance. Les données indiquent que le programme a réussi
à atteindre ces objectifs (Olds, 2002). La thérapie multisystémique (TMS) est
un autre exemple de programme réussi (Ogden & Hagen, 2006). La TMS cible
les délinquants juvéniles graves et cherche à réduire les facteurs de risque de
comportement antisocial qui peuvent être présents à la maison, à l'école ou
dans le voisinage, y compris les facteurs qui peuvent augmenter la probabilité
d'un comportement délinquant, comme le manque de supervision parentale et
l'association avec des pairs délinquants (pour une discussion sur ces
programmes et d'autres, voir Agnew, 2006b ; Agnew & Brezina, 2018). De
manière plus générale, nous pouvons atteindre bon nombre des objectifs susmentionnés
en modifiant l'environnement social au sens large. L'environnement social au
sens large contribue à la fois aux tensions que subissent les individus et à
leur capacité à faire face à ces tensions de manière légale. Plus
particulièrement, les problèmes économiques contribuent à toute une série de
tensions familiales, scolaires, entre pairs et autres (Agnew, 2006b ; Colvin,
2000 ; Currie, 1998).
L'IAT postule que le type de société susceptible de présenter des niveaux élevés de criminalité est celui dans lequel la structure institutionnelle est caractérisée par la domination de l'économie par rapport aux institutions non économiques, où les valeurs centrales de la culture mettent l'accent sur une forme égoïste d'individualisme et où les normes sociales n'exercent pas un grand pouvoir de restriction sur le choix des moyens d'action. La théorie implique également que les individus qui, dans ces sociétés, sont susceptibles d'avoir un comportement criminel sont ceux qui donnent la priorité à l'objectif de réussite économique par rapport à d'autres objectifs, qui choisissent les moyens d'atteindre la réussite uniquement en fonction de leur efficacité technique sans se soucier de leur statut moral, et qui affichent les qualités de recherche du plaisir et d'égoïsme de l'individualisme égoïste. La recherche a produit des preuves suggestives compatibles avec certaines des affirmations fondamentales de l'IAT, mais des tests empiriques beaucoup plus poussés sont nécessaires pour établir fermement l'utilité de cette perspective.
Une autre extension très prometteuse et fructueuse de l'IAT est le programme de
recherche qui incorpore l'orientation psychologique sociale "mentalités
commercialisées" (MM) de Hövermann et de ses collègues. S'appuyant sur le
cadre théorique de Messner et al. (2008) évoqué plus haut, ils ont
conceptualisé les mentalités commercialisées comme une instanciation au niveau
individuel de la culture anomique décrite dans l'IAT. Cette culture anomique se
caractérise par une très forte orientation vers l'accomplissement, un
individualisme excessif ou égoïste, un universalisme selon lequel les normes de
réussite s'appliquent uniformément à tous les membres de la société, et le
fétichisme de l'argent, c'est-à-dire la consécration de l'argent comme la
métrique même de la réussite (voir Messner, 2003). La recherche de Hövermann et
al. (2015a, 2015b), basée sur des échantillons de répondants allemands, a
également étendu les conditions de portée de l'IAT en démontrant que le concept
de MM est fructueux pour expliquer les préjugés et les dévaluations des groupes
vulnérables tels que les chômeurs, les sans-abri ou les personnes handicapées
qui sont facilement stigmatisés comme étant non rentables ou même
économiquement inutiles ou pesants et donc potentiellement considérés comme
n'augmentant pas l'efficacité de la société de marché. Dans leur étude la plus
récente sur les étudiants allemands (Groß, Hövermann, & Messner, 2018), le
concept de MM s'est également avéré très pertinent pour expliquer la
délinquance juvénile autodéclarée et la préparation à la violence
instrumentale. En outre, cette ligne de recherche a montré à plusieurs reprises
comment l'intégration individuelle dans des institutions non économiques inhibe
le développement des MM.
Hövermann et ses collègues (2016) ont également utilisé leur concept de MM dans
un modèle multiniveau avec 25 pays européens, ainsi que des mesures
macroéconomiques innovantes d'un déséquilibre institutionnel consistant en une
domination économique (redistribution sociale, protection sociale) et des
institutions non économiques affaiblies. Leur mesure du MM applique également
les valeurs de "pouvoir" et d'"accomplissement" de
l'échelle des valeurs humaines, mais elle élargit cette dimension
d'enrichissement personnel liée au marché en prenant également en compte
l'absence de la dimension altruiste et morale d'auto-transcendance de l'échelle
des valeurs humaines. Leurs conclusions révèlent non seulement que le MM varie
d'un pays à l'autre, mais aussi que cette variation est liée aux
caractéristiques de la structure institutionnelle telles que prédites par
l'IAT, à savoir un déséquilibre institutionnel. Le MM est plus répandu dans les
pays où l'équilibre institutionnel de la société est dominé par l'économie et
où les institutions non économiques sont affaiblies. En outre, les effets
protecteurs des institutions non économiques sur le développement du MM sont
atténués dans les pays où la structure institutionnelle est dominée par
l'économie. Ces résultats suggèrent que le MM pourrait servir de pivot
conceptuel utile pour relier les niveaux macro et micro de la théorisation
informée par l'IAT. Enfin, l'équipe de recherche a appliqué son concept de MM à
une analyse multiniveaux de 4 150 élèves dans 69 écoles allemandes (Groß et
al., 2018) ainsi qu'à un analogue organisationnel (culture scolaire
compétitive/égoïste). Cette recherche se concentre sur une institution non
économique particulière (système éducatif) et traduit les concepts de l'IAT en
conséquence. Les chercheurs ont détecté des effets du MM au niveau individuel
ainsi qu'un effet du climat scolaire compétitif/égoïste au niveau de l'école
sur la délinquance juvénile. Leurs résultats permettent de comprendre comment
les processus de commercialisation se déroulent au sein d'une institution non
économique et affectent les valeurs partagées, le climat scolaire et, en fin de
compte, la délinquance juvénile.

Cette théorie ne cherche pas à comprendre l’origine du comportement deviant,
mais de savoir ce qu’il se passe lorsque ce comportement deviant est exposé au
reste de la société, en outre, avoir un comportement déviant entraine un
ettiquetage formel et informel, le fait étant que les comportements deviants
sont aussi davantage associés par réalité ou par préjudice aux minorités
desavantagés :
La théorie de l'étiquetage met l'accent sur le fait que l'étiquetage officiel,
en particulier l'étiquetage de la police et de la justice pénale, est une
source importante d'étiquetage. L'État contemporain a le monopole formel de la
sanction des criminels (Garfinkel, 1956). Le fait d'être officiellement traité
comme un criminel ou un délinquant témoigne donc de l'immoralité de la personne
et de son incapacité à respecter des normes sociales importantes, et attire
l'attention sur elles. Tannenbaum (1938) qualifie ces réactions publiques de
"dramatisation du mal". Erikson (1966) affirme que les réactions formelles
impliquent des cérémonies ("rites de transition") qui marquent le
passage à un statut déviant, comme "le procès pénal, avec sa formalité
élaborée et son rituel exagéré" (p. 16). En outre, lorsque la peine a été
exécutée, il n'y a pas de cérémonies officielles analogues en place pour
annuler le stigmate criminel et donc réintégrer la personne dans la société.
Ainsi, le stigmate d'avoir été formellement traité comme un délinquant criminel
a tendance à "coller" à la personne.
L'étiquetage informel est toujours au cœur de la théorie de l'étiquetage, qui
souligne que l'étiquetage formel influence le développement individuel en
grande partie parce qu'il déclenche la stigmatisation dans des contextes
informels (Paternoster & Iovanni, 1989). Une arrestation peut n'avoir aucun
impact sur la vie d'un jeune si elle est cachée aux autorités scolaires et aux
membres de la communauté locale. Mais si les autorités scolaires sont informées
de l'événement ou si celui-ci est connu de la communauté, il peut déclencher des
réactions d'exclusion de la part des enseignants et des membres de la
communauté. En outre, les publics sociaux peuvent imposer des étiquettes
déviantes aux acteurs en l'absence d'étiquetage formel (Matsueda, 1992).
donc letiquetage formel ou informel entraine une reduction des liens sociales
avec les gens, car il va y avoir une réaction d’hostilité envers toi, de peur,
et de mefiance, les professeurs seront plus à même de te sanctionner et les
formes conventionnelles de relation s’attenuent, sans compter que les
employeurs regardent assez frequement le casier judiciaire des personnes
qu’elle embauche, cela réduit ainsi les chances de succès dans la vie, en
sachant qu’en plus, l’individu se percoit à partir de ses relations, il va
perdre confiance en lui, et se considérer lui meme comme deviant et sera plus à
meme de rejoindre des groupes déviants qui lui ressemblent pour retrouver des
liens sociaux, renforcant ainsi la délinquance et la criminalité.
Berk, Campbell, Klap et Western (1992), Sherman et Smith (1992) ont examiné
l'effet de l'arrestation pour violence domestique sur la violence ultérieure
dans le cadre d'expériences sur le terrain menées dans quatre villes
américaines. Les études ont montré que l'arrestation pour violence domestique
augmentait la probabilité de violence ultérieure, mais seulement si l'auteur
était au chômage. Certains éléments indiquent que l'arrestation diminue la
violence subséquente pour les sujets employés, ce qui est conforme à la théorie
de la dissuasion. Ces études indiquent que l'étiquetage officiel n'amplifie la
déviance que dans certaines conditions.
Chiricos, Barrick, Bales et Bontrager (2007) ont étudié l'effet du jugement
formel sur la récidive dans un échantillon d'hommes et de femmes reconnus
coupables d'un crime et condamnés à une probation en Floride entre 2000 et
2002. Le cadre de la recherche a permis d'examiner les effets d'étiquetage, car
les juges de Floride ont la possibilité de ne pas prononcer de jugement formel
de culpabilité pour les criminels reconnus coupables et condamnés à la
probation. "Pour les délinquants dont le jugement n'est pas prononcé...
aucun droit civil n'est perdu et ces personnes peuvent légitimement déclarer
sur les demandes d'emploi et ailleurs qu'il n'y a pas eu de condamnation pour
crime" (p. 548). Chiricos et al. ont constaté que la condamnation formelle
augmentait la probabilité de récidive, indépendamment des antécédents, du type
et de la gravité de l'infraction, et des facteurs socio-démographiques (un
autre exemple récent est celui de Shlosberg, Mandery, West, & Callaghan,
2014).
L'étiquetage formel peut être plus susceptible de déclencher la stigmatisation
et la déviance ultérieure si la famille de la personne est déjà associée à la
stigmatisation criminelle, ce qui peut donc contribuer à expliquer la
transmission intergénérationnelle du comportement criminel (Hagan &
Palloni, 1990 ; voir Murray, Loeber, & Pardini, 2012). La recherche a
montré que non seulement les enfants de parents formellement étiquetés sont
plus susceptibles d'être eux-mêmes formellement étiquetés (Besemer, Farrington,
& Bijleveld, 2013), mais que les étiquettes formelles semblent être plus
criminogènes lorsque la famille de la personne étiquetée a déjà été étiquetée
comme déviante (Hagan & Palloni, 1990).
Bernburg et Krohn (2003) suggèrent qu'étant donné que les minorités raciales et
les personnes démunies ont tendance à être associées à la stigmatisation dès le
départ, les étiquettes formelles sont plus susceptibles de déclencher la
stigmatisation pour les membres de ces groupes. Enfin, l'impuissance peut
compromettre la capacité à résister à l'étiquetage. Dans une étude
ethnographique sur la discipline des élèves dans un lycée du centre-ville,
Bowditch (1993) a observé que "la vulnérabilité d'un élève à la suspension
et à l'identification en tant que "fauteur de troubles" peut...
dépendre de la capacité de ses parents à influencer les actions du personnel de
l'école" (p. 501). "Le fait que la plupart des parents soient
relativement désavantagés par rapport au personnel de l'école signifie qu'ils
sont souvent traités de manière irrespectueuse et dédaigneuse. Les parents
disposaient de peu de ressources sociales ou politiques, voire d'aucune, pour
contester les actions d'un responsable disciplinaire" (p. 502).
La théorie de la désorganisation sociale prend ce fait - la distribution non
aléatoire de la criminalité - comme point de départ pour expliquer la
criminalité. Elle se demande pourquoi la criminalité est plus élevée dans
certains quartiers que dans d'autres et s'il y a quelque chose dans les
caractéristiques de ces quartiers eux-mêmes (au-delà des personnes qui y
vivent) qui favorise la criminalité.
Selon cette théorie, les communautés peuvent être caractérisées par une dimension d'organisation ; à une extrémité se trouvent les communautés socialement organisées et à l'autre les communautés socialement désorganisées. Les communautés socialement organisées se caractérisent par des niveaux élevés de solidarité (consensus interne sur des normes et des valeurs importantes telles qu'une communauté exempte de criminalité), de cohésion (liens forts entre voisins) et d'intégration (interaction sociale entre résidents), qui contribuent collectivement à faire baisser les taux de criminalité. Les communautés socialement désorganisées, en revanche, ne présentent pas ces caractéristiques et affichent donc des taux de criminalité plus élevés.
Le lien entre l'organisation sociale et la criminalité est lié au contrôle
social informel, ou à la capacité de la communauté à s'autoréguler. Dans les
communautés organisées, on observe (1) une surveillance informelle,
c'est-à-dire l'observation occasionnelle mais active des rues du quartier par
les individus au cours de leurs activités quotidiennes, (2) des règles
régissant les déplacements, c'est-à-dire l'évitement des zones situées à
l'intérieur ou à proximité des quartiers considérés comme dangereux, et (3) une
intervention directe, c'est-à-dire l'interrogation des étrangers et des
résidents du quartier sur des activités suspectes, la réprimande des adultes et
l'admonestation des enfants pour des comportements définis comme inacceptables
(Greenberg, Rohe, & Williams, 1982).
Selon cette théorie, les communautés marquées par des taux élevés de rotation résidentielle devraient connaître des taux de criminalité élevés, précisément parce qu'elles souffrent de liens sociaux faibles et de peu de contrôle informel - une constatation qui, en fait, est confirmée par la littérature (Bellair, 2000 ; Bellair & Browning, 2010 ; Boggess & Hipp, 2010 ; Chamlin, 1989 ; Kirk & Laub, 2010 ; Kubrin, 2000 ; Sampson, 2012 ; Sampson & Groves, 1989 ; Warner & Rountree, 1997 ; Xie & McDowall, 2008).

système de valeurs criminelles ? Dans leurs recherches, Shaw et McKay (1942)
ont trouvé des preuves de l'existence d'une sous-culture de quartier - ils ont
noté des différences clés dans les valeurs sociales entre les communautés - et
ont documenté la façon dont cette variation était liée à la variation des taux
de criminalité et de délinquance entre les communautés. Tout d'abord, dans les
zones à statut économique élevé, ils ont constaté une similitude des valeurs,
en particulier celles liées au bien-être des enfants. En particulier, des
pressions étaient exercées sur les enfants dans ces communautés pour qu'ils
participent à des activités conventionnelles. Deuxièmement, dans les zones de
classe moyenne et élevée, ils ont trouvé des valeurs similaires en ce qui
concerne les contrôles sociaux, exprimés dans les institutions et les
associations volontaires conçues pour perpétuer et protéger ces valeurs. Enfin,
ils ont constaté que les zones à faible statut économique se caractérisaient
par une plus grande diversité des normes et des règles de comportement, plutôt
que par leur uniformité. Les enfants étaient exposés à une grande variété de
normes contradictoires (et parfois illégales) plutôt qu'à un modèle
relativement cohérent et conventionnel. Plus précisément, Shaw et McKay (1942)
ont déterminé que dans les communautés à faible statut socio-économique, les
enfants étaient exposés à des criminels adultes, dont ils pouvaient apprendre
le comportement (illégal).
Les communautés des classes inférieures génèrent des valeurs et des croyances
spécifiques qui encouragent les comportements agressifs et la violation de la
loi. Ces valeurs et croyances (1) sont en opposition directe avec les valeurs
conventionnelles de la classe moyenne qui soutiennent généralement la
conformité aux normes légales, (2) sont transmises de génération en génération
et, ce qui est peut-être le plus important, (3) sont relativement indépendantes
des facteurs structurels (c'est-à-dire qu'elles ne sont pas considérées comme
découlant de conditions structurelles telles que la pauvreté). La thèse de la
sous-culture de la violence de Wolfgang et Ferracuti (1967) est la plus
représentative de cet argument, mais il existe d'autres exemples (par exemple,
Cohen, 1955 ; Miller, 1958). Cette approche de la culture est aujourd'hui
largement rejetée par les chercheurs (par exemple, Kubrin, 2015 ; Kubrin &
Weitzer, 2003a ; Sampson & Bean, 2006) sur deux fronts importants.
Premièrement, les chercheurs soutiennent que les résidents des zones à forte
criminalité ne développent pas de sous-cultures oppositionnelles, mais partagent
plutôt des valeurs conventionnelles, y compris le désir d'une communauté sans
criminalité - un point souligné il y a des décennies par Kornhauser (1978)
(voir aussi Kubrin, 2015). En d'autres termes, il existe un consensus général
sur les croyances, les normes et les valeurs de la communauté, y compris en ce
qui concerne la criminalité. Il est avancé qu'au lieu de tolérer la
criminalité, les membres des communautés défavorisées font preuve d'un certain
fatalisme ou d'un cynisme moral à l'égard de la criminalité, la considérant
comme inévitable dans leurs communautés (Kirk & Papachristos, 2011 ;
Sampson & Bartusch, 1998).En conséquence, la criminalité dans ces
communautés est moins vigoureusement condamnée par les résidents. Autrement
dit, dans les quartiers où les valeurs conventionnelles sont atténuées, "
les taux de criminalité sont élevés [...] non pas parce que des valeurs
opposées sont ancrées dans la communauté, mais parce que les opportunités
limitées font qu'il est difficile pour les résidents de poursuivre des
objectifs conventionnels et parce qu'ils n'ont pas la volonté ou la capacité
d'empêcher la déviance " (Kubrin & Weitzer, 2003a, p. 379). Dans cette
explication du rôle de la culture, on suppose que "les résidents ont un
soutien culturel plus faible pour exercer un contrôle social sur les
autres" (p. 379) (voir Kubrin, 2015 ; Warner, 2003). Deuxièmement, les
études récentes qui intègrent la culture d'une manière ou d'une autre
reconnaissent explicitement le lien entre la structure et la culture dans la
génération de la criminalité. Ainsi, certaines conditions de voisinage font
qu'il est difficile pour les communautés d'assurer un contrôle social informel
en raison d'une culture atténuée. Prenons l'exemple des travaux de Sampson et
Wilson (1995), qui cherchent à expliquer les taux de criminalité élevés dans
les quartiers défavorisés et les communautés minoritaires. Leur thèse de base
est que les modèles macrosociaux d'inégalité résidentielle donnent lieu à
l'isolement social et à la concentration écologique des "vrais
défavorisés" (Wilson, 1987), ce qui entraîne à son tour des barrières
structurelles et des adaptations culturelles qui sapent l'organisation sociale
et, par conséquent, le contrôle de la criminalité (p. 38).
Une méta-analyse récemment publiée sur la relation entre l'immigration et la criminalité, qui examine plus de 50 études macroéconomiques basées aux États-Unis et publiées entre 1994 et 2014, révèle que, dans l'ensemble, l'association entre l'immigration et la criminalité est négative, mais très faible (Ousey & Kubrin, 2018). Dans l'ensemble des études, les effets négatifs significatifs étaient 2,5 fois plus fréquents que les effets positifs significatifs, mais les effets nuls étaient de loin le résultat le plus fréquent signalé dans les études. L'une des implications de ces résultats est que l'immigration peut en fait renforcer - et non compromettre - le contrôle social de la communauté.
Les chercheurs contemporains sont désormais plus ouverts à la possibilité qu'un afflux d'immigrants dans des communautés défavorisées et à forte criminalité puisse encourager de nouvelles formes d'organisation sociale et des structures sociales adaptatives. Ces adaptations peuvent atténuer les effets négatifs de la privation économique et de diverses formes d'hétérogénéité démographique (ethnique, culturelle, sociale) sur le contrôle social formel et informel, réduisant ainsi la criminalité. (p. 10)
L'immigration contemporaine peut encourager de nouvelles formes d'organisation sociale qui atténuent les effets potentiellement criminogènes des conditions sociales et économiques délétères que l'on trouve dans les quartiers urbains. Ces nouvelles formes d'organisation sociale peuvent inclure des mécanismes informels de contrôle social et des économies d'enclave qui offrent des emplois stables aux membres d'une même ethnie. (p. 376)
A propos du chiffre des 100
millions de morts du communisme, publié dans “Le Livre noir du communisme”
(1997), la moitié des auteurs — Nicolas Werth,
Jean-Louis
Margolin et Karel
Bartošek — ont protesté publiquement contre le
chapitre introductif de Stéphane
Courtois, ils y refusent son rapprochement du génocide
nazi
et de la répression stalinienne, ainsi que le calcul du nombre de victimes,
dont ils contestent à la fois l’opportunité et les chiffres utilisés, qui pour
certains sont leurs chiffres mais augmentés sans justification par Courtois
Communisme : retour à
l'histoire
Le Livre noir du
communisme — Wikipédia
Calcul
pour l’urss:
(répression
politique [0.8m], Opération en pologne[0.1m], Système pénitentiaire sovietique
[1.5-1.7m], déportation des koulaks [0.4m], famine de 32-33 [6m-7m](très
discutable), expulsion des allemands [0.5m-0.6m](discutable mais compté),
famine de 46-47 [1.5m](très discutable), etc.) directement causé par le
régime=[0.8+0.1+1.5-1.7+0.4+0.5-0.6 = 3.3-3.6] (niveau camp de travail doit on
compter les périodes difficiles de la guerre malgré le fait qu'ils ont essayé
de leur fournir de la nourriture ?] causé principalement par des facteurs
externes (+causé indirectement par le régime?) qui auraient pu arriver à tout
le monde (guerre de défense , mauvaise récolte etc..)[0.8+0.1+1.7+0.4+7+0.6+1.5
= 12.1*] *Sans compter guerre d'agression
Hitler vs. Staline:
Who Killed More? | by Timothy Snyder
Calcul pour
le grand bond en avant:
(le sujet ne fait pas consensus. Il
est donc fallacieux de sortir un chiffre et de le considérer comme vrai dans
l’absolu)
(peu d’objectivité : ces sources tendent vers des estimations basses):

1958 taux
de référence=8.581.270,4 morts= 646.180.00013.28/1000
59=10.034.005,1 morts =672040000014.93/1000
60=9.673.188,5 morts millions=62207000015.55/1000
61=9.398.079, 3 morts millions=65859000014.27/1000 (10.034.005.1-8.581.270.4)+(9.673.188.5-8.581.270.4)+(9.398.079.3-8.581.270.4)=3.361.461,7 morts
Le problème est que les statistiques chinoises de l'époque n'étaient pas fiables pour l'enregistrement de l'immigration intérieure. Ils ont donc supprimé sur le papier ~10 millions de personnes dans la période de la famine étant donné que 30 millions de personnes dans les villes ont migré dans les zones rurales et + 10 ~millions de personnes ont retiré leur certificat de la ville sans en faire dans le village. Il y a aussi les décomptes rétroactifs des morts de la période de 56-59, qui ont été déclarés pendant la famine, 6,75 millions de morts, qui n'ont pas eu lieu pendant la famine…
Cet
article vise principalement à montrer qu'il n'y a pas de chiffres absolus et
que cette famine est encore sujette à débat (ce que je veux dire, c'est qu'il
ne faut pas prendre ce chiffre comme une vérité absolue il y a encore des
dizaines d'articles qui font des estimations qui peuvent aller de 300 000 à 30
000 000).
http://web.archive.org/web/20170505231325/http://icaps.nsysu.edu.tw:80/ezfiles/122/1122/img/2375/CCPS2(1)-Sun.pdf
Si l'on prend comme chiffre de base le nombre moyen de décès
de 1955 à 1957, et si l'on y ajoute les décès non déclarés de 1953 à 1964 et
les corrections ultérieures, on peut estimer qu'environ quatre à cinq millions
de personnes ont subi une mort non naturelle pendant la période difficile des
trois ans.
Cheng Enfu, A Study of Unnatural Deaths ... S&S 82,2 (April 2018) (1).pdf
L'expression « destruction de toute inégalité sociale et politique » au lieu de « abolition de toutes les différences de classes » est également très suspecte. D'un pays à l'autre, d'une province à l'autre, voire d'un endroit à l'autre, il y aura toujours une certaine inégalité dans les conditions d'existence, inégalité que l'on pourra bien réduire au minimum, mais non faire disparaître complètement. Les habitants des Alpes auront toujours d'autres conditions de vie que les habitants des plaines. Se représenter la société socialiste comme l'Empire de l'égalité est une conception française trop étroite et qui s'appuie sur la vieille devise Liberté, Égalité, Fraternité, conception qui, en ses temps et lieu, a eu sa raison d'être parce qu'elle répondait à une phase d'évolution, mais qui, comme toutes les conceptions trop étroites des écoles socialistes qui nous ont précédés, devrait à présent être dépassée, puisqu'elle ne crée que de la confusion dans les esprits et qu'elle a été remplacée par des conceptions plus précises et répondant mieux aux réalités.
F. Engels : Lettre à A. Bebel(18 mars 1875)
Karl Marx était très critique de l’égalitarisme, et était virulent contre ceux qui s’en revendiquaient tout en se disant marxistes, voir “Le programme de Gotha” : il ne faut pas rechercher l’égalité pour tous, qui est purement idéaliste et impossible à réaliser, il faut au contraire suivre la doxa “de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins”.
Youtube - Why equality is unhelpful as a political goal
Youtube - Marx and Engels Were Not Egalitarians
Ca ne critique pas l’immigration en soi, mais comment le travailleur natif devient un idiot et un instrument de la classe dominante en se focusant sur l’immigré :
« Chaque centre
industriel et commercial en Angleterre possède maintenant une classe ouvrière
divisée en deux camps hostiles, les prolétaires anglais et les prolétaires
irlandais.
L’ouvrier anglais moyen hait l’ouvrier irlandais comme un concurrent qui
abaisse son niveau de vie. Par rapport au travailleur irlandais, il se
sent un membre de la nation dominante, et ainsi se constitue en un instrument
des aristocrates et des capitalistes de son pays contre l’Irlande, renforçant
ainsi leur domination sur lui-même. Il nourrit des préjugés religieux,
sociaux et nationaux contre le travailleur irlandais. Son attitude envers lui
est très semblable à celle des «pauvres blancs» envers les «nègres» des anciens
Etats esclavagistes des USA. L’Irlandais lui rend d’ailleurs la pareille, et
avec intérêts. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois le complice et
l’instrument stupide de la domination anglaise en Irlande. Cet antagonisme
est artificiellement maintenu et intensifié par la presse, les orateurs,
les caricatures, bref, par tous les moyens dont disposent les classes
dominantes.
Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière
anglaise, en dépit de son organisation. C’est le secret grâce auquel la classe capitaliste
maintient son pouvoir. Et cette classe en est parfaitement consciente »
Lettre à S. Meyer et A. Vogt, 9/4/70.
" Le communisme ne prive aucun homme du pouvoir
de s'approprier les produits de la société ; tout ce qu'il fait, c'est de le
priver du pouvoir d'assujettir le travail d'autrui au moyen de ces
appropriations ".
Manifeste du Parti communiste - Bibliothèque Marxiste
Pourtant, Marx a lui-même affirmé qu'il n'était pas
marxiste. Pour comprendre cette remarque, il faut se replacer dans le contexte
de son époque. Au départ, Karl Marx et son ami Friedrich Engels
animaient un petit groupe de militants révolutionnaires, qui
défendaient l'idée d'un socialisme scientifique au sein de l'Association
Internationale des Travailleurs. Les anarchistes, qui n'étaient pas d'accord
avec eux, utilisèrent le terme "marxiste" pour désigner
péjorativement les partisans de Marx. En France, Jules
Guesde Ouverture dans un nouvel onglet et Paul
Lafargue Ouverture dans un nouvel onglet, les fondateurs du Parti
ouvrier, qui se présentaient comme des disciples de Marx, reprirent à leur
compte le terme de marxiste, mais pour lui donner un sens positif.
Quand Marx a prononcé cette phrase, c'était surtout pour dénoncer les interprétations caricaturales de ses ennemis, mais aussi pour prendre ses distances avec la lecture réductrice de ses amis. Il savait pertinemment qu'une théorie produite par un intellectuel ne pouvait pas être spontanément comprise par le grand public car, disait-il, "les essais scientifiques, destinés à révolutionner une science, ne peuvent jamais être véritablement populaires. Mais une fois que la base scientifique est posée, la vulgarisation est possible".
Marx aurait dû ajouter
que l'effort de vulgarisation devait être adapté aux réalités propres à chaque
pays. Il avait rédigé Le
Capital Ouverture dans un nouvel onglet, son œuvre
maîtresse, depuis Londres où il avait trouvé refuge. C'est pourquoi son analyse
est centrée sur le cas de l'Angleterre (...),
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-pourquoi-du-comment-histoire/pourquoi-karl-marx-a-dit-je-ne-ne-suis-pas-marxiste-6925442
Pénurie dans les sociétés communistes:
Il y avait des pénuries, ça veut bien dire que le capitalisme fonctionne mieux…
Pour répondre à
cette affirmation, va falloir argumenter sur plusieurs aspects.
Je vais outrepasser la Loi de Brandolini sur cette affirmation.
Tout d’abord, le
capitalisme est loin d’être le moyen de production qui répartit le mieux les
biens et services.
Par exemple, l’OMS a recensé en 2021, 828
millions de personnes sont exposés à la faim soit pour l’époque près de 10% de
la population mondiale. Mais cette problématique mondiale n’est pas prête de se
terminer, suffit

de regarder l’évolution dans le temps.
De plus, 2,3 milliards de personnes sont en situation de pénurie alimentaire modérée ou grave, soit 29,8% de la population mondiale.
Pourtant, la production alimentaire mondiale est bien suffisante.
La cause de ce problème est la libéralisation des produits agricoles mondiaux.
« Selon le rapport, [...] à l’échelle mondiale, la valeur moyenne du soutien public apporté à l’alimentation et à l’agriculture sur la période 2013‑2018 ait atteint près de 630 milliards d’USD par an. La plus grande part cible directement les agriculteurs au moyen de politiques visant les échanges et le marché, et de subventions. Cependant, ce soutien [...] ne bénéficie pas à beaucoup d’agriculteurs(?), est néfaste à l’environnement(?) et n’encourage pas la production des aliments nutritifs qui composent une alimentation saine. Cela s’explique en partie par le fait que les subventions ciblent souvent la production d’aliments de base, de produits laitiers et d’autres aliments d'origine animale, en particulier dans les pays à revenu élevé et les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Le riz, le sucre et les différents types de viande sont les aliments les plus aidés dans le monde, tandis que les fruits et les légumes sont relativement moins soutenus, en particulier dans certains pays à faible revenu. »
Libéraliser la production agricole met en concurrence les agriculteurs mondiaux entre-eux. Ce qui signifie que le néolibéralisme sacrifie les moins compétitifs, donc les producteurs locaux qui n’ont pas de logique exportatrice ni industrielle,(et alors ?), au détriment de la production vivrière(et alors ?), c’est-à-dire au détriment d’une production locale et autosuffisante.
Bien sûr le néolibéralisme n’est pas la seule doctrine économique du capitalisme, mais c’est la dominante.
De plus, le capitalisme a pour objectif de subvenir à la demande effective. C’est la loi de l’offre et de la demande. Il est évident que dans les pays stables, tel que la France, les besoins sont rapidement satisfaits(on exporte aussi pour répondre à la demande mondiale). Pourtant, le fonctionnement du néolibéralisme est très dépendant des facteurs extérieurs, comme les crises sanitaires, ou géopolitique. Le libéralisme provoque une interdépendance des pays entre-eux à cause de l’internationalisation de la chaîne de valeur et de la spécialisation des pays(et alors, ca a des points positives ?). Typiquement, lors de la crise sanitaire du Covid-19, il y avait une pénurie de masques en France, car la majorité de ce bien était produit en Chine, qui avait arrêté une très grosse partie de ses exportations.
On remarque alors que cela fonctionne, plus ou moins bien
Comment ça se fait que presque tous
les pays d'Afrique sont des pays sous développés ?
C’est du à
tout un tas de facteurs, d’abord historique, la colonisation et l'impérialisme
évidemment, mais aussi lié désormais au néocolonialisme, l’impact qu’ont les entreprises
sur les pays, mais aussi les politiques du FMI en passant par les appetits des
états occidentaux et chinois avec le land grabbing
Facteur historique:
Avant le 14ème siècle, L’afrique
avait un poids tout aussi important que l’Asie et l’Europe, en effet, les
avancés technologiques et scientifiques étaient importantes et les systèmes
politiques étaient similaire à celui qu’on pouvait trouver en Europe avec des
royaumes et empires ainsi que des belles constructions
Beaux murs de défense OwO
https://en.wikipedia.org/wiki/Sungbo%27s_Eredo
https://en.wikipedia.org/wiki/Walls_of_Benin
En ce qui concerne le développement technologique et scientifiques africains, c’est par exemple en Afrique que l’on trouve le premier outil mathématique ou en ce qui concerne la métallurgie, là où l'âge de fer est apparu en premier se situe en Afrique de l’ouest et les techniques d’extraction de fer ont largement surpassé celle des européens pendant des siècles
https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_science_and_technology_in_Africa
L’esclavagisme lié à la montée en puissance de l’Europe dans le début du XVeme
siècle grâce notamment à la généralisation du prêt(source d’argent qui a permi
de se développer), avantage géographique (présence de nombreuses cultures et
animaux domestiques), avantage commerciale(une large face côtière qui permet un
commerce développé) a mené les états africains à se faire la guerre pour
récupérer des esclaves à vendre aux européens qui avec l’argent recolté
permettait de financer d’autres guerres, les ressources sont ainsi drainées
vers la défense et non sur la diversification de l’économie, menant à ce le
nombre de personnes stagnent voir diminuent empêchant à ce que la population
puisse se détacher de l’agriculture, et que d’autres puissent aller dans
l’artisanat maintenant ainsi l’afrique dans la pauvreté.
Avec l’abolition de l’esclavage, l’économie Africaine s’effondre laissant la
porte à la colonisation européenne
La colonisation fut aussi dure car elle fut synonyme d’une perte d’autonomie
pour les Africains, ils ne sont pas formés à la gestion (ni éduqués), c’est les
Européens eux memes qui s’occupent de la gestion, tout en extrayant des
ressources à leur profit avec des conditions d’exploitation terrible.
L’ère du second âge colonial, à première vue moins violente car les forces en jeu étaient devenues indépendantes et ainsi libérées de l’esclavage, ont en réalité des niveaux d’oppression et d’inégalités proches. Ainsi, Thomas Piketty note :
« Les sociétés propriétaristes qui
prospéraient en France et au Royaume-Uni à la Belle Époque reposaient donc pour
une large part sur les actifs [des colonies]. Le point essentiel est que ces
actifs rapportaient des sommes considérables : le rendement moyen obtenu sur
ces placements avoisinait 4 % par an, si bien que les revenus du capital
étranger rapportaient à la France autour de 5% de revenu national additionnel,
et au Royaume-Uni plus de 8 % de revenu national supplémentaire [...]. Afin que
chacun prenne bien conscience de l'énormité des sommes en jeu. On peut noter
que les 5 % de revenu national additionnel obtenu par la France grâce à ses
possessions extérieures en 1900-1914 étaient approximativement équivalents à la
totalité de la production industrielle des départements du nord et de l'est du
pays (les plus industrialisés). Il s'agit donc d'un apport financier très
significatif.
[...] Dans le second âge colonial [entre 1800-1850 et 1960], les modes
d’appropriation et d’exploitation sont plus subtils et sophistiqués : on
détient des actions et des obligations dans de nombreux pays, ce qui permet
d’extraire une part de la production de chaque territoire qui est certes plus
faible qui ne le permettrait dans un régime esclavagiste, mais qui est
néanmoins loin d’être négligeable (par exemple autour de 5 % et de 10 % de la
production d’un pays, parfois davantage), et qui surtout peut s’appliquer à un
beaucoup plus grand nombre de territoires, voire à la totalité de la planète.
[...] Une large part des actifs financiers étrangers prenait la forme de
créances publiques et privées qui avaient été obtenues par la force, et dans un
grand nombre de cas s’apparentaient à de véritables tributs militaires. C’est
le cas par exemple des dettes publiques qui furent imposées à la Chine à la
suite des guerres de l’opium [...]. Le Royaume-Uni et la France jugèrent que
l'État chinois était responsable de l’affrontement militaire (n’aurait-il pas
dû accepter plus tôt d’importer de l’opium?) [...].
C’est cette mécanique des ‘traités inégaux’ qui permit aux puissances coloniales de prendre le contrôle de nombreux pays et actifs étrangers. On commençait par se saisir d’un prétexte plus ou moins convaincant pour monter une opération militaire, suite à quoi on exigeait des privilèges juridictionnels et un tribut financier, qui pour être payé conduisait à la prise de contrôle de l’administration des douanes, puis de l’ensemble du système fiscal, [...] et finalement à la mainmise du pays dans son ensemble.
[...] Voir dans ces flux commerciaux du XIXe siècle le simple effet de la ‘main invisible’ et des ‘forces de marché’ n’est pas très sérieux [...]. »
— Capital et Idéologie, 2019, “Les sociétés coloniales : diversité et domination”
Ca sera sans parler de toutes les répressions :




« ORADOUR EN ALGÉRIE »
: Aphatie a-t-il tort ?
H2E#05 : les grottes du
Dahra
La période post colonisation n’est pas non plus favorable à leur développement
car les européens n’auront pas réellement dans la pratique développée les
populations en question :
au niveau des infrastructures :
“La politique des puissances coloniales a eu pour effet d'isoler économiquement
des peuples qui vivent côte à côte, dans certains cas à quelques kilomètres les
uns des autres, tout en dirigeant le flux des ressources vers les pays
métropolitains. Par exemple, bien que je puisse appeler Paris depuis le
téléphone de mon bureau ici à Lomé, je ne peux pas passer un appel à Lagos au
Nigeria, qui n'est qu'à 250 miles. De même, alors qu'il faut peu de temps pour
envoyer une lettre par avion à Paris, il faut plusieurs jours pour que cette
même lettre parvienne à Accra, à seulement 132 miles de là.”
-Sylvanus Olympi
au niveau de l’éducation :


au niveau de la santé :

Disponibilité alimentaire

Socialisme africain : De plus, le socialisme africain
n’aura pas aidé, en effet l’initiative part d’une bonne base, cependant le fait
que le protectionnisme se fasse aussi entre les différents pays africains(aucun
marché intérieur africain donc), et dû à la faiblesse du marché intérieur des
pays en eux-mêmes, les ouvriers sont peu rémunérés ou ne voient pas l'intérêt
d’acheter certains des biens produits, mènera à une crise de surproduction où
les différents pays ne trouvent pas de débouché aux biens qu’ils produisent.
des gouvernements inefficients : En effet, les
politiciens s’appuient que sur un groupe ethnique en particulier, celui
majoritaire dans la plupart des cas pour accéder au pouvoir, mettant en place
des conflits interethniques, notamment en lien avec le racisme exporté par les puissances
coloniales
sans compter que l’administration et les dirigeants ne sont pas compétantes
comme dit
Et Pour illustrer l'incompétence de certains de ces gouvernements, en
République centrafricaine, le gouvernement ne tenait même pas de registres
financiers corrects, ignorait les budgets au profit de décisions prises à la
va-vite, et les salaires des fonctionnaires pouvaient souvent être payés avec 3
ou 4 mois de retard. En 1964, le Sénégal consacrait 47 % de son budget
gouvernemental aux élites, la Côte d'Ivoire 58 % et le Dahomey, aujourd'hui
appelé Bénin, 65 %. Et si des étrangers voulaient accéder aux ressources
africaines, il leur suffisait de soudoyer ces fonctionnaires pour y parvenir.
Les gouvernements et les entreprises occidentaux ont donc commencé à verser de
l'argent aux élites africaines pour avoir accès aux ressources dont les nations
riches avaient besoin pour faire fonctionner leur propre économie. En
conséquence, les élites sont devenues plus riches tandis que les pauvres sont
devenus encore plus pauvres. Ainsi, si vous êtes une compagnie pétrolière, il
vous suffit de soudoyer les fonctionnaires du gouvernement pour pouvoir
extraire tout le pétrole que vous voulez. Les élites recevaient une partie des
bénéfices, tandis que la population ne voyait aucun avantage tiré des
ressources extraites de son propre pays... Ce système est encore en vigueur
aujourd'hui dans de nombreuses régions d'Afrique.
Des conditions géographiques dures ainsi que les maladies qui peuvent aussi
contribuer au manque de développement même si ce ne sont pas des fatalités
(voir situation africaine avant le 14eme siècle)
Why is Africa Still So
Poor?
Il y a aussi les dettes laissées aux anciennes colonies, les taux d'intérêts
élevés et l’incapacité au remboursement qui mènent aux politiques de
restructurations du FMI et le land grabbing.
Politique de restructuration du FMI :
Ils prescrivent des coupes, une libéralisation de l'économie et des marchés
ouverts axés sur l'extraction des ressources et l'exportation dans le cadre de
leur ajustement structurel.
-Le rôle de l'État est réduit au minimum.
-La privatisation est encouragée ainsi que la réduction de la protection des industries nationales.
-D'autres politiques d'ajustement comprennent également la dévaluation de la monnaie, l'augmentation des taux d'intérêt, la flexibilité du marché du travail et l'élimination des subventions telles que les subventions alimentaires.
-Pour attirer les investisseurs étrangers, diverses réglementations et normes sont réduites ou supprimées.
Conséquence:
Les pays pauvres doivent exporter davantage afin de réunir suffisamment
d'argent pour rembourser leurs dettes en temps voulu.
Étant donné que l'on demande ou que l'on force un grand nombre de nations à entrer sur le marché mondial - avant qu'elles ne soient économiquement et socialement stables et prêtes - et qu'on leur dit de se concentrer sur des cultures commerciales et des produits de base similaires à ceux des autres, la situation ressemble à une guerre des prix à grande échelle.
Ensuite, les ressources des régions les plus pauvres deviennent encore moins chères, ce qui favorise les consommateurs du Nord.
Les gouvernements doivent alors augmenter les exportations simplement pour maintenir la stabilité de leur monnaie (ce qui n'est peut-être pas viable non plus) et gagner des devises avec lesquelles ils pourront contribuer au remboursement de leurs dettes.
Les gouvernements doivent donc:
-dépenser moins
-réduire la consommation
-supprimer ou réduire les réglementations financières
et ainsi de suite.
Au fil du temps, alors :
-la valeur du travail diminue
-les flux de capitaux deviennent plus volatils
-une spirale de course vers le bas commence alors, ce qui génère
des troubles sociaux, qui conduisent à leur tour à des émeutes et des protestations du FMI dans le monde entier.
-On demande alors à ces nations d'arrimer leur monnaie au dollar. Mais le maintien de la stabilité du taux de change est coûteux en raison de mesures telles que l'augmentation des taux d'intérêt.
-Les investisseurs, manifestement inquiets pour leurs actifs et leurs intérêts, peuvent alors se retirer très facilement si la situation se dégrade.
Dans le pire des cas, la fuite des capitaux peut conduire à un effondrement économique, comme nous l'avons vu lors des crises financières asiatiques/mondiales de 1997/98/99, ou au Mexique, au Brésil et dans bien d'autres endroits. Pendant et après une crise, les médias grand public et les économistes du libre-échange rejettent la faute sur les marchés émergents et les politiques restrictives ou inefficaces de leurs gouvernements, le capitalisme de connivence, etc.
-Lorsque les bailleurs de fonds du FMI maintiennent les taux de change en leur faveur, cela signifie souvent que les nations pauvres restent pauvres, ou deviennent encore plus pauvres. Même la crise financière mondiale de 1997/98/99 peut être en partie imputée à l'ajustement structurel et à la déréglementation précoce et trop agressive des économies émergentes.
Des millions d'enfants finissent par mourir chaque année.
La concurrence entre les entreprises impliquées dans la fabrication dans les pays en développement est souvent impitoyable. Nous assistons à ce que Korten a décrit comme une course vers le bas. Chaque jour qui passe, il devient plus difficile d'obtenir des contrats de l'un des méga-détaillants sans faire travailler des enfants, sans tromper les travailleurs sur le paiement des heures supplémentaires, sans imposer des quotas impitoyables et sans utiliser des pratiques dangereuses.
John Madeley, Big Business Poor Peoples ; The Impact
of Transnational Corporations on the World's Poor, (Zed Books, 1999) p. 103.
C'est l'une des pierres angulaires du soi-disant libre-échange d'aujourd'hui. Sous cette forme, il est donc considéré par certains comme injuste et à sens unique, ou extractiviste. Il sert également à maintenir un libre-échange inégal, comme l'a souligné J.W. Smith.
Structural Adjustment—a
Major Cause of Poverty — Global Issues
On peut aussi citer le flux illicite de capitaux
faisant perdre 88.6 milliards de dollars annuellement avec comme responsable la
liberalisation des comptes de capital, la corruption et le commerces de
matières premières :

https://unctad.org/system/files/official-document/aldcafrica2020_fr.pdf
Il y a aussi la
DIT :encouragement des matières premières au dépend d'une éco diversifiée, aux multinationales qui
promeuvent leur intérêt économique au dépend de ceux nationaux
L'Afrique se prépare à une restructuration de sa dette publique.
Dette africaine : cinq questions pour comprendre

(jsp si c un bon truc ce qui suit)
Les résultats montrent qu'en 2015, l'appropriation
nette du Nord par le Sud s'est élevée à 12 milliards de tonnes de matières
premières, 822 millions d'hectares de terres, 21 exajoules d'énergie
(équivalant à 3,4 milliards de barils de pétrole) et 188 millions
d'équivalents-années-personnes de travail (équivalant à 392 milliards d'heures
de travail). Par appropriation nette, nous entendons que ces ressources ne sont
pas compensées en termes équivalents par le commerce ; elles sont effectivement
transférées à titre gracieux. Et cette appropriation n'est pas insignifiante en
termes d'échelle ; au contraire, elle représente une part importante (en
moyenne environ un quart) de la consommation totale du Nord.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S095937802200005X#b9005
La figure 2 montre que la fuite du Sud en 2015 s'élevait à 14,1 billions de
dollars en termes d'équivalents de matières premières, à 5,1 billions de
dollars en termes de terres, à 3,6 billions de dollars en termes d'énergie et à
20,3 billions de dollars en termes de main-d'œuvre. Il n'est toutefois pas
possible d'attribuer définitivement la VABI à des intrants spécifiques. Le
mieux que l'on puisse dire est que la valeur de la fuite des échanges inégaux
en 2015 se situait entre 3,6 billions de dollars (si la terre représentait 100
% de la VIT) et 20,3 billions de dollars (si la main-d'œuvre représentait 100 %
de la VIT). Si nous supposons des proportions égales pour chaque facteur dans
la VTA, la fuite s'est élevée cette année-là à 10,8 billions de dollars aux
prix du Nord. La fuite de la Chine à elle seule s'est élevée à 2 400 milliards
de dollars, soit 22 % des flux nets Sud-Nord (voir l'annexe 2 pour les
résultats sur le commerce physique de la Chine avec le Nord).


(bof comme truc en vrai ptete, jsp)
Les effets sur la mortalité dû à la pénétration des multinationales en 1967 et
la dépendance à l'aide étrangère sont évalués pour 63 pays sous-développés dans
des modèles de panel allant jusqu'en 1980. Les autres variables sont les flux
d'investissement des multinationales, la scolarisation dans le secondaire et
l'évolution des taux de natalité et des dépenses publiques de santé.
La dépendance à l'aide n'a aucun effet. La pénétration des entreprises
multinationales a des effets néfastes importants sur la mortalité qui ont
tendance à augmenter avec le temps. Malgré des effets néfastes sur la mortalité
infantile, la pénétration a de légers avantages dans la diminution de la mortalité
infantile grâce à la promotion des dépenses de santé. L'influence de la
pénétration des entreprises multinationales sur la mortalité semble être en
partie due à l'inégalité créée.
https://sci-hub.st/https://www.jstor.org/stable/2095704?seq=1

(aussi à voir si c bien)
L’invasion américaine n’a pas eu comme seul
motif le pétrole, démonstration de puissance, intérêts menacés au moyen
orient, démocratie.
En l'occurrence, la raison mainstream liée à la découverte qu’il n’y avait
point d’ADM en Irak étant que les américains ont envahis l’irak avec le projet de faire de ce pays la pièce maîtresse de la
réorganisation du moyen orient dans l’idée d'installer un régime démocratique
favorable aux intérêts étasuniens dans le but de contrebalancer l’influence
saoudienne.
Il est accusé par les USA de détenir des ADM et de soutenir le terrorisme, prétexte pour une intervention.
Cependant, le pétrole a probablement eu son implication. L'Irak possède de nombreuses réserves d’hydrocarbure et est ainsi le 5eme producteur au monde.
La guerre en Irak a mené à la privatisation du pétrole autrefois appartenant à
l’etat irakien pour passer en partie à des entreprises telles que Exxon Mobil ,
Shell , Total et BP
https://en.wikipedia.org/wiki/Iraq_oil_law_(2007)
https://edition.cnn.com/2013/03/19/opinion/iraq-war-oil-juhasz/index.html
https://en.wikipedia.org/wiki/Petroleum_industry_in_Iraq
Le peuple ne bénéficie pas des richesses sous terres
Mission accomplished
for Big Oil? | Azerbaijan
Importation du pétrole irakien vers les usa(je ne pense pas que cela soit
vraiment pertinent dans le sens où ce qui importe, c’est les profits réalisés
par les entreprises occidentales en Irak)
US Imports from Iraq of
Crude Oil and Petroleum Products (Thousand Barrels)
La guerre en irak, cependant, n’a pas de bénéfice net
malgré les profits réalisés par les entreprises pétrolières(le fait que le
pétrole permet au fonctionnement de l'économie n’est cependant pas pris en
compte)
6.000 milliards de
dollars : le coût total de la guerre en Irak?
28 % des non-diplômés des quartiers en difficulté sont au chômage,
contre 16 % hors de ces quartiers. La situation est similaire pour les
détenteurs d’un diplôme : le taux de chômage est de 16 % pour les bac + 2 et
plus, contre 6 % dans les quartiers avoisinants, soit près de trois fois plus.
https://www.inegalites.fr/Chomage-QPV
https://www.histoire-immigration.fr/questions-contemporaines/economie-et-immigration/comment-expliquer-le-surchomage-des-etrangers
355 400 emplois vacants au 2e trimestre 2022. Ce nombre est quasi stable par
rapport au 1er trimestre 2022 (-1 %).
https://dares.travail-emploi.gouv.fr/donnees/les-emplois-vacants
En France (y compris les départements-régions d'outre-mer, hors
Mayotte), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 3 165 900 pour la
catégorie A. Il diminue de 0,8 % sur le trimestre (-15,1 % sur un an). Pour
les catégories A, B, C ce nombre s'établit à 5 436 100. Il diminue de 1,7 %
sur ce trimestre et de 8,9 % sur un an.
Emploi, chômage et population active en 2017 | Dares
Instant calcul : 3.554/30=0.1185 / 3.554/54=0.6581
Il y a donc assez d’emploi pour 6% à 12% des chômeurs (sans compter le
halo autours du chômage ni les offres non pourvues des TPE), si ceux-ci
ne sont pas pourvus, cela est dû, selon l’Onpes dans son
rapport penser l’assistance, à une formation insuffisante, à des problèmes de
santés ou de mobilités, enfant à charge et plus generalement, pas d’emplois
accessible localement.
Je suis dans le regret de vous annoncer que:
L'épuisement des prestations de chômage encourage les chômeurs à trouver un
emploi. L'épuisement des prestations entraîne une augmentation d'environ 80
% du taux de sortie du chômage vers l'emploi. L'effet commence à se
produire environ deux mois avant l'expiration des prestations, et augmente à
mesure que la date d'expiration approche.
De sorte que la probabilité conditionnelle de trouver un emploi dans un court
laps de temps est passée d’un intervalle de confiance allant de 3,6 à 14,4 %,c-a-d,
que le risque de trouver un emploi est de 3.6 à 14.4% au lieu d’un peu moins de
2.2 à 8%
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.4073/csr.2013.4
Néanmoins :
Cette étude a révélé un effet statistiquement significatif de la réduction de
la durée maximale d'indemnisation du chômage. L'impact global de la réduction
de la durée maximale d'indemnisation du chômage, obtenu à l'aide des ratios de
risque, a été estimé à 1,10 (IC 95 % 1,03 à 1,17, p=0,0005), ce qui se traduit
par une augmentation d'environ 10 % du taux de sortie du chômage vers
l'emploi et correspond à une probabilité de 52 % qu'un chômeur traité trouvé un
emploi avant un chômeur non traité.
Cela signifie que les preuves actuelles démontrent que le fait de réduire le
nombre de semaines ou on a le droit aux allocations au chômage n’a qu’un impact
faible sur le fait de trouver un emploi.
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.4073/csr.2018.2
La loi CARES a élargi les prestations de l'assurance chômage (UI) en prévoyant
un versement hebdomadaire de 600 dollars en plus des prestations de chômage de
l'État. La plupart des travailleurs ont ainsi pu bénéficier d'indemnités de
chômage supérieures à leur salaire hebdomadaire. L'hypothèse a été émise que
des prestations aussi élevées encouragent les employeurs à licencier et
découragent les travailleurs de reprendre le travail. Dans cette note, nous
vérifions si les changements dans la générosité des prestations
d'assurance-chômage sont associés à une diminution de l'emploi, à la fois au
début de l'expansion des prestations et lorsque les entreprises cherchent à
rouvrir leurs portes. Nous utilisons les données hebdomadaires de Homebase, une
entreprise privée qui fournit des logiciels de planification et de pointage aux
petites entreprises, ce qui nous permet d'exploiter les changements à haute
fréquence des politiques étatiques et fédérales pour comprendre comment les
entreprises et les travailleurs réagissent aux changements de politique en
temps réel. En outre, nous comparons nos résultats tirés des données Homebase
aux résultats en matière d'emploi de l'enquête sur la population actuelle
(CPS). Nous constatons que les travailleurs qui ont connu des augmentations
plus importantes de la générosité de l'assurance-chômage n'ont pas connu de
baisse plus importante de l'emploi lorsque l'extension des prestations est
entrée en vigueur. En outre, nous constatons que les travailleurs confrontés à
des augmentations plus importantes des prestations d'assurance-chômage ont
retrouvé leur ancien emploi au fil du temps à des taux similaires à ceux des
autres travailleurs. Rien n'indique que des prestations plus généreuses aient
eu un effet dissuasif sur le travail, que ce soit au début de l'expansion ou
lorsque les entreprises ont cherché à reprendre leurs activités au fil du
temps. Dans les recherches futures, il sera important d'évaluer si les mêmes
résultats s'appliquent lorsque les États rouvrent leurs portes, et d'analyser
les effets des taux de remplacement élevés de l'assurance-chômage sur la
réaffectation de la main-d'œuvre au sein des entreprises et entre elles.
https://web.archive.org/web/20200728003002/https://tobin.yale.edu/sites/default/files/files/C-19%20Article
s/CARES-UI_identification_vF(1).pdf
Les programmes de transferts ciblés pour les citoyens pauvres sont devenus de
plus en plus courants dans les pays en développement. Pourtant, les décideurs
politiques - tant dans les pays en développement que dans les pays développés -
s'inquiètent souvent du fait que ces programmes tendent à décourager le
travail. Nous analysons à nouveau les données de sept essais contrôlés
randomisés portant sur des programmes de transferts monétaires gérés par le
gouvernement dans six pays en développement et ne trouvons aucune preuve
systématique que les programmes de transferts monétaires découragent le
travail. https://scholar.harvard.edu/files/remahanna/files/151016_labor_supply_paper_draft_final.pdf
Le sujet est
donc à creuser. Un compromis est toutefois nécessaire à faire entre le
bien-être social des chômeurs et la diminution des prestations sociales qui
pourrait avoir un effet sur le fait de retrouver un emploi. Ou au pire, on
abolit le système capitaliste pour ne pas avoir à faire ce choix là.
La combinaison des prestations et ses effets sur le
niveau de vie



https://www.aide-sociale.fr/infographie-fraude-sociale-particulier-entreprise/

https://www.assurance-maladie.ameli.fr/presse/2024-03-28-dp-lcf
Même le gouvernement assume que les fraudes aux RSA c'est des mafias
spécialisées qui ont bcp d'argent
https://www.vie-publique.fr/discours/289626-gabriel-attal-30052023-plan-de-lutte-contre-la-fraude-sociale

Ce que le gouvernement
ne dit pas
J’avais fait
le calcul : pour que plus personne ne vive en France sous le seuil actuel de
pauvreté, il faudrait environ 20 milliards d’euros. C’est à peu près ce dont
les 10 % les plus riches bénéficient annuellement en réductions fiscales
successives SUR LE SEUL IMPÔT SUR LE REVENU depuis 2000 !
Seuil de pauvreté monétaire (60 % du médian) = 1 288€ / mois = 15 456€ / an
Taux de pauvreté ≈ 15,4 % (soit environ 9,86 millions de personnes)
Revenu médian des personnes pauvres ≈ 12650 € / an <= le revenu moyen n’existe pas, on va partir du principe que le revenu médian est une bonne approximation
Intensité de la pauvreté : 19.2%
L'essentiel sur... la pauvreté | Insee
(2023)
Déficit total=(Seuil−Revenu moyen des pauvres)×Nombre de pauvres =
(15456−12650) x 9860000
≈ 27.7 mds €/an
il faut 27.7 mds€ / an pour éliminer la pauvreté en france
en moyenne, les habitants du 93 recevaient 8 403 euros de transferts de la
protection sociale par an, contre 12 144 euros en moyenne dans le Var, le
record national. Ainsi, en moyenne, un habitant de Seine-Saint-Denis apporte 9
343 euros de recettes par an à la protection sociale. Seuls six départements
font plus en France métropolitaine (Paris, Hauts-de-Seine, Yvelines, Rhône,
Haute-Garonne et Alpes-Maritimes) ! Là encore, cela s’explique par un effet de
composition : la population de Seine-Saint-Denis étant très jeune, une grande
partie de sa population est active, et cotise donc.
https://medias.vie-publique.fr/data_storage_s3/rapport/pdf/164000263.pdf
45,2 milliards d’euros de travaux et d’interventions
qui ont eu lieu dans le cadre du PNRU.
Mais ce chiffre ne dit absolument rien de l’effort public qui a été fourni pour
les banlieues. Si l’on décompose les 45,2 milliards, l’essentiel (20,5
milliards) a été apporté par les organismes HLM, donc essentiellement par les
locataires du parc social, via leurs loyers.
Le deuxième gros morceau (11,7 milliards) a été financé par l’Agence nationale
pour la rénovation urbaine (Anru), dont les fonds proviennent du 1 % logement,
une taxe qui pèse sur la masse salariale et que les entreprises sont tenues de
verser pour participer à l’effort de construction. 9,6 milliards d’euros sont
issus des collectivités territoriales (communes, intercommunalités,
départements, régions) et 3,6 milliards d’euros ont été versés par d’autres
organismes comme l’Etat, l’Europe, ou d’autres institutions publiques.
Même en comptant large, la puissance publique ou parapublique a versé
directement une grosse vingtaine de milliards d’euros pour un plan qui s’est étalé
sur près de 20 ans, soit un peu plus d’un milliard d’euros par an. A titre de
comparaison, le plan de relance post-Covid a débloqué 5 milliards d’euros pour
les territoires ruraux.
En 2022, ils s’élevaient à 558 millions d’euros, soit 31 % de plus qu’en 2018. Cet argent est distribué notamment sous la forme de « 20 000 subventions allouées majoritairement aux associations qui conduisent des actions tournées vers les publics prioritaires », rappelle la Direction générale des collectivités locales (DGCL) dans un rapport de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV). A cette ligne budgétaire spécifique, s’ajoutent des mesures fiscales, comme l’exonération de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) pour les petits commerces dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV). Coût total de toutes les exonérations pour l’Etat : 235 millions d’euros en 2022.
Autre coup de pouce : l’évolution des transferts de l’Etat aux communes, via la montée en puissance de la dotation de solidarité urbaine (DSU). Pilier de la politique de péréquation financière – système dans lequel les communes pauvres sont favorisées par rapport aux communes plus aisées –, elle a permis aux communes fragiles de se partager près de 2,6 milliards d’euros en 2022, contre seulement 1,7 milliard en 2015.
A cette DSU, s’ajoute la dotation politique de la
ville (DPV), versée par l’Etat aux communes particulièrement précaires. Elles
ont pu se partager 150 millions d’euros supplémentaires en 2022.
https://www.alternatives-economiques.fr/social/portrait-des-nouveaux-quartiers-prioritaires-20141121-00000237.html%20Alternatives%20Economiques
Nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a pas eu de changements concernant les zones où cette politique à pris place et prend encore place. Cependant, comme l’indique la source de l’image ci-dessus [https://www.anru.fr/actualites/un-premier-bilan-devoile-pour-le-programme-national-de-renovation-urbaine] le bilan est « quantitatif » et non qualitatif.
Nous n’allons pas nous attarder grandement sur toute cette politique (cela serait trop long et pas le plus pertinent). Simplement à ceux qui disent que les quartiers qui ont reçu cette politique seraient devenus riches, où qu’ils n’y aurait plus de problème de pauvreté en raison des milliards injectés, cela est complètement faux. Dressons ainsi rapidement le bilan :
En premier lieu, il convient de noter que cette politique n’a pas eu que pour but de réduire la pauvreté, mais aussi de permettre une plus grande mixité sociale : « Répartis sur 859 communes, les 1 514 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) sont aujourd’hui peuplés de 5,4 millions d’habitants, représentant 8 % de la population française. Selon un rapport de la Cour des comptes, les immigrés sont par exemple surreprésentés dans les QPV (27,2 % contre 12,9 % au niveau national).] Ils concentrent la pauvreté, la délinquance, la violence sociale et l’insécurité. Autant de réalités concrètes auxquelles cette politique volontariste de démolition/reconstruction voulait remédier en transformant l’habitat, en sécurisant les espaces publics, en désenclavant les quartiers par les transports urbains (bus, métros, tramways). Le but était d’y attirer de nouveau les classes moyennes qui les avaient massivement quittés pour l’habitat pavillonnaire périurbain. »
[https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/08/08/politique-de-la-ville-nous-mesurons-aujourd-hui-combien-il-est-plus-facile-d-agir-sur-le-bati-que-sur-le-peuplement-et-les-pratiques-sociales_6184825_3232.html]
Une baisse de la pauvreté a été constatée « l’étude la plus complète sur le sujet, publiée par le Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques de Sciences Po, date de 2017 [ https://www.sciencespo.fr/liepp/fr/content/quels-effets-de-la-renovation-urbaine-sur-les-quartiers-cibles ] : elle montre que les quartiers en rénovation urbaine ont connu, en dix ans, une baisse de la pauvreté de 1 point par rapport aux quartiers équivalents non ciblés par le PNRU. Et que cette baisse, bien supérieure dans les quartiers où les démolitions ont été les plus intenses (– 4,5 points), semble s’expliquer par le relogement des plus pauvres à l’extérieur plutôt que par l’arrivée de ménages plus aisés. » [https://www.lemonde.fr/- societe/article/2023/08/08/la-renovation-urbaine-a-t-elle-ameliore-la-mixite-sociale_6184813_3224.html]
Ce n’est pas en réduisant les inégalités (de très peu et à très long terme) que l’on règle la source de ces inégalités. Malgré les politiques urbaines, malgré plus de transport, les problèmes sont toujours là. Et cela n’a non plus influé sur la qualité des services publics : « Sur les autres politiques, il faudrait plutôt réfléchir aux non-milliards qu’on ne met pas dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville [QPV]. L’Etat sous-investit à hauteur de 1 milliard d’euros dans les domaines de l’éducation, de la sécurité et de la justice. La Seine-Saint-Denis compte, par exemple, deux fois moins de policiers que l’Indre, alors qu’il y a vingt fois plus de crimes et délits. On envoie aussi dans ces quartiers les professeurs les plus jeunes et les moins expérimentés, donc avec un salaire plus bas. [...] Selon nos calculs, l’Etat investit environ 5 milliards dans les quartiers, pour 5,6 millions d’habitants en QPV. A titre de comparaison, on donne 20 milliards de subventions par an pour 600 000 actifs dans l’agriculture. Et personne ne reproche aux personnes âgées ou malades de coûter plus cher à la collectivité en soins de santé. Les habitants des QPV sont trois fois plus pauvres que les autres : qu’ils reçoivent, au nom de la solidarité nationale, un soutien plus important, c’est aussi normal. »
[https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/08/08/quartiers-pauvres-il-faut-faire-avec-les-habitants-ce-qu-on-a-fait-avec-les-batiments_6184814_3224.html]
Basons nous sur les moments forts de ce rapport de l’institut montaigne afin de dresser un constat qui rendre dans le cadre de notre étude.
[https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/rapport_lavenir-se-joue-dans-les-quartiers-pauvres.pdf ]
Tout d’abord, la pauvreté y est bien plus présente que sur le reste du territoire français : « Le taux de pauvreté – soit la part de la population ayant un revenu inférieur à 60 % du niveau de vie médian – y est trois fois plus élevé que dans le reste de la France métropolitaine (43,8 % contre 14,5 % en 2018) et le taux de chômage est quant à lui 2,5 fois supérieur (22,5 % contre 8,4 % en 2019). »
Et sur les services publiques, le constat est aussi déplorable :
« Les QPV font face à un niveau inférieur d’équipements publics, d’infrastructures et de moyens humains dans toute une série de domaines cruciaux pour la vie des habitants.
Petite enfance et éducation :
40 % des QPV ne disposent pas d’une crèche, 1/3 des QPV n’ont pas de crèche à moins de 500 mètres et les places disponibles n’y couvrent que 22 % des besoins, alors même que le taux de familles monoparentales s’élève à 24,1 % en QPV contre 15,7 % au niveau national. L’offre de crèche par enfants de moins de 3 ans est 6 fois inférieure à la moyenne nationale.
68 % des enfants des familles les 20 % les plus riches ont accès à un mode de garde (collectif ou individuel) contre seulement 9 % pour les plus pauvres (rapport de 1 à 7).
C’est dans les quartiers avec le plus de difficultés scolaires (1 jeune sur 6 décrocheur) que les enseignants sont les plus jeunes et moins expérimentés : 34,4 % des enseignants ont moins de 35 ans alors qu’ils ne représentent que 23,3 % des enseignants au niveau national.
Les élèves scolarisés dans l’académie de Créteil perdent en moyenne une année de scolarité obligatoire du fait d’absences de professeurs non remplacés.
Insertion professionnelle :
Alors que le taux de chômage est près de 3 fois plus élevé en QPV que dans le reste du pays :
Les 2/3 des QPV n’ont pas de bureau Pôle emploi implanté à moins de 500 mètres et les 4/5 des QPV n’ont pas de missions locales implantées à moins de 500 mètres.
Santé :
Les QPV comptent 248,8 professionnels de santé libéraux pour 100 000 habitants, contre 395,7 pour 100 000 en France métropolitaine, ce qui correspond à environ 37 % de moins.
La différence est encore plus marquée pour les médecins spécialistes, puisque les QPV comptent 30,8 médecins spécialistes pour 100 000 habitants, contre 67,1 pour 100 000 habitants au niveau de la France métropolitaine. Il y a donc plus de deux fois moins de spécialistes par habitant en QPV, le taux de spécialistes par habitant étant inférieur de près de 54 % à la moyenne nationale.
Les QPV comptent 2,3 fois moins de pédiatres que la moyenne nationale, avec une population d’enfants en bas âge plus importante (1/3 d’enfants de plus que la moyenne nationale). Il y a 10,6 pédiatres pour 100 000 habitants en QPV, contre 24 pédiatres pour 100 000 habitants en métropole, soit un nombre de pédiatres par habitant inférieur de près de 56 % à la moyenne nationale.
Culture, sports et loisirs :
Il y a 36 % de bibliothèques en moins par habitant dans les QPV que dans le reste du territoire.
On y retrouve trois fois moins d’équipements sportifs que dans le reste du territoire.
Transports et communications :
On y compte deux fois plus de ménages sans voitures, avec un niveau de transports publics inférieur.
40 % des habitants n’ont pas le permis de conduire.
160 QPV ne disposent d’aucune desserte en transports, soit environ 10 % des QPV.
20 % des QPV sont situés à plus de 500 mètres d’un bureau de poste. »
Toutes les sources sont dans le rapport mentionné.
Ainsi, malgré ces milliards, le taux de pauvreté reste et est très élevé vis-à-vis du reste du territoire, et les services publics ne sont pas en bon état (lorsqu’il y en a…), ou ne conviennent pas aux attentes de la population. Mais ne nions pas tout de même l’amélioration de la qualité des logements, cependant les discriminations restent.
Le biais des survivants est une forme de biais de sélection consistant à surévaluer les chances de succès d'une initiative en concentrant l'attention sur les sujets ayant réussi mais qui sont des exceptions statistiques plutôt que des cas représentatifs.

Nous pouvons citer comme exemple le fait que les
personnes ont tendance à croire que le succès financier est facile si on
travaille dur, qu’on est talentueux etc.. et se concentre sur des cas
spécifiques comme les bill gates, Elon Musk, Mark Zuckerberg etc..
Nous remarquons aussi que c’est le cas pour le trading alors que la majorité de
personnes échouent à se faire du revenue en échangeant des stocks
la plupart des traders journaliers perdent de l'argent ; comme dans un casino,
plus vous tradez longtemps, plus vous risquez de perdre de l'argent : 30% des
traders rentables n'ont tradé que pendant 1 jour ; 15% <51 jours ; ~7%
<301 jours ; et 3% >300 jours :
https://cdn.discordapp.com/attachments/742557921849901077/805889338352861204/chague2019.pdf
Freud est un charlatan:
Freud écrit que la cause de la neurasthénie (on dirait aujourd’hui « dépression
» ou « syndrome de fatigue chronique ») est toujours « la masturbation
excessive ou des pollutions accumulées ».
la célèbre lettre du 21
septembre, Freud dit abandonner sa théorie de la séduction 2 pour plusieurs raisons, dont
celles-ci : « Les déceptions continuelles dans les tentatives pour mener une
analyse à son véritable terme, la fuite des personnes qui pendant un certain
temps avaient été les mieux accrochées, l’absence des succès complets sur
lesquels j’avais compté, la possibilité de m’expliquer autrement, de la manière
habituelle, les succès partiels ».
https://www.afis.org/Les-desillusions-de-Freud-sur-l-efficacite-therapeutique-de-sa-methode-1
La psychothérapie impliquant les thérapies comportementales-cognitives(non
freudienne mais s’appuyant sur les théories cognitives) doivent être favorisées
par leur méthode + scientifique, cependant la psychanalyse obtient les mêmes
effets significatifs de réductions de troubles psy par rapport à la TCC et sont
des méthodes supérieurs comparées à la prise médicamenteuse
L’efficacité des
psychothérapies inspirées par la psychanalyse : une revue systématique de la
littérature scientifique récente
Pour comprendre les différentes méthodes :
Psychothérapie :
définition, bienfaits, déroulement d'une séance
« [la norme d’allégeance] pourrait être définie comme
la valorisation sociale des individus qui, que ce soit de manière interne ou
externe, excluent, dans leurs explications de ce qui leur arrive ou de ce
qu’ils font, toute responsabilité critique de l’environnement social (Gangloff,
1998). »






Les crises nous rendent-elles plus autoritaires ? Codec #1
(résumé IA de la vidéo à partir des sous-titres)


Dans le dernier
rapport biennal des NIH au Congrès, par exemple, les mots génomique, génome et
génétique sont utilisés 556 fois au total. En comparaison, d'autres mots tels
que "déterminants sociaux de la santé", "discrimination", "pauvreté",
"statut socio-économique", "racisme" et "sexisme"
n'apparaissent que 15 fois dans l'ensemble des 441 pages du rapport. Au cours
de la décennie 1994-2005, les NIH ont financé 22 000 études sur la génomique,
dont 1 300 portaient sur la race, les gènes et la maladie. Le nombre de
subventions accordées pour étudier le lien entre la santé, le racisme et la
discrimination raciale ? Seulement 44.
Racial Differences in Addiction and Other Disorders
Aren't Mostly Genetic
https://report.nih.gov/biennialreport/NIH_Directors_Biennial_Report.pdf
Les humains :
2010 review: les humains ont une faible valeur F_st : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0168952510000788
Des travaux plus récents suggèrent que la FST de l'espèce humaine pourrait en
fait être plus faible, entre 0,05 et 0,13 23, 24, 25, 26, 27 pour les SNP
autosomiques (tableau 1), c'est-à-dire entre un tiers et la moitié de celle
observée chez le gorille (Gorilla gorilla ; FST = 0,38 [28]) et entre le
chimpanzé occidental et le chimpanzé oriental (FST = 0,32 [15]) bien que les
humains occupent une zone géographique beaucoup plus vaste [29]. En bref, non
seulement l'homme présente la plus faible diversité d'espèces parmi les
primates [30], mais il est également subdivisé en populations plus étroitement
apparentées que toute autre espèce de primates, à l'exception peut-être des
bonobos (Pan paniscus) [18]. [....] Le degré limité de différenciation entre
les populations humaines ne suggère pas une histoire d'isolement et de
différenciation à long terme, mais plutôt que la variation du génome a été
principalement façonnée par notre origine relativement récente à partir d'un
petit nombre de fondateurs 32, 33 qui se sont dispersés pour coloniser la planète
entière 34, 35.
Chez nous cette variation génétique s'explique qu'à 2% pourcent par la race(les 5 “races” au sens sociologique du terme càd eurasien, oceanien etc..)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4756148/
Richard Lewontin a fait
valoir [1] que, étant donné que la proportion de variation génétique entre les
races supposées est faible, la race chez les humains, la taxonomie raciale ne
sert aucun objectif utile chez les humains En effet, sa conclusion est
qu'environ 85 % de la diversité génétique totale se trouve au sein des
populations locales (par exemple, au sein d'une même tribu ou d'un même groupe
ethnique). Seulement environ 6% de la variation se trouve entre les grands
groupes traditionnellement appelés "races" (par exemple, entre les
populations d'Afrique, d'Europe et d'Asie). De cela, Lewontin a conclu que la
catégorisation raciale en biologie n'a pas de pertinence scientifique, car deux
individus d'une même "race" peuvent être aussi différents
génétiquement l'un de l'autre que deux individus de "races"
différentes. Cependant, Edwards concédait qu'en examinant un seul gène (locus),
il est impossible d'assigner un individu à une "race" avec précision.
Cependant, il a démontré qu'en examinant plusieurs gènes à la fois, on peut
identifier des corrélations statistiques qui permettent d'assigner les
individus à leurs groupes d'origine avec une très grande précision. Selon
Edwards, ignorer cette "structure de corrélation" dans les données
génétiques était l'erreur de Lewontin. Il a nommé cette erreur présumée le
"Lewontin's fallacy".
pour Roseman, edwards aurait
confondu deux choses
bien
premier cas, on a un ancêtre commun dont découle 4 populations A B C D qui vont
évoluer au même moment et de manière indépendante sur disons 4 îles différentes
uniquement à travers un drift génétique aléatoire
Conséquence : les corrélations évolutif sur le graphique ci dessous entre
chaque population est de 0
Cela signifie que le hasard qui a fait évoluer la population A n'a aucun lien
avec le hasard qui a fait évoluer la population B. Leurs trajectoires sont
totalement indépendantes.
« Supposons que les loci considérées ne soient pas en déséquilibre de liaison
au sein des populations. Les variations évolutives des fréquences alléliques au
niveau d'un locus ne nous permettraient pas de prédire les variations des
fréquences alléliques ailleurs dans le génome, car l'évolution de chaque locus
est indépendante. »
On va supposer ensuite que les gènes
étudiés ne sont pas physiquement liés aux chromosomes (ou s'ils le sont, ils se
comportent comme indépendants). et au sein d'une même population, l'évolution
du gène X (par exemple, celui qui influence la couleur des yeux) est
indépendante de l'évolution du gène Y (par exemple, celui qui influence la
couleur de la peau).
« Si l'on fait abstraction du flux génétique, de la sélection et des mutations, des lignées évoluant indépendamment les unes des autres et descendant d'un ancêtre commun unique donneront lieu à un ensemble varié de fréquences alléliques au sein des populations, en fonction des fréquences alléliques ancestrales, de la taille des populations et du temps écoulé depuis l'ancêtre commun. »
Résultat : Après un certain temps, chaque population aura des fréquences
alléliques différentes pour chaque gène, et ces différences seront le pur
produit du hasard.
CONCLUSION : « Même lorsque les variations des fréquences alléliques entre les loci ne présentent aucune corrélation, les différences de fréquences alléliques entre les groupes nous permettent de classer les individus dans des groupes. Des corrélations intra classes solides — c'est-à-dire la tendance des valeurs des caractères à se regrouper au sein des groupes — au niveau des fréquences alléliques dans un ensemble de populations sont possibles, même lorsque ni les populations, ni les loci au sein de ces populations n'évoluent de manière corrélée. »
Même dans ce scénario d'indépendance totale (populations indépendantes ET gènes
indépendants), on peut quand même assigner des individus à leur population
d'origine.
A : 70% de yeux bleus, 90% peau clair
B : 80% yeux bleus, 20% peau clair
Indépendance des gènes : Le fait que A ait 70% d'yeux bleus n'a rien à voir
avec le fait qu'elle ait 90% de peau claire. Ces deux traits ont évolué
indépendamment par hasard.
Indépendance des populations : A et B ont évolué séparément. Leurs trajectoires
ne sont pas liées.
Pourtant, on peut assigner : Un individu à la peau claire vient très
probablement de A (90% vs 20%). Un individu à la peau foncée vient très
probablement de B (80% vs 10% pour A).
Ce que Roseman appelle "corrélation intraclasse robuste" : C'est le
fait que les individus d'un même groupe se ressemblent plus entre eux qu'avec
ceux des autres groupes, même si cette ressemblance est due au hasard et non à
une histoire partagée.
« Cela diffère des corrélations entre les résultats évolutifs, qui sont
évaluées en fonction de la manière dont les changements évolutifs observés dans
des lignées évoluant de manière aléatoire sont corrélés en raison d'une
ascendance commune. »
Edwards a vu qu'on pouvait
assigner les individus (corrélation intraclasse) et en a conclu que Lewontin
avait tort de rejeter les races.
Roseman répond : Le fait qu'on puisse assigner des individus ne nous dit rien
sur les causes évolutives de ces différences. On peut avoir une excellente assignation
(corrélation intraclasse forte) sans aucune corrélation des résultats évolutifs
(pas d'histoire commune récente).
.0on peut les distinguer
statistiquement, oui, grace à des combinaisons aléatoires qui font qu'on
retrouve + un allele dans une population a ke b, SACHANT MEME qu'on a EXCLU la
selection naturelle, migrations etc.. meme qd il reste seulement la derive
genetique aléatoire, tu peux qd meme assigner un individu à une population X
parske le jeu aléatoire fait qu'on trouvera des proportions differentes de
chaque alleles dans chaque population

le modèle racialiste classique :
Race 1 : Populations
A et B
Race 2 : Populations C et D
Dans ce modèle, les populations d'une même "race" (A et B) partagent
un ancêtre commun récent (le nœud après la séparation des races).
Résultat :
Les trajectoires évolutives de A et B sont corrélées parce qu'elles ont évolué
ensemble pendant longtemps après s'être séparées des autres.
En revanche, une comparaison entre A et C (qui traversent la racine de l'arbre)
montre une indépendance évolutive : leurs chemins sont séparés depuis le tout
début.
En termes simples : Dans ce modèle, les populations d'une même race partagent
une histoire commune récente, donc leur évolution est liée. Les populations de
races différentes ont des histoires totalement séparées.
Imaginons maintenant qu'on analyse les données du modèle racial (Figure 1C)
mais en faisant comme si elles venaient du modèle indépendant (Figure 1A).
C'est-à-dire qu'on suppose que toutes les populations ont évolué de manière
totalement indépendante.
Que ferait-on comme erreur ?
On ignorerait le fait que A et B sont liées évolutivement.
On supposerait faussement que la corrélation des résultats évolutifs entre A et
B est zéro (alors qu'elle est forte dans la réalité du modèle).
Cela serait effectivement une erreur : ignorer la structure de corrélation due
à l'ascendance commune.
Lewontin n'a jamais fait cela. Lewontin a justement pris en compte cette
structure.
Quand Lewontin a calculé la variation entre les races (les fameux 6-15%),
il a en fait mesuré une corrélation intraclasse. C'est-à-dire qu'il a regardé
si les individus se ressemblent plus au sein d'une même race qu'entre races
différentes.
Roseman précise que cette corrélation intraclasse existe parce que les
catégories raciales coïncident incidemment avec une fraction de la variation
entre populations
C'est comme si tu regroupais des livres par couleur de couverture : tu
trouverais peut-être des différences de contenu entre les groupes de couleurs
(par hasard, ou parce que les éditeurs ont des habitudes), mais cela ne
signifie pas que la couleur de couverture est une catégorie pertinente pour
comprendre le contenu des livres.
« Edwards a proposé un scénario dans lequel il existe deux groupes présentant
des fréquences différentes de deux allèles sur un nombre variable de loci. À
chaque locus, un allèle cible est fixé à une fréquence de 0,3 dans une
population et de 0,7 dans l'autre. Il n'a pas précisé comment les fréquences
alléliques de ses populations d'exemple avaient évolué à partir d'une
population ancestrale commune. »
Roseman pousse la logique d'Edwards jusqu'au bout pour montrer ce qu'elle implique :
Si on part d'un ancêtre commun avec des fréquences de 0,5 partout, et qu'on arrive à :
Population 1 : 0,3 partout
Population 2 : 0,7 partout
Cela signifie que :
Tous les gènes ont changé exactement de la même manière dans chaque population (ils ont tous bougé de -0,2 dans une population, +0,2 dans l'autre).
Les trajectoires des deux populations sont anti-corrélées (quand l'une monte, l'autre descend).
Au sein de chaque population, tous les gènes sont parfaitement corrélés (ils évoluent en parfait synchronisme).
Ce scénario est totalement irréaliste pour des données génétiques humaines. Il ressemblerait plutôt à une situation où tous les gènes sont soumis à la même pression de sélection naturelle extrêmement forte et directionnelle.
“ De plus, si la sélection naturelle a sans aucun doute été à l'origine de l'évolution d'au moins certains des loci de Lewontin, il est extrêmement improbable qu'ils aient évolué par sélection de la même manière que le suggère l'exemple d'Edwards. Les données de Lewontin se rapprochent davantage des hypothèses de notre modèle de loci indépendants évoluant de manière aléatoire, dont les trajectoires ne présentent des corrélations que dans la mesure où les populations pourraient partager une ascendance commune, que de l'exemple extrême d'Edwards.
« À aucun moment dans son article, Lewontin n'a affirmé que les individus ne pouvaient être rattachés à des groupes. Edwards a confondu la classification taxonomique, qui est le sujet de Lewontin, avec le rattachement des individus à des groupes, quelle que soit la manière dont ces groupes sont définis. »
Ce qu'il disait, c'est que la classification raciale (mettre les gens dans des grandes catégories comme "Blancs", "Noirs", "Asiatiques") n'est pas utile scientifiquement pour comprendre la variation humaine.
Edwards a confondu deux choses :
L'assignation : capacité à dire "cet individu vient probablement de telle population" (possible, et Lewontin ne le nie pas)
La classification taxonomique : affirmation que ces catégories représentent des unités biologiques fondamentales (ce que Lewontin conteste)
On peut assigner des individus à des races définies de mille façons différentes (par la couleur des yeux, par la taille, par n'importe quel trait qui diffère entre groupes), du moment que ces groupes ont des fréquences différentes. Cela ne prouve pas que ces groupes sont des "races" au sens biologique du terme.
Exemple absurde : Si tu regroupes les humains selon la pointure de chaussures, tu trouveras probablement des différences génétiques entre les "petits pieds" et les "grands pieds" (car la pointure est corrélée à la taille, elle-même corrélée à des facteurs génétiques et environnementaux). Pourtant, personne ne soutiendrait que la pointure de chaussures est une catégorie raciale valide.
Les races traditionnelles :
Sont arbitraires (définies historiquement par des traits visibles)
Coïncident avec une petite partie de la variation humaine
Ne reflètent pas les vrais patterns de flux géniques, de dérive et d'ascendance commune qui ont structuré la diversité humaine

« La figure 1E
illustre une série itérative d'événements de ramification commençant par
l'ancêtre de tous les groupes, où A se sépare de B, C et D ; un autre événement
dans lequel B diverge de C et D ; et un autre où C et D prennent des voies
évolutives distinctes. La matrice de corrélation intra populationnelle
correspondante (figure 1F) présente une structure de corrélation plus complexe
que le modèle racial. Elle se rapproche davantage de la situation observée dans
les populations humaines que le modèle racial, dans la mesure où l'on pourrait
imaginer que A et B habitent en Afrique tandis que C et D occupent des régions
ailleurs. »
« Supposons que nous
appliquions notre modèle racial (figures 1C et 1D) à notre scénario final
(figures 1E et 1F), comme le préconisent certains psychologues évolutionnistes.
Nous ignorerions alors des éléments clés des corrélations observées dans les
résultats évolutionnaires, tels que la corrélation significative entre le
groupe B et les groupes C et D. De même, nous introduirions une corrélation
positive entre A et B là où il n’en existe en réalité aucune. »
« Cette erreur est encore aggravée par le fait que le flux génétique et les différents rythmes d'évolution par dérive génétique constituent des causes importantes de la structure de corrélation de la variation humaine. Il s'agit là d'une ignorance délibérée de la structure de corrélation des données, ce qui correspond au sophisme de Lewontin. »
« Le recours à des modèles raciaux manifestement erronés a de graves implications pour les affirmations des psychologues évolutionnistes concernant les causes des différences raciales supposées. Les phylogénies entre les espèces et les matrices des corrélations évolutives entre les populations au sein d'une même espèce reflètent des histoires évolutives riches, à plusieurs niveaux, caractérisées par des ramifications et des anastomoses. Ce n'est pas le cas des taxonomies raciales simplistes. »
« En commettant le sophisme de Lewontin, les psychologues évolutionnistes orientent leurs analyses de manière à produire des résultats trompeurs qui semblent hautement significatifs sur le plan statistique par simple hasard, tout comme le fait de ne pas tenir compte des liens phylogénétiques peut causer des problèmes dans les analyses comparatives interspécifiques. »
et
maintenant, pour être concret, voici des preuves qui viennent directement du
secteur de la recherche médicale :
Après avoir examiné l'intégration de la variable « origine ethnique » dans une
formule servant à estimer la fonction rénale — une pratique qui fait l'objet
d'une attention croissante —, un groupe de travail conjoint de la National
Kidney Foundation (NKF) et de l'American Society of Nephrology (ASN) recommande
désormais l'utilisation d'une nouvelle formule qui ne tient pas compte de cette
variable pour évaluer la fonction rénale.
Task Force Advises Excluding Race as Factor in Estimates of Kidney Function | Health Policy
La
notion de race a été intégrée dans des algorithmes médicaux, notamment dans les
équations de référence utilisées en spirométrie, en partant du principe que la
race est un concept biologique, ce qui s'explique par le constat selon lequel
les populations afro-américaines et asiatiques présentent une fonction
pulmonaire (c'est-à-dire le volume expiratoire maximal en une seconde et la
capacité vitale forcée) inférieure à celle des populations blanches.
Reconnaissant que la race est une construction sociale et que son utilisation
dans les algorithmes médicaux peut contribuer aux inégalités en matière de
santé, cette pratique a été remise en question. Cette remise en question,
combinée à des données récentes, a conduit l'American Thoracic Society à
recommander l'utilisation d'équations de référence neutres sur le plan racial
pour la spirométrie en 2023.
How I Teach Racial
Categorization in Reference Equations Used to Interpret Spirometry | ATS
Scholar | Oxford Academic
suite à de nouveaux résultats empiriques ,de nombreux instituts médicales
appellent à arrêter de feed la race comme un critère sérieux en médecine sauf
lorsqu'il y a des faits concrets, en effet, dans le cadre par exemple de la
fonction rénale
Dans le cadre des reins, le biais racial systematique introduisait une
diminution de la prise en charge des noirs, du groupe noir, vu que le facteur
racial n'est pas un bon facteur car il est simplement le proxy à d'autres
facteurs biologiques(ancetres) et environnementale(mode de vie, condition socio
economique etc..), et la mise en place d'un nouveau facteur sans race(en ayant
une cohorte + elevée pour modifier les coef existant dans lequation) a permi
d'eliminer le besoin d'inclure un facteur race noir qui surestime
(systématiquement la condition medicale des noirs) tout en gardant une
precision constante pour les noirs… Si ca permet de rendre les choses plus
clairs à pourquoi la possibilité de faire des races n’a aucun sens… Et provoque
même d'énormes problèmes pour les personnes racisées…

https://www.nationalacademies.org/read/27913/chapter/6
Les variations sont clinales, elles se font par la distance :

Going the distance: human population genetics in a clinal world - ScienceDirect
le découpage sera FORCÉMENT
arbitraire
c’est tellement
arbitraire que Leslie (2015) a divisé la Grande-Bretagne en plus de dix groupes
génétiques distincts sur la base de migrations récentes (moins de 1 000 ans),
mais les différentes populations britanniques ne semblent pas présenter de
différences significatives, c’est INUTILE, c’est pour ca qu’on méprise la
conception racialiste :

The fine-scale genetic
structure of the British population | Nature

Si les QI en afrique sont bas, ce n’est certainement pas
dû, en premier lieu, à une cause biologique
Premièrement, il y a plus de 260 millions d’enfants
qui ne vont pas à l'école, école qui permettrait de leur donner une éducation
et par la même occasion, augmenter leur QI.
260 million children aren’t in school. Our new global
fund can fix that | Gordon Brown
Les estimations tournent désormais + autours de 75
https://sci-hub.se/10.1016/j.paid.2012.06.022
De plus, Jensen et Lynn ont exclu toutes les études qui donnaient des QI +
élevés aux africains sans véritable explication. Cela tend alors à montrer un biais
à l'encontre des africains.
Controversial study of African IQ levels is 'deeply flawed'
la génétique n’a probablement aucun impact avec cette
difference
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1002/ajpa.24216
le QI national est très fortement associé aux indicateurs de développement
national (à gauche), ce qui rend l'inférence causale très difficile ; le QI est
peu corrélé à la distance par rapport aux origines africaines : http://www.iapsych.com/iqmr/fe/LinkedDocuments/wicherts2010e.pdf

Trahan et al 2014 : méta-étude : plusieurs pays : l'effet Flynn n'a pas diminué
; l'effet reste constant ou plus important dans les tests modernes : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4152423/

Pietschnig et Voracek 2014 : méta-étude : l'effet Flynn a diminué mais ne s'est
pas inversé (croissance plus lente mais croissance quand même) : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25987509/

Consensus scientifique sur l’effet flynn :
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0191886916310984
réfutation de l’effet anti flynn

Demain, tous crétins? Edition 2023 – Ramus Méninges
Critique des nazis :
étude d’un
l’effet anti flynn par..richard
lynn, ne réfute absolument pas la nouvelle meta analyse de 2023 avec une taille
d'échantillon bien + élevée,
sachant qu’une meta analyse a davantage de poids qu’une revue de littérature et
que richard lynn est un psychologue extrement controversé, c’est notamment un
suprematiste blanc
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0160289616300198
https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Lynn#Racisme_et_positions_en_faveur_du_supr%C3%A9macisme_blanc
Sachant que pour la meta analyse de 2023, l’augmentation tient toujours pour
les pays riches

mais que pour la période récente, il y aurait effectivement un ralentissement
voir un anti flynn, mais cela reste à démontrer.
l’effet flynn concerne principalement des composants du QI sous chargé en
facteur G:
http://www.iapsych.com/iqmr/fe/LinkedDocuments/nijenhuis2013.pdf
Les temps de réaction ont ralenti depuis 1880, ce qui suggère une baisse du
niveau d'intelligence. le temps de réaction étant très chargé en facteur g,
cela aurait tendance à nous dire que l'intelligence générale a diminué https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0160289613000470
cependant
le temps de reaction simple est corrélé faiblement au facteur g
https://psycnet.apa.org/record/2007-19049-003
et cela notamment
chez les jeunes adultes, alors meme que l’étude precedente se baserait sur des
jeunes adultes

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160289617300636
à cela on rajoute que
Par exemple, dans des études menées entre 1884 et 1893, Francis Galton a
enregistré des latences SRT visuelles comprises entre 181 et 189 ms chez des
sujets âgés de 18 à 60 ans (Johnson et al., 1985). Ces latences sont
considérablement plus courtes que celles rapportées dans des études SRT
récentes (Lowe et Rabbitt, 1998 ; Deary et al., 2001 ; Deary et Der, 2005 ; Der
et Deary, 2006). Compte tenu de la corrélation entre les SRT et l'intelligence
fluide (Deary et al., 2001 ; Bugg et al., 2006), Woodley et al. (2013) ont
conclu que le ralentissement des SRT dans les études récentes reflétait une
réduction systématique de la vitesse de traitement, et donc de l'intelligence
fluide, dans les populations contemporaines. Cependant, une autre explication
du ralentissement apparent des SRT est que les latences SRT rapportées dans les
études récentes ont été gonflées par des retards matériels et logiciels dans
les paradigmes informatiques (Dordonova et Dordonov, 2013). À l'appui de cet
argument, des études contemporaines utilisant des mesures mécaniques du SRT
(Montare, 2010 ; Eckner et al., 2011), y compris des procédures de test du SRT
similaires à celles utilisées par Galton (Dordonova et Dordonov, 2013), font
état de latences du SRT similaires à celles observées à l'époque victorienne.
https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fnhum.2015.00131/full
et les réanalyses, de l'auteur lui, seulement sur l'echantillon britanniques
font passer la diminution de 77ms sur 115ans à environ 23 ms
On pourrait même
aller plus loin d’ailleurs en critiquant les données issues des echantillons
françaises mais bon.. On voit déjà avec tout ça que les résultats sont loin
d’etre decisif
https://hal.science/hal-03807002/document
Nous n’arrivons à
expliquer,à l’heure actuelle, que 10% de la variance de l’intelligence liée à
l'héritabilité génétique : (
Il est possible d'utiliser plusieurs “GPS”(=score de risque
polygénique) pour augmenter le pouvoir de prédiction de l'intelligence en
agrégeant les GPS d'une manière analogue à l'agrégation des SNP pour produire
des GPS (encadré 3). L'inclusion du GPS EA2, du GPS IQ2 et d'autres GPS de
cette manière multivariée peut déjà prédire jusqu'à 7 % de la variance de
l'intelligence35,36 . Les analyses GPS multivariées qui intègrent plusieurs GPS
en plus du GPS EA2 et du GPS IQ2 expliqueront sensiblement plus de 10 % de
la variance de l'intelligence [...]. On peut supposer que le GPS pour
l'intelligence en utilisant les puces SNP actuelles peut approcher la limite
d'héritabilité SNP de 25%.
The new genetics of
intelligence

(à remplacer sur le
fait qu’en réalité, l’heritabilité du QI varie en fonction du contexte
environnemental)
qu’est ce que
c’est, l’héritabilité ?
L’héritabilité d’un trait (exemple : la performance à un test de QI) est le
résultat d’un calcul statistique, fait sur une population donnée, visant à
répondre à la question suivante : quelle est la part de la variabilité du trait
dont la variabilité génétique peut rendre compte ? Outre que la méthodologie de
l’étude et le choix du modèle statistique peuvent avoir un impact considérable
sur le résultat du calcul, il est important de comprendre deux aspects
essentiels de cette notion d’héritabilité.
D’une part, l’héritabilité dépend à la fois des variations génétiques et des
variations environnementales présentes dans la population étudiée. En
particulier, elle peut varier de 0 % à 100 % selon les conditions
d’environnement. D’autre part, le fait que la variabilité génétique puisse
rendre compte de x % de la variabilité d’un trait ne signifie pas qu’elle en
est la cause biologique. Par exemple, si une variante génétique favorise le
développement d’une apparence physique culturellement stigmatisée, elle pourra
avoir un effet négatif sur une mesure de la réussite sociale sans pourtant être
en soi une prédisposition biologique à moins bien réussir.
De tels raccourcis ne peuvent être faits, sachant que l’environnement influe
sur l’expression des gènes, qu’un grand nombre de gènes peuvent s’exprimer
différemment sans pour autant que l’ampleur de leur différence d’expression
soit conséquente, et que les effets biologiques des différences d’expression de
plusieurs gènes peuvent se compenser mutuellement. De fait, les différences
cérébrales et cognitives humains-chimpanzés sont incommensurables aux
différences femmes-hommes. En fait, hormis les effets délétères de certaines
anomalies génétiques, la recherche n’a pas pu à ce jour identifier chez
l’humain de variantes génétiques ayant indubitablement pour effet de créer, via
une chaîne de causalité strictement biologique, des différences cérébrales se
traduisant par des différences cognitives ou comportementales.
Halte
aux « fake news » génétiques
En conclusion, l’héritabilité ne nous dit en rien des influences GenexEnvironnement,
ni si deux individus aux genes differents seront divergents,
Pour finir, nous allons aller encore plus loin, comme vous l’avez vu
précedemment, le GWAS n’arrive pas à atteindre l’heritabilité théorique de 60%
de l’intelligence, nous allons voir que les études sur les jumeaux tendent à
surestimer celle-ci
Pour rappel on va comparer jumeaux monozygote vs jumeau dizygote.
Une des hypothèses clées de ce genre d’étude est souvent violées, en effet
Celle si assume que jumeau mono et dizy partagent le même environnement, ce qui
est faux car les monozygotes tendent à faire + de choses ensemble, et à partager
davantage d’intimité.
Ca ne prend pas non plus en compte que les jumeaux mono peuvent partagent le
meme foetus(donc environnement similaire)
Tout ça pour dire qu’il faut prendre avec des pincettes les résultats de ces
études.
debunk de Minnesota Transracial Adoption Study - Wikipedia
^^^^
Au total, 25
adoptés blancs ont participé à l'étude au début, dont neuf ont été perdus au
moment du suivi. Les adoptés perdus avaient un QI relativement bas, de sorte
que les adoptés blancs restants avaient un QI non représentatif élevé[.] [....]
On peut le prouver en comparant les QI initiaux de l'échantillon complet et du
sous-groupe qui a été mesuré à la fois à l'âge de 7 et 17 ans ; ce dernier
sous-groupe avait un QI initial moyen de 117,6 (avec un QI minimum de 92), mais
l'échantillon complet avait un QI initial moyen de 111,5 (minimum 62). Pendant
ce temps, les adoptés BW et Black Black perdus pour le suivi ne différaient
guère en QI des adoptés restants, de sorte que l'attrition a gonflé les QI
moyens de ces groupes d'environ seulement 0,2 et 0,7 point respectivement.
Ainsi, en tenant compte de l'attrition, les différences de QI entre les adoptés
blancs et noirs n'étaient pas plus importantes à l'âge de 17 ans qu'à l'âge de
7 ans, ce qui indique que l'élargissement apparent était un artefact et non un effet
génétique.

Avec l'élargissement expliqué, les seules différences raciales de QI restant à
commenter sont celles présentes lors du test initial. Seul le QI des adoptés
noirs, qui ont obtenu 12,2 2,8 points de moins que les adoptés noirs, appelle une
explication spécifique. Des différences dans l'environnement familial sont une
possibilité. Pour chaque variable environnementale rapportée, les enfants noirs
adoptés étaient moins bien lotis que les enfants BW et les enfants entièrement
blancs adoptés, ce que je quantifie en comparant les premiers aux enfants BW
adoptés, en mesurant les différences environnementales dans les SD BW.
J'utilise ici les enfants adoptés par les Blancs comme groupe de comparaison
parce que Scarr et Weinberg [13] présentent plus de données sur les enfants
adoptés par les Blancs que sur les enfants adoptés par les Blancs. Les adoptés
noirs étaient plus âgés au moment de l'adoption (de 2,1 ÉT, ou deux ans) ; ils
avaient passé moins de temps dans leur foyer adoptif (de 1,1 ÉT) ; ils avaient
eu plus de placements adoptifs (de 0,4 ÉT) et de moins bonne qualité (de 0,8
ÉT) ; ils avaient des parents adoptifs moins instruits et un QI moyen plus
faible (de 0,2 à 0,3 ÉT). En outre, 97 % des enfants adoptés par des Blancs
avaient des mères blanches, tandis que les enfants adoptés par des Noirs
avaient tous des mères noires, avec toutes les différences environnementales
prénatales que cela implique.
Racial IQ Differences among Transracial Adoptees: Fact or
Artifact? - PMC
le genre se
construit comme un rapport social réel qui effectue une catégorisation des
individus autours de normes culturelles et d'un ensemble de pratique visant à
séparer et à qualifier le corp social par la différence genrée des traitements


on ne sait pas les
caractéristiques exactes qui attirent les garçons/filles à un jouet spécifique,
il n'y a pas de différence statistiquement significative chez les filles entre
leur préférence pour une poupée et une voiture, les études ne se basent que sur
le monde occidentale(australie, US, UK, Canada), pas de prise en compte du
statut socio-économique ou de l'ethnicité, forcer le choix augmente la
différence genrée, l'age semble augmenter la difference entre les deux genres,
il y a possiblement des liens avec les hormones
How Large Are Gender
Differences in Toy Preferences? A Systematic Review and Meta-Analysis of Toy
Preference Research - PMC
43 meta analyses pour affirmer que 78% des différences h/f sont modérées voir faibles/inexistants


The gender similarities hypothesis.
Petit point que je vais mettre ici pour que le créateur de ce doc puisse améliorer celui ci, Hitler n’était pas fasciste mais nazi, beaucoup pense que c’est la même chose alors que non, le nazisme avait lui des notions de socialisme (SANS être socialiste pour autant), en plus clair le parti était pour les gens pauvres et ceux n’ayant pas de travail, mettant la faute sur les juifs, les communistes, les socialistes ect, bien sûr tout ceci était faux, mais en une période de crise comme vivait l’Allemagne à cette époque, les gens allait vers les extrêmes et ce parti du NSDAP avait “trouvé” le problème et “trouvé” une solution, bien sûr ni le problème ni la solution en étant vraiment un/une.
Merci de mettre à
jour le doc pour éviter de confondre les deux idéologies, même si ça serait
plus simple comme ça, allez au plus simple n’est pas une solution, la preuve
quand hitler a juste dit que c’était la faute de certaine personne si le pays
était dans cet état, c’était faux mais c’était plus simple de faire comme ça.
^^
Je définis le fascisme via 2 définitions en général
la déf mainstream
"Négations fascistes" : antilibéralisme, anticommunisme et
anticonservatisme.
Les "objectifs fascistes" - la création d'une dictature nationaliste pour réguler la structure économique et transformer les relations sociales au sein d'une culture moderne et autodéterminée, et l'expansion de la nation en un empire.
Le "style fasciste" - une esthétique
politique faite de symbolisme romantique, de mobilisation de masse, d'une
vision positive de la violence et de la promotion de la masculinité, de la
jeunesse et d'un leadership autoritaire charismatique.
https://en.wikipedia.org/wiki/Fascism
ou la déf marxiste ; le fascisme est le joker du grand capital lorsqu’il est en
crise, il permet de maintenir le capitalisme au prix d’un autoritarisme
Dans les deux cas, le nazisme est un fascisme, et il est important de souligner
qu’il n’a pas vraiment conquis les pauvres, en réalité, c’est surtout la classe
aisée, les élites politiques et les petits bourgeois qui ont voté pour le parti
NSDAP
Les nouvelles analyses statistiques de King et de ses coauteurs montrent que
les deux groupes les plus touchés par la dépression ont suivi des voies
politiques distinctes. Les chômeurs se sont principalement tournés vers le
parti communiste, qui leur a proposé un programme appelant à la propriété
collective. Les travailleurs pauvres, y compris les artisans indépendants, les
commerçants, les petits agriculteurs, les avocats, les employés de maison et
les membres de la famille des travailleurs pauvres, ont soutenu les nazis de
manière disproportionnée. Ces groupes ont réagi positivement aux dénonciations
par Hitler des grandes entreprises et du gouvernement, aux promesses de
développement intensif des ressources économiques de l'Allemagne, au soutien de
la propriété privée et aux projets d'expropriation des propriétaires
immobiliers juifs et de réinstallation des sans-terre dans l'est de
l'Allemagne. Le soutien à Hitler était plus important dans les régions
protestantes que dans les régions catholiques, en partie parce que l'Église
catholique encourageait fortement les fidèles à ne pas voter pour les nazis, et
en partie parce que l'Église gérait des programmes d'aide sociale relativement
bien financés.
En conséquence, cet article montre qu'un nombre surprenant des premières élites nazies de la République de Weimar étaient des membres très instruits de la bourgeoisie allemande.
Les similitudes sociologiques entre les dirigeants
nazis et les élites démocratiques de la République de Weimar peuvent nous aider
à expliquer la transformation rapide du système politique allemand en une
dictature de droite.
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/johs.12370
En théorie, le fascisme ne se prétend
absolument pas être pour le socialisme et, dans les faits, s’oppose
frontalement à celui-ci.
En premier lieu, Hitler n’aimait même pas le terme “socialiste” dans le nom du
parti, ils l’ont ajouté par simple stratégie. :
Entre-temps, le 20 février 1920, le Parti ouvrier allemand a changé de nom pour
devenir le Parti ouvrier allemand national-socialiste (Nationalsozialistische
Deutsche Arbeitpartei, appelé N.S.D.A.P. en abrégé). Le Führer n'aimait pas
l'ajout du terme "socialiste", mais il a acquiescé parce que le
comité exécutif pensait que cela pourrait aider à attirer les travailleurs de
gauche.
-Samuel W. Mitcham
Why Hitler?: The
Genesis of the Nazi Reich - Samuel W. Mitcham, Samuel W.. Mitcham.

^ sur la vision raciste de l’État d’Hitler.
De plus, le fascisme est né en opposition au socialisme:
Officiellement, le fascisme est né à Milan le dimanche 23 mars 1919. Ce matin-là, un peu plus d'une centaine de personnes, parmi lesquelles des anciens combattants, des syndicalistes qui avaient soutenu la guerre et des intellectuels futuristes, ainsi que quelques journalistes et simples curieux, se réunissent dans la salle de réunion de l'Alliance industrielle et commerciale de Milan, qui donne sur la place San Sepolcro, pour "déclarer la guerre au socialisme [...] parce qu'il s'est opposé au nationalisme".
[...]
Le 15 avril 1919, peu après la réunion fondatrice du fascisme à la Piazza San Sepolcro, une bande d'amis de Mussolini, dont Marinetti et le chef des Arditi, Ferruccio Vecchi, envahit les bureaux milanais du quotidien socialiste Avanti, dont Mussolini lui-même avait été le rédacteur en chef de 1912 à 1914. Ils brisent ses presses et son matériel. Quatre personnes sont tuées, dont un soldat, et trente-neuf sont blessées. Le fascisme italien fait ainsi irruption dans l'histoire avec un acte de violence contre le socialisme et la légalité bourgeoise, au nom d'un prétendu bien national supérieur.
-Robert O. Paxton
https://books.google.com/books?id=JU3th4LnKvsC&pg=PA5
Et les théoriciens fascistes réfutent
la confusion qu’il pourrait y avoir entre socialisme et fascisme
L'œuvre la plus influente de Giovanni Gentile, La Doctrine du fascisme (qu'il a coécrite avec le futur membre de l'Axe Benito Mussolini), est riche en dénonciations explicites du socialisme : comme,
Le fascisme s'oppose donc au socialisme, auquel l'unité au sein de l'État (qui amalgame les classes en une seule réalité économique et éthique) est inconnue, et qui ne voit dans l'histoire que la lutte des classes. De même, le fascisme s'oppose au syndicalisme en tant qu'arme de classe.
-Giovanni Gentile,
https://books.google.fr/books?id=7lfcZcquJlkC&redir_esc=y
résumé:???
Plus particulièrement, Adolf Hitler lui-même fait une distinction nettre entre “socialisme” nazi et socialisme classique :
« — Goerge Viereck : Pourquoi vous appelez-vous « national-socialiste » alors que votre programme apparaît largement comme l'antithèse de ce qu'on nomme communément « socialisme » ?
— Adolf Hitler : Le socialisme est la science consistant à gérer le bien commun. Le communisme n'est pas le socialisme. Le marxisme encore moins. Les marxistes ont usurpé l'adjectif socialiste et brouillé sa signification. Je veux m'employer à éloigner le socialisme des socialistes et à rendre au terme son vrai sens. Le socialisme est une ancienne tradition aryenne et germanique. Nos ancêtres possédaient certaines terres en indivision et cultivaient l'idée du bien commun. Mais le marxisme n'a aucun droit de se définir comme socialiste, car [notre] socialisme, contrairement au marxisme, n'est pas hostile à la propriété privée ni n'impose la négation de la personnalité. Notre socialisme, contrairement au marxisme, est patriotique. Nous aurions pu nous appeler le parti libéral. Nous avons choisi de nous appeler nationaux-socialistes car nous ne sommes pas internationalistes. Notre socialisme est national. » [souligné par moi-même]
— Eric Branca, Les entretiens oubliés d’Hitler, 2023, p. 109 (lire en ligne)
Milton Friedman, un libéral et vif défenseur du capitalisme, concède lui-même que les régimes fascistes du XXe siècle sont inséparables des aspects du capitalisme :
« L’Italie et l’Espagne fascistes, l’Allemagne à
divers moments des [années 1890 à 1950], le Japon avant la Première et la
Deuxième Guerre mondiale, la Russie tsariste durant les décennies qui
précédèrent la Grande Guerre — voilà autant de sociétés dont on ne peut pas
dire qu’elles aient été ou soient politiquement libres. Dans chacune d’entre
elles, pourtant, l’entreprise privée était la forme dominante de l’organisation
économique. »
— Milton Friedman, Capitalisme et liberté, 1962, chap. 1
Économiquement
Une caractéristique importante de l'économie du Troisième Reich, et une grande différence par rapport à une planification centrale, était le rôle [que] la propriété privée des entreprises jouait - en pratique comme en théorie. L'économie [fasciste] idéale libérerait la créativité d'une multitude d'entrepreneurs privés dans un cadre à prédominance concurrentielle doucement dirigé par l'État pour atteindre le plus grand bien-être du peuple germanique.
—Christoph Buchheim & Jonas Scherner,
L'Allemagne n'était pas l'Union soviétique, planifiée et commandée centralement. Les ordres [de la Chancellerie], bien qu'ils façonnent la politique nationale, ont été réfractés et déformés par un système mal coordonné, factieux et obstructif. Il n'y avait pas de ligne de commandement directe entre le Führer et l'usine. Entre les deux se trouvait un réseau de ministères, de plénipotentiaires et de commissaires du Parti, chacun avec son propre appareil, ses intérêts et ses tampons, produisant plus que le poids habituel de l'inertie bureaucratique. Au bout de la ligne se trouvait une communauté d'affaires dont la plupart restaient attachées à l'indépendance entrepreneuriale et en voulaient à l'administration confuse, aux hacks corrompus [NSDAP], au remplissage de formulaires sans fin, qui étouffait les efforts volontaires [qu'ils] auraient pu faire. transformer l'économie de guerre.
—RJ Overy,
À
la fin du mois de mars 1933, [le chancelier] déclara au Reichstag : «
En principe, le gouvernement [fasciste] sauvegardera les intérêts du peuple
allemand, non pas au moyen d'une bureaucratie organisée par l'État, mais en
favorisant autant que possible l'entreprise privée et le respect de la
propriété privée. » Et un peu plus tard, il déclara aux dirigeants de son
parti : « Il est erroné de se débarrasser d'un bon économiste, à condition
qu'il soit un bon économiste, parce qu'il n'est pas encore [fasciste], du moins
si le [fasciste] qui doit le remplacer ne connaît rien à l'économie ».
HJALMAR SCHACHT THE
MAGIC OF MONEY
J'ai tenté d'accomplir ma mission en convainquant le Führer et le Parti dans
son ensemble que l'initiative privée, l'autonomie des hommes d'affaires et la
créativité de la libre entreprise devaient être reconnues comme les fondements
de la politique économique du Parti. Le Führer a lui-même souligné à maintes
reprises, lors de discussions avec moi et avec des chefs d'entreprise que je
lui avais présentés, qu'il était hostile à l'économie d'État et à ce qu'on
appelle « l'économie planifiée », et qu'il considérait la libre entreprise et
la concurrence comme absolument nécessaires pour obtenir la production la plus
élevée possible.
https://spartacus-educational.com/GERfunk.htm
Bien,
nous allons nous atteler à la tâche que tu m'as donné, commençons par définir
le corporatisme le corporatisme dans le texte est défini comme suit :
« Simply put, Corporatism is a system of representation that places all
societal interests under the authority of the nation as a whole by establishing
occupational trade associations like guilds, unions, and labor court.»
les corporations ont comme rôle :
« The Corporations have three main responsibilities: regulation of relations within the industry through negotiation, planning the industry's development... and ensuring the social well-being of industry participants through measures like insurance and retirement plans. »
On est dans l’idée où les corporations ont pour rôle de mettre une collaboration équilibrée entre les différentes classes sociales, prolétarienne et bourgeoise tout ça sous la subordination de l'état.
Mon analyse aura pour objectif de démontrer qu’au contraire, le nazisme a permis la dictature du grand capital en permettant aux industriels de profiter de larges profits et d’une résistance ouvrière inexistante
Donc, loin de voir exister une collaboration fructueuse, on verra surtout que ce sont les riches, toujours les mêmes qui ont pu profiter
je vais d’abord presenter ma version des faits, et ensuite, avec tous les arguments fournis, on va pouvoir questionner à la fin ta vision
partie :
1. une politique contre les prolétaires..
2. ...menée non pas sans résistance...
3. ...s'achevant par la victoire bourgeoise
1.
Bien, effectivement, les nazis ont eu un discours démagogique et une attitude en faveur du corporatisme et de l'anticapitalisme, pourtant
Lorsqu'on regarde la pratique, dès leur prise de pouvoir, les syndicats sont « mis au pas » (Gleichschaltung), les maisons du peuple sont occupés sans résistance et deviennent des « maison du travail allemand » le Dr. Ley, chef administratif du parti national-socialiste déclare « Nous ne rêvons pas, bien au contraire, de détruire les syndicats. Non, travailleur, tes institutions sont sacrées et inviolables pour nous, nationaux-socialistes ! »
le 10 mai, le Front allemand du travail (Deutsche Arbeitsfront ou DAF), est formé par les nazis, remplaçant rapidement tous les autres syndicats, Hitler déclare à propos des syndicats et en total contradiction avec Ley « Not at all to preserve them integrally in the future.. », cela ira avec Schneider-Landmann(chef NS de la federation des travailleurs administratives) qui affirmera « Il est désormais clair que l'organisation professionnelle sera privée des fonctions qui lui ont conféré jusqu'à présent son caractère syndical. »
effectivement, le droit de gréve est interdit**, la DAF est pour Selzner(chef de la propagande) « une organisation purement politique » dont la tâche est « la préparation, par l’éducation, de tous ses membres au national-socialisme »
où sa base est la « communauté d’entreprise » qui incluse obligatoirement l’employeur et la cellule NS pour la surveillance !
En +, de cela, la loi du 26 février 1935 réintroduit le passeports du travail, liant l’ouvrier à son emploi, ainsi, si le salarié tente de s’extirper de son emploie avant la fin prévu dans le contrat de travail, l’employeur a légalement le droit de retenir son passeport, donc impossible de retravailler.
A l’inverse, l’état(ordonnance Goering fin juin 1938) a le droit de le déplacer où il veut, quand il veut, sans garantie de préservation du salaire précédent
2.
**le NSBO**(Nationalsozialistische Betriebszellenorganisation), syndicat nazi
crée en 1928, qui n’a jamais vrmt pris (3-5%) **a effectivement poussé avant et
un peu après la prise du pouvoir au corporatisme et à donner un contenu social
au régime nazi**, ils ont pu arrêter des patrons « anti-sociaux », intervenir
dans la gestion, et donner une voix forte pour les ouvriers, **mais cela n’a
pas duré longtemps**, en l’occurrence
dès février 1934, les employeurs ont eu l’autorisation de limoger les présidents des cellules pour chaque critiques « irresponsables ». le 22 et 25 juin, le NSBO s’est vu interdire les meetings publics..
Et finalement, le 30 juin, la nuit des longs couteaux ! Les dirigeants SA et du NSBO sont assassinés, Ley et les autres plébéiens alors qu’ils tentaient de s’opposer à la nouvelle réglementation sur le travail national (loi du 20 janvier)
finalement et pour la DAF, au congrès de Leipzig (mars 1935), Schacht annonce : « Un employeur sera nommé comme adjoint à la tête de chaque organisme du Front du Travail ». le nazisme a liquidé sa ligne de gauche..
effectivement, **les "plébéiens"** (Wagener,Dr Ley, Rinteln) **réclamaient une structure corporative** (Ständischer Aufbau, inspiré des guildes medievales donc) absorbant les organisations patronales au front du travail
**Veto immédiat des industrialistes**, qui soutenu par la Reichswhr s’oppose immédiatement au projet, Hitler annonce immédiatement la fin de la révolution nationale, Wagener est limogé, et Schmitt, nouveau ministre de l’économie rassure les industrialistes dès juillet 13 que les corporations… mais elles sont repoussées « à des temps meilleurs ».
https://fr.scribd.com/document/773703454/The-Structure-of-the-Nazi-Economy-Sweezy-Maxine-Y-Z-Library
https://www.foreignaffairs.com/articles/germany/1935-07-01/national-socialism-theory-and-practice?
3.
Des compromis pour le corporatismes sont établis, on va pas s'y attarder,
parske dès Mars 1935 (Leipzig) : capitulation définitive des plébéiens.
La « constitution corporative » accorde une « collaboration » seulement dans le domaine social (salaires, conditions de travail). Le domaine économique reste la chasse gardée exclusive des patrons. Les représentants ouvriers aux commissions du travail sont choisis parmi les conseillers de confiance nommés par les patrons (donc encore plus dociles que les fonctionnaires du Front). Ces commissions n’ont qu’un avis consultatif, le curateur du travail (fonctionnaire d’État, souvent ancien des associations patronales) tranche en faveur des employeurs. Les patrons sont représentés deux fois (groupe professionnel + communauté d’entreprise ; commission économique + commission du travail). Les ouvriers ne sont représentés nulle part dans les organes économiques.
on aura l'occasion de revenir sur ça ou pas
Les patrons au final obtiennent bel et bien ce qu'ils souhaitaient
Les salaires sont fixés unilatéralement par l’employeur dans le « règlement intérieur d’entreprise », avec la complicité du curateur. Plus de contrats nationaux ou régionaux avec en +
1. Salaires d’entreprise au lieu de salaires syndicaux.
2. Différenciation des salaires pour « récompenser l’initiative et le rendement ».
3. Possibilité de baisser les salaires à tout moment sans opposition.
Bien, on voit dans cette premiere partie que le régime nazi a anéanti le pouvoir des ouvriers et les a subordonné aux interets patronales et etatiques
mais, les patrons, qu’en est til des patrons.. ?
Partie :
1. le pouvoir du patronat
2. les consequences de ce pouvoir
1.
Bien, et contrairement à la thèse de la « primauté de la politique » défendue par Tim Mason ou Peter Temin qu’on retrouve d’ailleurs cité dans l’article), les nazis ont consciemment préservé et favorisé la substance de la propriété privée des entreprises en dépit là aussi de croire qu’elle n’etait pas plus mise en avant.
Donc je vais m’appuyer sur
Christoph Buchheim et Jonas Scherner (2006) : « The Role of Private Property in the Nazi Economy: The Case of Industry
En l’occurrence, malgré les interventions (rationnement des matières premières dès 1934, gel des prix en 1936, contrôle des changes, réservation du marché des capitaux à l’État)
et bah primo, L’état n’a jamais nationalisé, bien au contraire, il a davantage favoriser qques reprivatisation, notamment pr les banques(alors qu’ils avaient soutenu leur nationalisation à l'AN et dans leur programme contre « l’esclavage de l’intérêt » ), bon j’irais pas en détail vu que tu l’acceptes déjà à priori
Schmitt, annonce que le Reich se propose d’abandonner les parts importantes qu’il possède depuis deux ans dans le capital de certains grands établissements de crédit, comme la Deutsche Diskonto Bank (1). Peu de temps après, il recède 20 millions desactions à cette banque et, en 1937, l'ensemble des participations du Reich aux grandes banques privées est liquidé.
Ensuite les rationnements, c’était vrmt pas comme l’urss, les firmes gardaient une grande liberté dans le choix de la productions et des clients :
Ainsi dans l’industrie textile, les quotas de matières premières sont fixés par période de référence, mais les entreprises choisissent librement les varietés les plus rentables, y’a un systeme d’incitations, avec des quotas supplementaires pour les exportations et les commandes militaires, mais faits importants, les firmes avaient le droit de refuser les commandes d’état, et les prix n’etaient pas tous bloqués (pleins dexception qui ont permis des hausses de priox et des profits elevés)
dans la sideurgie et machine outil, un quota avec part priviligié dans l’export et l’armée, pas dans dans l’« usage général ». les entreprises choisissent leur client. En novembre 1941, Ernst Poensgen (groupe sidérurgique) a refusé ouvertement de nouvelles commandes militaires pour privilégier les exportations et la Reichsbahn. L’obligation d’accepter les commandes militaires (1937) a été qualifiée par Göring de « mesure très forte » et levée après deux mois.
Donc à part qques exceptions, les entreprises conservent leur autonomie
ensuite les investissements, c’est pareil, les initiatives restaient largement dans les mains du privé
Les entreprises évitaient délibérément de surinvestir pour le réarmement, craignant un effondrement post-guerre (surcapacités).
Exemple : sidérurgie refusant d’agrandir massivement ses capacités malgré les souhaits du régime => rationnement de l’acier dès 1937.
Adam Tooze : « Même en 1944, il s’est avéré impossible de diriger efficacement l’investissement privé. »
L’État respectait la liberté de contrat même pour les projets de guerre/autarcie. Les entreprises pouvaient refuser sans sanction. L’État offrait un menu de contrats adaptés aux attentes de profit des firmes.
Exemple : de Wendel (1937, usine d’hydrogénation), IG Farben (1939, agrandissement du rayon pour pneus ; refus initial d’une 3e usine Buna), Froriep GmbH (refus d’investir tant que l’État n’acceptait pas crédit subventionné + amortissement exceptionnel → État capitule), Oberschlesische Hydrierwerke Blechhammer (plus gros projet d’investissement 1940-43 : la plus grande entreprise du syndicat charbonnier a refusé de participer, le projet a été réalisé sans industrie privée).
la liberté d'investissement tient à l'exception faite des entreprises concurrentes aux cartels
Cette limitation était, en définitive, l'affirmation des droits de priorité du capital c ancien », du capital « établi », du capital déjà investi, sur le capital « jeune », sur le capital nouvellement formé. C’est une tendance constante du capital monopoliste d’écraser dans l’œuf ses jeunes concurrent
on peut aussi parler des libertés liés à l'embauche des ouvriers (A REVOIR)
la liberté du capitalisme est presque complète, et en dehors des
interdictions « raciales » le capitaliste est libre d’en gager ou de révoquer
les ouvriers et les employés. Il n’y a là à signaler que quelques exceptions.
a) En ce qui concerne le renvoi, des règles de préavis et de justification très
voisines de celles existant antérieurement, ont été posées par la loi du 20
Janvier 1936. Ces lois ne limitent pra tiquement pas le droit de renvoi du
patron, elles ne font qu’en « modérer » l’exercice. b) En ce qui concerne
l’engagement, il est interdit à un patron d’embaucher un ouvrier qui a déjà du
travail chez un autre patron: Il s’agit ici d'un principe de solidarité qui
doit éviter les hausses de salaires consécutives à la surenchère pa tronale. c)
Enfin, au début du régime, on a obligé certaines grandes sociétés ou certaines
grandes banques à des changements dans le haut personnel, afin d’éliminer les
hommes trop ouvertement hostiles au nazisme. II s’est agi en définitive d’une
sanction contre ces hommes, sanction moins grave que l’emprisonnement ou l’exil
(ou pire) et qui ne touchait guère plus que ces dernières me sures, le libre
choix du personnel d’une entreprise.
**Le choix des moyens de production**.
Aucune
loi ne limite, en Allemagne nazie l’achat par les entrepreneurs des moyens de
production : machines, outils ou matières premières dont ils peuvent avoir
besoin
Choix des lieux d'installation, des lieux d'achat et de vente.
Ici une liberté quasi absolue est laissée aux capitalistes, liberté limitée
seulement par des considérations stratégiques (en ce qui concerne les lieux
d’établissement des nouvelles entre prises), par les accords de cartels qui
peuvent déterminer des zones de ventes et d’achats (1) et par les mesures
protectionnistes ou de contrôle des changes qui peuvent mettre obstacle aux
achats à l’étranger
ces
citations viennent de là :
Charles Bettelheim L'ECONOMIE ALLEMANDE SOUS LE NAZISME UN ASPECT DE LA
DECADENCE DU CAPITALISME
Bref, les consequences ?, donc 2
profit record :
"Herr Krupp von Bohlen told his employees that his blast furnaces... were working to the limit... The profits of the Krupp works... rose in 1935 to ten million marks."
G
hausse des inegalités : 
https://wid.world/country/germany/
une stagnation des salaires :


(B)
https://books.google.fr/books?id=fpFbuCKOLKwC&lpg=PP1&pg=PT451&redir_esc=y#v=onepage&q=take-home&f=false

https://www.nber.org/chapters/c2510.pdf
Des lois favorisant les entreprises capitalistes :
Vers les années 1935, on estimait que les impôts et contributions diverses
prélevaient de 15 à 35 pour 100 du salaire brut d'un ouvrier. Pareil
prélèvement sur une semaine de 6,95 dollars ne laissait pas grand-chose pour le
loyer, la nourriture, l'habillement et les loisirs.
https://books.google.com/books?id=fpFbuCKOLKwC&lpg=PP1&pg=PT451#v=onepage&f=false
Le niveau de vie tel que mesuré par des indicateurs de santé se sont quant à
eux degradé en temps de temps sous les nazis :
"Nous constatons que l'Allemagne a connu une augmentation substantielle
des taux de mortalité dans la plupart des groupes d'âge au milieu des années
1930, même par rapport à ceux de 1932, la pire année de la Grande Dépression.
Les dépenses de réarmement ont augmenté au détriment des mesures de santé
publique".



autarchy, market
disintegration, and health: the mortality and nutritional crisis in nazi
germany, 1933-1937
finalement
"Big trusts... subjected to governmental control... every sort of economic
activity"
bah euh non dcp, on a vu que le capitaliste garde la plupart de son pouvoir
"Leaving not much more than the title of private ownership"
nn
"The Nazis sold firms to state agents, not truly private hands. Bel provides an example with industrialist Friedrich “Fritz” Thyssen, a rare early supporter of the Nazi party."
hehe quand on regarde vrmt l'étude de bel, on se rend compte que ce n'etait pas un agent d'état, mais simplement un soutien bourgeois de la premiere heure
Fritz Thyssen,
"who held the leading position in the Trust, had been one of only two big industrialists to give support to the Nazi Party before it won political dominance (Barkai, 1990, p. 10). In 1936, the Government sold its block of shares, amounting to about Rm. 100 million, to the United Steel Association."
l'étude soutient en l'occurence que la privatisation avait comme objectif de gagner le soutiens de la bourgeoisie et de se faire rapidement du fric
https://www.ub.edu/irea/working_papers/2006/200607.pdf
ne nie pas que l'idée qu'effectivement, les soutiens de la premiere heure
d'hitler ont vu leur profit explosait et tt ca
https://www.jstor.org/stable/25098895
Pour approfondir ce qui est déjà très long :

> Λ coté des règlements d’entreprises, la loi du 20 Janvier 1934 prévoit la
possibilité pour le Préfet du Travail, s’il le juge utile, d’élaborer un
règlement tarifaire (Tarifordnung). Ce règlement tarifaire, que la loi de 1934
considère comme une exception détermine le taux des salaires pour une branche
économique donnée et dans la limite de la circonscription préfectorale. Lors
qu’il y a règlement tarifaire, les patrons sont tenus d’en respecter les termes
lors de la rédaction soit du règlement d’entreprisesoit des contrats
individuels. Il y a là une limitation indubitable aux droits du capital, mais
infiniment moins gênante pour lui que la procédure des contrats collectifs
puisqu’aussi bien le règle ment tarifaire est élaboré par le Préfet du Travail,
c’est-à-dire par un fonctionnaire (1), Pour en finir avec cette question des
règle ments tarifaires, il reste à préciser qu’ils se sont multipliés au cours
de ces dernières années, au fur et à mesure que la dimi nution du chômage
entraînait le risque, pour le patronat, de susciter une hausse des salaires.
Grâce à la fixation des salaires par le Préfet du Travail, les patrons évitent
de se faire concur rence entre eux sur le marché du travail et par suite, de
faire monter les salaires. Le décret du 23 Juin 1938 est venu encore renforcer
ce barrage à la hausse des salaires en ordonnant au Préfet du Travail de faire
obstacle à toute élévation de salaire. Ein définitive, le règlement tarifaire
qui apparaissait d’abord com me une limitation aux droits du capital apparaît
en réalité comme un renforcement de ce droit, puisqu'il interdit aux ou vriers
de profiter même de l’amélioration de la conjoncture. A cet égard, on peut dire
que les droits du capitaliste à l’intérieur de l’entreprise ont été maintenus
et renforcés par la législation nazie

https://en.wikipedia.org/wiki/Trustee_of_Labour
les dividendes sont effectivemnet fixés à ne pas depasser le seuil de 6%,
cependant, ca n'empeche absolument pas le top 1% de voir sa richesse explosait
sous le régime nazi
ce seuil de 6% d'ailleurs, qui est assez elevé, etait lorsque depassée investit dans des bons d'état au nom des actionnaires, mesure classique pr une economie de guerre, qui profite largement aux actionnaires
d'ailleurs,
y'avait des echappatoirs


https://www.nber.org/system/files/chapters/c9477/c9477.pdf
la DAF peuvent intervenir pour conditions de travail, sécurité, hygiène
oui, c'est le MINIMUM hein, un grand merci à toi de le preciser, ca existait ds tous les pays capitalistes avancés, ca existait avant 33 et ca découle en partie de la volonté des entrepreneurs qui ont intérêt à avoir des ouvriers en bonne santé
pour ce qui est de la fixation des prix, ca va
de pair de tte facon avec le fait que les profits ont augmenté avec les
inegalités



Tout cela
n'est pas surprenant puisque les fascistes eux-mêmes ont explicitement reconnu
la propriété privée comme un facteur économique primordial :
L'État corporatif considère que l'entreprise privée dans le domaine de la production est l'instrument le plus efficace et le plus utile dans l'intérêt de la nation. Étant donné que l'organisation privée de la production est une fonction d'intérêt national, l'organisateur de l'entreprise est responsable devant l'Etat de la direction donnée à la production.
—Le Duce,
Le passage d'une année supplémentaire dans la prison de réhabilitation(de
bollate, en Italie) (et d'une année de moins dans une prison ordinaire) réduit
la récidive de 10 à 15 points de pourcentage (à partir d'une récidive moyenne
d'environ 40 %).
La plupart des détenus de Bollate travaillent ou apprennent activement un métier pendant leur incarcération. Les détenus peuvent également aller à l'école (jusqu'à l'enseignement secondaire), apprendre l'anglais et l'informatique. Ils peuvent suivre une formation pour devenir charpentier, électricien, cuisinier, soudeur, ainsi que travailler en prison ou à l'extérieur pour plusieurs coopératives agricoles et de services. Bollate a même ses propres produits maraîchers, ainsi que des chevaux, et les deux sont utilisés à des fins thérapeutiques. Les détenus élisent leurs représentants et ont leur mot à dire sur plusieurs aspects de leur vie en prison (mobilier, nourriture, etc.). Lorsque les enfants rendent visite à leurs parents, ils peuvent passer leur temps dans des salles de jeux dédiées, joliment meublées et remplies de jouets. Le traitement est donc constitué d'un ensemble complexe d'interventions différentielles et de conditions de détention. Les figures 4 à 7 de l'annexe fournissent des preuves photographiques des différences de conditions de détention entre San Vittore (la prison d'origine d'environ 70 % des détenus) et Bollate, ainsi que des preuves des interventions que nous venons d'énumérer. Des informations supplémentaires sur la prison et une comparaison avec les conditions dans d'autres prisons seront fournies dans la section 2. La prison de Bollate a été présentée en 2003 dans l'article du New York Times "Italian inmates receive training in a Cisco computer program : Behind bars but learning to network", et cette formation spécifique représente une étude pilote européenne. Il est à noter que le coût de fonctionnement de la prison par détenu est environ 50 % moins élevé que dans le reste du pays. La raison en est que l'administration pénitentiaire a réussi à établir avec les détenus une relation fondée sur la confiance et la responsabilité mutuelle. En conséquence, la violence dans les prisons est contenue et il faut moins de gardiens, ce qui permet de réduire les coûts
Rehabilitation and Recidivism: Evidence from an Open Prison
En général, par rapport aux approches traditionnelles
non réparatrices, la justice réparatrice s'est avérée plus efficace pour
atteindre chacun de ses quatre principaux objectifs. En d'autres termes, d'après les résultats de cette méta-analyse, les programmes
de justice réparatrice constituent une méthode plus efficace pour améliorer la
satisfaction de la victime et du délinquant, accroître le respect du
dédommagement par le délinquant et réduire la récidive des délinquants, par
rapport aux réponses plus traditionnelles de la justice pénale (c'est-à-dire
l'incarcération, la probation, le dédommagement ordonné par le tribunal).
En fait, les programmes de justice réparatrice se sont révélés nettement plus
efficaces que ces approches pour les quatre résultats (à l'exception de la
satisfaction du délinquant).
Limitation:
Le biais d'auto-sélection = La justice
réparatrice, par sa nature même, est un processus volontaire. Cela crée un
groupe de traitement composé de participants (délinquants et victimes) qui ont
choisi de participer au programme et qui peuvent donc être plus motivés que le
groupe témoin.
Traitement approprié = Il est naïf de
croire qu'une intervention limitée dans le temps telle qu'une MVD aura un effet
spectaculaire sur la modification du comportement criminel et délinquant
(Umbreit, 1994b). D'autres facteurs, tels que les pairs antisociaux, la
toxicomanie et les communautés criminogènes, qui ont été liés au comportement
criminel (Hawkins et al., 1998 ; Lipsey & Derzon, 1998), ne sont pas
traités de manière adéquate dans le processus de réparation.
Dowden (1998) et Andrews et al. (1990) ont révélé que le traitement
correctionnel "approprié" (c'est-à-dire les programmes qui adhèrent
aux principes cliniquement pertinents de risque, de besoin et de
réceptivité[2]) affichait une taille d'effet moyenne sensiblement plus élevée
(+ 0,26 et + 0,30, respectivement) pour la récidive par rapport aux résultats
des programmes de justice réparatrice (+ 0,07) présentés ici.
Par conséquent, l'utilisation à la fois des
processus de justice réparatrice et du "traitement approprié" en tant
que réponse globale au comportement criminel constituerait une solution
précieuse
Discussion - The
Effectiveness of Restorative Justice Practices: A Meta-Analysis
exemple de prison rehabilitative : Bastoy (Norvège), Prison de Suomenlinna
(Finlande), Soebysoegaard (Danemark), Grande Prison de Prescoed (Sud du Pays de
Galles), Grande Prison de Castle Huntly (Ecosse), la Grande Prison de Ford
(Angleterre).
Nous allons désormais nous intéresser dans les détails aux fonctionnements de
la justice restaurative pour comprendre les résultats de la meta analyse :


3 points importants à retenir de la justice restauratrice :
– Elle doit être faite sur mesure
Gerry, Johnstone (1993) donne l’exemple d’un offenseur qui aurait cassé des
clôtures et à qui, par réparation, on lui demanderait de nettoyer des voitures
de police : ce serait incohérent, car il n’y aucun rapport entre l'offense et
la réparation. La réparation doit porter sur les préjudices causés, en cela
elle doit être faite sur mesure en fonction de ceux-ci, des besoins de la
victime, de l'offense elle-même. Susan Sharpe dit par exemple que pour le cas
d’un offenseur ayant maltraité une femme, lui faire collecter des fonds pour un
refuge pour femmes maltraitées aura plus de force psychologique, sociale,
morale pour rétablir la justice. Cependant cela pose un problème : ce fait sur
mesure suppose que toutes les victimes et offenseurs ont une bonne conscience
des préjudices causés, sur ce qu’il faut pour les réparer, et que la réparation
soit raisonnable. Or, Braithwaite (2002) et Dumortier (2003) remarquent que les
délinquants acceptent parfois de mener des réparations déraisonnables dans le
but d’éviter des poursuites pénales, par ignorance, ou encore par pression
parentale. Ils conseillent alors de poser une limite supérieure consistant à ne
pas dépasser les peines appliquées par les tribunaux pour la même infraction.
Le principe de proportionnalité de la justice habituelle (c’est-à-dire que la
sévérité d’une sanction soit en corrélation avec la gravité d’une faute) est à
réinterroger à chaque aff aire : par exemple, dans la justice restauratrice, un
cambriolage peut tout aussi bien être vécu de façon très mineure par une
victime comme être fortement traumatique pour une autre, ainsi les réparations
ne seront pas les mêmes quand bien même le délit serait approximativement le
même
–
la réparation doit répondre aux besoins des victimes
Ainsi pour que la réparation soit bien ajustée et réponde au besoin des victimes, celle-ci doit permettre d’apprendre à l'offenseur toutes les conséquences de l’offense, d’éclairer tous les préjudices subis. Par exemple, on verra dans la partie suivante que l'offenseur ayant participé à un cambriolage n’avait pas pris conscience de la crainte que cela avait suscitée chez les victimes qui, ensuite, n’arrêtaient pas de vérifier la fermeture de leur porte et la sécurité de leur maison, vivant dans la peur que cela se puisse se reproduire. En plus de participer au dédommagement ou à l’installation d’un meilleur système de sécurité, une réparation possible serait donc de permettre d’alléger cette charge mentale suscitée par la peur d’être cambriolée (peut-être que l'offenseur aura des informations sur le « pourquoi » ils ont visé cette maison et pourra donner des conseils pour la sécurisation).
– la réparation doit être déterminée par les parties prenantes
Elle ne doit pas être décidée par les professionnels ou via des abstractions
(lois par exemple), mais par les parties prenantes, car c’est un meilleur moyen
de restaurer le sentiment de contrôle sur sa vie chez les victimes :
« Être victime est par définition une expérience d’impuissance, la victime n’a
pas pu empêcher le crime de se produire. »
Ainsi, la victime peut déjà retrouver sa puissance d’agir en décrivant les
préjudices subis, en identifiant ce dont elle a besoin et en déterminant quelle
réparation elle a besoin. Elle peut aussi retrouver du contrôle dans la
possibilité d’évaluer la sincérité des excuses de l'offenseur, en ayant la
possibilité d’accepter, de refuser ou d’ignorer ses excuses. L'offenseur peut
aussi proposer une réparation inattendue (parce que seul lui savait qu’il avait
cette possibilité) comme on l’a vu dans le cas du harcèlement : il a peut-être
des moyens pour résoudre un problème plus vaste, ainsi ses idées (lorsqu’elles
sont fondées sur une bonne volonté de réparer) peuvent aussi permettre une
réparation voire une résolution plus pérenne du problème. De plus, s’il a pu
discuter de la réparation, de ses modalités voire en y ajoutant des initiatives
en faveur de la victime ou dans la résolution d’un problème plus vaste, il sera
beaucoup plus engagé à réparer la situation, étant donné qu’il l’aura formulé
avec autonomie.
la réparation doit être offerte plutôt que contrainte
Aussi, la rencontre est strictement interdite dans des cas de violences
conjugales ou familiales et L’offenseur doit avoir reconnu être l’auteur de
l’offense et l’être effectivement
La justice transformative :

la justice transformatrice elle vise ces buts :
• Sécurité des survivants , guérison et action
• Responsabilisation et transformation des délinquants
• Réponse et responsabilité de la communauté
• Transformation de la communauté et des conditions
sociales qui créent et perpétuent la déviance (crime/délinquance), c’est-à-dire
les systèmes d’oppression, d’exploitation, de domination et de violence de l’État.
"Tout d'abord, les tailles d'effet moyennes des
relations entre la criminalité/déviance et les variables spécifiées par la
théorie de la dissuasion sont modestes, voire négligeables. Oscillant généralement
entre 0 et -0,20 (lorsque toutes les tailles d'effet sont prises en compte, y
compris les estimations bivariées), ces effets sont beaucoup plus faibles que
ceux trouvés dans les méta-analyses des relations entre le comportement
criminel/déviant et les effets des pairs (Andrews et Bonta 1998) et la maîtrise
de soi (Pratt et Cullen 2000) - qui sont tous deux systématiquement supérieurs
à 0,20... À son tour, cette réalité explique pourquoi les politiques punitives
de contrôle de la criminalité (par exemple, les peines minimales obligatoires)
et les programmes correctionnels qui s'appuient sur des menaces de punition
(par exemple, les camps d'entraînement, la probation et la libération
conditionnelle sous surveillance intensive) sont limités dans leur capacité à
provoquer un changement de comportement à long terme chez les délinquants…
Deuxièmement, les tailles d'effet des variables de dissuasion sont
considérablement réduites - souvent jusqu'à zéro - dans les modèles
multivariés. Cette tendance est particulièrement évidente pour les estimations
de l'ampleur de l'effet produites par les modèles statistiques qui contrôlent
les effets des pairs, les attitudes antisociales et/ou la maîtrise de soi.
Cette constatation est conforme à l'examen de Paternoster (1987) de la
littérature sur la dissuasion perceptuelle et montre que la perspective de la
dissuasion a plus de chances d'être étayée par les études les plus faibles du
point de vue méthodologique.
Troisièmement, l'ampleur de l'effet de la théorie de la dissuasion est sensible
à toute une série de variations méthodologiques, en particulier en ce qui
concerne le cadre d'échantillonnage (échantillons de commodité des collèges
contre échantillons généraux) et les questions de spécification du modèle
(contrôles pour les théories concurrentes et l'effet de l'expérience) ; les
méthodes de vignettes ; voir le tableau 13. 4 pour un résumé des résultats de
cette série d'analyses). Ainsi, en plus d'être des prédicteurs relativement
faibles de la criminalité, l'ensemble de la littérature sur la dissuasion
suggère que, même si elle est statistiquement significative, l'ampleur de la
relation entre les prédicteurs de la dissuasion et la criminalité fluctue
considérablement en fonction des choix méthodologiques effectués par les
chercheurs. Ce problème n'est certainement pas propre à la théorie de la
dissuasion. Certes, les analyses de la littérature testant d'autres théories
criminologiques, telles que les théories de la contrainte (Burton et Cullen
1992), du contrôle de soi (Pratt et Cullen 2000) et du lien social (Kempf
1993), mettent également en évidence la manière dont le soutien à une théorie
(ou à certaines propositions dérivées d'une théorie) varie systématiquement en
fonction des différences méthodologiques partiCUlaires entre les études.
Néanmoins, la tendance générale révélée par notre méta-analyse est que le
soutien empirique à la théorie de la dissuasion diminue parmi les études les
plus rigoureuses d'un point de vue méthodologique.
Quatrièmement, la certitude des estimations de la peine - l'un des prédicteurs
spécifiés par la théorie de la dissuasion qui a recueilli le soutien le plus
cohérent dans notre analyse - tend à donner de meilleurs résultats lorsqu'il
s'agit de prédire les types d'infractions en "col blanc" (par
exemple, la fraude, les infractions fiscales, le non-respect des lois
réglementaires)".
https://www.researchgate.net/publication/279598389_The_Empirical_Status_of_Deterrence_Theory_A_Meta-Analysis
la peine de mort soutient les agresseurs en pratique en dissuadant les victimes de porter plainte
promeut une culture violente dans notre société
la litterature scientifique sur le sujet n'a pas de preuve concluante, au lieu de regarder une étude specifique, on va s'intéresser à TOUTES les études plutot qu'une qui va ds son sens hein et les criminologistes ont un certain consensus à ce que ca n'aide pas, d'ailleurs meme les gens ne pensent pas que ca aide.. https://academic.oup.com/book/59567/chapter-abstract/503083523?redirectedFrom=fulltext&login=false https://deathpenaltyinfo.org/study-88-of-criminologists-do-not-believe-the-death-penalty-is-an-effective-deterrent
des familles qui expliquent bien ne pas etre apaisé
qui est davantage lié au processus d'application de la peine de mort on y voit que c'est un processus long qui demande à la victime bcp deffort Des témoignages de co-victimes, comme Natalie, décrivent le processus d'appel comme un cycle répétitif qui les ramène à des "points de dépression". Sarah, qui a vécu "dix ans et demi d'enfer" avec des procès répétés, a témoigné des effets dévastateurs sur sa santé mentale et physique. Pour de nombreuses co-victimes, la "clôture judiciaire" (la fin des procédures légales) est plus importante que l'exécution elle-même. Noah, par exemple, a déclaré que si la peine avait été la prison à vie sans libération conditionnelle, "cela aurait été fini ce jour-là" pour sa famille (p. 17). d'ailleurs et cela de manière intéressante : In the absence of longitudinal studies to examine co-victims’ experiences throughout the entirety of the appellate process, the Oxford study provides us with an understanding of how co-victims’ beliefs evolve over extended time periods. It reveals that many co-victims had undergone a notable transformation in their beliefs and values throughout their time exposed to the legal process, reflecting, for some, a shift towards restorative principles. At the outset of their involvement with the criminal justice system, six co-victims expressed having strongly supported capital punishment, four expressed ambivalence, and only three held strong views against the punishment. However, over time, approximately nine co-victims had come to oppose capital punishment, with only two maintaining their support – though only in extreme cases – and two remaining ambivalent or unsure.56 This finding emphasises the importance of recognising that co-victims are not a homogenous group with uniform feelings or perspectives. The emotions experienced by co-victims are dynamic and evolve over time.57
les victimes tendent à s'opposer à la fin à la peine de mort... bon on voit que c'est assez pauvre de tte facon, y'a pas bcp de recherche sur le sujet
DPP-Procedural-trauma-2025.pdf

les cotes de
l'evenement sont 3.11fois + elevé dans le traitement hormonal que dans la
population générale en ce qui concerne la non recidive mais les c'est des
études petites et de mauvaises qualités qui pullulent pr ce qui est du
traitement hormonal
https://www.psicothema.com/pdf/3423.pdf
Les effets observés en matière de récidive violente et de récidive générale
étaient similaires. Les traitements physiques (castration chirurgicale et
traitement hormonal) ont eu des effets plus marqués que les interventions
psychosociales, bien que cette différence ait été partiellement brouillée par
des variables méthodologiques et liées aux délinquants.
https://www.ojp.gov/ncjrs/virtual-library/abstracts/effectiveness-treatment-sexual-offenders-comprehensive-meta
es études sont de biens meilleurs qualités pour les méthodes cognitifves

les approches psychosocial fonctionnent, et l'OR est d'environ 1.3
genre si la recidive est de 18%, avec les formules de l'OR donné ca donne une recidive de 14%
apparament y'a d'autres trucs qui peuvent davantage ameliorer la reduction de la recidive comme l'usage de programme RNR, davantage de staff et des approches par groupe
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10880427/
la castration ca a pas l'air trop intéressant à cause des effets secondaires, du suivi sur le long terme(si tu el fais pas, les tx de testosterone retourne à la normal voir meme supérieur avec + de pulsion qu'avant) , besoin donc de bcp de surveillance
et la castration chiurgique, encore moins y'a quasi pas d'étude, les pays où c réalisé c aussi bcp du volontariat, bjr l'autoselection avec des personnes motivés qui sont deja pretes à pas trop recidiver
donc peu de donnée
pr ce qui est de la dissuasion, sur le sujet specifik des castrations ca existe pas, mais on peut arguer que probablement il semble y avoir déjà que peu deffet dissuasif sur les crimes, notamment avec la peine de mort, alors la castration, bon, au contraire, la severité peut meme inciter l'auteur a tué sa victime
L’estimation la plus précise (comprenant les pratiquants et les non pratiquants) se situe entre 3,322 et 5 millions de personnes (soit, entre 4,8% et 7,3% des Français), soit environ 4,1 millions de Français (soit 6% de la population totale) qui seraient de confession musulmane
l'étude sur l'expression et la visibilité religieuses dans l'espace public aujourd'hui en France
La proportion de
musulmans qui composeront la population française et européenne en 2050 tourne
autours d’en moyenne 10%
https://www.pewforum.org/2015/04/02/religious-projections-2010-2050/
« Si la religion majoritaire est bien l’islam, un tiers des personnes ne s’en réclame pas, ce qui relativise l’ampleur du fait musulman parmi les Français d’origine immigrée. L’idée d’une population uniformément musulmane est donc inexacte. Ces résultats confirment l’existence d’une différence confessionnelle entre les deux populations étudiées, mais témoignent également d’une relative similarité de la proportion de croyants et de sans religion. Il est par conséquent caricatural de considérer comme synonyme les Français issus de l’immigration en provenance du Maghreb, d’Afrique noire et de Turquie et les musulmans. Au-delà de la confession et plus que le niveau de la religion majoritaire, ce qui différencie les Français d’origine africaine et turque du reste de la population, c’est la surreprésentation des jeunes se déclarant musulmans…
https://www.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2006-2-page-25.htm

Une augmentation de la proportion de la population athée dans la population mondiale ainsi que des points de vue sur la culture occidentale positive pour les musulmans utilisant régulierement internet est à noté dans les pays musulmans https://www.pewforum.org/2013/05/31/among-muslims-internet-use-goes-hand-in-hand-with-more-open-views-toward-western-culture/
À l’inverse des autres religions, il est constaté que, chez les Français de confession musulmane, sont surreprésentées les catégories socio-professionnelles les plus modestes. Seulement 4,5% des Français de confession musulmane appartiennent à la catégorie des « cadres »28, la majorité d’entre eux se retrouvent dans les classes populaires. Cet élément implique des réflexions sur les questions territoriales
La proportion d'inactifs (36 %) est liée à la précarité qui les touche plus particulièrement : 15 % d'entre eux sont sans diplôme, seuls 4 % sont cadres. Le directeur de l'institut précise que cet écart par rapport au reste de la société se réduit, le nombre de diplômés étant supérieur à celui attendu généralement
l'étude sur l'expression et la visibilité religieuses dans l'espace public aujourd'hui en France
Une intégration réussie dans le domaine des qualifications scolaires ne se traduit pas toujours par un emploi rémunéré, comme le montre le cas de la France. Dans un marché du travail étroit qui se caractérise également par une faible mobilité, les musulmans sont confrontés à des problèmes particuliers. Leur taux de chômage est de 14 %, bien plus élevé que celui des non-musulmans (8 %). En Autriche également, les musulmans sont plus susceptibles d'être tenus à l'écart du marché du travail que les non-musulmans.
Discriminations religieuses à l'embauche : une réalité | Institut Montaigne
(^du à la discrimination mais aussi et simplement à un marché inneficient)
L'accès au marché du travail est plus difficile pour les immigrés en France que dans l'ensemble des autres pays étudiés (indice MIPEX). L'étroitesse du marché du travail aggrave cette situation. En revanche, le tri tardif des élèves dans les filières dans les filières d'enseignement facilite l'intégration des enfants issus de familles immigrées. Ainsi, seuls 11 % des des musulmans nés en France quittent l'école avant l'âge de 17 ans. Les musulmans de France obtiennent également les meilleurs résultats dans cette comparaison entre cinq pays en ce qui concerne l'intégration linguistique : 74 % des musulmans de France ont appris le français comme première langue dans leur enfance. langue maternelle dans l'enfance, bien que l'une des raisons soit que de nombreux immigrants (57 %) apportent des connaissances de la langue de leur pays d'origine. langue de leur pays d'origine. En outre, dans les deuxième et troisième générations d'immigrants, les enfants musulmans sont beaucoup plus nombreux (93 %) à apprendre la langue française. De même, dans les deuxième et troisième générations d'immigrants, les enfants musulmans sont beaucoup plus nombreux (93 %) à apprendre la langue nationale comme première langue. Toutefois, le marché du travail français n'est pas très ouvert ; par conséquent, les musulmans sont nettement moins nombreux à exercer un emploi rémunéré et leurs revenus sont plus faibles. Ainsi, la France présente un clivage clair, avec de bons niveaux d'intégration dans la langue et l'éducation contrebalancés par un marché du travail difficile
Comme au Royaume-Uni, la gestion de la pluralité religieuse est devenue une évidence en France. Mais contrairement au Royaume-Uni, ce niveau de normalité se reflète également dans un niveau de distance sociale particulièrement faible : Seuls 14 % des répondants non musulmans en France sont opposés à l'idée d'avoir des musulmans comme voisins. Parmi les cinq pays étudiés, il s'agit du résultat le plus positif en matière d'ouverture sociétale. Le passé colonial de la France est un facteur qui y contribue ; un autre est le faible niveau de discrimination institutionnelle dans la communauté laïque. Cependant, c'est justement cette laïcité dans ses strictes variations, couplée au modèle de l'État constitutionnel français, qui limite fortement les options en matière de changements dans la société culturellement et religieusement pluraliste. Selon l'indice ICRI, il en résulte une parité comparativement moindre pour les communautés religieuses musulmanes. Ce n'est qu'en Suisse que la situation juridique des musulmans est moins bien notée. D'autre part, les contacts interreligieux dans la vie quotidienne sont beaucoup plus fréquents en France qu'au Royaume-Uni : 78 % des musulmans interrogés en France ont souvent des contacts avec des personnes d'autres religions pendant leur temps libre, et 72 % ont un cercle d'amis dont au moins la moitié sont des non-musulmans. Toutefois, les musulmans de France sont plus susceptibles de faire état de discrimination : Près de la moitié (48 %) ont été victimes de discrimination au cours des douze derniers mois. Néanmoins, 96 % des musulmans interrogés en France se sentent très liés à leur pays, même si ce lien tend à être moins fort chez les musulmans nés en France.
Results and Country Profiles: Muslims in Europe: Bertelsmann Stiftung
Les personnes qui se déclarent musulmanes représentent 5,6 % de la population métropolitaine de plus de 15 ans en métropole. [...]. Ces trajectoires de "sortie" de la religion musulmane – ou de désaffiliation – sont deux fois plus importantes que les trajectoires « d'entrée », puisque 7,5 % des enquêtés se déclarent musulmans tout en indiquant qu'aucun de leurs parents n'est lui-même musulman.

Cependant
Deux tiers des femmes de culture musulmane déclarent ne pas porter le voile. 57% déclarent ne l’avoir jamais porté et 8% déclarent l’avoir déjà porté, mais ne plus le faire aujourd’hui

Je souhaite répondre avec constructivité aux arguments apportés et à une position claire : D'abord, sur les quatres points énoncés. Il est vrai que le voile est une obligation morale, que ne pas le porter pourrait (et j'utilise bien le conditionnel en ce cas là) être une forme d'oppression, et ne pas le porter serait punissable. Cependant, l'effet psychologique comme décrit a t-il été démontré sociologiquement? Il parait surtout important de préciser ce point là : qu'en disent les sciences. Car il est simple de prendre position logiquement (la position est cohérente), mais cependant cette logique ne repose que sur le libre consentement du lecteur à l’approbation d'une vérité fondé sur la spéculation...
Alors je vais en venir directement à la conclusion de ce message, la solution décrite. Je vais dissocier les deux points : le premier, la pédagogie, le second, l'interdiction dans des lieux à reconnaissance Étatique (de ce que j'en retiens par la « neutralité », nous ne pouvons pas demander à des acteurs du privés de faire preuve de neutralité, sauf si la loi l'oblige, mais très très peu de fonctions actuelles sont concernés par cela. Le secteur publique est donc majoritaire). Cette interdiction dans ces lieux ci serait pour les fonctionnaires donc.
Parlons ainsi de la pédagogie. Je vais d'abord parler à travers une première étude que je cite là : http://repo.uinsatu.ac.id/19963/1/Islamophobia.pdf . La conclusion est claire : « Some are due to religious factors, other people’s influence factors, trauma abuse factors, and even health factors. ». Le port du voile n'est d'abord pas imposé que par la religion. Les arguments avancés donc dans les points deux à quatre énoncent que la religion serait la source même du port du voile pour toutes les femmes musulmanes. Même si la religion l'oblige, dans les faits, la religion n'est pas la seule cause du port du voile. La pression sociale l'est d'autant plus par les pairs. Et c'est cela que les pouvoirs publiques devraient combattre : c'est souvent un harcèlement non souhaitable plutôt qu'un choix individuel basé sur la religion même. Continuons ainsi dans la conclusion : « The results of this research also found a relationship between the level of natural education in this case higher education, religious understanding, and decision making in wearing the veil. ». La théologie est laissé de côté en France dans l'école publique. Or, la compréhension de la religion par les enfants religieux permettrait un meilleur choix avec une plus grande objectivité : l'enseignement publique est bien plus apte à fournir une bonne interprétation des textes religieux que la famille ou les proches. Une plus grande objectivité est nécessaire, et par cela les filles, futures femmes, seront plus lucides dans le choix du port du voile. Notons cependant que cette étude porte sur les jeunes femmes (19-24 ans). Mais cette éducation pédagogique peut se faire pour les plus jeunes filles (imaginons à partir du collège). Ce point là viendra de toute manière en complémentarité de la suite.
Pour compléter, je vais parler de cet article de recherche là : https://www.jstor.org/stable/20453167 . Dans le développement il est affirmé deux positions vis-à-vis de la France et de la loi sur l'interdiction des ports religieux à l'École. Cependant, un constat est fait : « Both Body-Gendrot and Killian also suggest that ethnic inequalities in France shape opportunities for adaptation among Muslims. In particular, a high proportion of Muslims in France live in densely populated public housing areas with elevated levels of unemployment and little hope of social mobility. Most striking is that Muslims' experiences of discrimination are not publicly acknowledged or publicly denounced by the French government. ». Dès lors, il y est établit un constat par Sophie Body-Gendrot, que la condition sociale et économique mène à des conflits interne à la famille et augmente le désire de l'homme de prendre contrôle de la maison. Cela est donc un motif d'imposer le voile (on voit ici le caractère non religieux de la chose, même si la religion porte l'idée, c'est la condition sus décrite qui met en application l'obligation religieuse, et non les soi disant un dégât psychologique causé par le texte sacré lui même. Les solutions avancés par les sociologues, deux visions opposés comme je l'ai dit :
- Bpdy-Gendrot voulait que la loi puisse donner le moyen aux jeunes femmes de pouvoir s'échapper de la pression interne à la famille (au deçà de l'interdiction du voile dans l'école).
- Caitlin Killian affirme que la loi conduirait à un ostracisme des concernées menant à plus de discrimination et à de plus grandes difficultés d'intégration (l'objet recherché par la loi en partie). L'inverse se remarquerait donc.
( Je recommande la lecture de cette étude là https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0891243203253541?journalCode=gasa en complémentarité de ce propos pour approfondir le sujet).
Pour ainsi conclure sur cette première partie, l'interdiction du voile dans l'école publique peut-être à double tranchant. Dans les faits, une éducation religieuse, doublé d'une défense des filles et femmes vis-à-vis de la famille (du père) permettrait un choix plus lucide. Continuons donc sur la seconde solution abordée (par laquelle j'élargirait sur une critique des arguments avancés) : l'interdiction du port du voile dans les lieux publiques qui exigent une neutralité, autrement dit pour les fonctionnaires (ou tout autre partenaire publique). Je pars bien évidemment du postulat que tout le monde exige une neutralité de l'État et des pouvoirs publiques. Pourquoi interdire le voile expressément pour ces personnes là? Il apparaît une solution contradictoire au discours. L'argument avancé de la non interdiction dans tous les lieux publiques et privés est que cela serait inapplicable. Autant pour les lieux privés j'en tombe d'accord, il n'y a de contrôle possible, mais en les lieux publiques cela est possible. Les moyens devraient cependant êtres à la hauteur de la mesure, je le conçoit. Mais cependant il est affirmé qu'interdire uniquement dans les lieux exigeant la neutralité serait un moyen de montrer une alternative à des femmes qui seraient dans l'ignorance la plus totale. Les menaces de la religion seraient une raison à cette ignorance. Pourtant, j'ai déjà commencé à érafler le sujet, que le port du voile n'était pas dû qu'en cause secondaire à la religion. Il est très important de comprendre la multiplicité sociologique des causes.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S009265662030057X Voici une autre étude sur les femmes qui portent le voile, en Iran et en Arabie-Saoudite. Il en est conclu que le voile avait à la fois des effets négatifs et à la fois des effets positifs qui dépendent de l'individu. Le voile porte globalement un effet de ressentit d'indépendance pour les femmes. Le plus intéressant est cela : « However, opposite to hypotheses, wearing a veil to avoid feeling bad and avoid social disapproval related to more positive affective experiences (though notably, wearing a veil to avoid social disapproval predicted lower overall life satisfaction). ». La pression sociale n'est pas un facteur problématique pour la femme. Cependant, le fait de l'imposer l'est. Lorsque les femmes décident de le porter par elles même, l'effet positif sur elles se fait ressentir. https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1354067X12456713?journalCode=capa Une autre étude montre que lorsque les femmes musulmanes font partie d'une minorité, comme c'est le cas en France, le voile est un moyen pour elle d'affirmer leur identité culturelle. Il s'agit donc plus d'une attitude d'opposition à la culture majoritaire que la religion en elle même qui menace. Il est de nouveau démontré que la cause du port du voile est avant tout en raison de facteurs sociétal/sociaux. La religion n'est dans les faits que la raison primaire, mais qui ne s'auto-déclenche pas par elle même. Les facteurs hors religions sont plus à même d'enclencher le port du voile chez la femme.
Pour conclure, il apparaît que les raisons du port du voile sont multi factorielles. Et les raisons sont à titre plus individuel que global. Dès lors, une solution globale est inadapté. Ce qu'il faut avant tout est bel et bien une politique d'éducation religieuse, d’émancipation des filles et des femmes vis-à-vis de la religion pour leur faire gagner une lucidité propre. C'est à l'école de la république de faire cela. Et ce n'est pas en l'interdisant en ces lieux que cela se fera, au contraire. Une fois que le choix individuel est proprement assuré, l'interdire à l'avenir pour elle est inutile, voir même conflictuel. Car comme déjà dit, certaines femmes y voient un aspect positif de porter le voile lorsque l'initiative est autonome.
Beaucoup de généralisations approximatives basées sur une doont été faites sur ce commentaire, pour ne citer que :
● « message très problématique » du voile ; la seule problématique vient de l'oeuil extérieur de l'occidental qui écrit, et non pas de l'individu, cela n'est pas universel. Le seul problème est quand le voile est imposé par le compagnon. (Nous avons vu mais la condition sociale et économique influe sur la politique interne à la famille, des facteurs qui peuvent être réduits par de meilleure politiques sociales et économiques).
● « renvoie chaque femme non voilée à une femme de petite vertu » pour la femme qui porte le voile, ce n'est pas le cas. Et seul cela importe. Cette vision très linéaire n'est basée que sur la lecture des textes, or, la réalité est différente. Dire cela enfonce la femme dans cette catégorisation, dire l'inverse permet de déconstruire cette vision du voile. L'interprétation peut changer, il ne s'agit donc ici que d'une vision subjective et non universelle et factuelle.
● « Dans l'islam, le voile n'est pas un choix mais une obligation divine » : l'obligation morale et religieuse relève tout de même de l'individu et de sa condition sociale. De nouveau, lorsque les femmes le font de plein gré, conformément à cette obligation morale, cela a un effet positif pour elles. Où est donc le problème? Nul part.
● « Il suffit de lire le Coran pour comprendre les dégâts psychologiques que ce genre de menace peut entraîner. » « Dans le cas du voile, cela se traduit par une pression sociale énorme sur les femmes qui ne veulent pas le mettre. » : il a aussi été démontré que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'y a pas d'effet négatif pour la femme constatable, au contraire. Les dégâts psychologiques sont à démontrer, et quand bien même il y aurait quelques cas avérés, cela ne concerne que certains individus. De nouveau, la question est très individuelle et non collective et universelle.
Enfin, pour ce qui est du « définitivement sexiste » du caractère du voile, cela est en sa création, comme il l'a été décrit par ce commentaire. Ceci peut largement se déconstruire. Nous pouvons parler aisément d'«Hommes» en incluant hommes et femmes, sans avoir une arrière pensée sexiste. Interdire le voile, c'est donner raison aux hommes qui croient que le voile est sexisme encore aujourd'hui. C'est désormais du passé. Déconstruire ce discours permet de déconstruire les a priori comme ici démontrés par ce commentaire.
"la bannière d'Allah sera arborée au-dessus de l'Occident et la Méditerranée redeviendra islamique" voilà ce que pronait la Société des Frères musulmans en 1928, cette ideologie est le précurceur de l'ideologie djihadiste moderne, ainsi selon elles, les sociétés musulmanes seraient tombés dans la "jahiliyya" (ignorance) et necessiterait la purification par la violence si necessaire, la société se fondait donc sur le retour de la charia, bon au début par des moyens pacifistes
bref, comment une telle idéologie a pu naître à la base, car elle est bien né à ce moment là, il n'existait pas avant un projet idéologique de ce genre et il n'y avait pas de codification de la charia, d'ailleurs inspiré du code européen ajd, les califes se basent davantage sur des lois coutumières et des lois pragmatiques(kanun) car plus soucieux de l'ordre économique politique et sociale, et les juges (qadis) n'appliquent rarement les peines prévues par la charia, bien trop violentes,
https://books.openedition.org/psorbonne/103110
https://laviedesidees.fr/Le-benefice-du-doute-en-droit-musulman
Bref, c'est bien qqch de récent, qui est né, dans un contexte de hard
colonisation par les puissances occidentales, du monde arabe, où les
populations colonisées ont développé un fort sentiment d'humiliation et de
perte d'identité, notamment sous l'oppression coloniale d'un côté, raciste, par
la favorisation de tel ethnie ou tel ethnie en fonction d'une supposé race par
les occidentaux, (les fameux passeport avec les classements de race lol) et les
redécoupage de frontière favorisant la division dans un terrain fabriqué pour
cet objectif
Voilà le terreau dans laquelle cette idéologie est née, et ca se voit notamment par les premières citations du début, montrant un fort ressentiment négatif contre l'occident, et c'est qqch qui assez reconnu en HGGSP en tout cas, et sur le temps long, les USA qui arment les moudjahidines contre l'urss, et donc participe activement à la création d'al-Qaïda, l'invasion de l'irak et la guerre civile en Syrie, avec toutes les ingérences, permi un terrain fertile pour l'état islamique et les djihadistes, ainsi que la collaboration active des gouvernements néo colonisés d'afrique et du monde arabe avec les puissances occidentales, participant là encore activement à la colère de ces mêmes peuples, et à voir l'occident comme l'origine de leur oppression
au final, les musulmans d'europe subissent exactement le meme phénomènes, discriminés, exclut du roman national, isolé de la société, l'idéologie radicale vient proposer une réponse à ces problématiques, en leur donnant une cause noble : les musulmans opprimés à défendre, une identité, une appartenance et une revanche contre la société qui a tant oppressé leur ancêtre et eux mêmes
La seconde composante est structurée par la condamnation de la responsabilité
d’Israël dans la poursuite du conflit (0,68) et du nombre de victimes civiles
causées par les bombardements à Gaza (0,68 et 0,59), tandis que les stéréotypes
antisémites traditionnels qui structuraient le premier facteur soit n’y jouent
aucun rôle, soit contribuent négativement à ce second facteur (ceux qui
associent les Juifs au pouvoir, à l’argent, à une absence de loyauté à la
France sont rejetés). La critique d’Israël ici ne s‘accompagne pas
d’antisémitisme.

La lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la
xénophobie, année 2024
non les juifs n'étaient pas plus riches que les allemands en 1930
combattre l’antisemitisme
…bientôt :)
je travaille encore sur cette partie!
Une majorité de cette partie est tirée de l’excellente vidéo qui suit : L’écriture inclusive a-t-elle un intérêt ? Quelles preuves ?
Dont la liste des sources citées se trouve là : Scilabus | L’écriture inclusive a-t-elle un intérêt ?
On peut donner plusieurs définitions à l’écriture inclusive, mais l’idée principale est la suivante :
Le fait que le genre “neutre” ou “par défaut” du français soit le masculin, notamment dans les phrases au pluriel ou dans les phrases ou le genre est inconnu, entraîne des inégalités dans la représentativité des femmes et des autres genres dans la société, ainsi on doit créer une manière de s’exprimer qui ne privilégie pas un genre sur un autre. On la trouve sous plusieurs autres noms : écriture épicène, langue inclusive, écriture neutre, écriture agenre. Ici, j’emploierai le terme de “langage inclusif”, le terme “écriture inclusive” est inexact puisque la communication ne se fait pas uniquement à l’écrit, et la langue orale possède aussi des formes non-inclusives que le langage inclusif cherche à supprimer.
Le langage inclusif peut prendre des formes très diverses, parmi lesquelles :
- utilisation de termes épicènes ( qui ne renvoient à aucun genre ) tel que “humains” ( ou humain ) pour parler d’”Homme”
- féminisation des substantifs, tel que “autrice” ou “docteure”
- utilisation de néoformes, tel que les néopronoms comme iel ou ael, ou la concaténation comme “belleau” ( belle + beau ) ou “auteurices” ( auteurs + autrices )
- le point, point médian, parenthèses, barres obliques qui servent tous à peu près les mêmes objectifs comme dans “tous.tes ; tous·tes ; tous(tes) ; tous/tes”
- les formes en doublon, “mesdames et messieurs” ; “les lecteurs et lectrices”
- passage à la voix passive, “ce qu’ils ont trouvé…” = “ce qui a été trouvé…”
- on trouve aussi une proposition ( de je ne sais plus qui malheureusement ) visant à instituer le féminin comme genre par défaut, on peut voir ça comme entrant dans la définition de langage inclusive
Néanmoins, avec l’émergence des questions concernant le genre ou la non-binarité, on voit aussi apparaître l’idée d’un langage qui ne serait pas seulement inclusif, mais proprement neutre, c’est-à-dire, qui ne renvoie à aucune mention de genre plutôt qu’à une mention des deux genres. On peut notamment citer les travaux de My Alpheratz : Français inclusif : du discours à la langue? ; ou ceux de Florence Ashley : Les personnes non-binaires en français : une perspective concernée et militante.
b. Le masculin comme neutre pose-t-il problème ?
Avant toute chose, il est important de savoir ce qu’est le genre grammatical. En français, les noms et les pronoms sont classés dans deux catégories : les féminins et les masculins, desquels vont découler les accords en genre avec les adjectifs. Certains ont un genre strict ( “la table” est un nom féminin ), on en voit d’autres par paires ( “chercheur et chercheuse” ), et d’autres qui peuvent accepter les deux genre ( “élève” ; “enfant” ) parce que la personne à laquelle il réfèrent peut être de genre social masculin ou féminin, ou parce que leur genre est ambigu ( comme “après-midi” qui, puisqu’il commence par une voyelle, fait eliser la voyelle du déterminant défini le précédant ).
On peut avoir d’autres critères de classement, certaines langues font état de l’animacité des noms, sont-ils vivants ou inanimés ? Ces deux catégories sont aussi nommées comme un genre grammatical. Et même en français, on peut catégoriser les noms selon plusieurs autres critères, comme la comptabilité, de laquelle découle des règles grammaticales strictes : “vélo” est un nom comptable, c’est-à-dire qu’on peut les dénombrer quand on en a plusieurs, mais “eau” est un nom massif ( c’est-à-dire non-comptable ) puisqu’on ne peut pas la “compter” ( ainsi, on voit l’apparition des articles partitifs “du, de la, de l’ et des” ). On peut voir qu’il est possible de catégoriser les noms selon biens des manières qui sont parfois appelées “genre” dans les grammaires d’autres langues.
( il faudrait que je trouve des ressources sur l’origine des genres grammaticaux, ça doit être très intéressant )
The Truth about Grammatical Gender, une vidéo intéressante à voir à ce sujet !
Et il est très important de noter que le genre grammatical n’est pas le genre social, d’abord parce qu’il n’est pas toujours cohérent avec celui-ci, par exemple, des parties du corps spécifiques au sexe féminin ( souvent associé au genre féminin ) sont masculines : “le vagin” ; “un sein”. On pourrait se poser la question : d’où vient le genre grammatical ? En l’occurrence il est probable qu’il vienne de l’accord des mots selon le genre social de la personne à laquelle le mot réfère, mais que le nom de la catégorie “féminins” et “masculins” ont juste été nommés ainsi parce les mots “femme” et “homme” appartenait à leur catégorie et donc suivait les mêmes règles que ces deux noms ( les règles d’accord de genre ).
Ainsi, en français, en référant à un groupe mixte, le genre masculin est utilisé : “Les romanciers du 20e siècle ont écrit de nombreux chefs-d’œuvres.”, posant alors la question de la représentation des très nombreuses autrices qui ont écrit, elles aussi, de nombreux chefs-d’œuvres. Il est aussi utilisé comme genre “par défaut” quand le genre de la personne qu’il désigne est inconnu ou simplement n’importe pas dans le contexte, par exemple “Quel est votre héros favori de BD ?” on pourrait bien avoir comme réponses des hommes comme des femmes ( ou autres genre ).
Concernant l’importance de l’inclusivité du langage, la question est donc : l’utilisation du genre masculin comme un genre générique pose-t-il un problème ?
Brauer et Landry dans Un ministre peut-il tomber enceinte ?, présentent 5 études qui tentent de mesurer l’impact qu’a l’utilisation du masculin générique sur les représentations mentales qu’en font les personnes étudiées.
La première étude ( située page 11 du .pdf ci-dessus ) a été menée en 2003 sur 101 passants/tes ( 48 hommes et 53 femmes ) dans la gare et un grand centre administratif de Clermont-Ferrand auxquels/lles on a demandé de répondre à un bref questionnaire sur la politique française. Il y avait deux versions de ce questionnaire, dans l’un la question 4 était “Sans tenir compte de vos opinions politiques, citez tous les candidats de droite que vous verriez au poste de Premier ministre”, et dans l’autre “Sans tenir compte de vos opinions politiques, citez tous les candidats/candidates de droite que vous verriez au poste de Premier ministre”. Les résultats montrent que dans la phrase avec le doublon “candidats/candidates”, des femmes étaient citées deux fois et demi plus souvent ( figure 1 ). Il est intéressant de noter que les femmes ayant répondu au questionnaire ont cité significativement plus de femmes dans leur réponse
Figure 1. Le nombre de femmes citées passe de 15% à 40% ( ceci donne une p-valeur p < .001, ce qui est très significatif )
Cette étude est intéressante, son résultat est significatif et le protocole est bon ; plusieurs questions sont posées en amont ( question 1, 2 et 3, qui n’ont pas de réelle utilité pour l’étude ) afin d’éviter les biais d’observation, et les questions 4 et 5 sont plutôt bien posées, je trouve bien joué d’avoir demandé “tous les candidats” plutôt qu’un seul, ce qui permet d’avoir un plus large panel de personnes citées.
Néanmoins il me semble qu’elle n’est pas généralisable ; toutes les personnes interrogées proviennent de la même ville ( Clermont-Ferrand n’est pas représentatif de toute la francophonie ), malgré tout 101 personnes interrogées reste un nombre plutôt bas, même si un résultat significatif est très intéressant déjà à cette petite échelle, mais aussi, les âges sont très distribués ( une moyenne de 37.46 ans pour un écart-type de 14.01 ans ), et je pense qu’il peut y avoir un impact significatif de l’âge sur la conscience de l’importance de la question d’égalité des genres, même en 2003, il y a 20 ans, et certainement encore plus aujourd’hui. Mais aussi, comme il est dit dans l’article en page 13 du .pdf : “Certains pourraient argumenter que les participants ne se sentent pas très impliqués dans le choix du premier ministre (ce choix est effectué par le Président de la République et non pas par les électeurs).”.
La deuxième étude ( en page 13 ) citée dans cet article a été probablement menée à la même époque et interrogeait 138 personnes ( 38 hommes et 100 femmes ) qui ont été recueillies dans des lieux très divers “tels qu’un boulevard de centre-ville, la permanence d’une association étudiante ou encore le hall d’un centre commercial”. Le protocole est très semblable à l’étude précédente. Les personnes interrogées ont dû répondre à un questionnaire de douze questions semblable à un “questionnaire de Proust” ( le questionnaire où on te demande de raconter ta vie, ta couleur préférée, ton endroit préféré, ton film favori, une chose que tu détestes etc… ). Parmi ces douze, seulement 5 avaient une utilité expérimentale ( les question 2, 5, 7, 9 et 11 ) ; elles consistaient à demander “vos héros préférés dans la réalité”, “vos héros préférés dans l’histoire”, “vos chanteurs préférés”, “vos héros de roman préférés”, “vos acteurs préférés”, respectivement. Et, de la même manière, il y avait deux versions de ce questionnaire, l'une avec des génériques masculins, et l’autre avec des génériques épicènes ( “votre héros ou héroïne préféré(e)s” etc… ). Les résultats sont toujours significatifs puisqu’on obtient une p-valeur p < .05. Comme dans l’étude précédente, les femmes interrogées ont cité bien plus de femmes que les hommes ne l’ont fait. “Les résultats de cette étude montrent à nouveau que le générique masculin active moins de représentations féminines qu’une formulation plus neutre. Cet effet n’est pas modulé par le sexe des participants. On observe également que les participants de sexe féminin citent plus de femmes que les participants de sexe masculin.” ( page 15 ).
Cette étude est intéressante, elle interroge plus de personnes, on ne sait néanmoins pas d’où elles viennent, la seule mention de leur provenance est qu’elles étaient “tout venant, passant/es dans un boulevard, un hall, ou une permanence” ; il n’est pas mention du lieu où cela s’est fait.
Mais, là où la seconde étude gagne un point sur la première, c’est qu’elle demande de citer des personnes qui n’appartiennent pas nécessairement à la politique, un domaine qui est largement dominé par des hommes. Malheureusement, elle demande aussi de citer des personnes dans des domaines à dominance masculine.
Et c’est là que je présente l’étude suivante qui a demandé à ses participant/es d’imaginer une personne en lui attribuant des qualités à partir d’un nom de métier. Encore une fois, certaines personnes avaient simplement “Imaginez un avocat”, et d’autres “Imaginez un avocat/une avocate”.
…pas fini!
le masculin neutre a un préjudice pour la représentativité des femmes
peut-on faire un lien avec les biais sexistes qui visent à invisibiliser ou décrédibiliser les travails des femmes ?
si oui, comment le faire ?
“Ils font de mal à
personne”
même entre frères et soeurs, ça peut être souvent dangereux, les dynamiques patriarcales elles touchent aussi les enfants, dans le sens où eux aussi peuvent en être très tôt des agents, le problème fondamental c'est qu'il y a aucune éducation emotionnelle ou sexuelle à n'importe quel âge (c'est pas le cours de svt en 4e sur les capotes qui va tout changer) je veux en parler parce qu'il s'est passé ce genre de choses dans ma famille, et ça serait vraiment idiot de résumer le problème "les enfants ne doivent jamais explorer la sexualité" parce que ça va forcément arriver, y'a de très nombreuses occurrences où les enfants explorent ce genre de choses entre eux, c'est le commun d'au moins un quart de familles en france qui connaissent des faits d'inceste à un même niveau d'age, (pour ce qui est de l'inceste totale, ça concerne entre 30 et 50% des familles), on fait genre que ne jamais parler de la sexualité ça va faire en sorte que les enfants ne l'explorent jamais, too bad figurez vous que les enfants aussi ont des corps et qu'ils sont quand meme moins pudiques que les adultes, donc oui, ça va leur arriver de faire des choses entre eux, sauf qu'on peut faire en sorte que ça se passe de la moins pire manière, et mettre un tabou dessus, les punir quand on apprend, ça fait que perpétuer le système en place ce qu'il faut c'est de la prévention et de l'éducation qui provienne de la société, de l'école, et PAS de la famille, et meme si ça n'anéantira pas l'inceste, ça donnera au moins des clefs et des outils pour aborder et comprendre la situation, autant pour les parents que pour les enfants, qui seront toujours victimes du système qui les entoure, d'autant plus que j'ai vu à quel point ma famille a pas du tout su comment réagir face à la situation, parce que personne n'a les outils pour faire face à ça, du coup ça a été catastrophique
Voici ce qu’ils ont réellement testé. 54 personnes ont rédigé des dissertations pour le SAT sur une période de 4 mois. Un groupe a utilisé ChatGPT, un autre Google, et le dernier n'a utilisé aucun outil. Les chercheurs ont suivi l'activité cérébrale en continu à l'aide de casques EEG. Le groupe ChatGPT a montré la connectivité cérébrale la plus faible. Dès la troisième session, la plupart se contentaient de copier-coller les résultats de ChatGPT. 83 % n'ont pas pu citer une seule phrase de la dissertation qu'ils venaient de « rédiger ». Deux enseignants chargés de noter les dissertations les ont qualifiées de « sans âme ». Cette partie est vraie. Mais la quatrième session change la donne. Ils ont interverti les groupes. Les utilisateurs de ChatGPT ont dû écrire seuls. Ceux qui n’utilisaient que leur cerveau ont eu accès à ChatGPT pour la première fois. L’activité neuronale du groupe « cerveau seul » a en fait augmenté lorsqu’ils ont utilisé ChatGPT. Leur cerveau l’a considéré comme un collaborateur, et non comme une béquille. Trois sessions de réflexion indépendante leur ont permis d’avoir quelque chose à apporter. L'article est un pré-print de 206 pages. Il n'a toujours pas fait l'objet d'une évaluation par les pairs. Une réponse académique officielle en décembre 2025 a soulevé des problèmes concernant la taille de l'échantillon, les méthodes d'EEG et la présentation des résultats. Ce schéma n'est même pas nouveau pour l'IA. Une étude de Columbia publiée en 2011 dans Science a révélé que les personnes qui savaient qu'elles pouvaient rechercher quelque chose sur Google étaient moins susceptibles de s'en souvenir. Les utilisateurs de GPS présentent un déclin plus marqué de la mémoire spatiale au fil du temps. Les calculatrices, les appareils photo, voire l'écriture elle-même. Chaque outil que les humains ont créé modifie ce que notre cerveau prend la peine de stocker.
La conclusion réelle : l'utilisation passive de ChatGPT par copier-coller lors de la rédaction d'essais a réduit l'engagement cérébral sur 3 sessions chez 54 étudiants. Les personnes qui savaient déjà réfléchir de manière indépendante ont utilisé ChatGPT sans rien perdre. Le terme utilisé par le chercheur est « coût cognitif », et non « destruction cognitive ».
Overview ‹ Your Brain on ChatGPT — MIT Media Lab
“l’ia pollue et
consomme de l’eau ”

faut 30 pages de chatgpt3 pour 500 ml d'eau environ, aux usa
https://arxiv.org/pdf/2304.03271
ORIGINE VSS
En l'occurence, j'ai trouvé une revue de litterature qui utilise une
modèle socio-écologique (voir l'image), ce modele nous invite à comprendre que
les VSS ne viennent pas seulement de la personne en elle même, mais de ses
multiples interactions avec toutes les couches, bien sur elle meme, mais aussi
ses relations, son milieu et la société, c'est tous ces facteurs réunis ou pas,
leur force qui va influencer la personne à commettre des VSS
ducoup, la revue de littérature essaye d’évaluer 67 facteurs contenus dans
chaque niveau

apparemment l'étude semble être reprise par des organismes institutionnels
sérieux comme la[CDC
donc au niveau individuel, qu'est ce qui entraîne l'agresseur a commettre les vss, voici les facteurs:
le fait d'avoir eu de multiple partenaire sexuel, une vision casual du sexe(genre plan q), un début precoce de la sexualité, des prises de risque au niveau sexuel, une forte motivation au sexe, l'exposition a des médias explicitement sexuel, des antécédents de victimisation sexuelle à l'adolescence et à l'age adulte, des comportements sexuels déviants
il y a aussi le fait d'accepter les mythes sur le viol ("elle l'a cherché en shabillant ainsi" etc..), d'etre hostile envers les femmes, de croire au role de genre traditionnels, l'hypermasculinité, le besoin de dominer, accepter la violence en général, etre competitif, consommer de la drogue, avoir tenter une TDS, et l’agressivité en général
c'est des gros patterns que l'on observe au niveau individuel
au niveau relationnel, on a les conflits parentaux, les mauvais traitements subis durant l'enfance, l'approbation par les pairs de l'usage de la force sexuelle et la pression des pairs pr en avoir, l'appartenance à un gang et à des groupes hypermasculin
au niveau intime, les relations sont casuelles, il y a des conflits dans la relation du couple avec des processus relationnels problematiques (controle évitement du conflit etc
à un niveau sociétal, l'étude ne traite pas vrmt du sujet , elle precise que la recherche manque mais que ca a un role evidemment (c'est souvent + les hommes que les femmes) en l’occurrence et en ce sens on peut prendre [une étude de l'OMS
elle précise que dans le monde on voit effectivement que les normes de genre inegalitaire et patriarcal(supériorité masculine, socialisation des hommes à la domination et à l'aggressivité etc..) ,
la culture du viol(blamer la victime, banaliser les violences, faibles poursuites, mariage forcé etc..)
ainsi que les inégalités économiques et sociales, l'exclusion engendrée provoque un stresse qui tend à augmenter les conflits, la consommation de drogue etc..
sont liés à aux agressions sexuels
pour finir, pour
critiquer hein, parske pk pas, ca aurait d'avoir une meta analyse pour essayer
d'evaluer la force de chacun de ses facteurs, ils sont evidemment pas tous
egaux, d'ailleurs correlation n'est pas causalité, aussi les biais de
publication ne sont pas evalués.


il y a aucun lien entre le nombre d'abattage et les dégâts économiques causés par les animaux à l’agriculture
sachant que ca coute 100 millions € de les abattre et 10 millions les dommages que ces animaux font
les résultats sont cependant à répliquer, ce n’est que la première étude sur le cas français.
a rajouter que :
Des études antérieures avaient déjà montré que la lutte létale ne réduisait
pas, voire augmentait, les risques sanitaires pour les humains (Comte et al.,
2017 ; Hofmeester et al., 2017) et le bétail (Donnelly et al., 2006 ; Vial et
Donnelly, 2012 ; Bielby et al., 2016).
Le contrôle létal ne régule ni le nombre de renards (Baker et al., 2002 ; Comte
et al., 2017 ; Pépin et al., 2025) ni le nombre d'oiseaux, car les variations
de la taille des populations reproductrices ne sont pas affectées par le niveau
de contrôle. Les populations de corvidés et d'étourneaux sont résistantes aux
efforts de contrôle actuels, bien que l'abattage puisse affecter la structure
de la population (Chiron et Julliard, 2013).
En plus d'être coûteux et inefficace pour limiter les coûts des dommages, le
contrôle létal présente plusieurs inconvénients qui doivent être pris en
compte. Les animaux vertébrés qui causent des dommages ont souvent aussi des
impacts économiques positifs, comme la régulation des rongeurs par les petits
carnivores (Jędrzejewski et Jędrzejewska, 1992) ou la dispersion des graines
par les corvidés (Green et al., 2019 ; Martínez-Baroja et al., 2019). À titre
d'illustration, Hougner et al. (2006) ont fourni une évaluation économique de
la dispersion des graines de chêne par les geais, estimée entre 3 200 et 14 600
euros par couple de geais, soit 1 400 à 6 100 euros par hectare de forêt de
chênes. Sur la base de cette évaluation, la France a subi une perte potentielle
de 100 à 454 millions d'euros de services de dispersion des graines en abattant
62 278 geais pendant la période étudiée. Tout programme de contrôle ou de
chasse récréative des geais et autres corvidés disperseurs de graines devrait
limiter l'impact sur ces services.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320726000273?via%3Dihub
epistemologie :
la science politique définisse l'extrême droite
par 3 critères:
-l'autoritarisme (ex pour le RN : discours très sécuritaire (priorité à l’ordre, police, peines plus lourdes), propositions d’extension des pouvoirs de l’État en matière de sécurité ou d’immigration critique fréquente des contre-pouvoirs (juges, institutions européennes, etc.))
-l'ethnodifferentialisme(la notion de “préférence nationale”)
-le rejet de la démocratie (en tant que valeur,
càd l’opposition à la protection des droits des minorités, de la CEDH, des
juges, de la constitution notamment sur le réferendum sur l’immigration, mais
attention, elle ne s’oppose pas à la démocratie en tant que processus
électoral)

Full article: Right-wing extremism/radicalism: reconstructing
the concept






aide-mourir-notre-rencontre-avec-une-deputee-eelv-revele-le-vrai-clivage
Qu'est ce que c'est la tradition :
Déjà, il faut distinguer deux types de traditions : la **tradition authentique** et la **tradition inventée **
la tradition authentique : c'est celle qui surgit de façon "organique", c'est à dire, à partir d'une transition culturelle répétée au fil des générations
Pour aller en détail
Elle apparaît à partir d'une pratique ou idée locale, issue d'une expérience concrète (rituel, récit oral, norme social), elle vient du bas, et émerge des interactions entre les membres du groupe.
Les humains possèdent des systèmes cognitifs innée permettant la sélection et la propagation de certaines traditions qui correspondent à des intuitions humaines et collent à nos biais cognitifs(explication du monde, cohésion du groupe etc..)
et c'est par la répétition vertical (ainées-enfant) et les interactions entre les membres que cette transmission automatique se met en place, elle n'est pas vrmt consciente en outre
à titre d'exemple, on pourrait parler des jeux d'enfants comme jouer au chat
On parle d’un jeu avec des règles qui naissent de l'improvisation entre les pairs
reproduite via une transmission intra générationnelle entre eleves et dans une moindre mesure, par reconstruction intuitive du jeu, aidé grace à des contraintes cognitifs favorables (facile à memoriser et permet l'attractivité sociale)
les variantes des
jeux qui tendent à survivre à l'épreuve du temps sont celles qui répondent le
mieux à nos biais (simple, reciprocité, statut etc..) et persistent parske le
contexte social est tjr le meme (jeux quotidiens entre enfant à la cour de
récrée terrain de jeu etc..)
en conclusion, c'est un processus NATUREL, où la tradition découle de la pratique, sert à repondre à des besoins, si le contexte social ou les besoins disparaissent, la tradition avec, et remplacée par une autre, au contraire, chercher le maintiens à tout prix de traditions désuetes, voir pire, en inventer, c'est rentrer dans la deuxieme categorie, et on y vient à la deuxieme forme de tradition
https://anthrosource.onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1525/aa.1998.100.4.876
http://www.pascalboyer.net/articles/2009-MemoryInMindAndCulture-BoyerCh13.pdf https://books.google.fr/books/about/Comment_les_traditions_naissent_et_meure.html?id=TS9PAQAAMAAJ&redir_esc=y
la tradition
inventée :
*L'invention de la tradition* est un recueil d'articles édité par Eric Hobsbawm
et Terence Ranger. Il traite de la manière dont de nombreuses traditions,
généralement considérées comme anciennes, ont été inventées au cours d'un passé
récent, et introduit le terme de « tradition inventée ». Eric Hobsbawm définit
ce terme comme suit : « On entend par “tradition inventée” un ensemble de
pratiques, généralement régies par des règles acceptées ouvertement ou
tacitement et de nature rituelle ou symbolique, qui visent à inculquer
certaines valeurs et normes de comportement par la répétition, ce qui implique
automatiquement une continuité avec le passé. En fait, lorsque cela est
possible, elles tentent généralement d’établir une continuité avec un passé
historique approprié. » [1] Il définit en outre les traditions inventées comme
des réponses à de nouvelles situations, qui « tentent de structurer au moins
certaines parties de la vie sociale au sein [du monde moderne] comme immuables
et invariables ».[2] Hobsbawm poursuit en établissant une distinction entre «
tradition », « coutume » et « convention ». Contrairement à la tradition, la
coutume n’est pas perçue comme immuable et doit rester plutôt flexible. Il
s’agit d’une pratique établie qui peut être facilement adaptée si nécessaire.
La convention est simplement une routine dépourvue de toute fonction rituelle
ou symbolique. La coutume et la convention sont toutes deux des pratiques qui
facilitent la vie quotidienne, mais elles n’ont pas de fondement idéologique
comme la tradition.
Hobsbawm considère les traditions inventées comme des symptômes d’un changement sociétal au cours duquel les anciennes traditions deviennent obsolètes. Cela crée une demande pour de nouvelles traditions. Il soutient que de tels changements sociétaux ont été extrêmement courants au cours des 200 dernières années et classe les traditions inventées depuis la révolution industrielle en trois sous-catégories : « a) celles qui établissent ou symbolisent la cohésion sociale ou l’appartenance à des groupes, communautés réelles ou artificielles, b) celles qui établissent ou légitiment des institutions, des statuts ou des relations d’autorité, et c) celles dont l’objectif principal était la socialisation, l’inculcation de croyances, de systèmes de valeurs et de conventions de comportement. »[3]
Hobsbawm conclut son résumé du concept de tradition inventée par deux observations : il affirme tout d’abord que les anciennes pratiques diffèrent des pratiques inventées : « Les premières étaient des pratiques sociales spécifiques et fortement contraignantes, les secondes avaient tendance à être assez imprécises et vagues quant à la nature des valeurs, des droits et des obligations liés à l’appartenance au groupe qu’elles inculquent : « patriotisme », « loyauté », « devoir », « jouer le jeu », « l’esprit d’école » et autres concepts similaires. » [4] Sa deuxième observation est que la plupart des nouvelles traditions n’ont pas pris une grande importance dans la vie quotidienne des gens et qu’elles occupent une place bien moindre dans la société moderne que les anciennes traditions dans les sociétés agraires. Il estime toutefois que l’étude des traditions inventées reste importante, en raison de leur rôle en tant que symptômes des changements sociétaux. Il souligne également qu’elles peuvent montrer aux historiens comment les membres d’une société donnée se rapportent à leur passé.
https://dlf.uzh.ch/sites/skandinavien-postkolonial/review-the-invention-of-tradition/
Ainsi
Les traditions auxquelles nous nous référons ou recourons, et dont nous peinons quelquefois à discerner l’origine, sont des traditions qui font encore écho à nos préoccupations ; elles demeurent tout autant par le poids du passé que parce qu’elles répondent à certaines de nos préoccupations ou aux exigences que véhiculent des pouvoirs établis. Dans son exacerbation des traditions qui émargent à la Russie impériale et à l’URSS des 1er mai sur la Place rouge, le poutinisme, dans ses efforts de syncrétisme, son travestissement de l’histoire et ses utilisations du passé, en est un exemple achevé.
On l’oublie enfin : nombreuses sont les traditions qui ont disparu à la fois parce que les institutions qui les portaient les ont abandonnées (la fonction des institutions dans leur orchestration est souvent déterminante ; que l’on en juge dans les Églises ou au sein de l’armée) et parce que leurs significations ne répondaient plus aux aspirations sociales.
Finalement, après avoir introduit correctement le sujet, on peut parler de ce qu'il se passe en france
l'extreme droite est un faux gardien des traditions
Les faux gardiens des traditions : une instrumentalisation rhétorique au
service de l'extrême droite française
Dans le paysage politique français contemporain, l'extrême droite, incarnée notamment par le Rassemblement national (RN) et la médiasphère influencée par Vincent Bolloré – CNews et le Journal du Dimanche (JDD) en tête, avec des figures comme Cyril Hanouna entre autres –, se présente comme le rempart des "valeurs traditionnelles françaises". Ces valeurs, invoquées à travers le prisme d'une identité chrétienne, familiale et nationale préservée, sont brandies comme un étendard moral contre la modernité, l'immigration et le progressisme. Des voix comme celle de Philippe de Villiers, entrepreneur vendéen et chantre d'une France "enracinée" dans son héritage catholique et monarchique, amplifient ce discours.
Pourtant, une analyse approfondie, inspirée des méthodes sémiologiques et historiques, révèle une contradiction flagrante : loin de défendre ces valeurs, ces acteurs les instrumentalisent pour légitimer un projet autoritaire, xénophobe et populiste qui les érode de l'intérieur. Cette réflexion s'appuie sur un décryptage des discours, des pratiques médiatiques et des trajectoires idéologiques, pour démontrer comment cette rhétorique masque une menace réelle pour l'héritage républicain et humaniste de la France.
L'instrumentalisation sélective des traditions : une rhétorique de façade
Les valeurs traditionnelles françaises – laïcité issue de 1789, égalité républicaine, famille comme pilier social, et un catholicisme humaniste tempéré par l'héritage des Lumières – sont évoquées par le RN et la Bollosphère non comme des principes vivants, mais comme des artefacts figés au service d'une nostalgie essentialiste. Marine Le Pen et Jordan Bardella, dans leurs discours, opposent une "France éternelle" à une “submersion migratoire”, reprenant des tropes hérités du Front national originel, fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen sur des bases poujadistes et collaborationnistes. Ce narratif, analysé par Cécile Alduy dans "Marine Le Pen prise aux mots" (Seuil, 2015), opère une "dédiabolisation" superficielle : les références à la famille et à la nation chrétienne masquent un rejet viscéral de l'universalisme républicain, pilier des traditions françaises depuis la Révolution.
Philippe de Villiers, souvent cité comme une voix “traditionnelle” par ces milieux, incarne cette instrumentalisation. Ancien souverainiste et fondateur du Mouvement pour la France (MPF), il défend dans ses ouvrages comme "Les saints qui vont changer la France" (Albin Michel, 2017) une vision cathare et vendéenne de l'identité française, opposée à la “mondialisation”. Pourtant, son alliance tactique avec Bolloré – via des interventions récurrentes sur CNews – révèle une convergence opportuniste : Villiers, qui critique le “wokisme” et l'“islamisation”, cautionne un écosystème médiatique qui banalise l'extrême droite sans en assumer les excès. Comme l'observe Cécile Alduy dans "Ce qu'ils disent vraiment" (Seuil, 2017), ce discours "normalisé" recycle des éléments traditionalistes pour légitimer une rhétorique antisystème, où la “tradition” n'est qu'un voile sur un nativisme exclusif. En somme, ces acteurs ne protègent pas les valeurs ; ils les essentialisent en un folklore ethnique, piétinant l'héritage laïque et inclusif forgé par des figures comme Michelet ou Hugo.
La médiasphère Bolloré : un vecteur de dégradation morale
L'empire médiatique de Vincent Bolloré, catholique traditionaliste assumé, se pose en gardien de ces valeurs via CNews et le JDD. Pourtant, une analyse des contenus révèle une dérive qui les mine : promotion d'un “franc-parler” qui verse dans la vulgarité et l'incitation à la haine, loin de l'éthique chrétienne de charité ou de la dignité républicaine. CNews, souvent qualifiée de "Fox News française", a multiplié les sanctions de l'Arcom pour manquements au pluralisme et à l'honnêteté journalistique, comme lors de la couverture biaisée des élections européennes de 2024, où elle a orchestré une alliance RN-LR au mépris des faits . Vincent Bolloré, qui se réclame d'une “croisade civilisationnelle” contre l'islam et le progressisme, utilise ses médias pour brouiller les frontières entre droite républicaine et extrême droite, favorisant une “union des droites” qui sacrifie les valeurs héritières d'une Histoire débarrassée des oripeaux nationalistes et populistes.
Cyril Hanouna, avatar populiste de cette sphère, en est l'illustration paroxystique. Son émission Touche pas à mon poste (TPMP), transférée sur C8 puis Europe 1, accumule les scandales qui heurtent les normes morales traditionnelles : du “jeu graveleux” de 2016 impliquant des gestes sexuels simulés sur une chroniqueuse aux insultes publiques contre le député Louis Boyard en 2022 (“abruti”, “merde”), en passant par l'invitation de faux policiers cagoulés en 2023 ou la plateforme pour des théories complotistes en 2023. Ces dérapages, justifiés par un "divertissement décomplexé", dégradent le débat public, transformant la télévision en arène de violence verbale et de harcèlement moral – l'antithèse d'une famille "protégée" ou d'une société ordonnée que prône le RN. Comme l'analyse l'historien des médias Alexis Lévrier, Bolloré et Hanouna mènent une “guerre culturelle” qui normalise l'extrême droite au prix d'une trivialisation de la décence, érodant les valeurs morales qu'ils invoquent. Villiers, en participant à ces plateaux, valide implicitement cette dérive, révélant une contradiction : un traditionalisme rhétorique au service d'une culture du clash qui profane l'héritage français.
Les dangers structurels : autoritarisme et érosion républicaine
Au-delà de la rhétorique, les positions du RN et de la Bollosphère mettent en péril les fondements mêmes des traditions françaises. Sur la laïcité, pilier républicain, le RN propose un "primat des Français“ pour naturaliser les valeurs ”chrétiennes", ignorant l'article 1er de la Constitution de 1958. Sur la famille, leurs discours anti-LGBT+ et anti-avortement masquent un individualisme libéral : le programme économique du RN, pro-entreprises et anti-état-providence, creuse les inégalités qui fracturent les structures familiales traditionnelles. L'instrumentalisation historique est flagrante : comme le montrent les travaux de Nicolas Offenstadt, l'extrême droite détourne des figures, comme Jeanne d'Arc, pour un nationalisme exclusif, effaçant leur dimension universaliste.
Cette hypocrisie culmine dans les alliances : Bolloré, via des déjeuners avec Éric Ciotti en juin 2024, dicte une stratégie RN-LR qui sacrifie la droite gaulliste aux sirènes lepénistes. De Villiers, critique du "système", cautionne ce rapprochement sans dénoncer ses contradictions – comme le soutien tacite à des médias qui propagent l'islamophobie au nom d'un catholicisme sélectif. Résultat : une France divisée, où les valeurs traditionnelles, loin d'être défendues, servent de cheval de Troie à un autoritarisme qui menace la République.
En conclusion, le RN
et la médiasphère Bolloré, malgré leurs proclamations via des figures comme de
Villiers, ne sont pas les défenseurs mais les fossoyeurs des valeurs
traditionnelles françaises. Leur instrumentalisation rhétorique – analysée
comme une “guerre culturelle” gramscienne inversée – érode la laïcité, la
dignité et l'universalisme au profit d'un nativisme clivant. La politique est
affaire de mots et de pouvoir : ici, ces mots trahissent un projet qui, s'il
accède au pouvoir, achèverait de piétiner l'héritage d'une France plurielle et
humaniste.
https://blogs.mediapart.fr/chris/blog/051025/lextreme-droite-ces-faux-gardiens-des-traditions
l'ED détruit les traditions authentiques genre pr ce qui est de la famille,
elle promeut des politiques néolibérales qui detruit justement la famille, ou
elle respecte pas les traditions universalistes et tt et tt
et de par son comportement, genre les trad catholique(éthique
chrétienne/dignité républicaine) etc.. elle les respecte meme pas en étant
pleinement outrancier, vulgaire, d'ailleurs le vote RN est très fortement
prédicateur de la diminution dans la charité,
l'ED est pleinement dans la tradition inventée dans le but de servir de
"celles qui établissent ou symbolisent la cohésion sociale ou
l’appartenance à des groupes, communautés réelles ou artificielles"
A. L'invention de la tradition
Nous avons vu différents chevaux de Troie utilisés par l’extrême droite, sur les réseaux, mais pas seulement (voir article précédent : https://blogs.mediapart.fr/thomas-da-cruz/blog/051125/quand-les-marmites-deviennent-brunes).

Matériellement, la cuisine nostalgique et traditionnelle est présente dans nos villes, le restaurant "Chez Noù" à Toulouse est un des modèles répliqués de gueuleton. De même certains restaurateurs en dehors des mouvances d’extrême droite, se saisissent de cette approche d’une cuisine viandarde, qui semble mettre tout le monde d’accord autour d’une identité française figée dans les côtes de bœuf, l’alcool et le patriotisme. Mais alors pourquoi de tels discours se développent, à qui plaisent-ils ?
Ces discours et ces approches semblent s’approcher non pas d’une tradition réelle, mais d’une invention. L’historien Eric Hobsbawm, avait expliqué les mécanismes historiques de l’invention de la tradition. Pour lui, ces processus naissent dans des temps de crise et puisent leur légitimité dans un passé plus ou moins réel. Il en propose trois types « [Les traditions inventées] semblent appartenir à trois types qui se recoupent : a) celles qui établissent ou symbolisent la cohésion sociale ou l’appartenance à des groupes, des communautés réelles ou artificielles ; b) celles qui établissent ou légitiment des institutions, des statuts ou des relations d’autorité ; c) celles dont le but principal [est] la socialisation, l’inculcation des croyances, des systèmes de valeur et des codes de conduite ».
Alors sur cette mouvance autour du "tradi" en France ; mais qui est complété par différentes approches traditionnelles partout dans le monde comme le mouvement des tradwives. On y retrouve le but affiché de créer de la cohésion sociale par l’appartenance à des communautés artificielles. Pour notre cas national, c’est de lier l’histoire d’un espace géographique appelé la France à une période fantasmée entre les années 1930 et 1980. Dans laquelle, la vie était pré-supposément plus libre et où les hommes en particulier pouvaient s’enfiler des kilos de viande et des litres d’alcool sans problème.
Cette France n’a bien
entendu jamais existé, à cette époque-là, comme tout au long de l’histoire
française, l’alimentation était variée et principalement végétale avant ce
qu'on appelle les 30 glorieuses. Même, l’évolution de la quantité de viande
consommée est directement liée à l’essor du capitalisme. Ce qui va complètement
à l’inverse de ce qu’ils prétendent. En effet, selon le philologue Yvan Le
Page, en France, la consommation de viande est passée d’environ 19 kg par
habitant et par an en 1789 à plus de 100 kg dans les années 1980.Soit une
multiplication par plus de cinq en deux siècles.
Cette évolution est révélatrice d’un mode de vie capitaliste qui a profondément
transformé les corps et les assiettes. Il y a donc une dissonance sur ce
qu’aurait pu être l’alimentation en France dans une période passée non précisée
et ce qu’elle devrait être pour ces influenceurs et entrepreneurs. Ainsi au
travers de cette fausse histoire, il s’agit de créer un nouveau référentiel aux
idées conservatrices en récupérant en partie des valeurs écologistes. Elles
sont nombreuses à être utilisés, comme celles de manger en circuit court, de se
réapproprier la cuisine, de faire attention à la qualité des produits, tout
cela non pas au nom de l’écologie mais de la tradition. Une tradition
légendaire qui témoigne finalement d’une nostalgie exacerbée.
B. L'invention d'un mode de vie légendaire
Jean Cocteau, écrit dans Mes monstres sacrés, si « L'histoire est du vrai qui se déforme, la légende du faux qui s'incarne ». C’est pour cela que la tradition dont nous parlions plus haut, est légendaire, il s’agit d’un faux qui s’incarne. Penser que la France traditionnelle se limite au vin, à la côte de bœuf et aux bérets, c’est factuellement faux. Pourtant ce référentiel devient réalité pour une bonne partie d’un public surtout masculin. Cette réalité fantasmée écrase avec elle les spécificités locales qui font pourtant la richesse de la cuisine française.
Derrière, les images de banquets et d’influenceurs, c’est ainsi un mode de vie qui relève de la légende qui se dessine; un mode de vie rural, authentique, traditionnel. Par exemple, prenons l’influenceur Parlons Franc, roi des paysans. Il fait des vidéos dans un attirail complètement cliché : chemise blanche, salopette bleue, béret. L’ensemble est impeccable, pas une trace de terre alors même qu’il tourne beaucoup de ses vidéos en extérieur. Ce style-là, je l’avais montré à des gens de mon village lors d’une soirée, ils disaient “mais c’est n’importe quoi si on sort comme ça on se fait taper”. Ce sentiment de décalage avec la réalité est particulièrement vrai, personne ne s’habille comme ça à la campagne aujourd’hui, et par le passé c'était une tenue assez rare ou du dimanche.
Pourtant, pour de
nombreux français vivant en ville, on se dit que c’est comme ça qu’on s’habille
dans les milieux ruraux. Ainsi, on voit de nombreux urbains, en vacances ou en
weekend, faire une moustache, porter un béret, une chemise blanche, etc….
Ainsi, je l’ai remarqué, depuis quelques années cette mode d’un style
traditionnel purement inventé s’est étendue. D’une part à de nombreux
influenceurs mais d'autre part envers des personnes vivant en ville en
recherche d’une identité.
Cette légende d’un style vestimentaire et alimentaire s’incarne donc de plus
en plus dans les espaces publics. En soit, ce n’est pas un problème, mais elle
véhicule d’une part une alimentation polluante et néfaste pour le corps
(charcuterie, alcool, etc.) et d’autre part elle sert de signe de
reconnaissance pour des individus à minima aux penchants conservateurs. Mais,
de ce que je peux observer dans mon service civique (tiers-lieu en milieu
rural) et ma participation associative, cette tendance traditionnelle
d’apparence, touche principalement des catégories aisées.
Un bon indicatif de cela est visible lors des banquets
du canon français, les prix élevés, à plus de 80 euros la place exclue de
facto la plupart des gens qui vivent dans les campagnes populaires. Mais
aussi, cela se voit à l’habitus bourgeois qui se matérialise sur les
tables de ces banquets. De la vaisselle en porcelaine, des serveurs en
costumes, des chansons collectives passéistes qu’on n’entend nulle part
ailleurs. La différence avec un repas de fête de village est totale : une
vingtaine d’euros pour rentrer, chacun ramène sa vaisselle et ses boissons, des
chansons collectives qui sont plus drôles que traditionnelles. Bref, une
rupture de classe, qui montre que les banquets commerciaux ne cherchent
seulement à singer les repas de fête de village organisés par des bénévoles
d’un comité des fêtes et non pas par une entreprise qui fait son beurre sur la
tradition et le manque d’espace de sociabilité que crée le capitalisme.
On peut appeler
“tradition légendaire” cette construction culturelle qui a l’apparence du vrai
mais repose sur un passé inventé. Elle se présente comme un héritage ancien,
alors qu’elle est fabriquée de toutes pièces pour répondre à des besoins
politiques contemporains et devient un argument de marketing politique et
commercial.
Cette tradition légendaire occupe aujourd’hui une place grandissante en France
: elle sert de nouveau cheval de Troie aux idées conservatrices, en mobilisant
le terroir, le folklore et la nostalgie comme armes culturelles. Elle révèle
surtout un capitalisme en crise, qui abandonne son vieux récit méritocratique
et de progrès pour se réfugier dans la mise en scène d’une France prétendument
menacée. Et c’est dans cette nostalgie artificielle, soigneusement scénarisée,
que se rejoue le dernier réflexe de défense d’un système à bout de souffle.
C. Le commerce de la tradition.
La tradition légendaire, est un de ces outils qui prépare aussi l’arrivée d’un fascisme pour défendre ce système qui est en crise. Le capitalisme a transformé les modes de vies et doit donc offrir des portes de sortie à son rythme débridé et aliénant. Ainsi, ces récits sont des arguments qui nourrissent l'extrême droite qui est la courroie de distribution du capitalisme, qui profite de promouvoir un mode de vie faussement traditionnel.
Les personnes qui
prennent donc goût à ce mode de vie traditionnel légendaire de l’apparence
physique, à la famille ou bien dans les assiettes est ce qui me semble être un
réservoir pour le fascisme. On retrouve a priori, ce que Nicos
Poulantzas explique sur les fondements des régimes fascistes, « ils reposent
généralement sur une base militante issue de la petite-bourgeoisie et une
participation économique et politique de la classe dominante ». C’est ainsi,
dans la tradition légendaire que se prépare le fascisme français du XXIe
siècle. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’on voit le projet de Pierre Edouard
Sterin, PERICLES, qui a pour but de faire arriver l’extrême droite au
pouvoir. Ce dernier a racheté le Canon Français. Ce qui valide le fait
que le commerce de la tradition est au cœur des stratégies d’extrême droite
pour empoisonner le débat politique.
Ainsi, se mêle projet politique et projet entrepreneurial au travers de cette
invention d'une tradition légendaire. D'un côté, elle permet de cibler une
partie de la population, aisée, qui va se ruer sur ses offres commerciales et
marketing pour se sentir appartenir à une communauté française fière et
traditionnelle. Vous remarquerez ainsi, que les prix des commerces de la
tradition légendaire sont particulièrement élevés, surtout en ce qui concerne
l'alimentation. De l'autre, elle permet de distiller un discours politique
efficace, celui de la supériorité des traditions françaises sur les autres. Ce
discours excluant peut rapporter gros en terme économiques et électoraux. C'est
pour cela, qu'il est nécessaire d'occuper ce champ politique car il est laissé
aux commerçants de l'extrême droite et enferme la cuisine dans une vision
excluante. Alors que la nature de la cuisine est de se nourrir des changements,
des découverts et des pratiques de son époque.

De cette façon, lorsque la cuisine s'adapte au public français actuel avec les mécanismes habituels de la créolisation, cela est vu comme un scandale.
Prenons par exemple la
tartiflette halal sur le marché de noël, qui fait scandale depuis deux ans.
Cette proposition est le fruit total d'une créolisation, le mélange d'une
recette qui serait traditionnelle (inventé au XXe siècle) et d'une demande de
produits transformés halal qui augmente. L'extrême droite déroule sa peur
inventée d'un grand remplacement qui détruit "nos" traditions.
Pourtant, sur le même marché de Noël il est à parier que plusieurs offres de
tartiflette (non halal) son proposées.
Ce cas typique, est un de ces champs de batailles qui s'ouvrent malgré nous
contre l'extrême droite, auquel on ne peut rester silencieux.
Quelle est l’écho de ce mouvement dans la ruralité ? Les hommes ruraux, pourraient être permissifs à ce mythe d’une tradition qui n’est plus possible. On peut le voir dans les travaux de Benoît Coquard, il montre que la nostalgie à une place prépondérante dans la construction des identités en particulier masculine. Il observe, une « Transmission genrée de la nostalgie ». Avec laquelle, il souligne le rôle des pères dans la transmission de la nostalgie, basée sur des récits glorieux de soirée et d’évènement qui ont forgé leur jeunesse. Ces récits se font dans une sociabilité genrée au travers du foot, de la chasse ; ou dans mon cas personnel avec le rugby.
On observe alors des légendes certes, mais qui ne sont
pas celles décrites au-dessus, on est plus dans un univers masculin,
certainement sexiste et problématique mais qui n’est pas le culte d’un mode de
vie traditionnel inspiré des années 30. Coquart, explique « de cette façon la
génération des “darons” offre aux adultes en devenir des sortes de scripts de
vie et des façons d’être légitime socialement ».
Pour lier cela à ce qu’on essaie de faire ici, il semble donc qu’il y a un
référentiel différent que celui du béret et du drapeau français. Celui des
soirées, des routes de nuit alcoolisées et des matchs de foot ou de rugby. Des
récits qui offrent des branches auxquelles s’accrocher pour les jeunes ruraux
qui ne sont pas les racines forgées par l’extrême droite. Néanmoins, cette
socialisation genrée laisse quand même l’idée très forte du « c’était mieux
avant » qui est assez difficile à défaire à coup de discours rationnel. De
plus, cela laisse entendre à la différence de ce qui est assénée par l’extrême
droite que non la campagne n’est pas peuplée de gaulois traditionnels qui
vivent comme dans les années 30 mais d’un ensemble de population aux références
culturelles mixtes et influencés par des apports extérieurs.
Conclusion
Pour conclure, ce détour par la « tradition légendaire » permet de comprendre que l’extrême droite ne diffuse pas seulement des idées : elle installe un imaginaire, un décor, un mode de vie rêvé où l’on s’accroche à des racines reconstruites pour mieux oublier les fractures du présent. Cette mythologie culinaire et vestimentaire prospère sur un double vide : le recul des espaces de sociabilité populaires et l’incertitude d’un avenir où le capitalisme ne promet plus grand-chose.
En faisant de la côte de bœuf, du béret ou du banquet un horizon politique, ces entrepreneurs de nostalgie déplacent le débat public vers le terrain le plus confortable pour le conservatisme : celui de l’identité, plutôt que celui des conditions matérielles d’existence. Leur force n’est pas dans leurs arguments; souvent pauvres, mais dans leur capacité à raconter une histoire simple, séduisante, virile, là où la complexité sociale fatigue.
Le rôle de la gauche est donc double : déconstruire ces légendes sans mépriser ceux qu’elles séduisent, et surtout reconstruire des lieux, des pratiques, des liens où la convivialité ne soit plus un produit marketing mais une réalité partagée. Car ce qui manque aujourd’hui aux campagnes comme aux villes, ce n’est pas une tradition figée dans les années 30 : c’est la possibilité de faire société autrement, sans déguisement et sans fantasmes.
La bataille culturelle se joue aussi à table et dans les assiettes et se poursuit dans les espaces festifs que nous étudierons au prochain numéro.
L’absence de lien entre une croyance en une fausse information et un comportement électoral (vote) avait déjà été établie dans une étude de 2016 à propos de l’élection de Donald Trump. L’étude établissait que les électeurs pro-Trump pouvaient reconnaître que certaines affirmations étaient fausses sans réduire pour autant leur soutien politique. Ainsi, les croyances factuelles et les préférences politiques étaient/sont largement décorrélées. La vérité n’apparaît pas comme une condition nécessaire du soutien politique. Corriger la désinformation ne change quasiment pas les intentions de vote. L’étude démontre de manière assez cruelle que les citoyens utilisent les figures politiques comme des boussoles de vérité, indépendamment des faits, mais aussi que les corrections factuelles n’ont qu’un effet fragile, temporaire et limité, que la désinformation ne pénalise pas nécessairement électoralement un candidat et que la politique contemporaine peut fonctionner sans exigence de véracité.
Cette étude est confirmée par une autre plus récente datant de 2021, qui conclut à une relation « proche de zéro » entre l’exposition aux tweets de l'agence russe (IRA) durant l'élection américaine de 2016 et le changement de choix de vote.
https://www.nature.com/articles/s41467-022-35576-9
Ces résultats sont extrêmement cohérents avec ce que nous apprend depuis des décennies la science politique en matière électorale, à savoir que les votes s’expliquent davantage par les conditions matérielles d’existence, les préférences idéologiques, des raisons identitaires et dans une certaine mesure par les structures familiales
Dans la tête de beaucoup de commentateurs, les individus basculent dans des votes extrêmes après avoir été exposés de manière subie à de fausses informations. Ce scénario fictif ne correspond pas à la réalité. Le premier mécanisme qui joue est l’autosélection : les individus choisissent eux-mêmes les contenus, les médias, les sources et les environnements informationnels qui correspondent déjà à leurs préférences, croyances ou identités. On ne reçoit pas l’information au hasard, on se dirige activement vers ce qui nous parle, nous rassure ou nous conforte (2). Dit autrement, ce sont les personnes qui vont vers les informations (notamment les fausses) qui les confortent dans leur conviction et non l’inverse. Donc quand on entend « les fake news rendent populistes », la corrélation est en réalité inversée : les électeurs déjà populistes cherchent davantage ces contenus (3).
2 Voir par exemple : Andreas Jungherr (2024) Foundational questions for the regulation of digital disinformation, Journal of Media Law, 16:1, 8-17. 3 Voir en ce sens : Cantarella, Michele and Fraccaroli, Nicolò and Volpe, Roberto Geno, Does Fake News Affect Voting Behaviour? (June 12, 2019).
En outre, l’autosélection est un comportement rationnel subjectif, pas le signe d’un manque d’intelligence, de crédulité ou de manipulation comme on pourrait le penser. Cependant, les réseaux sociaux amplifient ce mécanisme (sans le créer pour autant), car ils réduisent le coût d’accès aux contenus compatibles et augmentent la visibilité des communautés affinitaires. On ne peut donc accuser les réseaux sociaux de faire basculer des électeurs par l’exposition à certaines informations. L’autosélection ne va pas changer une élection ; en revanche, elle va renforcer des convictions et produire un ton plus dur dans les échanges.
Mais « autosélection » ne veut pas dire bulle informationnelle et enfermement idéologique pour autant. Une immense étude de la fondation Descartes démontre que contrairement à ce que les personnes déclarent, à savoir qu’ils consulteraient davantage les médias dans lesquels ils auraient confiance et qui seraient proches de leurs idées, ils papillonnent et vont voir des sources relativement hétérogènes d’informations et passent en réalité peu de temps sur chaque site. Les individus ne construisent pas consciemment une « diète médiatique idéologique ». Le phénomène de « chambre d’écho » est surtout un artefact de sondage et lié aux biais de mémoire et de désirabilité sociale. Il existe bien une corrélation entre exposition déclarée et exposition réelle, mais la surestimation est massive : il y a une différence majeure entre se dire lecteur quotidien et l’être effectivement. La polarisation informationnelle qui sert de fondement théorique aux politiques de lutte contre la désinformation n’est pas démontrée. Les bulles informationnelles sont davantage un récit politique qu’un fait empirique.

Une autre étude très importante de la Fondation Descartes mérite d’être citée. Cette étude réfute l’idée reçue selon laquelle les complotistes seraient des simples d’esprit ou encore la résultante d’une flambée d’incrédulité dans laquelle la société serait en train de plonger. L’auteur de l’étude montre que les récits complotistes sont souvent argumentés, narrativement cohérents et qu’ils exploitent efficacement des ressorts cognitifs ordinaires (recherche de sens, réduction de la complexité). Mais la porosité aux théories complotistes ne peut s’expliquer par les seuls biais cognitifs, car ceux-ci sont universels et stables dans le temps et, ce faisant, ne permettent pas d’expliquer les variations historiques, ni les différences entre pays, ni les pics contextuels (attentats, crises sanitaires).
En effet, il est largement établi que les fausses croyances reposent sur les mêmes mécanismes cognitifs que les vraies croyances. La désinformation exploite des heuristiques ordinaires, des raccourcis cognitifs fonctionnels et des dynamiques sociales normales. Il n’y a pas besoin de manipulation sophistiquée pour que la désinformation fonctionne (4). Les biais cognitifs sont donc au mieux une condition nécessaire mais non suffisante du complotisme.
Pour plus de détails sur les mécanismes psychologiques en jeu dans les croyances, voir Ecker, U.K.H., Lewandowsky, S., Cook, J. et al. The psychological drivers of misinformation belief and its resistance to correction. Nat Rev Psychol 1, 13–29 (2022).
À partir d’analyses statistiques sur des enquêtes représentatives françaises, l’article montre qu’en réalité, les facteurs les plus explicatifs de l’adhésion complotiste sont : la défiance envers les médias et les institutions (facteur n°1 ou n°2 selon les modèles), les croyances paranormales, un rapport pessimiste à l’avenir, une proximité avec des mouvements protestataires (ex. Gilets jaunes), l’information via les réseaux sociaux (effet secondaire) et les positions politiques aux extrêmes. À l’inverse : le niveau de diplôme protègerait significativement. Ce qui ressort de tout cela, c’est que la défiance institutionnelle est le terreau universel du complotisme.
En outre, l’auteur démontre que les individus n’adhèrent pas indistinctement à toutes les théories, et qu’il existe des types de complots, socialement et géographiquement différenciés. À partir des données de Google Trends : certains territoires s’intéressent plutôt aux complots technoscientifiques (vaccins, chemtrails), d’autres aux complots politiques (élite, Illuminati). Cela invalide l’idée d’une « mentalité complotiste homogène ». L’auteur souligne également que les sondages sur les croyances complotistes ne permettent pas de distinguer ce que signifie « croire » à une théorie du complot : croyance affichée par conformisme social ? Posture identitaire ? Conviction réelle ? Croyance agissante (qui guide des comportements violents ou politiques) ? La réponse politique à ces différentes croyances complotistes ne peut être la même si le ressort psychologique est différent. Les résultats de cette étude convergent totalement avec ceux d’une étude de 2023, qui concluait que la vulnérabilité face à la désinformation n’était ni sociale ni éducative (l’âge, le niveau d’éducation, le genre ou le revenu n’étaient pas des facteurs explicatifs) et que les facteurs décisifs et explicatifs étaient davantage le pessimisme existentiel, le sentiment de déclassement, la défiance envers la démocratie et une vision négative de l’avenir. La désinformation prospère sur une crise du rapport au monde, pas sur un déficit cognitif simple.
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/17816858231162677
Autre apport important de l’étude et cohérent avec celles que nous avons déjà mentionnées : la désinformation ne change pas le vote. Les électeurs vulnérables votent autant que les autres et ont souvent décidé leur vote longtemps à l’avance. Ils votent surtout pour des partis populistes / anti-système. Contrairement à ce que semble s’imaginer notre classe politico-médiatique, la désinformation ne « retourne » pas des électeurs de dernière minute. L’étude pointe ce que nous avions déjà identifié : on croit la désinformation surtout quand elle conforte une opinion déjà formée. Les électeurs déçus d’un parti croient autant les fake news que les placebos contre ce parti, tandis que les électeurs fidèles y croient beaucoup moins. La désinformation rationalise le rejet, elle ne le crée pas. La lutte contre la désinformation est indissociable de la confiance démocratique, de la perception de l’avenir, du sentiment d’inclusion sociale. Le fact-checking ne corrigera donc pas ce mal profond. Au contraire, il pourrait même l’aggraver.
Le fact-checking fonctionne, mais au prix d’une décrédibilisation de l’ensemble des médias
Selon une étude récente, le fact-checking est effectivement efficace pour corriger les croyances. Cette dernière a été réalisée en comparant des groupes non exposés à la désinformation, un autre exposé à la désinformation sans fact-checking, et un autre exposé à la désinformation, mais ensuite fact-checkée. Le résultat est clair : la vérification d’informations augmente significativement l’exactitude des croyances. Cependant, cette étude ne n’arrête pas là et comporte un « MAIS » très important. La vérification d’information fonctionne, MAIS dégrade la confiance dans les médias. Comparés à ceux exposés à de la désinformation non corrigée, les individus exposés à des fact-checks font moins confiance aux médias, perçoivent les médias comme plus biaisés, développent davantage une perception hostile des médias. De plus, l’effet est observé après une seule exposition. L’interprétation de ce résultat est la suivante : rendre visible l’omniprésence de la désinformation conduit les individus à douter de tout, y compris de l’information vraie. L’étude est même allée plus loin en comparant les différents formats de fact-checking (ex. : par des visuels émotionnels, la transparence des sources et des méthodes, etc.), mais le résultat est le même : ce n’est pas le « design » du fact-checking qui pose problème, mais son existence même comme signal dans l’espace public.
https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/20563051231179694
Les fact-checkers comme alliés objectifs des fermes à trolls
Le rapport pointe le fait qu’en accordant de l’importance à ces campagnes dont l’effet n’est pas avéré, cela crée un véritable effet sur nos sociétés, c’est-à-dire un climat de paranoïa dans lequel on pense que l’ennemi russe est omniprésent. https://www.psychologicaldefence.lu.se/sites/psychologicaldefence.lu.se/files/2025-05/Beyond%20Operation%20Doppelgänger.pdf

Dit autrement, plus les fake news de fermes à trolls russes font l’objet de fact-checking ou d’attention médiatique, plus celles-ci obtiennent de financements
Le bilan de la lutte contre la désinformation est à ce stade catastrophique, et pour cause, il refuse de s’attaquer à la racine du problème : alternances rendues sans effet du fait de l’application des traités européens, référendums contournés, conflits d’intérêts dans la plupart des institutions françaises et européennes avec notamment le pantouflage et le lobbying généralisés, corruption, détention des médias par des milliardaires… autant de choses qui laminent (à juste titre) la confiance dans les institutions, bien avant les mèmes et les faux sites miroirs des fermes à trolls russes.
c long mais quest ce que c intéressant
Les effets destructeurs du fact-checking sur le débat public - Élucid
CAT : Politique Française
Histoire de la france
la relance de mitterrand n'était pas
incroyable
La relance mitterrandienne n’a guère été massive. L’historien Jean-Charles Asselain a même parlé de « relance naine ». Au total, elle représente 1,7 % du PIB, soit plus de deux fois moins que la relance de Jacques Chirac, alors premier ministre, en 1975 (3,5 % du PIB). Elle s’est principalement traduite par les revalorisations du Smic de 8 % et des minima sociaux de 25 %, ainsi que par l’embauche de 170 000 fonctionnaires.
la situation du déficit et de la dette
était ok
Le déficit public se dégrade logiquement, mais sans atteindre des niveaux intenables, même pour l’époque. À 3,5 % en 1983, et avec une dette publique proche de 20 % du PIB, il n’y a pas de réel risque de défaut de paiement. Au même moment, la dette britannique s’élève par exemple à presque 40 % du PIB. La hausse des taux d’intérêt est certes importante, mais elle est générale et découle des politiques états-unienne et allemande de lutte contre l’inflation. Les taux réels à long terme français sont d’ailleurs restés relativement modérés et inférieurs durant la période aux taux états-uniens et britanniques.
le déficit commercial se creuse
légèrement, mais il se résorbe vers la fin de toute façon, avant même le
tournant de la rigueur
Certes, le déficit commercial se creuse, mais c’est parce que la France relance un peu alors que ses grands partenaires sont tous plongés dans des récessions fortes. La hausse monumentale des taux d’intérêt par la banque centrale des États-Unis, en mai et octobre 1981, vient casser la croissance mondiale. Et comme les politiques budgétaires sont partout restrictives, la demande en produits français à l’étranger est faible. Hausse modeste de la demande intérieure, faiblesse de la demande extérieure : le déficit commercial français apparaît comme le miroir des excédents des autres.
le franc a des risques de dévaluation,
NOTAMMENT À CAUSE DES ALLEMANDS, mais c'est pas si problématique que ca
Une telle politique suppose un affaiblissement du franc français, ce qui, naturellement, pose la question du maintien de la monnaie dans le SME. Mais il faut aussi affirmer que le problème est autant celui de la réévaluation du mark que de la faiblesse du franc. C’est d’ailleurs bien ce que Paris fera remarquer à plusieurs reprises vainement à Bonn. Le refus de Bonn de réévaluer pour « ne pas payer les dépenses françaises » a aussi jeté de l’huile sur le feu. Et traduit d’ailleurs les limites de la « coordination » au sein du SME, qui annonce les difficultés futures au sein de l’euro.
La france avait une très bonne
croissance d'ailleurs
Quoi qu’il en soit, en 1982, la France est la locomotive économique de l’Europe. Sa croissance du PIB est de 2,5 %, soit davantage que le Royaume-Uni (2 %) et que l’Allemagne et les États-Unis qui sont en récession (respectivement -0,4 % et -1,8 %). Prétendre que la politique française était à contretemps n’a pas de sens : la France aurait-elle été plus forte si elle avait réduit sa demande et était aussi tombée en récession ? En réalité, la relance française a sans doute joué un rôle dans l’amortissement de la récession ailleurs, en particulier outre-Rhin. D’où le caractère logique d’un réajustement du niveau du mark.
la situation du chômage était
relativement ok
En plus d’avoir creusé les déséquilibres, les socialistes ont été accusés d’avoir alimenté la hausse du chômage avec la relance. Et il est vrai que celui-ci a augmenté en 1981 et 1982, passant en deux ans de 4 % à 6,9 % de la population active. Mais la hausse se produit alors dans tous les grands pays développés. Au reste, le taux français de 1982 (5,8 %) est inférieur à celui de la RFA (6,8 %) et très inférieur à celui des États-Unis (10,8 %) et du Royaume-Uni (10,3 %).
l'inflation était certes plus élevé,
mais était à la baisse (pis bon, la situation inflationniste est à analyser au
cas par cas, la cible des 2% c'est un cible qui n'a aucun fondement scientifique)
Certes, l’inflation est alors forte (13,3 % en 1981 et 12,01 % en 1982 en moyenne annuelle) et supérieure à celles des grands pays occidentaux. Mais cela est logique puisque les autres pays mènent une politique déflationniste. De plus, l’inflation est inférieure à celle de 1980 (13,6 %), et depuis juin 1982 elle ralentit beaucoup. En décembre 1982, l’inflation annuelle redescend même à 9,6 %, du jamais vu depuis décembre 1978. Autrement dit, la relance n’a guère plus alimenté l’inflation que ne l’a fait la politique restrictive de Raymond Barre. Et on aura bien du mal à croire que fin 1982, les anticipations d’inflation obligent à un changement de politique.
precision sur la balance commerciale et
la dévaluation du franc
Mieux encore : début 1983, alors que la croissance revient dans le reste du monde et que la France a dévalué (timidement) deux fois en octobre 1981 et en juin 1982, la situation du commerce extérieur se redresse et retourne à l’équilibre. Il est vrai qu’en volume, la dégradation avait été très réduite. Une fois les déséquilibres internationaux en partie corrigés, une fois les effets immédiats de la dévaluation effacés, la situation française se révèle tout à fait acceptable.
Alors pourquoi ????? :
j’ai plus accès à l’article, mais c'était lié au
fait que mitterrand ne se connaissait pas en économie et que la ligne de droite
du PS avait les postes essentiels au contrôle de l’économie française
1981-83: pourquoi le renoncement économique n’était pas inéluctable | Mediapart
Sujets Divers
a. La création du RN : du terrorisme au nazisme…
Le 5 octobre 1972, le Front national, qui deviendra le Rassemblement national en 2016, vient d’être créé à l’initiative d’un groupe néofasciste, Ordre nouveau, qui cherche à unifier les courants d’extrême droite pour accéder au pouvoir par les urnes. Jean‑Marie Le Pen, ancien député poujadiste et directeur de campagne du collaborationniste Tixier‑Vignancour en 1965, est choisi comme figure « présentable » afin de donner une apparence de crédibilité au mouvement. Il devient donc la tête de liste du parti.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rassemblement_national
Les statuts sont déposés le 27 octobre 1972 par Jean‑Marie Le Pen et Pierre Bousquet, qui devient le premier trésorier. Parmi les cofondateurs, on trouve Pierre Bousquet, ancien Waffen‑SS de la division Charlemagne ; Léon Gaultier, lui aussi ancien Waffen‑SS, secrétaire général à l’Information sous Vichy et cofondateur de la Milice en 1943 ; François Duprat, sympathisant néonazi et idéologue majeur qui modernise le discours en remplaçant le « juif » par « l’immigré » comme bouc émissaire ; Roger Holeindre, ancien membre de l’OAS ; et François Brigneau, ancien milicien, admirateur de Marcel Déat et Robert Brasillach, vice‑président du parti et rédacteur de son programme. Le FN rassemble alors des collaborateurs, des anciens SS, des membres de l’OAS, des néofascistes et des négationnistes.
Dès sa création, on retrouve donc une forte influence fasciste et nazie, influence qui s’accentuera au fil des années à travers les déclarations choquantes de plusieurs responsables politiques du parti.
Pierre Bousquet et Léon Gaultier ont combattu sous l’uniforme allemand dans la Waffen‑SS (division Charlemagne) et participé à la défense de Berlin en 1945. Gaultier a également été chroniqueur à Radio Vichy et membre de la commission de censure cinématographique sous Pétain, et certains médias ont ensuite mis en avant son parcours sans en rappeler la gravité. François Brigneau a écrit dans des journaux comme La Fronde, aux côtés de collaborateurs notoires, et a publié de nombreux éditoriaux antisémites. Le FN attire ainsi, dans ses premières années, des anciens fascistes, des vichystes et des nostalgiques de l’Algérie française.
En 1963, Jean‑Marie Le Pen cofonde la maison d’édition SERP avec Léon Gaultier et Pierre Durand. Elle publie notamment des disques de chants du IIIᵉ Reich. En 1968, Le Pen et plusieurs collaborateurs sont condamnés pour « apologie de crimes de guerre ». Le tribunal impose l’ajout d’un avertissement de huit pages pour contextualiser les chants nazis. Jean‑Marie Le Pen sera ensuite condamné à plusieurs reprises pour antisémitisme, négationnisme et apologie de crimes de guerre. En 1987, il déclare que les chambres à gaz sont un « détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », ce qui lui vaut de nouvelles condamnations.
Voici des petites vidéos pour illustrer ces propos :
https://www.youtube.com/watch?v=VYfKBkLQ0lE
https://www.youtube.com/watch?v=uJPgO7RsCdU&t=1s
Léon Gaultier, en plus de son passé dans la Waffen‑SS, a cofondé SERP avec Le Pen. Même s’il s’est éloigné du FN au début des années 1980, son rôle initial reste révélateur des origines du parti. François Brigneau, quant à lui, a été condamné plusieurs fois par la 17ᵉ chambre correctionnelle de Paris pour ses écrits antisémites et a continué à dénoncer « l’influence israélite » dans ses éditoriaux jusque dans les années 2000.
Le politologue Jean‑Yves Camus souligne que, malgré les exclusions opérées sous Marine Le Pen, des noyaux militants radicaux persistent, notamment autour d’un rejet de l’antiracisme et de l’universalisme. Le magazine Marianne a recensé plusieurs déclarations antisémites après 2010 qui n’ont pas été sanctionnées par le parti.
Face à ces accusations et à cette histoire, Marine Le Pen tente de « dédiaboliser » son parti. En 2018, le Front national change de nom pour devenir le Rassemblement national, car l’ancien nom restait trop associé au nazisme.
P/S vu que je vous aime bien je vous fait un cadeau et vous détaille la liste des fondateur problématique du FN :3 :
- Alain Robert, membre d’Ordre Nouveau, un mouvement fasciste ultra-violent dissous l’année suivante.
- Roland Gaucher, ancien collaborateur du RNP (dont le logo a inspiré celui du Front National).
- François Brigneau, ex-milicien vichyste.
- Roger Holeindre, ancien membre de l’OAS, une organisation terroriste.
- Pierre Bousquet et Léon Gaultier, tous deux anciens combattants dans la Waffen-SS.
- Sans oublier Jean-Marie Le Pen, dont les liens avec le nazisme sont étroits, notamment par l’édition de chants nazis via son organisation la SERP, ainsi que ses propos antisémites pour lesquels il a été condamné à plusieurs reprises.
https://www.youtube.com/watch?v=lX_5RbJ6JrA&t=1s

b. Leur logo et leur nom : héritage du facsisme.
Voici un épilogue du logo du Front National :


(AFFICHE ÉLECTORALE DU FN ici à gauche)
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(EVOLUTION LOGO FRONT NATIONAL)
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Maintenant le logo de MSI (le mouvement facsiste italien) :

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Ça se ressemble ; car c’est les mêmes… ici la flamme tricolore symbole facsiste + le socle représentant la tombe de mussolini…

NOTE : On a aussi ces deux logos qui se ressemblent (à gauche la version du logo du FN de 1988 à 1990)…



Malgré le changement du logo du front national vers rassemblement national ; la flamme tricolore reste présente sur le logo…

Maintenant revenons sur le nom du parti… le Front National (dont les initiales font “FN” comme Forza Nuova) change de nom en rassemblement national un clin d'oeil au rassemblement national populaire parti collaborationniste (dont un des fondateurs du FN faisait parti : Roland Gaucher)
c. Le RN tue; (du terrorisme, aux attentats cachées…)
Cette catégorie est mise à jour à chaque fois que le RN tue…
Voici une affiche representant les differents lien entre le RN et le terrorisme ;
( lien pour voir l’image en grand : https://les-droitards-con.netlify.app/G2vM1ACWoAAHdIV.png )

Un député RN (Fabrice Leggeri) est actuellement mis en examen pour complicité de crimes contre l’humanité et de torture. Ancien directeur de Frontex, il aurait facilité des refoulements illégaux de migrants en Méditerranée. La LDH lui reproche d’avoir incité ses agents à coopérer avec les garde-côtes libyens et grecs pour intercepter des embarcations de migrants au lieu de les secourir. Ces pratiques auraient contribué à une hécatombe en Méditerranée, où 34 000 migrants sont morts depuis 2014 selon certaines estimations.
Un ancien candidat RN, Serge Laplanche, âgé de 78 ans, a ouvert le feu sur des policiers venus l’interpeller à Châteauroux le 17 février 2026. Retranché dans son appartement, il a tiré par la fenêtre et lancé quatre grenades défensives, dont une seule a explosé sans faire de victime. Le RAID est intervenu après plusieurs heures de siège. Un arsenal de plus de vingt armes et des milliers de munitions a été découvert chez lui. Le forcené, gravement blessé, a été hospitalisé
https://www.revolutionmagazine.com/chateauroux-tirs-grenades-police-raid-interpellation.html
d. Les “brebis-galeuses” (chaque membre triée)...
(Cette categorie est fréquemment mise a jour …)
Le RN est le parti le plus problématique à cause de leurs membres…

(Voici quelques liens a ce propos si intéressée :
Carte des députées :
https://lesjours.fr/obsessions/rn-derniere-marche-2/ep5-appli-casseroles-deputes-rn/
Par membres :
En france :
Marine Le Pen
Impliquée dans un détournement d’argent public via des assistants parlementaires. Liens avec le groupe néofasciste Gud Connexion. Au cœur d’enquêtes pour recel et abus de biens sociaux, ayant conduit à plusieurs condamnations parmi ses proches (Les Jours). a affirmé son soutien à viktor orbán (Président hongroix néo-facsistes).
Jordan Bardella
A participé au CPAC, « la grande‑messe » des conservateurs américains, avant d’annuler son discours après un geste nazi de Steve Bannon. Il entretient des liens idéologiques avec Donald Trump, saluant son bilan économique et sa « fierté nationale » (Les Échos). A déclaré que les propos de Jean‑Marie Le Pen n’étaient pas antisémites, reprenant ainsi la ligne de défense historique du parti. Selon plusieurs sources, il aurait tenu un compte Twitter anonyme intitulé RepNat du Gaito, diffusant des tweets racistes et des messages xénophobes. A affirmé que l’immigration massive conduirait au “grand remplacement”, et a minimisé le racisme, estimant que le « racisme anti‑blanc » serait « tout aussi présent ». En 2023, ses propos sur les Roms ont été jugés discriminatoires : il a demandé le démantèlement systématique des campements, qu’il considérait comme « une menace pour la sécurité publique. Il a aussi inventée de fausses preuves dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires (détournement d’argent) du RN pour éviter de ne pas pouvoir se présenter et ne pas être puni par la loi.
Franck Allisio
Visé par une enquête pour détournement de biens sociaux à Perpignan. En 2023, StreetPress l’a montré avec des militants néofascistes. A méprisé le quartier le plus pauvre de France : arrêt des camions‑poubelles, bétonnage de maisons, etc.
Bénédicte Auzanot
A recruté André‑Yves Beck, nationaliste révolutionnaire, ex‑membre de Troisième Voie et Nouvelle Résistance. Soutenait le Bastion social et justifiait ses violences (Mediapart).
Philippe Ballard
Actif dans un groupe Facebook raciste et antisémite « Rassemblement national (direction 2027 !) ». A obtenu le badge de « contributeur en vogue » sans jamais signaler les appels au meurtre qui s’y tenaient (Les Jours).
Christophe Barthès
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella » rempli de propos racistes et violents. N’a rien signalé. Climatosceptique notoire. A posé devant une pancarte sexiste visant Sandrine Rousseau (Les Jours).
Romain Baubry
Présent dans le groupe Facebook raciste « Rassemblement national (direction 2027 !) ». N’a pas dénoncé les propos haineux. Selon StreetPress, a embauché deux militantes néofascistes comme assistantes parlementaires.
José Beaurin
Membre du groupe Facebook « Jordan Bardella » contenant des appels au meurtre. Son collaborateur Kylian Couteau administrait un autre groupe raciste.
Christophe Bentz
A qualifié l’IVG de « génocide de masse ». A prôné la « distinction des races » comme « travail de bon sens ». Ex‑collaborateur de Luc Le Garsmeur, catholique traditionaliste prorusse et royaliste, qui accusait Samuel Paty d’avoir blasphémé (Les Jours).
Guillaume Bigot
Climatosceptique et défenseur du machisme assumé (Les Jours). Craint « l’émasculation » des hommes par le « wokisme ». Membre paradoxal de la délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale.
Bruno Bilde
Condamné pour diffamation en tant que directeur du magazine municipal d’Hénin‑Beaumont : il avait faussement accusé un maire d’avoir favorisé l’embauche de sa fille. Condamnation définitive en 2019.
Frédéric Boccaletti
Ancien gérant d’une librairie nationaliste vendant des ouvrages négationnistes et antisémites. Condamné en 2000 pour violences en réunion avec arme. Accusé de violences conjugales par son ex‑femme (Libération). Membre d’un groupe Facebook raciste (Les Jours).
Pascale Bordes
Membre du groupe Facebook « La France avec Jordan Bardella » rempli de propos racistes et antisémites. N’a jamais signalé les appels au meurtre qui s’y tenaient (Les Jours).
Manon Bouquin
Ancienne du syndicat étudiant d’extrême droite La Cocarde, proche des milieux identitaires et impliqué dans des actions violentes (StreetPress, Quotidien).
Jérôme Buisson
Auteur de tweets racistes entre 2017 et 2020 : défense du blackface, propos sur les immigrés maghrébins et les musulmans. Les Jours et Mediapart ont documenté ses déclarations discriminatoires.
Roger Chudeau
A déclaré qu’un ministre ne devrait pas être binational, visant Najat Vallaud‑Belkacem. Désavoué par Marine Le Pen mais jamais sanctionné (Les Jours).
Bruno Clavet
En 2015, après l’agression de journalistes lors d’un meeting du FN, il tweetait : « Ils auraient dû frapper plus fort ». Admirateur de Jean‑Marie Le Pen, qu’il qualifiait de « personnalité transcendante » (Les Jours).
Caroline Colombier
Membre de groupes Facebook racistes et antisémites (« La France avec Jordan Bardella », « Rassemblement national 2027 »). N’a jamais signalé les propos haineux. Son collaborateur a été épinglé pour frais kilométriques surévalués (CNCCFP, Les Jours).
Nathalie Da Conceicao Carvalho
Membre du groupe Facebook « La France avec Jordan Bardella » contenant des propos racistes et antisémites. N’a jamais signalé les appels au meurtre (Les Jours).
Marc de Fleurian
A surévalué ses frais de déplacement pendant la campagne 2024 : 3 030 € réclamés, 1 500 € retranchés par la CNCCFP pour incohérences. Sa suppléante avait tenu des propos violents sur les criminels (Les Jours, Le Canard enchaîné).
Hervé de Lépinau
A tenu des propos violemment anti‑IVG : en 2020, il comparait l’avortement aux génocides arménien, rwandais et à la Shoah, affirmant que « l’IVG reste un délit ». En 2014, il écrivait : « Sinistre anniversaire. Hommage aux millions de victimes de l’avortement. » (Le JDD).
Jocelyn Dessigny
A embauché la fille de la députée RN Yaël Ménaché en 2025, contournant la loi sur les emplois familiaux (Mediapart). Posait avec un t‑shirt d’un groupe identitaire ayant repris un chant hitlérien.
Edwige Diaz
A maintenu en poste son collaborateur Jordi Vives Carceller, ex‑membre du GUD et de la Ligue du Midi, auteur de posts racistes et d’un blog complotiste. A aussi recruté deux ex‑candidates RN épinglées pour frais kilométriques surévalués (Les Jours).
Nicolas Dragon
Membre et administrateur de groupes Facebook racistes et antisémites (« La France avec Jordan Bardella », « Jordan Bardella officiel »). N’a jamais modéré ni signalé les appels au meurtre qui s’y tenaient (Les Jours).
Gaëtan Dussausaye
Ancien dirigeant du RNJ, participant en 2011 à la première conférence du syndicat étudiant d’extrême droite La Cocarde, proche des milieux identitaires et violents (Le Monde, StreetPress, Quotidien).
Aurélien Dutremble
Membre du groupe Facebook « Rassemblement national 2027 », rempli de propos racistes, antisémites et homophobes. Y partageait ses actualités politiques sans jamais signaler les appels au meurtre (Les Jours).
Frédéric Falcon
En 2024, posait devant une pancarte sexiste visant Sandrine Rousseau : « Va faire la soupe, salope », aux côtés de deux autres élus RN (Les Jours).
Guillaume Florquin
Membre du groupe Facebook raciste « Rassemblement national 2027 » et du groupuscule Les Barjols, dont plusieurs membres sont poursuivis pour terrorisme (Les Jours).
Stéphanie Galzy
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella », rempli de propos racistes et d’appels au meurtre. N’a jamais signalé les messages haineux publiés par des sympathisants RN (Les Jours).
Frank Giletti
En 2024, accusé d’avoir tenu des propos sexistes envers une députée Renaissance : « Oui, mais seulement si tu me masses là… » (Le Canard enchaîné). A aussi nié le massacre d’Algériens du 17 octobre 1961, pourtant documenté historiquement.
Christian Girard
Membre de trois groupes Facebook racistes, antisémites et homophobes. A embauché Maylis de Cibon, ex‑membre de La Cocarde et du groupuscule raciste Luminis. A déclaré : « Je n’ai jamais été raciste, j’ai été élevé avec eux » (Les Jours, France 3).
Antoine Golliot
A recruté comme assistant parlementaire Thomas Pamart, conseiller RN ayant utilisé le pseudo nazi « Schwarze Sonne » sur les réseaux sociaux (Le Monde). Pamart affirme qu’il s’agissait d’une référence musicale.
José Gonzalez
Lors de son premier mandat en 2022, a tenu un discours nostalgique sur l’Algérie française, niant les crimes de guerre commis par l’armée coloniale.
Florence Goulet
A porté plainte pour assassinat contre sa belle‑mère, la sénatrice Nathalie Goulet, après la mort de son père. L’enquête conclut à un règlement de comptes familial et se solde par un non‑lieu en 2011 (Le Monde, AFP).
Géraldine Grangier
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella », rempli de propos racistes et d’appels au meurtre. N’a jamais signalé les messages illicites (Les Jours).
Monique Griseti
Membre du groupe « La France avec Jordan Bardella », où circulaient des propos racistes et antisémites. Elle‑même auteure de messages haineux : « Qu’il aille traire la chèvre » (à propos de Gims) et « Qu’est‑ce qu’on attend pour les mettre dans un avion ? » (Les Jours, La Provence).
Jordan Guitton
Membre du groupe Facebook « Rassemblement national 2027 », rempli de propos racistes, antisémites et homophobes. Y partageait ses actualités politiques sans jamais signaler les appels au meurtre (Les Jours).
Marine Hamelet
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella », contenant des propos racistes et des appels au meurtre. N’a jamais signalé les messages haineux (Les Jours).
Timothée Houssin
Condamné à six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour emploi fictif au Parlement européen. Membre du groupe Facebook raciste « Résistance patriote !!!! », où circulaient des insultes et appels à la haine qu’il n’a jamais signalés (Les Jours).
Laurent Jacobelli
Condamné pour diffamation et outrage envers le député Belkhir Belhaddad : « Racaille, fais pas ta racaille, il va bien le Hamas ? ». A recruté Bastien Holingue, ex‑membre de Génération identitaire Normandie, groupuscule dissous pour ses actions violentes (StreetPress).
Pascal Jenft
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella », rempli de propos racistes et d’appels au meurtre. N’a jamais signalé les messages illicites (Les Jours).
Tiffany Joncour
Proche des milieux identitaires. Durant sa campagne 2024, a collaboré avec des membres du groupe Remparts de Lyon, héritiers de Génération identitaire, dissous pour ses discours haineux (StreetPress, Buzzfeed).
Florence Joubert
A publié des tweets racistes et complotistes : propos sur les « Arabes », les « races », antivax et climatosceptiques. A recruté Alexandre Ledoux, proche de milieux néonazis (Libération, Reporterre, Les Jours).
Hélène Laporte
Invitée par la Russie en 2020, a salué le scrutin pro‑Poutine comme « une leçon de démocratie ». A aussi relayé les thèses trumpistes sur l’élection de Joe Biden (Les Jours).
Laure Lavalette
Nostalgique de l’Algérie française et de l’OAS. A rendu hommage au colonel Bastien‑Thiry, auteur de l’attentat contre De Gaulle, le qualifiant de « héros français ». A signé une tribune pour abroger l’IVG (Les Jours, Libération).
Robert Le Bourgeois
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella », rempli de propos racistes et d’appels au meurtre. N’a jamais signalé les messages haineux (Les Jours).
Julie Lechanteux
En 2020, eurodéputée RN, jugeait le scrutin pro‑Poutine « bien déroulé ». Favorable au vaccin russe, hostile aux vaccins occidentaux (Les Jours, L’Extincteur).
Nadine Lechon
Son collaborateur Flavien Jouve administrait le groupe Facebook « Jordan Bardella », où figuraient des appels au meurtre et insultes racistes. N’a jamais modéré les propos (Les Jours).
Gisèle Lelouis
Opposée à la loi sur la parité dans la fonction publique, qu’elle compare à la Guépéou. Sa collaboratrice Capucine Colombo assimile l’IVG à un meurtre. Membre de la délégation aux droits des femmes (Les Jours, StreetPress).
Katiana Levavasseur
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella », rempli de propos racistes et d’appels au meurtre. N’a jamais signalé les messages illicites (Les Jours).
Julien Limongi
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella », contenant des propos racistes et violents. N’a jamais signalé les appels au meurtre (Les Jours).
René Lioret
Membre du groupe « La France avec Jordan Bardella », rempli de propos racistes et antisémites. Auteur lui‑même de messages racistes, complotistes et prorusses jusqu’en 2025 (Les Jours).
Aurélien Lopez‑Liguori
Proche du syndicat étudiant d’extrême droite La Cocarde, lié aux milieux identitaires et violents (Le Monde, StreetPress, Quotidien).
Marie‑France Lorho
Anti‑IVG notoire : a proposé d’interdire les interruptions médicales pour détresse psychosociale. A qualifié l’avortement d’« opération macabre » et souhaité couper les subventions au Planning familial. Membre de la délégation aux droits des femmes (Les Jours).
Publie régulièrement des tweets racistes et antivax .
Membre du groupe Facebook « Résistance patriote !!!! », rempli d’insultes racistes et antisémites qu’il n’a jamais signalées .
Membre du groupe Facebook « Rassemblement national (direction 2027 !) », rempli d’appels au meurtre, où il a obtenu le badge de « contributeur en vogue » .
Son collaborateur Angelo Heilig publiait des tweets racistes, sexistes et des « blagues » sur les chambres à gaz .
Membre du groupe Facebook officiel « Jordan Bardella », rempli de propos racistes et d’appels au meurtre, qu’il n’a jamais signalés .
Membre du groupe « Rassemblement national (direction 2027 !) », raciste et antisémite. N’a jamais signalé les propos avant d’être contactée .
Son collaborateur Maxence Lemoine administrait le groupe « Jordan Bardella » sans modérer les propos racistes et appels au meurtre .
Membre de deux groupes Facebook racistes. A menti au déontologue pour détourner ses frais de mandat via sa propre imprimerie. A engrangé 136 000 € de remboursements électoraux. A tenté de se faire rembourser 25 000 km fictifs. Une enquête pour banqueroute est ouverte .
Son Facebook regorge de propos racistes et complotistes. Relaye Égalité & Réconciliation et des fake news climatosceptiques .
A reconnu utiliser un compte anonyme relayant les théories racistes de Renaud Camus. Filmé avec un brassard identitaire et dans un bar du GUD .
Publie des parallèles racistes lors de faits divers, évoquant « l’invasion migratoire » et des « barbares » .
A affirmé que les camps de migrants diffusent gale, tuberculose et rougeole. A lié le choléra à Mayotte à « l’immigration clandestine ». Posts disant que les migrants sont « mille fois mieux dans leur milieu naturel » .
A embauché la fille de Jocelyn Dessigny pour contourner la loi sur les emplois familiaux .
Son suppléant a brandi un drapeau prorusse en 2022. En 2024, il qualifie les violences conjugales de « problèmes de voisinage » .
Condamné dans l’affaire des assistants fictifs. A ironisé sur le suicide des agriculteurs. Sa collaboratrice a été visée par trois plaintes pour injures racistes. A dit d’une journaliste victime de cyberharcèlement : « Si elle n’est pas contente, elle se casse » .
Ex‑rédactrice de Présent, auteure d’articles sur le « lobby juif », Pétain, Simone Veil, les « babouins » et le « communautarisme gay ». Continuait ces propos sur Facebook jusqu’en 2018 .
A multiplié les propos complotistes et antivax pendant le Covid, évoquant « l’hystérie sanitaire » et les « décès dus aux vaccins » .
Membre du groupe « Rassemblement national 2027 ». A posé devant une pancarte « Va faire la soupe, salope ». A embauché une collaboratrice visée par trois plaintes pour injures racistes .
Membre du groupe « Rassemblement national 2027 », rempli d’appels au meurtre, qu’il n’a jamais signalés .
Membre du groupe « La France avec Jordan Bardella », rempli de propos racistes et antisémites. Son collaborateur partageait de la propagande russe et des fake news sur l’Ukraine .
Son directeur de campagne a démissionné en 2014 face aux propos racistes de son équipe. En 2016, elle s’alarme de l’élection d’un maire musulman à Londres .
Membre du groupe « Rassemblement national 2027 », où il obtient le badge de « meilleur contributeur ». N’a jamais signalé les propos haineux .
Membre du même groupe raciste et antisémite. L’a quitté avant d’être contacté, mais n’a jamais signalé les propos .
A recruté Maylis de Cibon (La Cocarde, Luminis) puis Raphaël Ayma (fan de Degrelle, chef d’un mouvement néofasciste) .
A souhaité à ses collègues « une bonne partouze ». Sa suppléante insulte régulièrement des femmes politiques. Il l’a décorée de la médaille de l’Assemblée. Condamné pour usurpation de particule en 2025 .
Membre du groupe « Jordan Bardella » rempli de propos racistes et d’appels au meurtre, jamais signalés .
Même cas : membre du groupe « Jordan Bardella » rempli de propos racistes et violents, jamais signalés .
Son suppléant « like » des pages pétainistes et suprémacistes. Tivoli a défendu le « retour en Afrique » de Bilongo. Membre du groupe « Résistance patriote !!!! » rempli d’insultes racistes .
Épinglé dès son élection pour les publications racistes de son suppléant. A recruté un militant d’Action française comme collaborateur .
Antoine Villedieu
Son collaborateur Jean‑Eudes Le Moulec‑Deschamps gère le compte Instagram Conservateur Punk, suivi par l’extrême droite, où il multiplie depuis 2016 les références au nazisme, à la monarchie catholique et à la guerre civile (StreetPress). Un autre collaborateur, Brice Malagoli, est un ex‑membre de Génération identitaire, groupuscule dissous pour incitation à la haine (L’Est républicain).
Thibaut Monnier
Apparenté RN, il rend hommage sur X à des figures d’extrême droite comme Charles Maurras et Augusto Pinochet (Libération). S’est rendu dans le Donbass et en Crimée annexée, relaie des messages anti‑IVG et antivax, et diffuse les prises de parole de Bernard Lugan, historien racialiste (L’Extincteur).
Anne Sicard
Ex‑zemmouriste proche de Marion Maréchal, ancienne cadre de l’Institut Iliade, think tank identitaire fondé par Jean‑Yves Le Gallou, promoteur de thèses racialistes. Libération a révélé la présence dans son entourage d’un quinquagénaire aux accointances néonazies.
Hervé de Lépinau
A comparé l’avortement à quatorze semaines aux génocides arménien, rwandais et à la Shoah, affirmant que « l’IVG reste un délit ». En 2014, écrivait : « Sinistre anniversaire. Hommage aux millions de victimes de l’avortement. » (Le JDD).
Laure Lavalette
Nostalgique de l’Algérie française et de l’OAS, a rendu hommage au colonel Bastien‑Thiry, auteur de l’attentat contre De Gaulle, le qualifiant de « héros français ». Son ex‑collaborateur a publié des tweets racistes et antisémites. A signé une tribune visant à abroger l’IVG (Les Jours, Libération).
5. Le parti des riches. Financée par les Riches… (ALERTE EPSTEINE) :
Il faut tout d'abord comprendre le programme du Rassemblement National : celui ci n’enrichit que les riches…
Les sources des affirmations ci dessous sont tel-que :
https://www.jean-jaures.org/publication/les-contradictions-du-programme-economique-du-rn/
https://www.economiematin.fr/programme-rn-economie-20240607
Le programme économique du
Rassemblement national affirme aujourd’hui vouloir baisser les impôts et les
charges, réduire les prix de l’énergie et permettre des départs à la retraite
plus tôt.
Dans cet article, je vais vous montrer le véritable visage économique du RN.
Le RN cherche à donner l’impression d’un parti protecteur qui défend le pouvoir
d’achat. Avec cette stratégie, il veut apparaître non pas comme un parti contre
le système, mais comme un parti de gouvernement. Pourtant, les chiffres ne
tiennent pas, même si le récit reste efficace : “On va baisser vos factures,
augmenter vos salaires, protéger vos emplois.”
Les classes populaires et moyennes sont au centre de leur discours, avec la
promesse d’une baisse de TVA, d’une baisse du prix de l’électricité, d’un
départ à la retraite plus tôt et d’une hausse des salaires via des
exonérations. Pour les petites entreprises, ils promettent la suppression de la
CFE, de la C3S et une baisse des charges. En parallèle, ils critiquent l’UE,
les élites et dénoncent la fraude pour séduire les électeurs anti-système
(alors que Marine Le Pen vient d’être condamnée en appel une seconde fois).
Mais ces réformes sont simples, et le RN évite les sujets difficiles : aucune
réforme structurelle, aucun plan énergétique crédible, car ces sujets sont trop
complexes et trop risqués électoralement. Ils proposent donc des mesures
simples qui ne résolvent pas les problèmes de la France.
Et lorsqu’on leur pose des questions, ils critiquent l’UE et affirment qu’ils
feraient davantage si Bruxelles ne les en empêchait pas, alors même que les
fonctions de Jordan Bardella à Bruxelles sont limitées et qu’il vote contre la
plupart des réformes économiques.
Comme le RN masque ses contradictions internes, il peut rassembler à la fois
des électeurs pauvres et très aisés, des patrons et des ouvriers, grâce à un
programme volontairement flou.
Mais quels seraient les risques pour la France si leur programme était appliqué
?
Tout d’abord, il y aurait un effondrement budgétaire, car le programme cumule
des baisses massives d’impôts (CFE, C3S, TVA, impôt sur le revenu pour les
jeunes), de nouvelles dépenses (retraites plus tôt, énergie moins chère,
investissements nucléaires) et des économies qualifiées “d’imaginaires” par le
RN (fraude, étrangers), alors que l’immigration rapporte entre 35 et 40
milliards d’euros par an, soit 3,4 % du PIB. Avec tous ces facteurs réunis, on
aurait un trou budgétaire entre 60 et 100 milliards d’euros par an.
Cela provoquerait une hausse des taux d’intérêt sur la dette française, due à
une dégradation immédiate de la note du pays par les agences de notation, ce
qui réduirait les moyens pour les services publics comme l’hôpital, l’école ou
les collectivités. C’est exactement ce qui s’est produit au Royaume-Uni en 2022
et en Italie en 2018.
Si un gouvernement annonce des dépenses massives, des baisses de recettes et
des mesures illégales au regard du droit européen, les investisseurs externes
(comme les banques) exigeront des taux plus élevés pour prêter. On se
retrouverait donc avec des crédits immobiliers plus chers, des crédits aux
entreprises plus coûteux, des investissements reportés ou annulés et un
ralentissement économique.
Le RN promet aussi –30 % sur l’électricité, l’arrêt des éoliennes, l’arrêt du
solaire et la construction de 20 EPR. Mais les EPR ne produiront rien avant
2040–2045. Supprimer les renouvelables obligerait à importer davantage de gaz
et de pétrole, et le parc nucléaire actuel est vieillissant et nécessite
énormément d’entretien. En réalité, les prix augmenteraient, car la France
deviendrait plus dépendante des énergies fossiles importées, ce qui est
l’inverse de leur discours.
Les entreprises ont besoin de stabilité juridique, de visibilité énergétique et
de cohérence fiscale. Or le programme du RN crée de l’incertitude sur l’UE, sur
les normes, sur les énergies et sur les aides publiques. Cela risque de faire
baisser les investissements étrangers, d’accélérer les délocalisations
d’entreprises françaises et de provoquer des fermetures d’usines dans les
secteurs dépendant de l’export (automobile, aéronautique, agroalimentaire).
Le RN engagerait aussi un bras de fer avec l’Union européenne. Plusieurs de
leurs mesures sont illégales dans le cadre européen, comme la préférence
nationale dans les aides, la discrimination dans les marchés publics ou le
refus de certaines directives. Cela pourrait entraîner des condamnations, des
gels de financements européens et un isolement politique, sans parler du risque
de sortie de facto du marché unique.
Le marché unique représente 30 % du PIB français. En sortir, même
partiellement, provoquerait une crise économique majeure.
Concernant la réforme des retraites, le RN propose un départ entre 58 et 62 ans
selon la carrière, mais sans financement clair. Cela entraînerait un déficit
des retraites, une hausse des cotisations ou une baisse des pensions, ainsi que
des pressions sur les entreprises, pouvant mener à un déficit de 30 milliards
par an.
S’ajouteraient ensuite les effets sociaux : tensions, inégalités et
discriminations liées à la préférence nationale dans les aides sociales, le
logement et les prestations familiales. Cela provoquerait un contentieux massif
devant les tribunaux, des blocages administratifs, des tensions sociales
accrues, une stigmatisation d’une partie de la population et un risque de
violences. Les économies attendues seraient minimes, mais les tensions
sociales, elles, seraient bien réelles. Et tout cela aurait un effet boomerang
sur le pouvoir d’achat : alors que le RN promet plus de salaires, moins
d’impôts et des factures plus basses, les conséquences réelles seraient une
inflation importée, une hausse des taux, une baisse de la valeur de l’euro et
une perte de confiance économique.
Avec l’instabilité politique et administrative, et un programme contenant des
mesures inapplicables, anticonstitutionnelles et contraires au droit européen,
on se retrouverait avec des blocages institutionnels.
Ainsi, avec tous ces facteurs, les finances publiques seraient en déficit
massif, la dette augmenterait, le coût de l’énergie aussi, l’industrie subirait
des fuites d’investissements et des pertes d’emplois, l’Europe entrerait en
conflit avec la France avec sanctions et isolement, le pouvoir d’achat
baisserait fortement, le système des retraites serait en déficit, la cohésion
sociale serait sous tension et l’État de droit fragilisé et bloqué.
Au total, on atteindrait plus de 100 milliards d’euros de déficit par an.
Mais ce n’est pas tout.
Une analyse du programme économique du RN montre qu’il enrichirait les 10 % les
plus riches au détriment des 30 % les plus pauvres, tandis que les classes
moyennes seraient globalement neutres ou légèrement perdantes. Le RN propose la
suppression de la CFE et de la C3S (impôts sur les entreprises), des exonérations
fiscales pour certains revenus et la suppression de l’IFI, remplacé par un
impôt plus favorable aux patrimoines financiers. Les ménages les plus riches
sont donc ceux qui bénéficieraient le plus des baisses d’impôts. Les mesures
sur l’énergie profiteraient aussi davantage aux gros consommateurs, car les
ménages aisés consomment plus d’électricité, plus de carburant et plus de
chauffage. Une baisse de TVA ou de prix leur profiterait donc plus en valeur
absolue.
Les exonérations patronales ne garantissent pas de hausse des salaires, ne
ciblent pas les bas salaires et ne garantissent aucune redistribution. Les 30 %
les plus pauvres perdraient le plus, car le RN veut restreindre l’accès aux
aides sociales : conditionnement du RSA, suppression de l’AME, limitation des
allocations familiales et réservations de certaines aides aux seuls Français.
Les baisses de TVA profitent peu aux ménages modestes, qui consomment moins,
ont des factures plus faibles et n’ont pas de patrimoine financier. Une baisse
de TVA leur rapporte parfois moins de 10 € par mois. Les mesures sur les
salaires ne les concernent pas non plus : le RN propose d’exonérer les hausses
de salaires, mais seulement si l’employeur augmente volontairement les
salaires. Or les bas salaires se trouvent dans des secteurs où les marges sont
faibles, où les conventions collectives dominent et où les hausses volontaires
sont rares. Ils ne touchent donc généralement rien.
Les restrictions sur les étrangers créent aussi un effet boomerang : beaucoup
de ménages pauvres vivent dans des quartiers où les services publics sont
fragiles et où les aides sociales jouent un rôle crucial. Réduire ces aides
revient à fragiliser encore davantage ces populations. Les classes moyennes,
elles, ne gagnent rien, car elles ne bénéficient pas des aides supprimées, ne
profitent pas des baisses d’impôts ciblées sur les hauts revenus et subissent
la hausse probable des taux, des prix de l’énergie et des services publics.
Et voici donc la véritable réalité du programme économique du RN, qui trompe
les citoyens depuis le début : plus de 100 milliards de déficit en un an et une
politique qui accentue les discriminations entre les classes sociales.
Et maintenant, parlons de qui finance le parti…
Le RN est soutenu et financé par des riches (malgré le fait qu’il se présente comme l’ami du peuple).
Tout d’abord, le RN (et les Le Pen) se sont financés avec l’argent du peuple (voir l’affaire de détournement de fonds publics du RN.)
Le RN a également longtemps été financé par des prêts russes, notamment celui du First Czech‑Russian Bank en 2014 (9 millions €) :
Le parti s’est endetté auprès des Russes, mais ces fonds lui ont permis de rester à flot.
À l’époque du Front National, la secte Moon a financé ses campagnes à hauteur de 20 à 30 millions de francs (soit 3,5 à 4,5 millions €), selon l’historien Nicolas Lebourg :
https://www.ccmm.asso.fr/quand-la-secte-moon-financait-le-fn/
Le but de ce don était d’étendre le réseau de la secte jusqu’en Europe.
Ainsi, en plus d’enrichir les riches, le RN est soutenu par eux.
La secte Moon est une organisation ultra‑conservatrice, prônant un anticommunisme radical et une morale rigide. Elle est également anti‑communiste et a été liée à des actions violentes contre des militants communistes.
Le RN reçoit aussi le soutien de milliardaires comme Vincent Bolloré, qui participe à une manipulation médiatique en orientant les sujets de ses chaînes ; il est le plus grand propriétaire de chaînes télévisées en France.
On compte également parmi ses soutiens Iskandar Safa et Pierre‑Édouard Stérin, deux autres figures fortunées proches des milieux conservateurs.
On a aussi eu Epstein qui a financée le RN durant leur campagne de 2017 (alors que il aviat été condamnée deja une fois pour pedophilie en 2008)
(lire : https://linsoumission.fr/2026/02/01/scandale-epstein-le-pen-rn/
ou encore : https://www.justice.gov/epstein )
Parmi les documents rendus publics par la justice américaine, on retrouve des échanges par mails et SMS faisant allusion au Rassemblement National (appelé Front National à l’époque, avant son changement de nom en 2018).
Les documents ci‑joints montreraient une collaboration entre le RN et Epstein, portant sur un montant de 5 millions d’euros.
Puis, courant 2018‑2019, avant les élections européenne en juillet 2018, le journaliste Michael Wolff, associé d’Epstein, écrit qu’il a rencontré des représentants de la droite française, « dont le mari de Le Pen » (comme il le surnome), à l’époque Louis Aliot, actuel maire de Perpignan et vice‑président du RN.
Dans cet article, je vais vous présenter les liens entre le RN et Jeffrey Epstein, de l’aide économique à une collaboration dépassant les 5 millions d’euros.
Tout d’abord, je tiens à vous présenter le mail de ce “Michael Wolff” dans son intégralité, ainsi que les échanges de mails évoquant une collaboration commerciale avec le RN.
De : Jeffrey E. Envoyé : Jeudi 12 juillet 2018, 10:36
À : Michael Wolff
Objet : Re: Quelques réflexions.
Reponse de Jeffrey au message de Michael ci dessous :
| Oui, et Hannity, et il avait l’air décalé par le jet‑lag et négligé.
| Ça avait un petit air de désespoir.
J’ai vu SB à Londres hier et il semblait particulièrement paranoïaque à l’idée que des journalistes nous voient ensemble.
1) Mon impression est qu’il travaille dur sur sa relation avec Trump, qu’il considère comme de nouveau ascendant, et être vu avec moi pourrait compromettre cela.
2) Il est passé chez Hannity hier soir et sera chez Piers Morgan demain, et cela semblait clairement destiné à un public de une seule personne (Trump).
3) Il avait une réunion hier avec les droitiers français, dont le mari de Le Pen (NOTE DE LA REDACTION : il s'agit de Louis Aliot dont il ironise son statut avec le pen), au sujet du refinancement du Front National, parce qu’apparemment une bonne partie de leur argent vient de Russie. Deux réflexions : ces types semblaient être des idiots, du pur royaume de Ruritanie, et Bannon — entouré de ses propres gardes du corps à l’allure de brutes et de conseillers blogueurs farfelus — prospère précisément parce que le monde du populisme est tellement peu professionnel (voire carrément burlesque).

On apprend dans ce message que le FN est endetée auprès des russe et qu'il cherche de l'aide ! aide que Epstein va leur apporter dans les autre documents !
Au printemps 2019, alors que la campagne pour les élections européennes bat son plein, les réseaux d’Epstein se mobilisent pour réunir des fonds destinés à soutenir les candidats d’extrême droite en Europe. En mars 2019, l’un des proches du milliardaire affirme qu’il est “en train de lever des fonds pour Le Pen et Salvini Leader de l’extrême droite italienne.
2019‑03‑05 13:13:01 (UTC) [1]
iMessage – participants masqués, sauf “Self jeeitunes@gmail.com"
Non — il est simplement concentré sur la levée de fonds pour Le Pen et Salvini afin qu’ils puissent réellement présenter des listes complètes.

2019‑04‑19 19:35:14 (UTC) [2]
iMessage – participants masqués, sauf “Self jeeitunes@gmail.com"
Le Pen va retarder l’annonce, car les médias vont devenir fous en découvrant le montant qu’ils ont récolté.

26 mai 2019 – 16:22:03 (UTC)
iMessage – participants masqués
Le Pen contrôle désormais la situation.

On a aussi ce message qui révèle le montant pretée :
J’ai fait que le Rassemblement National aille en gros vers ses propres membres avec une offre pour les 4,7 millions de dollars pour les élections EP
Ils m’ont dit qu’ils avaient levé seulement 1,25 million de dollars pour toute la campagne nationale de 2017

Pourquoi les
faits ne suffisent pas à convaincre ton adversaire et quel comportement adopter
dans ce genre de situation :
How
can you change someone's mind? (hint: facts aren't always enough) - Hugo
Mercier
https://thesocietypages.org/socimages/2017/02/27/why-the-american-public-seems-allergic-to-facts/
Cette étude
détaille/ celle précédente :
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1467-9221.2010.00772.x
Social-démocratie :
https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/15579336.1990.11770000
Wikipedia n’est pas neutre : choisir les bonnes sources (exemple avec la
chine)
Wikipedia formally censors The Grayzone as regime-change advocates monopolize editing
https://www.phonandroid.com/le-fondateur-de-wikipedia-estime-que-son-site-nest-pas-fiable.html
"Freddie
Sayers, cofondateur de Wikipedia, affirme qu’il n’a plus confiance dans les
informations prodiguées par l’encyclopédie participative. Il explique que la
ligne éditoriale a perdu sa neutralité et que Wikipedia est devenu un
instrument de propagande pour les industriels et les partis politiques."
> Le point de vue de la chine sur wiki est clairement anti
communiste
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_culturelle
"Deng Xiaoping est devenu le chef de file suprême de la Chine et a lancé
le programme historique « Réforme et ouverture »130. Deng réussit à rallier les
paysans à cette alliance politique, grâce à la décollectivisation des terres.
Celles-ci sont rendues aux paysans même si elles restent propriété théorique de
l'État. Dès janvier 1979, dans la province du Sichuan, dirigée par Zhao Ziyang,
une réforme des entreprises est engagée, les profits sont réhabilités et les
entreprises d'état retrouvent une autonomie. En 1979 des zones économiques
spéciales sont ouvertes, des entreprises étrangères peuvent s'y installer. En
1984 les communes populaires et autres structures collectivistes sont
supprimées, la création d'entreprises privées est autorisée. Les déplacements
de la population sont simplifiés, ce qui va conduire à une urbanisation rapide
du territoire chinois63." Pas un mot sur les énormes dégradations des conditions
de vie du peuple chinois lié a la politique néo-libérale de deng xiaoping, et
ne dit pas que les paysans se battaient pour conserver les fermes collectives
ect
"Mao divise pour régner et soutient les idéologues de la Bande des
Quatre. Contre toute attente, Lin Biao est alors qualifié de « droitier
»," point de vue pas du tout objectif, selon eux, dès que mao accomplie
quelque chose c’est dans le but de diviser car c’est quelqu'un de perfide, et
qui aime le pouvoir
et ce n'est pas parce qu’il y ades sources à la fin que c’estfiable
une étude doit
être vérifiée.
L'étude conclut que le fait de travailler 55 heures ou plus par semaine est
associé à un risque accru de 35 % de subir un accident vasculaire cérébral et
de 17 % de mourir d'une cardiopathie ischémique, par rapport à un travail de 35
à 40 heures par semaine.
En outre, le nombre de personnes travaillant de longues heures est en augmentation et représente actuellement 9 % de la population totale dans le monde. Cette tendance expose encore plus de personnes au risque d'invalidité liée au travail et de décès précoce.
https://www.who.int/news/item/17-05-2021-long-working-hours-increasing-deaths-from-heart-disease-and-stroke-who-ilo
Attentat terroriste:

Disproportionnellement dans les pays pauvres d'asie du sud et d'afrique
Attentats terroristes entre 1996 et 2016
La mobilité sociale diminue au fur et à mesure du temps
http://www.observationsociete.fr/categories-sociales/evolution-mobilite-sociale.html
https://www.oecd.org/social/broken-elevator-how-to-promote-social-mobility-9789264301085-en.htm
Elon Musk:
3 fois plus de violations des lois de l'OSHA dans ses usines que les 10 plus
grandes usines (automobiles) américaines combinées :
L'Occupational Safety and Health Administration est une agence gouvernementale
fédérale des États-Unis dont la mission est la prévention des blessures,
maladies et décès dans le cadre du travail. Pour ce faire, elle émet des règlements
pour la sécurité et la santé au travail.

Amartya Sen (1982) won the Nobel Prize in economics in part for demonstrating
that the mass deaths that occur during famines are not the result of food
shortage, but rather of the poor’s shortage of purchasing power—they cannot
afford to buy the food that is already available in their countries
Canadian peace researchers Gernot Kohler and Norman Alcock (1976) they
calculated that some 18 million deaths each year could be attributed to
structural violence, or the socioeconomic inequalities that exist globally
how many deaths could be avoided if all countries enjoyed the same living
conditions as Sweden. The second measure they used was “the egalitarian model,”
for which they calculated a complete and equal redistribution of the available
global wealth.
They worked from the assumption that life expectancy is a function of relative
socioeconomic position (Galtung & Høivik, 1971). Then, plotting gross
national product (GNP) per capita for each nation on earth, they were able to
show that life expectancy in nations with a GNP per capita equal to the world
average was 68.3 years in the year 1965. A remarkable finding from this model
of life expectancy is its magnitude. Spreading wealth and resources equally
raised the average life expectancy by approximately 40 years for the country
with the lowest life expectancy, which in 1965 was 27 years in Guinea.
Meanwhile, it lowered life expectancy by only 6 years for the country with the
highest life expectancy, which was 74.7years in Sweden. In other words,
achieving conditions of complete global equality would produce only a marginal
loss in life expectancy in richer countries while creating a tremendous number
of extra years of life in poorer nations.
James Gilligan (1999) compared structural violence with the most deadly
military conflicts in history. Estimating a total of 49 million military and
civilian fatalities from World War II, or about eight million deaths per year
from 1939 to 1945, and also considering the death toll from a hypothetical
nuclear exchange between the US and the former Soviet Union to be 232 million,
Gilligan concluded that these numbers could not even begin to compare with the
harm of structural violence. The latter continues year after year, during times
of peace as well as of war, and roughly every 15 years, on average, as many
people have died because of relative poverty as would die in a nuclear war that
caused 232 million deaths.
an estimated 35.8 million people are victims of contemporary slavery (Walk Free
Foundation, 2014),
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1002/9781119240716.ch7
La privatisation augmente légèrement l’efficacité globale des entreprises
www.oecd.org%2Fdaf%2Fca%2Fcorporategovernanceofstate-ownedenterprises%2F1929649.pdf&clen=443468&chunk=true
les troubles sociales sont en partie liés à l'insécurité alimentaire et donc au
systeme capitaliste(offre et demande effective)
Food Prices and Political Instability
peut aller dans le sens inverse
https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fsufs.2020.00016/full#B45
un cas ou l’innovation n’est pas un probleme sous le socialisme
https://www.semanticscholar.org/paper/Did-socialism-fail-to-innovate-A-natural-experiment-Kogut-Zander/98f15812689afad0881bfa3993300f3bcec316bd
theorie
https://www.researchgate.net/publication/338327276_Dynamic_Efficiency_in_a_Planned_Economy_Innovation_and_Entrepreneurship_Without_Markets
santé urss, penser à l’agriculture sovietique
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10282748/
cause des homicides
www.unodc.org%2Fdocuments%2Fdata-and-analysis%2fgh%2FBooklet_4.pdf
clen=3359424&chunk=true
Une étude entre le lien qu’il y a entre homicide et autres crimes ?
Les conclusions tirées des données d'enquêtes de qualité élevée et modérée dans
le cadre d'essais cliniques randomisés, d'examens systématiques et de
méta-analyses, d'études physiologiques, de grandes études longitudinales et
d'études de cohorte dans diverses populations sont globalement cohérentes. Ces
études ont révélé que la CM n'a pas d'effet négatif ou un effet négatif minime
sur la fonction, la sensation ou le plaisir sexuels, et certaines ont constaté
des améliorations. Les études physiologiques et histologiques ont permis de
dégager un consensus selon lequel le gland et la partie inférieure de la verge,
et non le prépuce, sont impliqués dans les voies neurologiques médiatrices de
la sensation érogène. Contrairement aux preuves de meilleure qualité, les
données soutenant les effets négatifs de la CM sur la fonction, la sensation ou
le plaisir ont été jugées de faible qualité, comme expliqué dans les critiques
de ces études.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2050116120301240
comment juger les études :


●
PCF
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02306253/document
_désolé, mais le vrai mérite indépendant de l'origine n'existe que très
partiellement : que cela soit au niveau académique où notre cher pays est l'un
des plus inegalitaires de l'OCDE : selon l’OCDE, les élèves peu performants
viennent le plus souvent des familles modestes : 35% des élèves défavorisés ont
de mauvais résultats, contre 7% des élèves favorisés.
https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/malgre-des-ecoles-plus-souvent-ouvertes-pendant-la-pandemie-la-france-reste-plus-inegalitaire-que-la-moyenne.html
que cela soit au niveau de l'innovation où ceux qui innovent comme tu le dis
sont ceux qui ont accès facilement et qui ont les moyens de s'installer dans
les environnements de haute innovation, càd les riches For example, children
from high-income (top 1%) families are 10 times as likely to become inventors
as those from below-median income families.
https://academic.oup.com/qje/article/134/2/647/5218522?login=false que cela
soit au niveau financier où les riches(+ de 1milliards de $) le sont pour la
plus part grace au favoritisme(lobbying) et à l'héritage et que la richesse
s'acquiert via l'exploitation de la production des autres, donc comme dis, le
merite lié seulement à ton talent personnel n'existe pas, tu es influencé par
ton environnement, si tu veux comprendre le lien causal entre pauvreté et moins
de chance de succès, tu peux chercher aussi bien dans les facteurs
environnementaux, quartier pauvre, manque d'accès au service public, mais aussi
au stresse lié à l'insécurité sociale qui se répercute chez les jeunes enfants
de pauvre (élevation du tx de cortisol entrainant des modifications au niveau
du fonctionnement cérébral perturbant les fonctions d'execution, emotionnel,
attention etc..)
https://ourworldindata.org/is-organic-agriculture-better-for-the-environment
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4485388/corsitr
1. Non, c'est faux, et un moyen assez efficace pour s'en convaincre et de regarder l'effet qu'à la durée de passage dan sune prison punitive pour s'en convaincre, ainsi pour reprendre l'étude que j'ai cité auparavant et qui est une méta analyse avec n=335000 criminel, on s'aperçoit que a. + tu passes du temps + tu as de chance de récidiver b. tu as + de chance de récidiver si tu es incarcéré que si tu as une "community based sanction" c. même pour les groupes avec un faible tx de chance de récidiver + le temps en prison passe + les chances deviennent élevés https://www.prisonpolicy.org/scans/gendreau.pdf 2. les couts de la prison tout court, payer les garder et tout, sans compter que la récidive a un coût pour la société 3. 4. Comme dit, elle sert + à neutraliser ceux qui sont impossible à corriger, sinon on doit s'attaquer déjà aux causes de la criminalité/délinquence, comme la réduction à l'exposition à la violence des jeunes dans le cadre familial, diminuer la pauvreté, faire en sorte de mettre des relations plus saines dans les rapports humaines et arreter de tout judiciariser Sinon faut favoriser la justice réhabilitative avec un suivi psy et la résolution des conflits par la communauté elle même qui ont eux des tx de récidive moins eleves

https://www.insee.fr/fr/information/2108548 stat ethniqeu
https://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/3-169OFCE.pdf
https://www.veblen-institute.org/IMG/pdf/texte_veblen.pdf eco
Comment bien débuter dans la lecture des études scientifiques :
How to (seriously) read a scientific paper | Science | AAAS
Le bordel en fin de doc

les Furries sont cools = des faits et de la logique
la classe ouvrière
vous avez l’air de laisser votre trace ici :
-Le communisme c'est nul ( ratio, tu sens pas bon )
-hihii awwwwwwwwww <3
-Super bien fait. A la revoyure.
Bises. Michel.
- MORTS LES NAZIS !!!!
-twa
ouste
-promis bientôt je retouche la mise en forme :x ne pas ecrire sur factsheet
-n’hésitez pas a lacher un like et à partager ce factsheet ça me ferait énormément plaisir
-Je déteste les noirs
-Za Stalina
-c’est pas mal :D
-je l’ajoute plus tard
- IMAGINE ÊTRE
DE DROITE !!!!!!!
- Vive Gorbatchev et Deng
- LE PRÉSIDENT THOMAS SANKARA ET GUY DEBORD
-Testing sign language using VRChat's new hand tracking feature with - @TheFoxipso
- T’est pas antifa ? alors t’est quoi ?
|
Le 21 mars 2021, un soir tout à fait banal d’une journée banale, se sont retrouvés nez à nez deux loups dans une forêt reculée. |
POUR LES LIENS QUI NE
MARCHENT PAS AVEC SCI HUB : https://www.proxysite.com/fr/
METTEZ LE
LIEN DANS “ENTER URL”, EU SERVER, PUIS “ ALLEZ” ET VOUS ALLEZ POUVOIR AVOIR
ACCÈS AU LIEN

(ce qui est là ne concerne pas les opinions soutenues par le créateur du factsheet)
Capitalisme et crise
Marx mit au jour que le fonctionnement du capitalisme lui-même conduit inévitablement à la crise. Il montra comment les capitalistes, dans leur désir ardent et désespéré de faire de plus en plus de profits, augmentent follement la production. En même temps, chaque capitaliste essaye de maintenir un taux de profit plus élevé en réduisant le taux de salaire de ses travailleurs, même si cela signifie les jeter dans la pauvreté. La classe ouvrière composant la plus grande section de la société, la pauvreté de cette classe signifie automatiquement la réduction de sa capacité à acheter les biens disponibles sur le marché. Ainsi, la classe capitaliste cherche d’une part à augmenter la production des biens à vendre sur le marché tandis que d’autre part elle réduit le pouvoir d’achat d’une grande proportion des acheteurs sur ce même marché.
Dans la théorie marxiste, ce mécanisme d’appauvrissement est totalement indépendant de la bonne volonté ou de la morale des bourgeois ; en supposant qu’un capitaliste refuse catégoriquement de réduire les salaires de ses ouvriers, alors soit il devra augmenter le prix de son produit, mais dans ce cas il se fera immédiatement évincé par d’autres entreprises qui ne l’ont pas augmenté, soit il accepte de réduire son taux de profit, mais dans ce cas il ne pourra pas accumuler autant de capital que ses concurrents et il finira également évincé. Ainsi, les capitalistes n’ont pas d’autres choix que d’accepter d’appauvrir les ouvriers, indépendamment de leurs propres morales.
Cela conduit naturellement à une contradiction grave entre d’un côté l’expansion de la production et de l’autre côté la contraction du marché. Le résultat est une crise de surproduction où le marché est inondé de produits invendu
De nombreux capitalistes font alors faillite. Des centaines de milliers de travailleurs sont mis au chômage forcé et contraints
à la famine alors que les magasins sont remplis de marchandises que plus personne n’a les moyens d'acheter.
Le confinement a créé une normalisation du modèle familial et une dé-légitimisation d’autres formes de vies
????????????????? c’est qui ?? canada arrete de me troll bon ok je vais odo
bonne nuit qui que tu sois ,camarade ouf ca ne me concerne pas alors non ca
c’ 19 haha non rien, mais ca nem econcerne pas je sais pas quelle ideologie au
sein des socialistes revolutionnaires et la meilleur, la question est trop dure
et merite bcp de reflexion oui en terme de pratique ca reste pareil, je ne sais
pas quel est la meilleur, je suis plus dans l’optique de prendre le mouvement
qui saura le mieux rassembler les masses et l’aider mais ce pdv peut etre
criticable et est à meme de changer j’aime pas les normies :( ouinnn ouinnn n
non mais ecoute c’est intéressant tout ca, faut que jm’y intéresse plus mais je
suis plus dans l’optique , j’aime syndicat bcp mais j’irais travailler que dans
longtempsfaut que je prenne un syndicat étudiant, att j’ai une question, est ce
quon se connait ? comment tu as connu ce doc ? han d’accord bah heureux
d’apprendre que mon doc se fait connaitre uwu et desole pour le ton familiel
aucun soucis j’ai cru que je te connaissais et vraiment merci de proposer des
trucs, si tu veux, tu peux avoir un accès à l’éditage comme eca j’ai pas à
accepter constamment ce que tu fais non merci + de travail pour moi… pas de
soucis sinon tu aimes le document ?outre la partie des maoistes j’ai écrit tout
sauf l’intra socialisme donc tu voudrais que je rajoute + de choses sur h/f
?certes mais je suis là aussi pour entendre les differentes critiques et faire
en sorte de faire des recherches pour aider mes camarades à c’est bien oui
retrouver à avoir à la disponibilité + de ressources pour s’informer étant
donné que j’ai une bonne maitrise dans la recerche et la comprehension des
études via les staitsitques que je maitrise donc si tu consideres qu’il
faudrait rajouter des choses par là, modifier par ci, je suis à l’écoute ok
rien à dire de + niveau critique ? et au niveau des critiques positives parce
que je suis pas mao moi ah ui je ne sais pas j’ai limpression que tu portes un
certain mepris ? contre moi parce que j’ai laissé des mao ecrire sur le doc
mais c’est oui je n’aime pas forcement la tendance de certains ml / mlm à
vouloir mettre en place un certain régime fort à l’encontre notamment des
“ennemis du peuple” ca pose la question de définir ce qu’est un état, j’avoue
ne pas avoir tout lu j’etais parti pour me coucher et accepter vite fait tout
ce que t’as marqué je le vois aussi comme un organisme administratif separé du
peuple définit dans un de mes paragraphes il y a pas longtemps (“ou les mots
n’ont pas de sens…”+ la critique de la conception marxiste de l’état qui le
réduit a un simple organisme de domination de classe)le problème n’est pas
l’autoritarisme prononcé et réclamé : mais simplement que l’existence d’un
gouvernement va de fait conclure a la tyrannie : il n’existe pas d’état qui ne
soit policier -> c’est un problème théorique et non individuelle qui est
déjà présent chez marx tout les ML/MLM bah en général je méprise les
autoritaires qui s’acharnent a défendre des bilans catastrophiques et vivent
dans le passé pas pour ce moment pas forcément ,je pense que l’idée n’est pas
de chercher des informations pour “boucher les trous” mais au contraire de
parler de ce que l’on sait en partagant des savoirs que l’ont maitrise (on
parle car on a quelque chose a dire et on dit pas quelque chose pour parler)
c’est bien bah ça m’a choquée la partie sur les différences hommes/femmes
quasi vide pendant que y’avait des paragraphes et des paragraphes pour défendre
les massacres maoistes (on sent l’homme maoiste là)on me l’a partagé via un
groupe je pense pas avoir rencontré de thésaurisation non sud solidaire ,quand
j’étais a montepellier j’étais là c’est bien vise pas la finalité ,dis toi
simplement qu’est ce que tu fais et que font les autres -> actuellement par
exemple faire grève bien ,critiquer sans rien faire pas bien ,l’activisme pas
bien l’organisation bien-> les partis maoistes en france sans dans une
optique d’activisme et non d’organisation (de même pour les autonomes)https://organizing.work/2018/10/organizing-versus-ac
(la pratique syndicale est la plus efficace forme d’organisation aujourdhuis
,cela va a l’encontre des pratiques trotkystes ou léninistes qui visent a
détruire l’autogestion des syndicats au profit du parti -> car quand le
syndicat est la force majoritaire pour lutter contre le patronat : il est
risible de faire l’apologie du léninisme qui vise a soumettre les syndicats),
si? il ne faut pas penser en idéologie mais en pratique -> la politique est
chez bcp de gauchiste un facteur identitaire ou on défend sa chapelle ->
l’organisation est la solution 2secPolitical
ideology is, for many people, an identity, not a set of practical commitments.
Anyone who hangs out primarily in subcultural spaces, leftist or otherwise, is
going to have a tougher time being comfortable around “normies.” Worse still,
ideology can serve as a comfortable way to mask fears. If you can refuse to participate
on political grounds, it’s a lot easier than acknowledging that you’re scared
of losing your job, just like your liberal and conservative coworkers. https://organizing.work/2020/05/the-leftwing-deadbeat/

https://www.youtube.com/watch?v=be9F5vfWnBo
^
trop mginonn

^mon chien adoré
dessins que j’ai fait parce que je me suis inspiré de mon petit ami qui dessine, c’est cool de dessiner surtout quand qqun apprécie UwU :


je vous aime tous énormément, toutes les personnes avec qui j’ai parlé
et interagit et les futurs personnes que je n’ai pas encore parlé, je peux
paraître parfois grognon des fois mais je vous aime
moment émotionnel pendant la nuit
:3 merci crisyelle pour les dessins d’ailleurs (go les coller sous les arrêts de bus :p)


Eheh c’est libre de droit (JE PREND !)
